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Notre aventure « petit miracle » : sans père point de salut !


Publié le 15 février 2018 par La Comtesse Bleue

Comme je te le disais dans mon dernier article, les efforts fournis et toutes les actions mises en place commençaient à donner leurs fruits mais le comte bleu venait de partir pour une lointaine destination pour 6 mois.

Qu’est ce qu’une « opex » ?

Tu le sais déjà, le comte bleu est militaire. Une opex c’est un séjour à l’étranger, sur un théâtre d’opération où l’armée Française est engagée. La durée peut varier mais pour mon capitaine elle varie de 4 à 6 mois. A priori pendant ce séjour, les militaires ne rentrent pas chez eux et il me semble relativement rare (mais pas toujours impossible) que leur famille puisse leur rendre visite sur place. Ça se tient vu que l’armée est rarement à l’étranger pour planter des pâquerettes. Dans notre cas, nous nous étions donc préparés à être séparés 6 mois, alors que nous n’avions jamais été loin l’un de l’autre plus d’un mois depuis notre rencontre, et à passer les fêtes chacun de notre côté…

Photo : ludovic

6 mois d’attente supplémentaires

Concrètement comment ça s’est passé ? Les premières semaines sont passées plutôt vite. J’avais plein de choses à faire (ménage, bricolage, cadeaux de noël, achats et décoration pour notre tout nouvel appartement) et j’avais prévu de voir du monde presque chaque week end jusqu’à Noël.

Comme je te l’avais dit je surveillais quand même une éventuelle grossesse. Mais un premier cycle est arrivé. J’ai cependant été nettement moins déçue que d’habitude, peut-être parce que les choses étaient claires. Sauf que le suivant a commencé à s’éterniser… pourtant jusqu’à présent, les quelques derniers cycles avaient été très réguliers. Alors le premier cycle depuis le départ du comte bleu avait-il été un « anniversaire » ? Et puis en fait non, à J35, les anglais ont débarqués (la guerre c’est moche…).

A partir de ce moment-là, moi qui avais cru que ce délai de 6 mois serait insupportable et que je ne cesserais pas de penser à ce bébé qui ne pouvait pas exister avant mai 2016, j’ai trouvé cette période très relaxante, du moins sur le plan de l’attente de notre tour. J’avais l’impression que comme le comte n’était pas là, il n’y avait pas d’enjeu et donc pas de quoi se stresser. De ce côté-là son absence a été très bénéfique. En revanche, je ne te cache pas que les quelques annonces de grossesse pendant cette période m’ont touchée, mais le fait que le futur papa soit absent m’a aidé à prendre mon mal en patience : cette fois, si les choses ne fonctionnaient pas, ce n’était pas à cause d’un éventuel problème de notre côté mais pour une raison banale et évidente, le père n’était pas disponible ! Tu avoueras que ça joue quand même.

Ceci dit, la deuxième partie de l’opex a été un peu plus dure. Déjà il n’y avait plus vraiment d’échéance avant le retour de mon capitaine et donc 4,5 mois à attendre sans objectifs intermédiaires. Ensuite, alors que j’avais passé un excellent réveillon avec des amis, les deux semaines qui ont suivies m’ont donné l’impression d’être submergée par le vide. Je n’avais plus envie de rien. Même ce que j’aimais avant et qui m’avait toujours redonné du baume au cœur ne me tentait plus. Je passais mon temps à comater sur mon canapé en regardant à la chaîne les épisodes de The Walking Dead (au passage, mauvais choix quand comme moi tu es un peu peureuse la nuit… en même temps maintenant mes craintes vont beaucoup mieux, thérapie tu as dit ?). Alors certes, j’avais certainement des trucs à régler dans ma vie, comme tout le monde mais je ne voyais rien qui, dans mon existence, justifiait un tel découragement. J’ai mis ce passage à vide sur le compte de l’absence de mon capitaine et je me suis mis un grand coup de pied aux fesses. Petit à petit j’ai repris une activité normale. Jusqu’à oublier ce petit passage à vide.

Je te passe la suite qui n’est pas très palpitante. Ah si ! J’ai pu rendre visite à mon capitaine sur un week-end de trois jours ! C’était une vraie bouffée d’air. Ensuite il n’y a plus eu qu’à attendre son retour pendant un mois et demi. Et puis un beau matin de mai, je suis allée l’attendre à l’aéroport. Joie des retrouvailles, bonheur absolu, love, paillettes et licornes.

De nouvelles solutions ?

A ce moment-là j’avais presque l’impression d’être guérie de mon stress. En fait j’avais plus ou moins oublié ce que ça faisait de retrouver l’espoir déçu chaque mois. Et puis il y a une chouette légende chez les militaires : les bébés « retour d’opex ». J’y croyais ! D’autant plus que nous avions prévu de prendre une dizaine de jours dans les Cyclades pour prendre le temps de se retrouver. Bref toutes les conditions étaient réunies !

Et puis, en fait non. Encore une fois. Et en à peine deux petits mois la pression que je me mettais avant le départ du comte est revenue. Je n’arrivais même pas à me consoler en me disant que cela ne faisait finalement que deux mois qu’un bébé était possible (bah oui, avant mes cycles avaient l’air d’être tout droit sortis d’un roman de science-fiction et ensuite le comte bleu était absent pendant 6 mois) et que donc même si nous attendions depuis déjà longtemps, nos « essais » étaient finalement récents. Tu la vois revenir en force la déprime de janvier ? Gagné !

Photo : gratisoraphy

Tu connais la fameuse phrase « c’est psychologique ! » ? Je la trouve tellement énervante et culpabilisante ! D’autant plus qu’on ne peut pas résumer n’importe quelle infertilité à un blocage psychologique. Je ne vais pas te faire le top 10 des phrases énervantes pendant les essais, mais figurent en bonne place le « n’y pense pas et ça viendra tout seul » (haha, comment veux-tu que je n’y pense pas quand la moindre petite publicité, le moindre ventre rond dans la rue, et surtout les nombreux examens médicaux ne cessent de me rappeler qu’on y arrive pas ?) et le très général « c’est un blocage psychologique » (à ce moment, je me demandais parfois si je n’allais pas découvrir des épisodes noirs de ma vies que j’aurais enfouis et je trouve que ça sonne un peu comme « c’est ta faute, c’est toi qui est défaillant/e »).

Ceci dit, il arrive dans certains cas que le blocage semble être réellement d’origine psychologique et vu ces deux épisodes tous tristes je me suis dit que je n’avais rien à perdre, j’ai tenté le tout pour le tout : j’ai pris rendez-vous avec une psychologue spécialisée dans l’hypnose. Comme pour mes autres démarches, je me suis dit que même si je n’en ressentais pas un besoin impérieux, ça ne pourrait qu’être bénéfique (oui, sauf que je craignais quand même de découvrir des trucs oubliés ou refoulés, merci les psys de comptoir !). J’ai eu mon premier rendez-vous en décembre et ça n’a pas du tout ressemblé aux rendez-vous gênants que je m’étais imaginés. Ça a même été des moments plutôt agréables qui m’ont permis d’apprendre à mieux me connaître et à m’épanouir (et je n’ai rien découvert sur moi-même, c’était plus proche de la sophrologie que de l’introspection hollywoodienne).

Sur un plan plus médical, j’ai ressenti le besoin de relire les résultats d’examen que j’avais en ma possession et j’ai eu une sorte de révélation : le problème semblait hormonal alors pourquoi ne pas en parler à un spécialiste ? Et c’est en traînant sur des forums que j’ai découvert qu’il existait exactement la profession dont j’avais besoin : gynécologue-endocrinologue ! J’ai la chance d’habiter une grande ville et j’ai donc profité de cette proximité pour contacter un médecin qui semblait reconnu dans le domaine. C’est ainsi que je me suis retrouvée à mon premier rendez-vous, un peu moins de deux ans après le début de l’aventure et un peu plus d’un an après avoir mis en place mon propre plan d’action. J’avais  environ 18kg de moins, des cycles réguliers et a priori fonctionnels et un mari de retour depuis 4 mois. J’ai de suite prévenu mon médecin que j’avais déjà évincé une de ses collègues parce qu’elle ne me parlait pas et ne m’expliquait rien. Mais pour savoir comment s’est passé ce rendez-vous il faudra attendre l’épisode suivant !

As-tu vécu une période d’éloignement pendant tes essais ? Comment as-tu géré l’absence ? Tu étais aussi agacée par les phrases comme « c’est psychologique » ?

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Commentaires

11   Commentaires Laisser un commentaire ?

Claire (voir son site)

J’ai également consulté une thérapeute qui faisait de l’hypnose ericksonienne à un moment de ma vie où je tournais en rond et que les choses n’avançais pas comme je souhaitais.
Pour moi, ça a été une révélation. J’ai enfin trouvé la sérénité et ça m’a permis d’avancer de manière constructive.
Je peux bien comprendre que de lancer « , c’est peut-être psychologique  » ça peut bien agacer. Mais j’ai connu quelques exemples de ce genre dans mon entourage ou le fait d’avoir un autre projet et/ou de faire le deuil momentané de ce projet bébé l’a fait se réaliser.
Maintenant, il ne faut pas faire de généralité non plus !
Mais si le corps est en stress parce qu’on ne pense qu’à ça, ça n’aide pas non plus 😉 Facile à dire, tu me diras.
Moi, je suis une adepte du lâcher prise maintenant et je dois dire que ça me réussi plutôt bien 🙂

le 15/02/2018 à 11h31 | Répondre

la comtesse Bleue (voir son site)

Tu as eu raison, je pense qu’il ne faut pas hésiter si on sent qu’on a besoin d’un petit coup de pouce pour avance. Ce que j’ai beaucoup aimé dans l’hypnose c’est ce côté « sophrologie ».
J’ai moi aussi des exemples de couples autour de moi pour qui le lâcher-prise a été bénéfique (spoiler, je suis une preuve vivante…) mais quand on a le nez dedans, même si on sait que ça marche dans certains cas, c’est non seulement difficile à mettre en pratique et en plus on a l’impression que le problème vient de nous. Ceci dit, j’étais l’une des premières à proposer cette option… J’espère arriver à trouver plus de laisser-aller pour les prochains mais ça ne me semble pas gagné ! 😉

le 21/02/2018 à 12h06 | Répondre

Claire (voir son site)

C’est vrai que le lâcher prise c’est plus facile à dire qu’à faire !
Je pense que c’est aussi une petite leçon de la vie qui nous dit « tu ne peux pas tout contrôler !! »
Bon et tant mieux parce qu’avec un enfant on contrôle plus grand chose 😂😂😂

le 21/02/2018 à 15h32 | Répondre

Albertine (voir son site)

J’ai beaucoup vécu les séparations avec L’Amoureux quand nous étions plus jeunes (et pas en essais bébé) du coup je me retrouve dans le début de ton article ! C’est vrai que la première phase passe souvent vite, on fait plein de trucs et on s’occupe, mais ensuite c’est plus difficile… Et pour la phrase du « c’est psychologique » et « il ne faut pas y penser » je la trouve aussi très culpabilisante ! Pourtant j’ai de nombreux exemples autour de moi où les bébés sont arrivés pendant un changement de vie, une période intense, bref à un moment où « on y pensait moins ». Mais malgré tout, dire ça à des parents en plein parcours, c’es toujours très maladroit… Bref j’ai hâte de savoir la suite de ton parcours 🙂

le 15/02/2018 à 12h13 | Répondre

la comtesse Bleue (voir son site)

C’est toujours dur les séparations d’avec les conjoints … Bon ceci dit ça avait quelques bons côtés. Redevenir célibataire temporairement c’est une expérience sympathique sur certains aspects !
Pour ce qui est du « c’est psychologique », je pense qu’on essaye surtout de trouver un truc à dire (m’est avis que quoiqu’on dise, les choses sont souvent mal prises dans un parcours long ou difficile)

le 21/02/2018 à 12h12 | Répondre

Mlle Mora

C’est vrai qu’on ne sait pas quoi dire à un couple qui a des difficultés à concevoir, mais les injonctions n’aident jamais, je comprends ta frustration face à ces remarques.
En tout cas, j’admire ta persévérance et tes remises en question ! Hâte de lire la suite !

le 15/02/2018 à 13h43 | Répondre

la comtesse Bleue (voir son site)

Merci ! Comme je le disais à Albertine, je pense comme toi : on ne sait jamais trop quoi dire. Ce qui agacent probablement le plus c’est le côté « j’ai la solution ! c’est que tu y penses trop ». Heureusement, ce n’est pas parce qu’on traîne des casseroles qu’on arrivera jamais à avoir d’enfant et inversement !

le 21/02/2018 à 12h15 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

J’adore la manière dont tu racontes c’est passionnant comme un roman policier 🙂 . Et puis on sait déjà que la fin est belle alors ça aide. Vivement la suite !

le 15/02/2018 à 19h48 | Répondre

la comtesse Bleue (voir son site)

Ohhh, c’est trop gentil ! Effectivement la suite est chouette (mais bon, je ne suis pas très objective !)

le 21/02/2018 à 12h17 | Répondre

Mme Espoir

Ah la la cette fameuse phrase « c’est psychologique »… Qu’est-ce qu’elle peut me faire hurler ! D’autant qu’étant en infertilité inexpliquée, on a beau jeu de me la ressortir ! Alors ce serait de ma faute si bébé n’arrive pas, simplement parce que.. parce que quoi ? Parce que je ne le veux pas assez ? (et donc bébé serait une récompense ?) Parce que je ne fais pas ce qu’il faut ? Les gens pensent vraiment que je fais tout pour l’embryon ne s’accroche pas ? C’est le genre de phrase qui fait se sentir très mal, ceux qui la prononcent ne se rendent pas compte à quel point c’est douloureux.

Je suis également allée voir une psychologue classique, et si ça m’a aidé je trouve intéressante l’idée de faire appel à quelqu’un spécialisé dans l’hypnose me tente bien.

En tout cas tu as eu raison d’aller voir un autre médecin qui sera j’espère plus à l’écoute !

le 16/02/2018 à 10h56 | Répondre

la comtesse Bleue (voir son site)

C’est clair que ceux qui prononcent cette phrase ne mesurent pas l’impact qu’elle peut avoir… C’est un peu lancé en l’air, histoire de dire quelque chose et probablement dans l’idée d’aider le couple à explorer une nouvelle piste ou à donner l’espoir qu’il « suffit » de régler le problème pour que tout se débloque. Je trouve que c’est effectivement d’autant plus dure dans un cas où il n’y a pas d’explication, comme si finalement, la médecine ne pouvant pas expliquer le problème il venait évidemment de vous. Au delà de ça, je pense qu’on est tellement à fleur de peau dans ces situations qu’on a tendance à prendre les choses plus facilement de travers (moi la première !). Un peu comme on a l’impression, au moment où on prend conscience des difficultés, que subitement la totalité de la gent féminine de 15 à 45 ans est enceinte et qu’il n’y a plus que des pubs pour les couches et les petits pots à la télé !
N’hésite pas pour l’hypnose, je ne sais pas si tous les psy sont pareils mais la technique que la mienne pratiquait pouvait être utilisé en autonomie en cas de besoin par la suite.

le 21/02/2018 à 12h26 | Répondre

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