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Notre sixième mois ensemble


Publié le 21 mai 2016 par Urbanie

Ce mois-ci va être riche en péripéties concernant la santé de Kate. Pour être très honnête avec toi, si je devais rebaptiser l’article, ça donnerait quelque chose comme : « Les pédiatres sociopathes : ils sont parmi nous, et j’en ai fait les frais ! ».

Prête ? C’est parti !

Bébé 6 mois intolérance PLV

Crédits photo (creative commons) : Donnie Ray Jones

Allergie et intolérance aux protéines de lait de vache

Après notre première mésaventure, nous allons voir une autre pédiatre, réputée pour traiter les problèmes de RGO. Elle nous reçoit bien, nous explique que les protéines de lait de vache peuvent en effet être une cause potentielle du reflux, et que dans le doute, nous pouvons passer à un lait à base de poudre de riz. Nous changeons donc le lait de Kate, et je me retrouve à devoir arrêter provisoirement les PLV de mon côté également (tu te souviens ? J’allaite !).

Et là, la traque commence.
Des PLV, il y en a partout.
Et quand je dis « partout », c’est PARTOUT.

Dans ton jambon sous vide, dans ta soupe moulinée en brique, dans tes rillettes industrielles, dans tes desserts, dans tes plats préparés, dans tes gâteaux, dans tes boîtes de conserve, parfois même dans ton chocolat noir.

Il faut ne consommer que des produits « bruts », renoncer à dîner dehors, et surtout : cuisiner, cuisiner, cuisiner. Pour m’aider, je vais en magasins bio : ils regorgent de produits à base de laits végétaux, ce qui m’aide beaucoup, même si le lait de soja m’est aussi interdit (coucou le risque d’allergies croisées !).

Avec un petit bébé, je manque grandement de temps, mais je n’ai pas trop le choix. C’est une course permanente, une traque de chaque instant. Tu penses que j’exagère ? Pas vraiment !

Il n’empêche : il ne suffit que de quelques jours pour qu’enfin, Kate arrête de pleurer de douleur.

Par contre, les quantités bues lors des biberons stagnent. Il n’y a plus de cris, plus de larmes, mais arrivée à une certaine quantité (presque toujours la même), Kate s’arrête tranquillement de boire et repousse le biberon, ou essaie de jouer avec. Et Kate ne fait plus caca (oui, ce détail a son importance pour la suite).

Ce qui pose problème, puisque l’adaptation à la crèche commence. Nous entrons alors dans une véritable course contre la montre : il faut sevrer Kate, tout en s’assurant qu’elle arrive à s’alimenter. Pas évident.

Pour corser le tout, et ajouter une épreuve supplémentaire à tout ça, Kate nous sort deux superbes dents et choppe une crève carabinée (que je récupérerai ensuite : merci chérie). Je vis une sorte de baptême du feu de jeune maman au cours de ce mois-ci.

Un peu perdue, je retourne donc chez la gentille pédiatre.

Alors, je ne vais pas entrer à nouveau dans les détails, mais je t’invite à lire ce billet, rédigé après mon passage chez elle. En gros, pour faire très résumé, la pédiatre, en apprenant notre deuil périnatal lors de la consultation, n’ausculte même pas Kate et m’accuse de ne pas avoir noué de relation avec elle. Pour elle, c’est limpide : si Kate ne se nourrit pas, c’est de l’anorexie. Rapport à sa sœur. Et à moi. Je serais donc en pleine dépression post-partum, je ne serais pas attachée à ma fille, et je ne m’en rendrais même pas compte.

Je pleure. Je rentre chez moi, prête à me jeter sous le premier bus qui passe. Puis je relativise : la pédiatre a tout faux, Kate a beaucoup de difficultés (douleurs, probable allergie aux produits laitiers, refus d’être sevrée, dents qui poussent, premières maladies…), mais elle n’est pas anorexique. Un bébé anorexique, ça ne réclame pas le sein à longueur de champ. Un bébé anorexique, ça décroche des courbes de poids. Et puis, je suis toujours suivie psychologiquement, et pas vraiment du genre à faire un déni de cette nature ou de cette ampleur.

La solution à nos problèmes…

Je suis, de mon côté, un peu traumatisée : après le pédiatre qui m’accusait d’être « trop stressée à cause de l’entrée à la crèche, Madame, elle le ressent », et m’enjoignait à être « plus directive » lors des biberons (mouiiiiii…), cette dernière visite m’a achevée.

Je décide donc de raisonner rationnellement. Et seule.

Mettons le deuil complètement de côté, il n’a rien à voir avec Kate. Il s’agit de notre histoire, pas de la sienne.

Prenons les éléments dont nous disposons : Kate n’a plus mal, mais Kate refuse d’être sevrée. Ses courbes de poids restent normales. Kate boit peu, comme si, arrivée à un certain seuil de lait, elle n’avait plus de place pour continuer. Et Kate est constipée.

Tiens : on ne s’est jamais intéressés à ce point de détail, les pédiatres ayant jusque là considéré que Kate était constipée parce qu’elle s’alimentait peu.

Je choisis de demander leur avis aux assistantes maternelles de la crèche : après tout, des bébés, elles en voient passer, elles doivent bien avoir un ou deux conseils sous le coude. Elles me suggèrent de rajouter un peu d’eau riche en magnésium dans certains biberons. Pas tous, pas tout le temps, pas l’intégralité du biberon. Mais un peu quand même.

Nous n’avons rien à perdre à essayer. En parallèle, nous décidons également de débuter la diversification en douceur. Je glisse donc deux ou trois cuillères à café de légume pur dans les biberons de Kate.

MIRACLE ! L’eau et les légumes « débouchent » dans un premier temps la situation. Au bout de quelques jours, Kate recommence donc à boire plus. De plus en plus. Nous passons de 30ml bus laborieusement à 60ml. Puis à 90ml. À l’heure où j’écris ces lignes, Kate boit désormais des quantités parfaitement normales pour son âge (180ml).

Kate était donc bêtement… constipée. Nous avons ENFIN la réponse à des mois de tergiversations et de culpabilisations pédiatriques (ça se dit ?) en tout genre.

Mon message, si tu me lis : si ton bébé semble souffrir, si tu ne te sens pas écoutée par le corps médical, fais-toi confiance. Je ne te dis pas de donner des médicaments sans ordonnance à ton bébé, ou d’expérimenter des trucs un peu chelous, hein. Mais juste d’écouter la petite voix intérieure qui te dit : « Non, ce n’est pas ça, ils se trompent. Cherche encore. »

Je reviens le mois prochain pour te parler cette fois-ci d’une graaaaaaande étape pour un petit bébé : l’adaptation à la crèche.

Et toi ? Ton bébé souffre aussi d’intolérances/allergies alimentaires ? Comment les gères-tu ? Trouves-tu du soutien auprès des professionnels de santé ? Viens nous dire…

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Commentaires

10   Commentaires Laisser un commentaire ?

Étoile (voir son site)

Je suis d’accord avec toi à 100% et cela me fait de la peine quand je pense comment cette pédiatre s’est mal comportée avec toi. Les médecins sont tellement dans « leur quotidien » et sont parfois tellement surs d’eux qu’ils oublient la prise de recul et d’être objectifs. Ce n’est pas très professionnel :'( En tout cas, tu peux être fière de toi et tu as bien fait de demander à la crèche. Tu es une bonne maman et ta petite Kate a de la chance de t’avoir 🙂

le 21/05/2016 à 08h05 | Répondre

Madame D


Tu le sais j’ai vécu une situation similaire. Princesse etait malade aussi. Mais j’ai eu BEAUCOUP plus de chance que toi. Ma pediatre à tout de suite compris le probleme de Sara et ne m’a jamais pris de haut. Heureusement qu’elle me soutenant car ce n’était pas le cas partout autour de moi.
Heureuse de lire que Princesse Kate va mieux ! Et j’espère que tu as fini par trouver un medecin correct !
Et je plussoie : il faut s’écouter !!!

le 21/05/2016 à 08h25 | Répondre

Elodie

La constipation chez les nourrissons, on en parle pas assez ! Chez mon fils, ça a commencé à trois mois (genre une fois tous les 12 jours, ce qui chez un bébé allaité n’est pas courant mais dans la norme, mais ça lui faisait mal à chaque fois, entre il n’avait aucune douleur vraiment). Lavements et écho (pour voir si son intestin fonctionne pas ou est paresseux, ça arrive aussi), pédiatre qui se moque de nous que c’est de ma faute, je suis trop stressée, que je dois changer mon alimentation, que ça s’arrangera dès qu’on commencera la diversification (ce qui ne sera pas le cas, même avec des kilos de pruneaux et autres), on teste de notre propre chef l’Hépar (c’est moins pire), changement de pédiatre, surpris et étonné, toucher rectal et consultation à la clinique universitaire pédiatrique. Et là, enfin un pédiatre qui nous écoute et qui analyse la forme de ses rares cacas (depuis la diversification, ça a empiré une fois tous les 15 jours et seulement avec lavement) si si… Une pyramide, c’est qu’un bébé a compris qu’il pouvait maîtriser son anus… Voilà. A 6 mois même pas. On pourrait dire chouette, mon enfant sera vite propre mais non en fait. Comme ça leur fait mal vu qu’ils accumulent, ils vont tout bonnement arrêter et du coup, bah on est mal barrés. Alors laxatif à mélanger avec yaourt ou biberon, à diminuer au fur et à mesure. On a pu arrêter à ses 22 mois ! Et à 33 mois, malheureusement, ça reprend un peu… On va en reparler au pédiatre (on a rechangé et on est contents) à la visite des 3 ans pour voir comment gérer ça, surtout qu’il est pas encore propre (notre fils, pas le pédiatre, hein).
Bref la constipation chez les nourrissons, c’est pas simple et personne n’écoute vraiment…
Surveillez bien et n’attendez pas de consulter si besoin.

le 21/05/2016 à 08h28 | Répondre

Calabourdanne

La fréquence des selles n’est pas un bon critère pour faire le diagnostic de constipation. Après le premier mois, les bébés exclusivement allaités peuvent avoir des selles très très espacées: jusqu’à deux ou trois semaines! C’est leur consistance qui fait le diagnostic. Si elles restent molles, ce n’est pas de la constipation.

le 21/05/2016 à 12h14 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je suis contente de lire que tout va beaucoup mieux pour ta petite Kate.
Vraiment, je n’arrive pas à croire que la constipation n’ait pas été détectée par ta pédiatre. C’est hallucinant. Tu as bien fais d’en parler aux assistantes maternelles.

le 21/05/2016 à 09h07 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Ca fait plaisir de lire la suite de vos aventures et surtout de voir qu’elles se terminent bien ! Ici aussi l’ajout des légumes dans le biberon avait eu un effet incroyable sur les quantités.

le 21/05/2016 à 14h35 | Répondre

virginie

Non mais j’hallucine complet ! Serieux je rêve ! Comment on peut faire des conclusions aussi hâtives sur des sujets de cette importance ? Et pi comment veulent-ils que tu fasses le deuil si on te remet toujours cette douleur en avant !!!!!
Je suis vraiment navrée pour toi et salue ton bon sens.

le 21/05/2016 à 22h09 | Répondre

Melimelanie

La réflexion de ton pédiatre sur l’anorexie me fait toujours autant hurler intérieurement…
C’est dégueulasse de faire culpabiliser une jeune maman inquiète!

Tu es une maman top et Kate a trop de chance de t’avoir alors ce que pensent les médecins un peu concon tu t’en fous!

le 23/05/2016 à 08h47 | Répondre

Mlle Mora

Waouh j’ai été scotchée par la réaction de la pédiatre : niveau de psychologie = zero. Franchement, va falloir qu’ils les forment un peu plus à parler aux patients et notamment aux parents parce que là, c’est n’importe quoi !
Tu as bien fait de ne pas te laisser abattre par ces réflexions nauséabondes qui ne faisaient même pas avancer le cas de ta princesse. Heureusement que tout va bien maintenant !

le 23/05/2016 à 14h33 | Répondre

Doupiou

Non mais ce pédiatre ! Comment ça peut exister des gens comme ça ? Des professionnels de la santé qui plus est !
En tout cas tu as fais preuve de beaucoup de courage, de sang-froid et pour ça, princesse Kate peut être fière de toi

le 23/05/2016 à 16h26 | Répondre

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