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La suite de l’histoire de l’enfant qui ne venait pas


Publié le 20 novembre 2015 par Mme Indécise

Où en étions-nous, déjà ? Ah oui, je te racontais l’histoire de la princesse langue de vipère et de son pauvre mari incompris. (As-tu remarqué le changement de rôles ?)

Dragon livre

Crédits photo (creative commons) : Bonnybbx

Plus sérieusement, je t’avais laissée après notre très grosse dispute.

Après ces discussions, on a vécu quelques périodes de flou. On s’est interdit de parler de bébé pendant un mois, le temps de digérer nos échanges. Ce mois de repos a été salvateur : il nous a permis de nous vider la tête, de nous parler de plein d’autres choses, de remettre une partie de nos travaux en route, et de revenir plus sereinement sur l’affaire du bébé qui ne venait pas.

Comme je te l’ai dit précédemment, l’adoption n’avait pas encore fait son chemin dans l’esprit de mon petit mari. C’était pour lui la dernière option. Alors, nous l’avons mise de côté. J’étais prête à lui laisser le temps de cheminer sur cette idée.

Nous ne voulions pas non plus avoir recours au don de gamètes. Je ne pense pas être intrinsèquement contre, mais ça ne nous correspond pas. Cette décision a été difficile à prendre, parce que c’était l’option qui nous offrait le plus de chances d’être parents.

Nous nous sommes ensuite penchés sur le cas de la FIV. Le consensus était moins évident. L’homme voyait dans cette technique, imparfaite, un remède à un handicap physique : « Avec une jambe cassée, refuserais-je une béquille juste parce qu’en temps de pluie, on peut glisser avec ? »

J’entendais son raisonnement, mais moi, j’aime prendre mes décisions en ayant toutes les données possibles. Le processus de FIV est récent et on n’a finalement pas beaucoup de recul sur cette technique. Ça peut sembler un peu paranoïaque, mais je préfère savoir dans quoi je mets les pieds. Et là, j’avais l’impression de ne pas savoir.

On a donc repris un rendez-vous avec le gynécologue qui me suivait et celui de la PMA.

Mon gynécologue me connaissant un peu, il n’a pas vraiment été étonné de ma liste de questions, ni de certaines de mes exigences : pas plus de deux cycles de FIV, pas d’embryons surnuméraires, pas d’anesthésie générale pour les ponctions. Je lui ai également demandé d’opérer ma pléiade de myomes avant toute tentative, et de s’occuper lui-même de mes échos et de mon suivi durant le traitement.

Mes questionnements ont reçu un accueil plus mitigé de la part du médecin de la PMA. Je pense que, dans un sens, il s’est senti agressé par mon flot de questions. Du coup, sa seule conclusion a été que notre projet d’enfant n’était pas assez mûr, parce que dans le cas contraire, on ne restreindrait pas autant le champ de possibilités. Il nous a dit de le rappeler quand on voudrait réellement un enfant.

Hum, comment te dire, chère lectrice ? Heureusement que la détention d’armes à feu est bien encadrée en France. Je lui ai gentiment rappelé qu’il n’était pas habilité à déterminer si notre projet était mûr ou pas, qu’il existait pour ça des entretiens obligatoires avec des psychologues, et qu’il serait bon que chacun s’occupe de son domaine de compétences.

Cet entretien a été particulièrement stressant, mais finalement, il nous a bien préparés à certaines réactions. L’infirmière qui s’occupait de notre dossier, ainsi que la biologiste, ont eu le même raisonnement. La biologiste nous a même confié que si on désirait réellement un enfant, la fin justifiait les moyens. Merci Madame, mais votre avis, je m’en fous.

Plusieurs chemins

Crédits photo (creative commons) : geralt

Huit mois plus tard, on était toujours très au clair avec nos choix, et les traitements ont démarré.

Quelques jours après le premier cycle de stimulation, j’ai saigné abondement et ressenti de fortes douleurs pelviennes, puis dorsales. Après échographie, il s’est avéré qu’un vilain récidiviste, du nom de fibrome, avait décidé de me pourrir mon cycle. On a tout arrêté et j’ai été mise au repos deux mois.

Deux mois plus tard, on a donc pu redémarrer un cycle. Après quatre jours de stimulation, j’avais un ventre à bière douloureux et des nausées. Je suis allée me coucher épuisée, et j’ai été réveillée en pleine nuit par un ventre de plus en plus gonflé et de grosses coliques.

C’en était trop : on a dû aller aux urgences. Heureusement, les urgences étant relativement calmes cette nuit-là, j’ai été prise en charge rapidement. Le verdict est tombé : syndrome d’hyperstimulation ovarienne modérée. Mon gynécologue a préféré arrêter le traitement.

Pour l’homme, ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il était déjà inquiet et me surveillait comme le lait sur le feu, mais là, c’était plus qu’il ne pouvait supporter. C’était dur pour moi, mais aussi pour lui. On voulait fonder une famille, mais pas au prix de ce qui, d’après nous, en représentait le socle, c’est-à-dire notre couple.

Aujourd’hui encore, je ne saurais dire si mes réticences intrinsèques n’ont pas joué un rôle dans ces échecs. N’ai-je pas finalement somatisé une situation angoissante sur laquelle je n’avais que peu de contrôle ?

Tout ce que je sais, c’est que ce que nous avons vécu nous a laissé un profond respect l’un pour l’autre, une confiance inébranlable en nous, en l’avenir, qui enrichit notre amour chaque jour.

Ah ! Et je sais aussi qu’un an plus tard, sans que personne ne s’y attende, un humain miniature a pris un bail de neuf mois dans mon ventre, et que, contre toute attente, il a passé les trois mois de période d’essai.

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Crédits photo : Photo personnelle

Et toi ? Avais-tu des réticences quant à certaines techniques de PMA ? Comment ton couple a-t-il vécu ces interrogations ? As-tu rencontré de l’incompréhension de la part des soignants ? Viens en parler…

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

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Commentaires

10   Commentaires Laisser un commentaire ?

Jodie

merci pour ton article plein d’espoir… dans 5 jours j’ai ma 1ère IAC…

le 20/11/2015 à 12h00 | Répondre

Mme Indécise

Je croise fortement les doigts pour vous!!!

le 20/11/2015 à 13h52 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Ton récit témoigne vraiment de votre attachement l’un à l’autre ! C’est très juste tout ce que tu écris. Je ne comprends les médecins qui se permettent de vous juger sur des critères qui m’apparaissent raisonnable et surtout mûrement réfléchis.
Je suis heureuse de lire le dénouement et te souhaite une merveilleuse grossesse.

le 20/11/2015 à 14h15 | Répondre

Mme Indécise

Merci Madame fleur!! Je profite de chaque instant ?

le 20/11/2015 à 17h47 | Répondre

SwissGirl

Wow, quelles épreuves vous avez dû traverser ! Très très heureuse que tout ça soit derrière, et que vous soyez heureux. C’est tout ce qui compte, en fait !

le 20/11/2015 à 14h43 | Répondre

Chaperon Rouge

je t’imagines tellement debarquer en PMA avec ton fichier de questions et de doléances 🙂 je suis sidérée que la plupart des docs en PMA soient si peu sensibles à notre ressenti et nos inquiétudes… moi j’y suis allée en toute confiance, en sachant très bien qu’on n’avait pas d’autres solutions. j’ai pas mal de bbs fiv autour de moi, adultes aujourd’hui, donc je n’avais aucune inquiétude sur la suite…

L’hyperstim n’est pas drole, j’y ai échappé mais ca peu faire de sacrés dégats… heureusement que finalement, tu as fini par avoir ton locataire arrivé tout seul! 🙂

le 20/11/2015 à 14h51 | Répondre

Mme Indécise

Ah ah, tu me vois avec ma pochette et mes petites lunettes??? Je pense que comme toute institution, ils ont un besoin de normatif pour ranger les gens dans des cases, mais je leur en ai pas voulu car les plus chiants entre eux et nous, il y a bataille.

le 20/11/2015 à 18h03 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Ton témoignage est très intéressant ! Je connais déjà plusieurs couples qui comme vous n’étaient pas prêts à aller jusqu’au bout des tentatives permises par la science. Le manque de compréhension du personnel médical en la matière me choque en revanche… Mais à priori tu n’es pas du genre à te faire impressionner 😉 .

le 21/11/2015 à 06h14 | Répondre

Mme Au Conditionnel

En lisant ton article j’ai pensé « oooh c’est triste »oui cela m’a fait de la peine pour vous… et puis je suis arrivée au dernier paragraphe… et là émotion sincère ! Même les larmes qui montent. Félicitations c’est super ! Au moment où vous vous y attendiez le moins finalement et sans aide médicale douloureuse et éprouvante ça a marché !

le 23/11/2015 à 11h41 | Répondre

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