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La suite de mon parcours PMA : un premier contretemps


Publié le 8 juin 2015 par MadameDeLaForêt

La dernière fois, je t’ai exposé tout le cheminement médical qui nous a conduit à la procréation médicalement assistée (PMA), et plus particulièrement aux inséminations artificielles (IAC).

Pour résumer : tout va bien du côté de MonsieurDeLaForêt, mais de mon côté, c’est le jackpot : une mauvaise ovulation du fait de mes ovaires polykystiques, et un environnement acide qui tue tous les spermatozoïdes voulant se frayer un chemin vers mon utérus…

L’idée est donc de contourner cet environnement de serial killer en dépassant la barrière acide : le médecin déposera les spermatozoïdes de l’amoureux directement dans l’utérus, au plus proche des ovaires.

Nous sommes donc envoyés au Centre d’Étude et de Conservation des Œufs et du Sperme (CECOS) de la maternité pour constituer notre dossier PMA et commencer la procédure de l’IAC.

Couloir d'hôpital

Crédits photo (creative commons) : DaveBleasdale

Je connais déjà les lieux, car c’est là que j’ai fait mes 3 tests de Hühner, mais pas MonsieurDeLaForêt. On a rarement vu un endroit aussi déprimant. Dans les sous-sols mal éclairés de la maternité, de longs couloirs froids où les patients sont tous alignés sur des chaises. Personne ne se parle, personne ne se regarde, on entendrait une mouche voler.

De temps en temps, on voit sortir une infirmière qui appelle « Monsieur X ». Monsieur X se lève, suit, tout penaud, l’infirmière jusqu’au bout du couloir et entre dans une petite pièce. Puis on attend… on attend… Au bout d’un (certain) moment, on voit Monsieur X sortir de la petite pièce, remonter le couloir en regardant ses chaussures, et se rasseoir en silence. Puis c’est au tour de Monsieur Y d’être appelé… Lugubre !

Il n’y a qu’une seule salle de prélèvement pour tout le CECOS. Il faut donc que chaque monsieur attende que le monsieur précédent ait fait sa petite affaire pour pouvoir faire la sienne… Autant te dire que ça peut prendre beaucoup de temps !

Je dois dire que j’admire les hommes qui défilent sans broncher à la queue leu leu (sans mauvais jeu de mots) dans cette pièce. Qui, selon MonsieurDeLaForêt, est à peine chauffée, avec un pauvre fauteuil au milieu de la pièce, des portes qui ne ferment pas des deux côtés, et des cloisons fines au point qu’on entende les laborantins parler dans la pièce attenante. Niveau intimité et confort, on a vu mieux…

Je fais ici une petite digression pour évoquer un sujet qui me tient à cœur : la place de l’homme en PMA. C’est, à mon sens, quelque chose qui est vraiment négligé dans ce type de parcours. Ils sont souvent considérés comme de simples géniteurs, qui ont pour unique mission de fournir leur semence dans un tube à essai.

On entend parfois que ce qu’ils ont à subir est un moindre mal par rapport à ce que les femmes subissent, mais je ne suis pas tout à fait d’accord ! Ce parcours se fait à deux. Or, les hommes sont considérés comme totalement invisibles/transparents/inexistants (aucune mention inutile à barrer) lors des différents rendez-vous avec le corps médical. Beaucoup se sentent impuissants face à tous ces contrôles, examens, prises de sang, injections et médicaments que nous devons subir…

Bref, ceci n’est qu’un aparté dans mon récit, mais je pense qu’il serait intéressant d’en discuter et d’avoir des avis masculins sur le sujet…

Revenons à nos moutons. MonsieurDeLaForêt est enfin appelé… Lorsqu’il revient s’asseoir, je vois immédiatement que quelque chose ne va pas. Il me confie que les conditions de prélèvement (évoquées plus haut) l’ont un peu bloqué, et que du coup, il y a très peu à exploiter dans l’éprouvette…

Bon ce n’est pas bien grave, il ne s’agit que d’un premier prélèvement pour constituer notre dossier, rien de dramatique. D’autant plus que celui effectué quelques mois plus tôt dans une autre clinique était parfait.

Nous sommes reçus par la biologiste, qui confirme que ça arrive souvent (tu m’étonnes…). Malgré tout, je peux, en accord avec notre gynéco, commencer les injections en vue de l’IAC. Par contre, MonsieurDeLaForêt doit revenir faire un spermogramme pour boucler le dossier.

Je commence donc ma première injection le mercredi soir, et MonsieurDeLaForêt retourne faire sa petite affaire au CECOS le jeudi matin.

Jeudi midi, mon téléphone sonne. C’est ma gynéco. Je pressens que quelque chose ne va pas… Effectivement, elle m’annonce qu’on arrête tout, qu’il faut annuler l’IAC ! Zéro spermatozoïde dans le prélèvement. Comment est-ce possible ? On ne comprend pas, le ciel nous tombe sur la tête…

Après plusieurs jours de déprime et de larmes, nous prenons rendez-vous avec la gynéco pour faire le point. En fait, nous avons mal compris au téléphone : ce n’est pas qu’il n’y a pas de spermatozoïde, mais que le volume est insuffisant pour être analysé, comme la dernière fois. Elle pense que MonsieurDeLaForêt fait un petit blocage, qu’il se met la pression et que c’est pour ça que les quantités sont minimes.

Cependant, avec de tels résultats, toute tentative d’insémination est inutile… Elle nous recommande de faire une pause de quelques mois, nous assure que ça nous fera du bien. Et pour rassurer MonsieurDeLaForêt, elle l’envoie tout de même faire une échographie et voir un urologue, au cas où.

Décidément, cette aventure PMA est semée d’embûches… et ces embûches ne se trouvent pas forcément là où nous les avions imaginées !

Et toi ? As-tu déjà fréquenté un centre de PMA ? Que penses-tu de la place des hommes dans ce parcours ? Viens nous faire part de ton expérience…

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Commentaires

6   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Rose

ah oui ! carrément que je n’avais pas imaginé ça comme ça pour les hommes. C’est franchement immonde comme traitement, à quoi pensent les hôpitaux franchement ?
J’espère que ton homme a réussi à prendre du recul mais clairement ça doit être difficile.

le 08/06/2015 à 09h36 | Répondre

Madame D

C’est vrai qu’on ne pense pas trop à eux pendant cette période. Et même pendant la grossesse en général. Les médecins ce concentre sur le bébé et la maman (à juste titre) mais oublie complètement le papa.
Courage à vous deux !

le 08/06/2015 à 10h45 | Répondre

Sapparot

n’est-il pas possible de faire le prelevement chez soi et de venir le deposer le jour meme?
Les conditions de confort et de qualite de l’echantillon s’en trouveraient quand meme grandement ameliorees, non?

le 08/06/2015 à 11h12 | Répondre

MadameDeLaForêt

Sapparot, oui certains laboratoires acceptent un prélèvement chez soi et effectivement ça aurait probablement résolu le problème mais malheureusement ce n’était pas accepté dans notre centre PMA… Trop de risques que le prélèvement soit altéré (conditions de prélèvement, transport etc)

le 11/06/2015 à 11h01 | Répondre

Stéphanie

Bonjour Madamedelaforêt, de notre côté je n’ai pas senti mon homme exclu, sa présence était obligatoire à tous les entretiens et les médecins s’adressaient autant à lui qu’à moi, pourtant c’est moi qui ai un problème.
Pour ce qui est des couloirs lugubres des hôpitaux publics je suis tout à fait d’accord avec toi, c’est parfois vraiment glauque MAIS, n’oublions pas qu’en France nous avons l’immense chance de ne pas débourser un centime pour la PMA.
En ce qui concerne mon homme l’expérience n’a pas été traumatisante, il s’est même porté volontaire pour participer à une étude et il est revenu plusieurs fois au CECOS pour des entretiens et recueil de sperme.
Avant de commencer les traitements je ne lisais que des échos hyper négatifs de la PMA sur le net et cela m’a un peu effrayée. Pour ma part ça s’est plutôt bien passé et pour mon homme aussi. D’où mon témoignage, non, la PMA c’est pas le paradis mais c’est pas toujours affreux, même si l’intimité en prend un coup à tous les niveaux et même si parfois on a envie de regarder ses chaussures ou le plafond pour oublier notre gêne.
Je te souhaite que la prochaine IAC soit la bonne. Bon courage à vous 2. Bises

le 08/06/2015 à 11h30 | Répondre

MadameDeLaForêt

Bonjour Stéphanie, ce billet n’a pas pour but de décrire ce que tous les couples vivent en PMA. Heureusement nous n’avons pas tous le même parcours, et nous avons une vision des choses qui diffère selon le ressenti de chacun… C’est malheureusement comme ça que mon mari l’a ressenti, mais j’ai vu passer de nombreux hommes qui ne semblaient pas dérangés par l’environnement et les conditions de prélèvement… Après je tiens à préciser par contre que le personnel était vraiment charmant et à l’écoute dans cet hôpital, et malgré les conditions d’accueil et de prélèvements, nous n’avons jamais eu à nous plaindre de quoi que ce soit dans cet hôpital!
Mais ton témoignage est intéressant car il montre bien que chaque parcours et ressenti sont différents 🙂

le 11/06/2015 à 11h06 | Répondre

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