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Investir sa grossesse


Publié le 24 mai 2016 par Mme Indécise

Sûrement qu’en ayant suivi mes premiers articles, tu dois te dire que ça a été du gâteau, pour moi, la grossesse. Mettons les choses au clair tout de suite : pas du tout, mais alors, pas du tout !

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Crédits photo (creative commons) : johnhain

Quand j’ai découvert que j’étais enceinte, j’ai été tour à tour excitée, émue, effrayée, déçue, au bout de ma vie. Attends, ne t’en va pas, non, je ne suis pas folle, et oui, on avait vraiment envie de fonder une famille. Je t’explique…

Excitée

Une pile électrique ! J’ai dansé de joie, hurlé comme une zinzin dans la maison, fait des énormes f.u.c.k en l’air, à la vie, à mon médecin de PMA, à toutes les réflexions pourries qu’on avait pu entendre.

Émue

Une fois toute mon énergie gaspillée dans des gesticulations aussi ridicules qu’inutiles, j’ai fondu en larmes.

Ce désir de fonder une famille remontait à loin, ou plutôt a fait remonter des histoires pas forcément agréables, qui se sont toujours entremêlées dans mon parcours de future maman. J’ai pleuré de joie pour mon époux, pour ce que la vie nous donnait de partager, et probablement un peu (beaucoup) à cause des hormones.

Effrayée

« Mais p…, qu’est-ce qui m’a prise ? »

Et logiquement, ensuite, est venue la liste des « et si ? » :

  • Et si on se sépare ?
  • Et si je meurs pendant l’accouchement ?
  • Et s’il est malade ?
  • Et s’il est moche ? (Non, je ne suis pas cinglée ! Ce sera le sujet d’un autre article, mais la peur de l’enfant qu’on trouve moche, elle est bien réelle, chez moi.)
  • Et s’il est con ? (Genre pas récupérable, en mode « fan des Ch’tis »…)
  • Et si on n’y arrive pas ?

Déçue

Après avoir autant bataillé, on avait presque trouvé un équilibre, tous les deux. J’aurais bien aimé savoir ce que notre couple aurait donné à l’épreuve du temps, sans enfant.

Au bout de ma vie

« AAAAAAH ! Je suis folle ! En plus, je n’aime ni les gamins, ni les femmes enceintes. » (Bon, je m’explique : je n’ai rien contre les femmes enceintes en général. C’est juste que j’ai souvent remarqué que la grossesse augmentait le capital sympathie. Les gens s’extasient devant ton état, et bla et bla et bla. Bah moi, ça ne me fait rien. Une fille que je n’aime pas, je continue de ne pas pouvoir l’encadrer enceinte – en plus, elle se reproduit !)

Pour le coup, je ne saurais t’expliquer mon état d’esprit durant toute ma grossesse. J’ai vraiment vécu cette grossesse comme si j’étais en dehors de mon propre corps. Tout le monde avait l’air plus excité/joyeux/ébahi que moi. J’avais l’impression que les réactions des autres étaient démesurées, sans me rendre compte que c’étaient peut-être les miennes qui étaient étouffées.

J’organisais ou je prévoyais des activités qu’enceinte, je ne pouvais pas faire. Je ne me rendais compte qu’à la dernière minute qu’il y avait un souci. J’ai repris des études avec des examens qui se déroulaient durant les deux semaines avant ma DPA. (Comment ça, on peut être épuisée en fin de grossesse ?)

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Crédits photo (creative commons) : Suzanne Schroeter

Pourquoi je te parle de ça ? Un matin, au début de mon huitième mois, après une énième séance photo grossesse sur ma timeline Facebook (c’est le problème quand on a autour de 30 ans : quasi toutes tes amies sont enceintes en même temps), est arrivée la fameuse question : « Mais, tu ne vas pas garder de souvenirs de ta grossesse ? » (Comme si le bambin hurlant à la mort à côté de toi n’était pas un souvenir suffisant…)

J’ai craqué, j’ai paniqué, j’ai douté de ce qui était important pour moi. Alors, j’ai commencé à écumer les photographes que je connaissais, pour en trouver un qui serait disponible pour immortaliser ce moment et, surtout, dont les clichés me plairaient. Mais rien.

J’ai peu de connaissances en photo, alors je me fie souvent à l’émotion que je ressens face à un cliché, et je n’ai rien trouvé qui ait éveillé autre chose chez moi qu’une crise de rire en m’imaginant à la place du modèle. Et ça m’a sérieusement déprimée.

Retour fulgurant de la série des « et si ? » :

  • Et si ça voulait dire que je ne voulais pas de cet enfant ?
  • Et si c’était un signe que je n’arriverais pas à l’aimer ?
  • Et si le fait de ne pas aimer les ventres ronds était la preuve que je n’ai définitivement pas d’instinct parental ?
  • Et si le haricot arrivait au monde déprimé ou en colère parce que je n’avais pas réussi à immortaliser ce moment où on avait partagé une même enveloppe ?

Tu sais, d’habitude, il m’arrive rarement de me soucier de l’avis des autres, ou de ce qu’ils pensent. Ne pas rentrer dans le moule ou ne pas être appréciée, ce n’est pas, pour moi, si dramatique en soi. Je savais qu’il y avait peu de chances pour que j’apprécie d’être enceinte, j’étais sûre que ça ne jouerait pas sur ma relation avec ce futur être. J’étais aussi certaine que je me ficherais des réflexions.

Seulement, au fil des mois, je suis aperçue d’une chose : il y avait bien une personne dont l’avis comptait énormément, et c’était ce petit bout de nous deux. J’avais envie que notre haricot ait la meilleure image possible de moi. Dans les questions des autres, ce qui m’effrayait le plus, c’était que le haricot me les pose un jour.

Je ne suis pas cette femme transie d’amour par son état. Et si ça ne convenait pas à mon bébé, et si mon bébé voulait une maman « pub blédina » ? Tous les clichés sur la grossesse (et plus généralement, sur la parentalité) ont pris énormément d’importance dans ma vie, et ça me demandait un effort fou de faire une introspection à chaque fois, pour me demander si je voulais telle chose réellement ou si j’avais juste l’impression qu’il fallait que je la fasse…

C’est là que l’homme est entré en scène. L’homme a été mon repère.

Il m’a permis de me rappeler qu’il y avait de fortes chances pour que mon enfant n’en ait rien à faire de ma séance photo grossesse, de mon moulage de bidon. Qu’il y avait de fortes chances pour qu’il n’associe pas le fait que je ne passe pas ma main sur mon ventre toutes les cinq secondes à un désintérêt pour sa personne.

Il m’a rappelé que les meubles qu’on avait fabriqués pour sa chambre étaient déjà des souvenirs de ce temps où on l’attendait. Que tout ce que j’avais pu lui coudre ou lui tricoter étaient déjà des marques d’amour. Que toutes les discussions qu’on avait pu avoir avec lui étaient déjà des souvenirs partagés.

Ça paraît étrange, mais ça ne m’a pas paru évident de me rappeler qui j’étais durant la grossesse (les hormones ?). J’ai eu l’impression de devoir rentrer dans un moule pour ne pas refléter l’image d’une future mère indigne.

Cette pression, aujourd’hui que le haricot est là, je la ressens toujours et de façon plus marquée. Quid de celles d’entre nous qui n’ont rien de la mère parfaite blédina ? Rassure-toi, j’ai bon espoir de convenir à mon enfant telle que je suis, imparfaite, mais pleine de bonne volonté pour être la moins mauvaise mère possible.

Et toi ? As-tu ressenti ce grand mélange d’émotions en apprenant ta grossesse ? As-tu eu l’impression de devoir entrer dans un moule qui n’était pas fait pour toi ? Comment as-tu résolu toutes ces problématiques ? Viens en parler !

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Commentaires

18   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur (voir son site)

Alors que l’on en est pas encore aux essais, des fois je me pose les mêmes questions que toi (le bébé moche j’y pense aussi) !
Et contrairement à toi, je fais trop souvent cas de ce que les autres peuvent penser !!!
Je dirais que l’on doute tous dans différentes mesures l’important c’est l’amour que tu donneras à ce petit bébé et je suis certaine qu’il n’en manquera pas à te lire.

le 24/05/2016 à 07h53 | Répondre

Mme Indécise

Oui? on est accro d’haricot! Il a éffacé beaucoup de doute en arrivant!

le 24/05/2016 à 13h25 | Répondre

virginie

🙂 🙂 🙂 🙂 😉
alors franchement, nous avons fait le deuil de l’enfant mignon parce que, on a beau faire des efforts, on ne trouve aucun nourrisson et bébé beau alors pourquoi le nôtre le serait-il ? Donc on s’est fait à l’idée qu’on le trouverait moche. En réalité, je pense que c’est ce qu’il représente qui le rend beau 😉

Des questions, des questions encore des questions ! j’ai l’impression que ça pourrait être la chanson de la grossesse. J’en suis actuellement à mon début de troisième mois et, en ce moment, c’est les ampoules rouges au dessus de la tête « oeuf clair » « fausse couche » « grossesse extra-utérine », et ainsi de suite. J’imagine que, quand on aura passé la fatidique première écho, j’en serai à « est-ce qu’il se développe bien » « où on va mettre son lit » « où accoucher » « mais on va être des parents trop pourris » « avec nos métiers, comment on va faire ???? » pi ainsi de suite au fur et à mesure des mois… jusqu’à l’accouchement et j’imagine après.

En réalité, c’est quelque chose que l’on vit mal qui est sain, ça prouve au moins que tu t’en soucies. Si tu n’en avais rien à faire, si tu ne voulais pas le meilleur pour ton bébé, tout cela te passerait bien au-dessus de la tête !

le 24/05/2016 à 09h19 | Répondre

Mme Indécise

Tu as raison le doute est certainement très sain. Mais des fois j’aimerais être capable de foncer sans me torturer l’esprit trop longtemps. J’y travaille…Pour l’enfant mignon, je crois que la différence a été pour moi de me rendre compte que je pouvais aimer follement quelqu’un que je trouvais moche( selon mes crtières hein!). Bonne fin de grossesse!

le 24/05/2016 à 13h31 | Répondre

Melimelanie

J’ai bien aimé le coup de la maman « pub blédina » lool.

Je pense que tant qu’on fait tout notre possible on ne peut pas être une mauvaise mère pour son enfant. Même si on ne correspond pas aux standards et aux stéréotypes.

Et aussi : tout le monde aura toujours quelque chose à redire. Donc au final il vaut mieux ne pas écouter et faire comme on le sent.

Et j’imagine bien ton état quand tu as appris que tu étais enceinte. Un peu comme une explosion nucléaire interne. hi hi hi

le 24/05/2016 à 09h20 | Répondre

Mme Indécise

C’est dur de réaliser un jour que les paroles d’inconnus peuvent vous toucher. Surtout quand d’habitude on pense n’en avoir rien à faire. Peut-être que j’ai un coeur en fin de compte??

le 24/05/2016 à 13h35 | Répondre

Doupiou

Et si il était con ? Trop drôle !!!
Je te comprends tellement, je suis passée par les mêmes étapes au moment où j’ai appris ma grossesse ! La joie mais aussi la peur et la fameuse question qui revenait : et si on avait fait une connerie ? Et si mon bébé ressent que je pense qu’on a fait une connerie ?
Je pense que ce sont des passages tout à fait normaux !
Pour mes 25 ans l’année dernière, j’étais enceinte de 7 mois et ma famille m’a offert une séance photo grossesse. Je ne l’ai jamais faite tellement je n’étais pas à l’aise avec mon corps de femme enceinte (je l’ai échangé contre une séance photo nouveau-né !). Je rejoins complètement l’état d’esprit de ton homme dans le sens où les meilleurs souvenirs sont les moments de partage entre le futur papa et la future maman (la découverte du sexe, la peinture de la chambre, la préparation de la valise…). Personnellement je ne suis pas du tout branchée baby shower ou moulage de bidon (je ne savais même pas que ça existait !) !

le 24/05/2016 à 09h47 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Vous me rassurez en fait les filles car moi non plus je n’ai jamais eu envie de faire prendre en photo mon ventre. Et je ne le regrette pas d’ailleurs… A part ca super article de Mme Indecise comme toujours drole et profond à la fois 🙂 .

le 24/05/2016 à 12h40 | Répondre

Mme Indécise

Merkiiii Die Franzoesin! ?

le 24/05/2016 à 13h41 | Répondre

Mme Indécise

Le pire dans tout ca. C’est cette impression que les autres ca les rend belles et ca leur va bien. Mais que toi à la place tu aurais juste l’air d’une version humouristique de la photo.
Je ne vous raconte même pas la tentative de moulage de bide quelques jours avant l’accouchement?. Moi en mode faut que ca marche et l’homme qui ne comprenait pas ma soudaine lubie. Le resultat etait risible et totalement fake?! Je suis ravi d’avoir récupéré un peu de bon sens.

le 24/05/2016 à 13h40 | Répondre

la grogniasse

eh! la mère parfaite, elle est pas blédina!
elle fait les petits pots elle-même.
A la rigueur, une mère thermomix….

Bref, blague à part, je trouve intéressant de voir que dans ton article, tu associes beaucoup le fait d’être une bonne mère à des habitudes de consommation très récentes.

le 24/05/2016 à 10h13 | Répondre

Mme Indécise

Tu as raison, mais où avais-je la tête? Dorénavant ce sera la maman thermomix?. Je crois que ce qui m’avait interpellé c’était le côté mère tendre et pleine de patience. Elles semblent transpirer la douceur, ce qui malheureusement n’a rien à voir avec moi. Il m’arrive donc de culpabiliser. Je reconnais aussi que j’arrive plus facilement à prendre du recul face à des conventions « vieillotes ». Avec les plus recentes, ca me demande toujours plus de travail.

le 24/05/2016 à 14h31 | Répondre

Mlle Moizelle

Moi j’aime bien les Ch’tis! 🙂
Mes craintes, se seraient plutôt: et s’il devenait délinquant/violent/pervers…? Je préfèrerais autant qu’il soit fan de PatSeb… :-/

le 24/05/2016 à 11h39 | Répondre

Mme Indécise

?Rassure toi, je faisais surtout référence à la célèbre conversation sur la lune satellite de la terre par laquelle on pouvait regarder la télé?. Je regarde des trucs qui défriseraient un paquet de gens moi-même. Je pense que le fait que je n’ai rien évoqué de tout ca n’est pas anodin. Peut etre que dans mon esprit il vaut mieux etre méchant qu’idiot. Ou que l’intelligence est un facteur de protection contre la méchanceté. J’avoue que je ne sais pas du tout.

le 24/05/2016 à 14h00 | Répondre

Christelle

J’ai tellement ri en lisant ton article ! « Et s’il était con ? Et s’il était moche ? » ce sont des questions que je me pose aussi… S’il est moche on l’aimera quand même vu que c’est le notre, s’il est con bah on fera avec en limitant les dégâts 😉
Je n’aime pas non plus les femmes enceintes, et il est hors de questions que je fasse immortaliser mon gros ventre quand je serai enceinte.
Je sais déjà que je n’aimerais pas être enceinte et je sens que ça va être une des pires périodes de ma vie… Même si ça vaut le coup pour avoir un enfant au final, je n’ai pas hâte de passer par là mais même si j’ai tout ces a priori, cela ne veut pas dire que je n’aime pas déjà mon futur bébé, j’aimerais simplement qu’il soit déjà là, prêt à l’emploi ^^

le 24/05/2016 à 14h30 | Répondre

Mme Indécise

La grossesse étant pleine de surprises, si ca se trouve dans quelque temps tu nous racontera à quel point c’était une période épanouissante! Lol!
Quoique tout est possible…

le 24/05/2016 à 16h28 | Répondre

Louna

Superbe article, Mme Indécise. 🙂
J’adore le ton humoristique : tu m’as bien fait rire avec la maman Blédina !

Je trouve que tu as un regard très lucide sur ton parcours psychologique au cours de cette grossesse : je n’avais réalisé, jusqu’à présent, que pour moi aussi, c’est plus la pression du regard des autres, de la société en général, que j’avais mal vécu pendant cette période (alors merci !). Contrairement à toi, même en temps normal, je me soucie bien trop de ce que pense mon entourage ! 😉

En tout cas, bravo pour cette prise de conscience qui, je l’espère, t’a aidée à relativiser ton stress et tes angoisses de grossesse. Comme tu le dis si bien, ce n’est pas toujours facile de se rappeler qui on est, pendant cette période bien particulière de notre vie.
Quant à continuer à ressentir le poids de la société maintenant que bébé est là, c’est une autre histoire ! Si ça peut te rassurer, plus ma fille grandit, plus je prends confiance et j’arrive à m’affirmer. Je suis sûre que tu vas vite trouver le bel équilibre pour te permettre de trouver comment être, selon tes mots, « la moins mauvaise mère possible » !

le 25/05/2016 à 10h35 | Répondre

Mme Indécise

Merci Louna!
La lucidité est venu après bien après, mais je me rends compte que j’ai surtout eu la chance d’être entourée de gens qui me ramenaient à la réalité.

le 27/05/2016 à 00h02 | Répondre

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