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Prendre une nouvelle route


Publié le 6 mars 2018 par Mme Espoir

Lorsque le résultat négatif de notre dernière FIV est tombé cela a été très dur même si nous avions eu le temps de nous y préparer. Durant tout notre parcours est toujours restée dans un coin de ma tête cette question : « et si ça ne fonctionnait pas ? »  Après tout, un couple sur 4 sort de la PMA sans bébé.

Les premières évocations de l’adoption

Je te le disais dans un article précédent, je n’ai jamais vraiment voulu d’enfant avant de rencontrer l’homme de ma vie. Ce n’est pas complètement vrai : petite, je ne me voyais pas maman mais quand rarement je l’envisageais c’était d’un enfant adopté. Oui ça paraît étrange. J’avais peur de l’accouchement et cela me paraissait être une belle solution de donner de l’amour à un enfant qui n’avait pas la chance d’avoir une famille. Lorsque j’ai appris que devenir parents allait sans doute être compliqué pour nous, j’ai repensé à tout ça. C’est un peu comme si j’avais toujours su qu’être maman ne serait pas un long fleuve tranquille et que la PMA ne fonctionnerait pas.

Avant de se lancer dans les FIV, M. Chéridamour m’avait dit en plaisantant que si ça ne marchait pas on adopterait une petite fille aux yeux bridés. Même si c’était une phrase lancée en l’air pour dédramatiser, je l’ai gardée dans un coin de ma tête. Après l’échec de notre 3ème FIV j’ai commencé à sérieusement repenser à l’adoption. Mais la peur de se lancer et d’un refus de M. Chéridamour m’a longtemps fait me taire.

Nous avions parlé de l’adoption de manière assez « abstraite ». Je savais qu’il considérait comme moi qu’un parent adoptif est un parent à part entière et qu’il aime son enfant (pas « comme si c’était le sien », ça devient tout simplement son enfant). Selon nous, l’amour pour un enfant adoptif est le même que pour un enfant biologique. C’était important pour moi de savoir ça car je sais que pour certains l’adoption n’est qu’un pis-aller.

Et les autres options ?

Quand bébé n’arrive pas malgré la PMA il y a plusieurs pistes que les couples explorent. Certains ont recours à la GPA (Gestation Pour Autrui), d’autres en fonction de la cause de leur infertilité vont faire des essais à l’étranger, d’autres encore abandonnent. Hormis la dernière, ces options ne nous ont pas traversé l’esprit.

Pourquoi ? Nous en avions très clairement assez de notre parcours médical. 6 ans de piqûres, d’examens, de médecine nous ont dégoûtés. Pour tout dire je ne suis pas à l’aise du tout avec la GPA. Lors de notre entretien avec la psychologue durant notre agrément pour l’adoption, elle nous a posé la question concernant une possibilité d’aller à l’étranger pour un don d’embryon. Nous avons été étonnés avec mon homme de découvrir à ce moment-là qu’on n’y avait même pas pensé ! Peut-être parce que mes embryons étant a priori de bonne qualité. Sans doute aussi car nous avions le sentiment qu’il fallait en finir avec tout ça. Je voulais que nous soyons parents ensemble mais je ne désirais pas être enceinte à n’importe quel prix. La grossesse et l’accouchement n’ont jamais constitué pour moi la seule manière de m’envisager maman.

Le fait d’être belle-mère a dû aussi aider. J’aime Schtroumpfette et je sais que l’amour qu’on donne à un enfant qui n’est pas issu de ses propres entrailles peut-être extrêmement fort.

Notre prise décision

Photo (Creative Commons) : Yakir

Avoir déjà plus ou moins fait mon deuil de ce bébé ne m’a pas empêché d’être douloureusement atteinte par notre dernier échec. J’ai enfin osé parler à mon homme de l’adoption dès la minute où j’ai lu le résultat, ce petit « négatif » signant la fin de notre aventure PMA. Je lui ai demandé de réfléchir au sujet. Lui n’en était pas au même point que moi, il n’y avait jamais vraiment pensé alors que mon envie grandissait depuis des mois. Ce n’était pas cet échec qui me faisait dire « bon alors on n’a qu’à adopter ». Je ne voulais pas sa réponse de suite, je ne voulais surtout pas qu’il accepte pour me faire plaisir et je lui ai demandé de bien réfléchir. Il y aurait un enfant en jeu, c’était surtout lui qui compterait, c’est à lui que nous devions penser. Je savais que nous serions des parents attentifs et que cet enfant nous l’aimerions et lui donnerions tout le bonheur et l’éducation que nous pourrions.

Mon chéri a pris le temps. Je ne l’ai pas vu faire mais il s’est renseigné. Cela lui a pris deux semaines. Deux très longues semaines pour moi car j’avais l’impression qu’il avait enterré le sujet et n’osait pas me dire non. J’aurais accepté cette réponse et il le savait, cela nous aurait ébranlés mais on aurait continué et construit notre vie différemment.

Et puis un soir il m’a dit qu’il était d’accord. Il savait que ce serait difficile mais il voulait cet enfant autant que moi. Je n’ai rien pu faire d’autre que pleurer dans ses bras. J’avais le sentiment qu’on me donnait l’autorisation d’être maman. Et j’ai eu aussi très peur car cet enfant qui n’était pas encore là, qui n’avait ni nom ni sexe ni âge je l’aimais déjà tellement fort. L’adoption me semblait possible, évidente même alors que j’avais toujours eu une crainte que la PMA ne fonctionne jamais.

Nous avons laissé passer quelques jours sans en reparler et sans entreprendre de démarche. Et pour cause : 15 jours après notre décision, nous allions nous marier ! Mais dès la semaine qui a suivi notre mariage nous avons de nouveau évoqué ce projet qui était désormais le nôtre. Nous avons pris quelques décisions importantes qu’il ne faudrait pas perdre de vue car c’était ce qui nous tenait le plus à cœur. Un nouveau chemin s’ouvrait devant nous. Il nous a fallu nous perdre quelques années en PMA pour finalement le trouver.

—–

Et toi, as-tu déjà pensé à adopter ? Comment s’est prise cette décision ?

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Commentaires

13   Commentaires Laisser un commentaire ?

Maïa

Votre témoignage est très émouvant. Il montre qu’il est possible de dépasser l’échec de la PMA et d’envisager d’autres façons d’être parents, tout aussi aimantes et légitimes.
Je vous souhaite toute la réussite et le bonheur possibles sur votre chemin et dans cette nouvelle aventure !

le 06/03/2018 à 08h26 | Répondre

Mme Espoir

C’est en effet possible même si ce n’est pas évident. Ça a été naturel pour nous de choisir l’adoption, mais comme je le dis nous avons également pensé à tout arrêter. Je connais personnellement des couples qui sont sortis de la PMA les bras vides et ont choisi de ne pas aller plus loin dans leur désir d’enfant (trop de fatigue, sentiment que le couple ne tiendrait pas face à une nouvelle épreuve…) Ils sont aujourd’hui épanouis et ont réussi à aller au-delà de leur douleur. C’est très important d’avoir autour de soi des gens ayant vécu cette épreuve et l’exemple qu’ils donnent permet de voir que la vie ne s’arrête pas. Il faut qu’on garde cela en tête car il n’est pas sûr que nous arrivions à adopter…

le 06/03/2018 à 11h46 | Répondre

Elise

Une petite question: le don d’embryon et la GPA ne sont pas la même chose il me semble, ou je me trompe? Le don d’embryon est-il légal en Franceß

le 06/03/2018 à 11h53 | Répondre

Mme Espoir

Effectivement ce sont 2 choses bien distinctes qui répondent à des problèmes de procréation différents.

Le don d’embryon est légal en France mais ne concerne que les couples qui ont une double infertilité ou une maladie génétique, d’où le fait que certains couples décident d’aller à l’étranger.

La GPA par contre est totalement interdite en France.

le 06/03/2018 à 12h16 | Répondre

Folie douce

J’ai aussi été émue par cet article, on sent que vous avez déjà parcouru du chemin et je vous souhaite sincèrement que la suite soit belle. Personnellement j’ai plutôt une vision positive de l’adoption et j’y ai déjà réfléchi mais mon mari trouve que quand on peut avoir des enfants biologiques il faut laisser « la place » aux couples qui ne peuvent pas. Comme il y a moins d’enfants qu’on puisse adopter que de personnes souhaitant adopter son argument me paraît logique.

le 06/03/2018 à 12h38 | Répondre

Mme Espoir

Les couples ayant déjà plusieurs enfants ont de toute façon énormément de mal à adopter car les couples sans enfants sont très nettement prioritaires. C’est néanmoins possible à condition d’être très ouverts (accepter des enfants « grands » de +8 ans ou ayant des pathologies assez lourdes genre VIH/trisomie/SAF/handicap physique…). C’est un vrai choix et je trouve ça bien également que certains se sentent les épaules de mener ce genre de projet.

le 06/03/2018 à 14h49 | Répondre

Audrey

Je trouve votre témoignage très triste dans le fond car imaginer une jeune femme subir toute la PMA et tous ces échecs pour finalement sortir de toute cette aventure sans bébé c’est très injuste. Avoir son propre bébé, le porter et le faire naître reste quand même une aventure très très différente de l’adoption, même si au final on finit par aimer aussi cet enfant là. Reste à prendre en compte que le parcours pour adopter est aussi long et fastidieux, et plein d’épreuves, vous avez l’air visiblement motivés à en prendre le chemin mais sachez aussi qu’un enfant adopté c’est des problématiques de lien/des questionnements identitaires/des crises, que vous traverserez quand il sera plus grand.
Dans le service où je bosse on voit tellement d’échecs d’adoption que c’est vrai que ça me paniquerait de devoir adopter mais j’imagine que quand on a pas le choix…on le fait.

le 06/03/2018 à 16h10 | Répondre

Viviane

Heureusement, il y a beaucoup d’adoptions heureuses ! Je crois qu’on estime que 20 % des adoptions peuvent être problématiques, mais dans les familles biologiques tout n’est pas toujours un chemin pavé de roses ! Très bonne chance à vous dans ce projet.

le 06/03/2018 à 19h37 | Répondre

Mme Espoir

Nous sommes conscients des difficultés (et nous en avons peur !), j’en parlerai dans de futurs articles. Nous avons depuis nos débuts bien évolués, avons rencontrés des parents adoptifs, discuté avec l’assistante sociale et la psychologue, avec un médecin spécialisé dans l’adoption, fait des lectures spécialisées sur le sujet… On sait ce qui nous attend, on se prépare autant qu’on le peut même si au final on n’imagine pas complètement tout ce qu’on va peut-être affronter.

Par contre, on a le choix ! On avait le choix de tout arrêter. On avait le choix de continuer les FIV. Ce n’est pas par défaut que nous nous lançons dans ce projet. Je sens que le coeur y est beaucoup plus. Clairement c’est le chemin qui me convient le mieux pour être maman : j’arrive à imaginer notre enfant alors que je n’ai jamais pu imaginer notre bébé. C’est difficile à expliquer, mais ça me prend aux tripes, c’est une envie physique que je n’avais jamais ressentie avec la PMA ou une éventuelle grossesse. Même mon mari est plus investi dans cette nouvelle voie. Est-ce que je regrette de ne pas connaître ce qu’est une grossesse ? Un peu. Mon vrai regret vient du fait qu’avec une adoption on n’est pas présent dans les premier(e)s mois/années de la vie de l’enfant et que ça complique les choses pour réellement le comprendre et l’aider au mieux.

le 06/03/2018 à 21h10 | Répondre

Heaven

Je suis passée par les deux processus pma et procedure d adoption et donc je connais bien les deux parcours que j ai mener de front en même temps. J avais tjs dit que je ne ferais pas le parcours pma jusqu au bout je ne voulais pas tenter les fiv qui me paressait trop agressive. Nous avions donc décider que nous nous arrêtions apres les iac. Je me suis beaucoup plus sentie a l aise dans le parcours adoption que dans le parcours pma. L assistante social et la psy ainsi que les couples rencontrés avec l association efa nous ont beaucoup aidé et je me sentais plus dans mon élément. Nous avons obtenus l agrément pour un enfant de 0-6ans avec particularité et ouvert multi culture en juillet dernier . Je finissais en même temps la derniere iac et j avais peu d espoir car j avais eu bcp de complication lors de cette dernière infection mycose … bref la pma c était déjà loin derrière moi . Nous nous apprêtions a envoyer nos dossier aux différents oaa. Et… la dernière iac a finalement marché je suis tombé enceinte et m apprête à accoucher sous peu. Passer la joie et le choc de l annonce il faut quand même faire le deuil du projet adoption qui nous tenait a coeur. On était préparé a un enfant grand et a besoin specifique. Et nous allons avoir notre bébé biologique. Tout ça pour te dire qu il n est pas impossible que tu tombes encore enceinte naturellement . Le parcours adoption te permet justement de te focaliser sur un autre projet de famille cela peut jouer dans les cas d infertilité inexpliquée. Même si je suis tres contente d être enceinte malgré une grossesse compliquée ( histoire que ça ne soir pas facile jusqu au bout) j ai quand même le regret de ne pas mener mon projet adoption au bout.

le 06/03/2018 à 20h19 | Répondre

Mme Espoir

Si c’est quelque chose qui vous tient à coeur, rien ne vous empêche de retenter l’adoption d’ici quelques années ! C’est plus difficile pour les couples avec enfant, mais votre agrément était assez ouvert, vous auriez des chances même avec un enfant.

le 06/03/2018 à 21h16 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Je suis tes aventures avec beaucoup d’intérêt! Je trouve ça stupéfiant le côté apaisé que tu renvoies. Cela parait tellement naturel pour toi que ça en est magnifique! Je suis certaine que ton expérience aidera beaucoup de parents concernés à avancer dans leurs réflexions et démarches!

le 14/03/2018 à 12h21 | Répondre

Mme Espoir

Je ne me trouve pas apaisée, je suis plutôt du genre stressée ! Par contre il est vrai que cette voie m’a semblé tellement naturelle que je me demande souvent pourquoi on ne s’y est pas lancé plus tôt.

le 19/03/2018 à 13h35 | Répondre

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