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Quand la douleur empêche la reprise des rapports sexuels après l’accouchement : conseils et astuces


Publié le 1 décembre 2014 par Anne Delacour

« J’ai accouché il y a 6 mois : accouchement normal, bébé en bonne santé… et grosse épisiotomie. Mon mari et moi avons repris les relations sexuelles il y a quelques jours (j’avais trop peur, avant), mais ça me fait trop mal ! Dites-moi que je ne suis pas la seule à avoir super mal à tel point que je dois interrompre l’acte !!! C’est ce que j’imaginais de pire et je suis désespérée. »
Chloé, maman de Louison.

Chloé, figure-toi que j’étais justement déjà en train d’écrire un article au sujet du seske quand j’ai lu ta question. Alors puisque j’étais déjà dans l’ambiance, je me suis dit que j’allais en profiter pour te répondre.

Parce que crois-moi, je compatis !

appréhension du sexe après l'accouchement

Crédits photo (creative commons) : Mislav Marohnić

Le sujet des relations sexuelles après la grossesse est beaucoup trop tabou. Rares sont les gens qui parlent ouvertement de sexe, pour commencer. Mais plus rares encore sont les femmes qui osent parler de leur vagin en public et affirmer que ça fait 6 mois qu’elles n’ont pas fait l’amour. Ce que je comprends tout à fait, hein, étant moi-même assez pudique sur ce sujet.

(Je vois bien la scène, à table avec tes amis : « Je vous ai pas dit, mais au fait, avec Chéri, on ne fait plus l’amour parce qu’à la pénétration, ça me fait trop mal à la fourchette, vous savez, sur ma cicatrice d’épisio, en bas du vagin. Et moi qui pensais que le plus compliqué allait être de gérer les hémorroïdes quand on le fait par derrière, je suis bien embêtée !! » Gros blanc et ambiance pesante garantie !)

Sauf que ne pas parler d’un problème, c’est aussi ne pas se laisser d’occasion pour parler des solutions.

Alors aujourd’hui, parlons solutions !

Ta vie est la tienne

Se comparer à d’autres n’apporte rien de bon ! Certaines femmes ont envie de refaire l’amour une semaine après leur accouchement, d’autres au bout d’un an. Et je peux aussi te dire que cela varie aussi d’une grossesse à une autre pour la même personne. Ça dépend de comment s’est passé l’accouchement et comment on vit ses suites de couche (le baby blues est l’ennemi numéro un de la libido). Et bien sûr, ça dépend de ton niveau de fatigue ! Bref, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, comparaison = poison !!

Donc surtout, arrête de te demander quel rythme est « normal », et focalise-toi uniquement sur vos besoins à vous : tes envies, tes besoins, ses envies, ses besoins. Sache juste que non, tu n’es pas seule avec ce problème.

Détends-toi !

Oui, je sais, plus facile à dire qu’à faire. Le problème, c’est que, comme tu le sais sans doute, quand on est stressée, on a tendance à moins lubrifier : le vagin se resserre, et forcément, là où tu n’avais peut-être qu’une douleur légère, tu as maintenant vraiment mal. Au point de vouloir tout arrêter.

Donc première chose à faire : se détendre. Ça peut passer par un massage, un bain, un verre de vin ou une musique douce. Prends ton temps, respire profondément, et surtout, ne te donne pas d’échéance du genre « il faut absolument que ça se fasse aujourd’hui, sinon ça craint vraiment !! ». Si ça ne se fait pas aujourd’hui, ça se fera demain. Ou après-demain.

Si vous venez de faire un enfant ensemble, c’est qu’a priori, vous avez décidé de faire un bout de chemin de vie ensemble. Ce n’est pas un jour de plus ou de moins à ne pas faire l’amour qui va vraiment importer !

La lubrification est ton amie

Comme dirait Franky Vincent, c’est mieux quand ça glisse, Alice. Alors investis dans un tube de lubrifiant intime, et ne sois pas radine !

Si vous utilisez des préservatifs, il te faut forcément un lubrifiant à base d’eau (tu en trouveras dans n’importe quelle grande surface, à côté des préservatifs). Mais sinon, tu peux utiliser n’importe quelle huile comme lubrifiant. Huile d’amande douce, huile de noisette, ou encore huile d’olive, parfaite si tu aimes une ambiance vinaigrette pendant l’amour.

Ah bon, tu préfères une ambiance vahinée ? (Étonnant !) Alors laisse-toi tenter par l’huile de coco : ça sent bon, ça lubrifie vraiment, et ça dure longtemps. Tu peux en trouver pour pas très cher dans tous les magasins bio ou de produits exotiques, et cerise sur le gâteau, c’est solide jusqu’à 25°C. (Pratique !)

Des massages, des massages et encore des massages

Hors rapports sexuels, prends le temps de masser ton périnée. C’est d’autant plus important si tu as eu une épisiotomie. L’objectif est d’assouplir la peau de ta cicatrice, qui parce que c’est du tissu cicatriciel, n’est ni très sensible, ni très souple. Tu peux utiliser des huiles spécialement formulées pour ça, comme celle de Weleda, mais si tu n’es pas fan de son odeur particulière, sache que cela fonctionnera tout aussi bien avec d’autres huiles. Les bienfaits viennent moins du produit que de l’action de massage et d’hydratation de la peau.

En plus d’assouplir ta peau, te masser va également te permettre de réapprivoiser ton nouveau corps. Parce que l’accouchement laisse forcément des séquelles aussi sur tes parties génitales (accouchement par voies basses ou non, d’ailleurs) : ce n’est pas forcément moins bien, d’ailleurs, mais c’est très probablement différent. Certaines femmes remarquent par exemple que leur clitoris a légèrement changé de place ou de forme, et que les caresses qui leur plaisaient avant ne leur sont plus agréables. Des massages sont l’occasion de te redécouvrir en solo, avant de passer à l’acte à deux.

Et si vous êtes assez à l’aise dans votre couple pour ça, pourquoi ne pas carrément demander à ton homme de te masser le périnée ? Des caresses douces avec beaucoup d’huile peuvent tout à fait servir aussi de préliminaires. Et hop, deux d’une pierre deux coups ! Parfait pour des parents pressés !

Garder le contact

En attendant que les choses revienne à la « normale », ou plutôt, que vous trouviez votre nouveau « normal », c’est à dire un état des choses qui vous convienne à tous les deux, il est essentiel de cultiver la tendresse dans votre couple :

  • continuez à vous faire des câlins régulièrement ;
  • faites-vous aussi des bisous langoureux, juste comme ça, sans arrière-pensée ;
  • dites-vous que vous vous aimez, à l’écrit, à l’oral, en chuchotant, en criant, en riant, en anglais, en italien, bref, souvent !
  • ménagez-vous des moments pour discuter : sans forcément partir en weekend entier en amoureux (parce que ce n’est pas toujours possible), vous pouvez prendre 20 minutes pour boire un café ensemble le matin avant le réveil des petits, ou une tisane quand tout le monde est couché, ou un verre de vin pendant que votre maman berce le bébé.

Bref, restez proches mentalement le temps de redevenir proches physiquement.

Dire oui à la masturbation

Une absence de rapports sexuels pendant une période prolongée peut engendrer une grande frustration de part et d’autre dans le couple. Peut-être as-tu l’impression qu’il ne te touche que pour te demander de faire l’amour avec lui. Peut-être as-tu même commencé à te cacher lorsque tu te déshabilles, pour éviter qu’il ne te voie nue. Ou à éviter de trop le toucher, pour ne pas qu’il se fasse des idées et qu’il faille (encore !) que tu le refuses.

C’est tout à fait compréhensible, mais ce genre de comportement a tendance à créer de la distance dans un couple au moment où il est au contraire très important de conserver le contact. C’est pourquoi accepter de passer par une période où la masturbation prend une place plus importante dans vos vies sexuelles, qu’il s’agisse de masturbation à deux ou en solo, est une bonne solution.

Jouer à Zone Interdite

Pas envie de dire carrément « Chéri, et si tu te masturbais ? » (Ouaip, c’est compréhensible aussi !) Dans ce cas, propose-lui de jouer au jeu de la « Zone Interdite ».

Le principe : décider qu’une zone de ton corps ou un acte sexuel est interdit pendant une période donnée (une semaine, un mois, 6 mois, encore une fois, pas de « norme » !). Vous pouvez faire tout le reste, mais par exemple, vous vous interdisez la pénétration vaginale.

Sans la peur d’avoir mal pour te bloquer et avec en plus l’interdit pour t’émoustiller (car chacun sait qu’on a toujours plus envie de faire ce qui est interdit !), qui sait ? Peut-être auras-tu envie d’aller plus loin plus rapidement que tu ne le penses !

Ne pas hésiter à consulter !

Si malgré tous ces conseils, ça ne fonctionne toujours pas, demande à ta sage-femme ou ton gynécologue de vérifier s’il n’y a pas un problème physiologique qui peut engendrer la douleur. Il existe également des techniques de manipulation (proches de l’ostéopathie) qui peuvent aider à remettre les choses en place, y compris au niveau du vagin.

Dans tous les cas, n’aies pas honte d’en parler ! Ce n’est pas parce que c’est un sujet tabou dans notre société que tu dois rester seule avec ton problème ! (Et crois-moi, ta gynéco en a vu d’autres !)

Et toi ? Comment s’est passé la reprise des rapports sexuels après l’accouchement ? Comment as-tu surmonté l’appréhension ? D’autres astuces à partager ? Peux-tu rassurer Chloé sur le fait qu’elle n’est pas seule ? Dis-nous tout !!

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Commentaires

10   Commentaires Laisser un commentaire ?

Chat-mille (voir son site)

C’est un article qui me parle. On n’a pas mis 6 mois mais assez longtemps aussi, et je me retrouve assez dans la description de la jeune femme qui se cache et évite les gestes tendres pour ne pas être mal comprise et devoir une énième fois refuser (et passer pour une vile tentatrice). Le sexe après l’accouchement, ou plutôt le non-sexe après l’accouchement, ça a été source de grosses tentions (sans mauvais jeu de mot) dans notre couple.

J’ajoute quelques conseils:
– Ne pas hésiter à dire non même si son compagnon est très très lourd, pardon, insistant parce que plus ça fait mal, moins on a envie et on peut même développer une sorte de phobie.
– Expliquer que ça fait mal, parce que les hommes ont tendance à le prendre contre eux (on a eu une période très compliquée où il avait envie tout le temps et était persuadé que maintenant que j’avais un bébé, il ne comptait plus pour moi: le fait que ce puisse être physique lui passait complètement au-dessus de la tête).
– Utiliser du lubrifiant ludique parce que si on n’en a pas l’habitude, ça a l’air d’une punition, le lubrifiant, effet atténué si le gel est parfumé ou autre.
– S’éloigner du bébé si sa présence nous gêne, dans la chambre ou dans la chambre à côté: le canapé est moins confort mais moins bloquant .
– Ne pas espérer tout de suite refaire des positions extraordinaires, y aller en douceur, même si c’est moins rigolo (mais le lubrifiant ludique compense !).
– Avoir une contraception fiable à côté: mine de, quand on a un bébé qui dort peu et crie beaucoup, on a tout sauf envie d’en faire un deuxième par erreur.

Enfin, ne pas désespérer. Je me suis demandée à un moment si ça reviendrait à la normale un jour et la réponse est oui: normalement un accouchement ne bousille pas pour toujours et on s’en remet. Ça peut juste être très long, et dur (décidément !) à supporter et comprendre parce qu’exterieurement, on a l’air d’avoir aucun séquelle…

le 01/12/2014 à 09h13 | Répondre

Floconnette

Avant de tomber enceinte et pendant ma grossesse, c’était ma hantise: avoir mal, ne plus avoir envie, ne plus aimer autant qu’avant….
Et en fait, j’ai eu envie très vite, e ton a donc repris très très (très) tôt et ça allait très bien. Il y a eu des petites modifications oui, mais j’en parle à la sage femme, et ce n’est pas gênant ni douloureux. J’étais surprise de m’en sortir aussi bien au vu de l’ampleur de ma déchirure (immense).
Courage à toutes, je pense que ça revient forcément à un moment ou un autre sinon tout le monde aurait des enfants uniques 😉

le 01/12/2014 à 09h41 | Répondre

Madame Vélo

C’est une grande question que je me pose et j’appréhende un peu. J’en ai déjà parlé avec mon mari mais pour l’instant il prend ça à la légère ou à la rigolade. Bon c’est vrai qu’on a encore du temps pour en parler avant l’accouchement mais bon ! merci pour les conseils !

le 01/12/2014 à 09h58 | Répondre

Yaelle

pas trop eu de soucis , on a repris tres vite ! mais il faut dire qu’on a eu une libido perturbée pendant la grossesse donc il ya eu de longues semaines d’abstinence!
par contre au debut c’est sure que c’est pas top, tiraillements, sensations diminuées, aujourd’hui encore il ya des positions interdite!!

le 01/12/2014 à 11h32 | Répondre

Madame Biologie

Tous les conseils sont très bons et le massage du périnée en duo est testé et approuvé ! Tout comme le jeu de l’interdit 😉
Je rajouterai que c’est bien d’en parler avant. Les hommes parlent encore moins librement que les femmes des relations sexuelles, ils s’imaginent parfois que ça ne va rien changer parce que pour truc-muche c’était comme ça, parfois que ça va être « mets-toi la derrière l’oreille » pendant un an.
C’est bien de leur expliquer qu’en la matière tout est possible mais qu’on fera au mieux ensemble.
Parfois c’est des gros bébés, ils ont besoin d’être rassuré eux aussi 😉

le 01/12/2014 à 11h58 | Répondre

Louna

Ne t’en fais pas Chloé, tu es loin d’être la seule dans cet état ! Mais comme l’explique si bien Anne, ce n’est pas forcément facile d’aborder ce sujet, même avec les copines déjà maman, et pourtant, des conversations tordues entre jeunes mamans en herbe, on en a !
Mais oui, il y a comme un tabou autour de ce sujet pourtant si important.
En ce qui nous concerne, nous avons mis un peu de temps, entre 2 mois et demi et 3 mois, avant de reprendre, ou plutôt de réussir à reprendre, une vie sexuelle normale. Et encore, c’est un « nouveau normal » : entre la reprise du boulot, le bébé qui fait ses dents et la fatigue qui s’accumule, on n’a pas forcément les mêmes envies.
Mais je dois dire que, en ce qui me concerne, l’arrêt de l’allaitement a été salvateur. Je sais que ça peut paraître idiot, voire même étrange, mais j’avais du mal à penser glamour, sexy et jeux coquins sous la couette tant que j’avais un nourrisson pendu aux tétons ! Tout se mélangeait dans ma petite tête et j’étais incapable de me rendre disponible pour ça. Et plus de ça, la cicatrice d’épisiotomie avec son point enflammé particulièrement mal placé n’aidait pas à se détendre….
Et puis c’est d’autant plus déstabilisant que le reste semble rentrer dans l’ordre : on retrouve (plus ou moins) sa silhouette, on reprend le boulot, le train train quotidien se réorganise. Et pourtant, on n’est pas encore bien remise….
Ce qui nous a sauvé, ce sont les nombreuses discussions avec la sage-femme qui me faisait la rééducation, les massages (en solo), la lubrification (indispensable !!) et les loooooooooongues explications en duo.
Enfin, bon courage pour ces moments pas faciles faciles, mais dis-toi qu’on passe toutes par là!

le 01/12/2014 à 14h22 | Répondre

Marie France

Aille, pas facile!
Bébé a bientôt 5mois, je sais de quoi je parle.
Pour ma part la rééducation du périnée chez une kiné m’a beaucoup aidé. Les exercices hypo pressifs permettent une détente du périnée et donc vagin bienvenue! Une sonde avec un petit courant antalgique a aussi fait des miracles. ( En Belgique on a droit à des séances de kiné à chaque grossesse: accouchement)
Si la cicatrice reste encore douloureuse, ca vaut peut – être la peine de revoir ton gynéco pour s’assurer que la cicatrice ne pose pas de problème. (est -elle bien recousue plan par plan? certains recousent tout en une fois et c’est la cata!).
Et si tu allaites, c’est normal que tu aies besoin d’un lubrifiant, tu n’es toujours pas revenue à un taux d’hormones normal » 😉
Courage!

le 02/12/2014 à 14h47 | Répondre

Inno

Pfff, moi qui ait mal pendant les rapports depuis 10 ans, je me demande déjà comment réussir à faire un enfant. Du coup, je me demande (si jamais j’arrive à avoir un enfant un jour) si ce sera pire après l’accouchement… :-S

le 02/12/2014 à 19h32 | Répondre

Mlle Moizelle

Voici encore une appréhension. Pas encore enceinte, j’ai cependant déjà parlé de ce sujet avec mon mari, très compréhensif (apparemment, après, il faudra voir au moment venu!). Une collègue m’a dit que c’était l’extrème inverse pour elle, les hormones la transformaient en « chaudasse » (c’est ses mots!)… Bref, on verra bien, en tout cas je suis contente d’avoir des pistes pour aider « au cas où »…
Merci Anne!
Et j’ai beaucoup aimé « dites-vous que vous vous aimez, à l’écrit, à l’oral, en chuchotant, en criant, en riant, en anglais, en italien, bref, souvent ! » 😉

le 27/03/2015 à 08h42 | Répondre

Sandra

J’ai mis des années à pouvoir faire l’amour sans avoir envie de hurler de douleur après mon accouchement. Problème du à un kyste à l’intérieur de l’episiotomie. La moindre pression dessus ou même s’assoire provoqué une douleur horrible. Et tout le monde s’en fou, les médecin, les gynécologue, l’hôpital, tout le monde s’en fou, maintenant sa fait 5 ans et demi que j’ai accoucher et j’ai encore mal, aux rapports, en marchant, pour s’assoire… Voilà comment les obstétriciens détruisent la vue des femmes, ils découpent parce que sa les arrange et ne sont absolument pas capable de réparer. À croire que dans un accouchement la seule qui compte et qu’on voie soie le bébé. Pourtant il y a une femme derrière chaque bébé.

le 28/01/2018 à 06h16 | Répondre

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