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Mon parcours avec don d’ovocytes : le début des ennuis…


Publié le 30 avril 2019 par Urbanie

Nous avons donc laissé le temps au temps, pour que nos doutes et interrogations puissent faire jour. J’ai ainsi passé près de deux mois en laissant les choses se tasser d’elles mêmes, sans rien précipiter. Avant de me décider à (enfin!) prendre RDV. Au programme: dégoter un entretien médical en Espagne, et trouver l’obstétricien français qui suivre nos démarches.

Spoiler: on s’est pris une première (belle) gifle.

Prête? C’est parti!

Crédit photo (creative commons): Free-Photos

La prise de RDV en Espagne

Je me décide donc finalement à contacter une clinique en Espagne par mes propres moyens. Je décide de m’orienter vers une clinique dont plusieurs médecins m’ont parlé, et qui semble recueillir d’excellents témoignages sur le net.

A ce sujet: il est illégal pour les médecins français d’orienter les patientes à l’étranger, certes. Mais soyons honnêtes:  les médecins « savent » quelle clinique recommander, selon le profil de la patiente. Charge à eux d’accepter (ou non) de conseiller les couples dans cette démarche. Et moi, j’ai préféré demander à quelqu’un de mieux informé que moi pour me guider avec discernement, plutôt que de me renseigner au hasard du net et des forums. Il se trouve que le nom d’une clinique est ressortie à plusieurs reprises, et c’est donc celle que nous avons choisie avec mon mari.

Me voilà ainsi un beau jour de février en train d’envoyer un mail de demande d’informations via le site de la clinique, sur lequel s’affichent de jolis clichés de familles tellement souriantes et heureuses qu’elles te feraient passer les gamins de la publicité Ricorée pour une bande de dangereux bikers sous acide. J’imagine surtout que montrer de jeunes parents morts de fatigue entourés de couches sales est vachement moins vendeur (sache-le: PMA ou pas, ton bébé fera caca pareil qu’un autre).

Bon point: non seulement la clinique me rappelle le lendemain, mais en plus ils ont bien noté que j’étais française: j’ai donc affaire à une correspondante francophone, ce qui me soulage énormément, mes compétences en espagnol se limitant à la dernière saison de La Casa del papel (sous titrée).

Mauvais point en revanche, le prochain RDV disponible ne sera pas avant 3 mois, et en plein milieu de semaine. Je n’ai pas le choix de la date (mon calembour préféré), mais nous avions anticipé le coup en décidant de ne rien planifier sur cette période de congés, histoire de ne pas devoir repousser le rendez-vous aux calendes grecques.

Premier RDV de suivi en France, et première claque…

Je suis également orientée, à ma demande, par notre généticienne en France vers les spécialistes de PMA de l’hôpital où je suis suivie. Je sens notre généticienne quelque peu embêtée, mais elle accepte néanmoins de nous recommander plusieurs confrères, histoire de ne pas me lâcher complètement dans la nature. Me voici donc, une liste de plusieurs noms en main, en train de lire et de vérifier les avis positifs ou négatifs laissés par leurs anciennes patientes sur Google.

Je choisis celui qui récolte le plus d’avis positifs (« dithyrambiques » serait plus adapté) et je ne récolte de RDV que 7 semaines plus tard – je comprendrai quelques semaines plus tard pourquoi le monsieur est aussi booké: il s’agit du chef du service PMA de l’hôpital où je suis suivie – non, sur le moment, je n’avais vraiment pas fait gaffe.

C’est donc en toute confiance que je me rends à ce RDV: naïve (j’avoue), je pense que notre démarche ne sera qu’une formalité, et que nous repartirons du cabinet avec les ordonnances nécessaires pour réaliser les tests et examens nécessaires, à moins de deux mois de notre voyage.

Le spécialiste PMA est en effet très doux: à l’écoute, bienveillant. Mais, dés l’exposé de notre parcours, le voici qui se renfrogne sur sa chaise. Je vois son corps se replier sur lui-même: les bras se serrent, se croisent, le ton devient hésitant. Il nous parle de don d’ovocytes en France, nous lui répondons « délais trop longs » et « zéro garantie que notre dossier ne soit accepté ». Il nous explique que notre dossier risque de ne pas être accepté en Espagne non plus. Ah bon (première fois que j’entends parler de cette éventualité)? « Oui, et puis quand vous serez enceinte, vous n’aurez plus besoin de revenir me voir, votre grossesse rentrera dans le cadre d’une grossesse classique ». Ah… Mais avant de partir, il n’ya pas d’examens à faire, d’ordonnances à rédiger? « Non, vous verrez tout sur place. Et puis légalement… ».

Ah, nous y voilà donc.

Je ne suis pas une spécialiste des questions juridiques, mais nous ressortons de cet entretien avec un sentiment de malaise. Et la nette impression que le médecin, au demeurant très gentil, a craint de tomber sous le coup de la loi en nous aidant dans notre démarche.

Après plusieurs semaines d’attente (je rappelle que ce spécialiste était très demandé, et que rien ne présageait d’un refus, vu qu’il nous avait été recommandé par d’autres médecins bien informés de notre parcours), j’ai l’impression d’un immense gâchis. Je me sens accablée, démunie. Je m’attendais à beaucoup de choses, mais pas à un refus déguisé.

A quelques semaines de notre voyage en Espagne, nous n’avons pas d’autre piste que de devoir reprendre contact avec un nouvel obstétricien qui acceptera de nous suivre dans notre parcours. En espérant que nous aurons le temps ensuite de réaliser les examens nécessaires avant de partir en péninsule ibérique (certains tests peuvent en effet demander plusieurs semaines, je ne suis donc absolument pas rassurée).

Oui, mais vers qui se tourner désormais, dans des délais tenables, avant notre grand départ?

On en reparle la prochaine fois…

Et toi, tu aurais réagi comment, à ma place? Le refus de ce praticien te choque? Dis-moi tout!


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Commentaires

2   Commentaires Laisser un commentaire ?

WorkingMutti (voir son site)

Le refus de ce praticien ne m’étonne même pas tant que ça. Légalement, tu as tout à fait le droit de te faire suivre à l’étranger. Les FIV don d’ovocytes à l’étranger peuvent même être remboursées, sous certaines conditions, par la sécu ! Le système en entier est en fait assez hypocrite.

Les médecins qui suivent les patientes en DO à l’étranger trouvent en général leurs patientes par le bouche à oreilles, mais le soucis c’est que ce sont dans leur grande majorité des gynéco en secteur 2 aux honoraires bien gonflés.

Théoriquement, ils ne doivent pas rédiger d’ordonnances remboursables pour les traitements pour la donneuse. Certains le font, mais c’est de plus en plus rares. ils se contentent de prescrire le traitement pour femme qui va recevoir le don.

le 30/04/2019 à 10h43 | Répondre

Virg

Je ne comprends pas pourquoi ce serait illégal avec l’Europe, quelque part tu te soignes où tu veux te soigner, non ? Quelque chose m’échappe ?
Excuse-moi mais te lire m’a rassurée, on n’est pas les seuls à être poisseux dans le vie ! Non mais sérieusement, on fait tout bien dans les règles et y’a toujours un truc, c’est usant.

le 30/04/2019 à 15h30 | Répondre

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