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Notre aventure « petit Miracle » : Prise de conscience


Publié le 11 septembre 2017 par lacomtessebleue

Je t’avais laissée avec mes inquiétudes devant le mutisme de ma gynécologue les doutes qui s’insinuaient.

Je reprends alors rendez-vous avec cette gynécologue en avril en me disant que cette fois elle va pouvoir faire quelque chose et qu’on va enfin avancer. Lors de ce rendez-vous j’attends encore une fois qu’elle lise les résultats (en silence, what else ?). A peine a-t-elle ressorti mon dossier qu’elle s’exclame « ah oui, c’est vrai, vous êtes ovaires polykystiques ! ». Je manque de tomber de ma chaise. Elle me l’annonce d’une manière si indélicate ! Comme si elle en avait déjà parlé et que tout était évident (et puis elle dit « vous êtes », comme si je me résumais à ça…).  Heureusement que j’avais compris toute seule, je n’ose pas imaginer les patientes qui le découvrent de cette manière. Ma confiance en elle est cependant très ébranlée. Elle me donne une ordonnance pour un spermogramme pour le Comte Bleu en précisant qu’il faut respecter au minimum 3 jours d’abstinence.  J’ai alors pour la première fois le net sentiment qu’elle me ballade un peu. Elle me redit que dès qu’on aura ces résultats on pourra passer à la suite. J’en profite pour aborder timidement le sujet de mon poids (au pire, ça ne me fera pas de mal de perdre un peu et je ne sais pas vers quel professionnel de ma ville me tourner). Quand elle me répond « Ah oui, ça serait mieux de perdre de poids ! », j’ai vraiment l’impression qu’elle se fiche de moi. En 4 rendez-vous et presque 6 mois elle n’a pas trouvé le moyen d’aborder le sujet ? Elle me donne alors le nom d’une diététicienne (alors que je lui avais demandé une nutritionniste…). Je sors un peu décontenancée de ce rendez-vous, comme tu t’en doutes probablement. J’ai une sacré baisse de moral même si je garde encore espoir. Je parle de mes doutes à ma maman et à mon mari qui ne semblent pas bien mesurer la tristesse qui commence à me gagner. Pour eux, nous avons encore le temps… et j’admets qu’ils n’ont pas tout à fait tort même si je commence à être affectée par ce parcours. Bref, hauts les cœurs et ça repart !

Photo : Herney

En parallèle, je me lance franchement dans une recherche sur les OPK et ce que je découvre ne me remonte pas le moral… PMA, difficultés à avoir des enfants pour certaines alors que d’autres ne le découvriront jamais et aurons des enfants sans difficulté. Ce syndrome se manifeste de tellement de manières différentes que j’en suis complètement perdue. Il n’y a pas non plus de traitement puisque c’est un syndrome. On peut, à la limite traiter les symptômes et à part quelques stimulations ovariennes (Dieu Clomid® priez pour nous…), les solutions pour les envies bébés sont limitées et sans garantie de résultat. Je mets tout ça de côté et avec chéri nous attendons le moment propice pour le spermogramme (à 8 jours d’abstinence… c’est supérieur à 3, ça devrait être bon non ?). Lorsque les résultats arrivent, pour une fois j’ai du mal à comprendre ce qu’ils nous disent. Ils ne me semblent pas très bons mais les mots sont tellement barbares que j’abandonne. L’infirmière avait précisé que 8 jours c’était un peu beaucoup mais le labo a dû en tenir compte dans ses analyses non ? Ce mois-ci, prise par le boulot, et d’un tempérament un peu timide je ne prends pas encore rendez-vous chez la diététicienne.

En mai, rebelote, je retourne encore chez ma gynécologue (je la vois un peu trop à mon goût ces derniers temps, mon porte-monnaie est d’ailleurs du même avis !). Elle lit attentivement les résultats qu’elle a aussi reçu et me dis juste qu’ils ne sont pas top. Elle ne précise absolument rien et me donne un petit traitement (quelque chose proche du complément alimentaire et des vitamines…) pour chéri avec une nouvelle ordonnance pour un nouveau spermogramme quelques mois plus tard. Elle ne commente pas non plus le temps d’abstinence qui est pourtant mentionné en haut de la feuille (si à ce stade tu te poses la question, il semblerait que l’idéal soit d’environ 2-3 jours d’abstinence pour que les résultats soient fiables). Elle m’insupporte de plus en plus à ne rien dire, à me regarder comme une pauvre petite chose qui lui prend son temps (vu le prix que j’y mets, elle pourrait au moins avoir l’air impliquée…). A vrai dire, je commence à en avoir franchement marre de son comportement et de son mutisme mais il n’y a pas beaucoup de praticienne à proximité de chez moi et je ne suis pas encore prête à passer le cap d’un gynécologue masculin (oui, je sais que pourtant ils sont généralement vachement bien, que veux-tu, je fais un blocage). C’est au moment où elle me prescrit une hystérosalpingographie (dont j’ai vu passer le nom barbare et la description effrayante plusieurs fois sur les forums parlant d’ovaires polykystiques) qui sera soi-disant le dernier examen avant une aide médicamenteuse que je vois rouge. Le dernier examen ? Comme les 4 autres fois ? J’ose lui laisser une dernière chance en lui posant une question, parce qu’après tout peut-être qu’elle ne parle pas parce qu’elle attend d’être sollicitée. Je lui demande s’il y a quelque chose à prévoir pour cet examen. J’aimerais qu’elle me prévienne, qu’il peut être désagréable, qu’elle me propose un arrêt de travail pour la journée, qu’elle me dise au moins comment ça se passe (mais en vrai, j’ai besoin qu’elle me rassure sur son humanité, qu’elle me montre que je ne suis pas qu’un dossier). Sa réponse est culte : « Non, non tout est prévu sur place ». Ah ben merci, j’avais peur de devoir amener mon propre produit de contraste et mon matériel de radiologie, je suis maintenant rassurée ! En plus elle ajoute qu’il faudra être prudent lors de la stimulation car mes ovaires sont déjà over-stimulés (ovaires-stimulés ? ahah, il vaut mieux en rire). C’est là que je me rends compte qu’en fait elle ne sait pas trop quoi faire et va se lancer à l’aveuglette dans le seul protocole léger qu’elle connaît, elle dont la jolie plaque dorée annonce « spécialiste de la stérilité ». Autant te dire qu’à cet instant je n’ai qu’une envie, lui refiler son chèque et sortir de son cabinet. Ma confiance en elle s’est définitivement fait la malle et je l’aperçois même qui tourne au bout de la rue lorsque je sors de l’immeuble…

source : freestocks.org

Quand je rentre chez moi je suis partagée entre l’incrédulité (j’ai des ovaires-polykystiques ou non ?), la tristesse (j’ai peur de ne pas pouvoir avoir d’enfants et je ne suis pas sûre d’être prête à me lancer dans des protocoles plus médicalisés), la colère (mais pourquoi cette quiche n’a pas été plus efficace sur les examens, pourquoi n’a-t-elle pas parlé, pourquoi ne m’a-t-elle pas conseillée il y 4 mois de perdre du poids ?). J’en veux à la terre entière et même si ça ne fait qu’environ 7 mois que nous essayons, j’ai le pressentiment que ce ne sera pas pour tout de suite. C’est à ce moment que je prends conscience que je veux cet enfant, ce n’est pas seulement une case de plus à cocher dans la continuité études/mariage/bébé. C’est mon avenir, tout ce que j’ai à transmettre qui disparaîtrait avec lui. L’avenir me semble vide (même si je suis consciente qu’il nous sera probablement un jour possible d’envisager les choses autrement, un jour). Je suis trop bouleversée pour prendre une décision maintenant. Avant que les choses ne m’échappent et n’aillent trop loin, je m’autorise une pause pour finir l’année, me reposer l’esprit et mettre en place un plan d’action. Le Comte bleu me soutient. Il semble ressentir moins d’urgence dans la situation et quelque part, cela m’apaise et me laisse la latitude dont j’ai besoin pour trouver la marche à suivre qui me convient. Je vois bien pourtant qu’il n’aime pas me voir de plus en plus triste, avec moins d’entrain et moins d’espoir.

Et toi, tu as aussi pris un temps de pause quand tu avais l’impression que la situation t’échappait ? Tu t’es forcée à passer un examen ou au contraire tu n’as pas réussi à t’y rendre ?

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Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Sarah

Je suis aussi OPK. Heureusement j’avais un bon gynéco, mais j’avais aussi l’impression de rentrer dans une spirale négative avec les examens à passer et les nombreux rdv médicaux. Je comptais prendre une pause d’une durée indéterminée après la 1ère stimulation simple. Sauf qu’en fait, cela a fonctionné et j’ai été enceinte. Je pense que si on ne le sent pas, il ne faut pas hésiter à prendre son temps et ne pas se lancer dans les traitements tant qu’on n’est pas prête.

le 11/09/2017 à 10h13 | Répondre

@neso

je confirme ce sentiment de spirale négative … et comme décris dans l’article la peur de ne pas savoir jusqu’à quel point on accepte la médicalisation d’une conception alors qu’on n’a pas forcément été préparé au fait que « ca ne marche pas toujours tout seul ».
Pour ma part l’acceptation est venu en en parlant autour de moi (tant que c’était secret cela n’existait pas vraiment mais une fois qu’on a commencé à en parler ça devenait réel et j’ai accepté l’idée des traitements) et je crois qu’à chaque échec d’une méthode j’étais de nouveau capable de me projeter sur une solution plus « invasive » … une marche après l’autre.
Quand à l’annonce du syndrome OPK, ma gynécologue ne l’a jamais dit ouvertement devant moi. Je me suis permise de lire le courrier qu’elle avait fait au centre de PMA vers lequel elle nous a envoyé et dedans le diagnostic : « surpoids, acnés, forte pilosité et échographie des ovaires typique du syndrome OPK. Merci de prendre en charge cette patiente » – gros coup de massue, et surtout gros coup au moral – un courrier que j’ai interprété comme « grosse, moche et incapable d’avoir un enfant ». Heureusement l’histoire se termine bien avec notre loulou arrivé en avril dernier un pur bonheur qui gomme les deux années de difficultés, même si ce parcours nous marque durablement et nous fait prendre conscience du miracle de la vie encore plus profondément je crois.

le 13/09/2017 à 15h41 | Répondre

Charivari

Ca me semble fou qu’il y ait des professionnels qui soient aussi peu à l’écoute, et qui n’expliquent rien, surtout dans le contexte de l’infertilité!
J’ai connu moi aussi des petits soucis de conception (ovaires polykystiques, mais cette fois-ci le diagnostic était le bon!), et j’ai fini par changer de gynéco (qui pourtant semblait plus bavarde que la tienne), parce que je sentais bien que quelque chose clochait et qu’elle ne me prescrivait pas assez d’examens pour comprendre le problème.
Et j’ai bien fait! Je suis tombée sur une gynéco adorable qui m’a redirigée vers un vrai spécialiste de l’infertilité (en admettant donc que ce n’était pas son « créneau » et qu’il fallait une prise en charge sur mesure), tout en me faisant passer quand même une série d’examens avant de m’y envoyer (et à Chéri aussi, mais en précisant bien que l’abstinence c’était 2-3 jours, mais surtout pas plus!-hello le calin programmé et hyper naturel 2 jours avant le rendez-vous!-). Ces examens ont révélé un autre souci de mon côté : une hypthyroïdie. Pas grave une fois traité, mais sans traitement, ça entraîne une baisse de la fertilité (comme si j’avais besoin de ça!), et un risque accru de fausses couches. Bref, heureusement que ça a été diagnostiqué. Et finalement, le spécialiste que j’ai vu était hyper à l’écoute, il m’a bien expliqué toutes les démarches, et pourquoi il préférait ces démarches là à d’autres (par exemple, il ne m’a pas mis sous Clomid, mais sous Metformine, un traitement plus rare pour accompagner les OPK).
On se sent tellement fragiles et exposés dans ces circonstances qu’on a VRAIMENT besoin de se sentir soutenus par les professionnels de santé. Je ne peux que compatir avec ton désarroi du coup, même au bout de « seulement » 7 mois.
Je suis heureuse de voir que pour toi comme pour moi, il y a eu une issue heureuse à toute cette attente (car oui j’ai bien fini par être enceinte!), mais c’est quand même un scandale de rajouter du stress au stress et de laisser les jeunes femmes dans le flou ainsi. J’imagine que la prise en charge ultérieure a été meilleure…

le 11/09/2017 à 10h21 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

C’est vraiment dingue qu’il puisse y avoir des professionnels de santé qui ne savent pas prendre en compte l’humain. C’est pas comme si c’était la base de son métier…
J’espère que depuis, tu as pu en changer et trouver quelqu’un de mieux qui a su t’aider et te suivre!

le 11/09/2017 à 12h12 | Répondre

Chaperon Rouge

Ohlala… Je suis déprimée pour toi… Alors ici j’ai vu 2 fois la gynéco, elle m a fait faire une écho, un spermo pour monsieur, pds pour tout le monde… Spermio entre 3 et 5 jours d abstinence. Quand elle a vu arriver le 0 pointé elle nous a d’office redirigé vers un confrère andrologue, qui a géré les galettes de monsieur loup, puis nous a envoyé en PMA pour la suite. Quand je vois sur quel CONNARD de gynéco je suis tombée la bas, je suis pas sur que les hommes soient plus top meilleur que les femmes dans ce métier ;p. Ma tante était OPK d’un côté, trompe bouchée de l autre et son mari OATS. Super cumul… Jumeaux par fiv et 3 ans plus tard paf! Un bébé naturel! Parfois ya rien a faire: La nature est plus forte que tout le reste… Et parfois oui vraiment, y a besoin d aide. Et de medecins compétents!

le 11/09/2017 à 17h07 | Répondre

Mlle Mora

Je sais pas comment tu as fait pour continuer de voir cette gyneco… elle est vraiment pas humaine c’est dingue… J’espère que la suite s’est mieux passée tout de même !!!

le 12/09/2017 à 13h04 | Répondre

Aurore

Ce récit ne me surprend pas. Certains médecins sont incapables de la moindre compassion, du moindre sens du contact. Lors de l’un de mes rdv avec mon gynéco pma, il a eu un coup de fil. Attention, accrochez-vous à vos bretelles.

Il avait au bout du fil un mari qui venait aux nouvelles pour sa femme qui venait de faire des analyses. Le gynéco lui dit donc « ah oui, il faut prendre rdv pour l’intervention ». De ce que j’ai compris, le gynéco signifiait par là que les analyses de sa femme montraient une récidive de cancer et qu’il fallait faire une ablation du sein + chimio. J’ai complètement halluciné qu’il annonce les choses comme ça, par téléphone et même pas à la personne concernée !! Le mari tombait de haut, je l’entendais être complètement perdu d’avoir le verdict comme ça. Et quand il a demandé s’il fallait absolument en passer par la mammectomie, devinez ce que le gynéco a répondu ? « on peut peut-être l’éviter, il faut que je consulte mon collègue » !! Alors qu’une minute plus tôt il insinuait que c’était indispensable.

Inutile de dire que j’ai été profondément choquée, et que je n’ai absolument plu eu confiance en ce gynéco. Il a cependant fallu encore 1 rdv tout aussi hallucinant pour que me décide à aller voir ailleurs…

le 13/09/2017 à 19h09 | Répondre

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