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Notre parcours d’adoption : la réunion d’information


Publié le 20 avril 2018 par Mme Espoir

Ça y est on y arrive ! La fameuse première réunion, le rendez-vous qui va nous permettre de lancer notre projet. La convocation est pour 10h00. Nous sommes en vacances, nous connaissons le lieu où ça se passe, c’est à moins de 10 minutes de la maison. Pas de stress mais de la prévoyance : nous arrivons donc à… 9h30.

Le déroulement de la réunion

Nous sommes très larges au niveau du timing et nous attendons. Ce qui nous étonne c’est que nous sommes visiblement le seul couple présent. Les personnes menant la réunion arrivent et nous font rentrer dans une salle. Nous patientons encore car un autre couple est en fait attendu. On discute du temps (il pleut à verse si tu veux tout savoir !) et à ce moment-là, il y a un flottement car nous entendons dans le couloir un couple qui approche en se disputant comme des charretiers (pour ne pas dire plus). On voit le regard de détresse des deux personnes de l’ASE. Le couple ne s’arrête pas et passe son chemin. Soulagement des deux personnes qui l’expriment à voix haute avant de réaliser que oui, il s’agit bien du second couple attendu. Tu imagines bien le moment de malaise qu’il y a eu.

La réunion commence. Nous apprenons que nous ne pourrons pas adopter en France car M. Chéridamour est déjà papa. Nous avons un aperçu des statistiques pour notre département qui nous laissent pantois : 6 adoptions faites l’année précédente ! Seulement 6 quand on sait qu’il y a plus de 140 couples qui attendent. L’âge des enfants adoptés est souvent supérieur à 5 ans. Les personnes nous expliquent aussi les difficultés liées à l’adoption, le fait que ça échoue parfois (enfant finalement placé en famille d’accueil car les parents n’assument plus leur rôle, violence et incompréhension des enfants et des parents, écart trop important entre l’enfant rêvé et celui qui entre dans la vie des couples parfois mal préparés, situations médicales trop lourdes à gérer…)

A la fin on nous remet les documents nécessaires pour la poursuite de nos démarches. Le discours n’est pas négatif, les personnes nous mettent juste en face de la réalité. J’avais déjà lu tout ça mais l’entendre de vive voix n’est pas évident. M. Chéridamour se prend de plein fouet cette réalité.

Crédits photo (CC0 licence) : Pixabay

Ce qu’il s’est passé ensuite

Un mois : c’est le temps qu’il nous a fallu pour digérer tout ça. En sortant de la réunion nous décidons d’envoyer le dossier dès le lendemain pour avancer et commencer à en parler autour de nous. Sauf que nous n’y arrivons pas. Les semaines suivantes nous n’en parlons plus du tout et nous sommes l’un et l’autre plutôt mal à cogiter sur tout ça. Mon homme à cause de ce qui a été dit, moi parce que je prends conscience de toutes les difficultés et je me pose des questions qui ne m’avaient jamais effleurée depuis que nous voulons un enfant et durant toute la PMA. Je me remets à lire énormément et tout ce que je découvre m’angoisse. J’ai peur de ne pas être à la hauteur.

Un mois quasiment jour pour jour après la réunion, j’ose enfin demander à mon mari ce que nous faisons. On continue, on arrête ? Nous reposons encore les choses à plat (à toi qui veut te lancer, sache que remettre à plat dans un parcours d’adoption est récurrent, mon chéri et moi le faisons presque à chaque étape). Mon homme est terrorisé à l’idée que l’adoption pourrait détruire notre couple et notre équilibre familial. Je ne le suis pas moins. Mais nous décidons d’envoyer enfin le fameux dossier confirmant notre volonté d’adopter. De continuer quitte à tout arrêter en cours de route si nous ne sentons plus capables d’aller plus loin.

Notre dossier a été enregistré 4 jours plus tard. Ça y est nous étions en période d’agrément, 9 mois pour accoucher de notre projet. C’est à partir de ce moment-là que je me suis remise à sourire et à repenser à tout ce qu’il y avait de beau et de positif dans notre projet et cela a été pareil pour mon mari. Oui, on a la trouille. Elle ne nous quitte pas. Je ne sais pas si c’est la même chose quand un couple débute l’aventure de la grossesse. On a l’impression de plonger dans l’inconnu, ça donne le vertige. Mais notre projet nous rend aussi heureux et nous allons tout faire pour le mener à bien !

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Et toi, as-tu eu peur quand tu as décidé d’avoir un enfant ? Y a-t-il des choses qui t’ont inquiété ?

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Commentaires

14   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madeleine

Merci pour ce très bel article. Nous avons aussi été à cette réunion. Dans notre groupe, il y avait une bonne trentaine de personnes dont des femmes célibataires. Ce que tu décris est tout à fait ce que nous avons vécu. Certaines personnes dans la salle étaient livides… Je rajouterai qu en plus de se rendre compte des difficultés, on a aussi eu un aperçu de l absurdité administrative: votre dossier est reçu là, tamponné là, trier là, du coup, ça prend 6 mois…
En fait, quand on a commencé la PMA (directement des Fiv…), nous avons s aussi voulu commencer les procédures d adoption. Nous ne les avons stoppées qu à mes 3 mois de grossesse. Je m étais dit qu on poursuivrait nos démarches d adoption pour un deuxieme enfant, mais nous avons compris que ce serait quasi impossible d adopter en ayant déjà un bébé, surtout qu il faut que l enfant adopté soit plus jeune en âge que l enfant déjà présent.
Je trouve que quand on débute une démarche de PMA, cela peut être bien d aller aussi à cette fameuse première réunion. Ça permet de voir les âges limites pour adopter, les enjeux, etc. Nous, on savait vu notre âge (36 ans et 37) qu à la fin de la PMA qui peut prendre plusieurs années, il serait trop tard pour adopter un bébé. Donc, on a voulu mettre toutes les chances de notre côté. Je suis heureuse d avoir fait ces démarches même si finalement elles n ont pas menées à une adoption. Elles m ont permis de supporter la PMA, d accepter que la PMA puisse aussi ne pas fonctionner.
Courage pour la suite!

le 20/04/2018 à 07h29 | Répondre

Mme Espoir

C’est vrai que quand on rentre en PMA, l’adoption est complètement occultée alors que vu les critères d’âge il ne faut pas s’y prendre trop tard. Mais c’est le cas aussi de la PMA, on dit trop rarement aux femmes que passé un certain âge la fertilité baisse drastiquement.

Par contre ici les procédures ne sont pas longues : à partir du moment où le dossier est envoyé en recommandé, le Conseil Départemental a 9 mois pour mener la procédure à bien. C’est le délai légal et il est bien respecté.

le 20/04/2018 à 10h38 | Répondre

Melle Bulle (voir son site)

Étant assistante sociale en maternité, je m’étais préparée à cette réunion ainsi que mon mari afin de ne pas avoir cette sensation de chute de 10 étages. Finalement pour nous cette première réunion a confirmé notre projet et notre volonté.
Par contre je suis étonnée de ce que l’on vous a annoncé du fait que ton mari soit déjà père. Cela n’exclut pas l’adoption en France mais un bébé de 3 mois en parfaite santé. Cela signifie que si vous êtes ouverts à des particularités (ethnies, prématurité par ex, maladies soignables ou opérable) vous avez toutes vos chances d’adopter en France un enfant de moins de 12 ou 24 mois ! Vous avez aussi la possibilité d’adopter dans un autre département que le vôtre. Nous connaissons plusieurs couples déjà parents qui ont adopté en France un enfant de moins d’un an…
Quelque soit votre projet je vous souhaite un bon chemin vers votre futur enfant 😊

le 20/04/2018 à 07h49 | Répondre

Mme Espoir

Lors de la réunion j’avais bien posé la question de savoir s’il était possible d’adopter un pupille et pas forcément un nourrisson (notre projet est un enfant jusqu’à 5 ans). Les personnes m’ont répondu que ça ne se faisait pas, que dans ces cas-là les enfants étaient déjà âgés (+ de 10 ans) et qu’entre le nouveau-né issu d’un accouchement sous X et l’enfant grand il n’y avait pas de possibilités. Je m’étais renseignée après coup et j’avais vu que les enfants de 3/4 ans étaient surtout des enfants avec de très très gros soucis de santé (incertitudes de développement, trisomie…) C’est pour cela qu’on s’est orientés vers l’adoption internationale. Mais depuis, au cours de nos rendez-vous avec les travailleurs sociaux, nous avons appris que la donne a beaucoup changé depuis une loi (de 2016 il me semble). Du coup, il y a une augmentation du nombre d’enfants adoptables petits. Il est donc possible au final que nous adoptions un enfant français issu de notre département ou d’un autre…

le 20/04/2018 à 10h51 | Répondre

lacomtessebleue (voir son site)

Merci pour ces articles toujours très intéressants. Toutes les difficultés énoncées peuvent effectivement faire peur… En fait, je pense que le fait d’élever un enfant est toujours censé faire peur (ou du moins générer une sorte d’excitation… bref produire de l’adrénaline quoi !). J’ai pu voir autour de moi (mais c’est une généralisation forcément abuse) que plus l’aventure est « facile », plus elle fonctionne vite, moins les parents angoissent. Je pense que c’est parce qu’il y a « moins de réflexion » (je mets entre guillemets parce que ça ne veut pas dire qu’ils sont tous inconscients !). Dès qu’on doit attendre, on commence à cogiter et surtout à se rendre compte des tenants et aboutissants. On a le temps de connaître les cas de figure les plus fous (dans le cadre d’une grossesse, on a le temps de découvrir qu’à absolument chaque étape il peut y avoir un souci). Et puis on a beau vouloir très fort un enfant, c’est tout à fait normal d’appréhender le parcours (c’est un peu comme la déception des cycles qui reviennent chaque mois mais puissance mille). L’attente, les difficultés, les tensions, et surtout le temps d’idéalisation très long sont autant de paramètres qui viennent s’ajouter aux difficultés qu’amène un enfant (même s’il amène évidemment beaucoup de joie). Du coup, dans une moindre mesure, je pense que la grossesse (ou un parcours PMA, ou l’adoption) amène aussi les craintes que tu évoques, proportionnelles au temps d’attente. Encore une fois, beaucoup de courage dans votre projet, et je vous le souhaite de tout coeur, une belle réussite (mais quelle que soit l’issue, je vous souhaite une happy end !).

le 20/04/2018 à 09h20 | Répondre

Mme Espoir

Je suis entièrement d’accord avec toi. Quand on s’est lancés avec mon chéri pour faire un bébé, on n’a pas trop réfléchi. C’est venu avec l’attente. Je me suis posé des questions sur ma capacité à devenir mère, la manière d’élever un enfant, mes relations avec mes parents… Bref, ça chamboule. C’est encore plus puissant avec notre projet d’adoption car on nous demande de beaucoup nous interroger sur la parentalité. On cogite plus, on s’inquiète plus mais on se sent également plus armés pour affronter ce qui nous attend.

le 20/04/2018 à 14h53 | Répondre

Caro - WonderMumBreizh (voir son site)

Parcours très intéressant. Merci de oser poser ces craintes sur ce blog. On imagine rarement qu’une remise en question fait parfois son apparition après cette réunion explicative.

Je vous souhaite plein de bonheur pour le futur

le 20/04/2018 à 12h35 | Répondre

Mme Espoir

Dans l’adoption comme dans la grossesse il y a des interrogations et des craintes. Je sais que cette réunion secoue pas mal les gens en général.

le 20/04/2018 à 22h17 | Répondre

Nelly

Bonjour Mme Espoir,

Je suis Maman depuis 8 mois et je remercie ma bonne étoile tous les jours de la facilité avec laquelle j’ai pu tomber enceinte. Je ne connais donc ni les doutes, ni les angoisses que tu peux ressentir.

En revanche, j’ai été adopté à 2 ans et demi. Ma maman, après 8 ans d’essais infructueux a eu le même courage que toi et a entamé une procédure d’adoption, main dans la main avec mon papa, déjà père de mon demi-frère. Elle avait notifié qu’elle ne souhaitait pas adopté un enfant avec un handicap lourd mais pour l’age, l’origine ou encore le sexe, elle n’avait absolument aucune préférence. Elle voulait être mère et pour elle cela ne signifiait pas forcément être enceinte, cela signifiait simplement d’aimer, de choyer et de permettre à un enfant de s’épanouir.

6 mois plus tard, un coup de fil leur a annoncé la bonne nouvelle, une petite fille, moi, attendait sagement de les rencontrer. A l’ instant où ma mère a décroché et compris, elle s’est sentie pleinement investie dans son nouveau rôle. Ils sont venus me chercher au Vietnam quelques mois après mon deuxième anniversaire.

Je marchais, j’étais propre et je n’ai jamais pris de biberon. Ce sont les trois seules choses que ma mère ne m’a pas appris. Tout le reste, je le lui dois. Ma relation avec elle est aussi intense et aussi importante que celle que je peux avoir avec mon fils. Elle ne m’a ni trop couvé, ni pas assez. Elle ne m’a jamais caché mes origines et m’y a même ramené.

C’est ma mère. La seule, l’unique et c’est de toute manière une évidence. On est similaire sur une multitude de point. On se comprend sans se parler et elle connait tout ce que je suis. Elle en fait partie.

J’ai fait ma crise d’adolescence, j’ai été parfois dure. Mes parents se sont séparés et aujourd’hui, avec mon bébé, je suis moins présente dans sa vie. Mais jamais, au grand jamais, ni elle ni moi, n’avons remis en cause notre lien. Celui d’une mère à sa fille.

Le seul courage que je te souhaite c’est celui de l’attente. Après tu verras, ce ne sera plus une question de courage, ce sera juste une question d’amour.

Je te souhaite tout le bonheur du monde.

le 20/04/2018 à 14h40 | Répondre

Mme Espoir

Merci infiniment pour ton témoignage. En parcours d’adoption on entend beaucoup d’histoires différentes. Celles qui se sont mal passées ressortent souvent alors ça fait du bien de savoir que ça peut aussi donner de belles choses. Ça prouve que se battre pour y arriver vaut le coup.

le 20/04/2018 à 22h51 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Je me répète de post en post mais je suis vraiment contente de pouvoir lire et suivre votre parcours! Finalement, on en sait tellement peu sur l’adoption…
Je pense que comme vous, cette réunion m’aurait fait ressentir le besoin de tout remettre à plat. Le doute vient avec l’attente et la réflexion, même pour une grossesse. J’ai attendu 15 mois pour tomber enceinte de ma puce. C’est finalement très peu par rapport à ton parcours mais c’était très long sur le moment. Avec le recul, je ne regrette pas. Nous avons pu mûrir notre projet, y réfléchir et finalement commencer notre parcours de parentalité.
J’espère vraiment que le délai pour vous devenir parent se réduit « rapidement » car mûrir votre projet, à force, ça doit vraiment devenir long 🙂

le 23/04/2018 à 11h10 | Répondre

Mme Espoir

Mon mari et moi découvrons aussi au fur et à mesure l’adoption. Avant de se lancer on n’avait aucune idée de comment ça se passait.

C’est vrai qu’attendre enclenche beaucoup de doutes quel que soit le parcours pour devenir parent. 7 ans pour nous, c’est long mais comme notre chemin a pris un tournant avec cette adoption, notre réflexion a également changé et je n’ai pour le moment pas l’impression de faire du sur place, on contraire tout est à construire !

le 23/04/2018 à 18h17 | Répondre

Mlle Mora

J’ose à peine imaginer ce qu’on ressent en assistant à cette réunion, et toute la remise en question de soi-même, de son couple, que cela implique. Le parcours est long et plein d’embûche, mais on sent votre détermination à tous les deux, vous êtes une vraie équipe qui saura faire face aux difficultés et qui accueillera un enfant avec tout l’amour possible.
Et oui, on se questionne beaucoup aussi, même quand c’est « facile », tu vois, j’attends ma 3ème, mais je me pose plein de questions sur l’éducation que je vais lui offrir, la place qu’elle va prendre dans sa fratrie, si on va être à la hauteur pour elle, et si on l’est pour les 2 premières… etc.

le 23/04/2018 à 15h53 | Répondre

Mme Espoir

On avance en effet main dans la main avec mon mari. Il me surprend même souvent.

Les questions sont toujours là, dans l’attente, la grossesse et même ensuite ! On est sans arrêt en train de se demander si on fait les choses correctement avec Schtroumpfette. C’est le propre des parents…

le 23/04/2018 à 18h22 | Répondre

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