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Surmonter les fausses couches à répétitions


Publié le 22 mai 2014 par Mme Creamy

J’ai d’abord pensé écrire ce témoignage de façon anonyme. Et puis j’ai renoncé. Chez Mademoiselle Dentelle, je t’ai montré une facette de ma personnalité. L’enfant qui est toujours en moi, qui s’émerveille des belles couleurs et qui aime la vie. Mais soyons honnête, qui peut prétendre être toujours « happy » ?

Je viens raconter mon histoire, qui n’a pas encore eu tout à fait de happy ending. Si tu as suivi mes chroniques de mariage, tu sais d’ores et déjà que je viens de me re-marier. Je l’ai déjà été, et de ce mariage est né un magnifique petit garçon, K.

K., c’est ma plus grande fierté, c’est le meilleur de moi concentré dans 52 cm de tendresse et d’amour. Enfin ça, c’était à sa naissance. 4 ans plus tard, il mesure 1m05 !

K., c’est mon petit miracle, mon petit guerrier. Et je pèse mes mots. Avant d’avoir mon petit bonhomme, j’ai déjà été enceinte 2 fois.

ours en peluche sur une chaise

Crédits photo (creative commons) : Caroline The hills are alive

La première fois, j’avais 23 ans et cette grossesse était inattendue. Presque catastrophique. Mais je l’ai préservé, je l’ai choyé, ce ventre qui s’arrondissait tout tranquillement. J’ai assisté à ma première échographie, un tel moment de bonheur. Et puis un mois plus tard, j’écoutais toujours avec autant de ravissement son petit cœur battre, avec ma sage femme.

Et puis il y a eu ce soir, où j’ai fait un cauchemar terrible. Mon papa décédé était dans ce rêve. Il pointait mon ventre du doigt et me disait d’être forte, que ça allait être très difficile, mais que je m’en sortirais. Je me suis réveillée en maudissant les hormones de grossesse. Je suis allée aux WC et en m’essuyant, j’ai remarqué un trace sombre sur le papier, très petite. Bah, ce n’est rien du tout. Mais si j’allais quand même aux urgences ? Au pire des cas, je connaîtrais sûrement le sexe de mon bébé !

Sauf que non. Tu le devines, ça ne s’est pas passé comme je l’espérais. Je suis arrivée aux urgences, on m’a fait passer une échographie. Je crois que j’ai tout de suite compris. Mais je ne voulais pas y croire. Pourtant, je voyais bien que le petit clignotant n’était pas là, cette fois-ci. Quand l’urgentiste a levé son regard embarrassé sur moi, là, j’ai réalisé.

J’ai réalisé que mon monde venait de s’écrouler et que plus rien ne serait pareil. Je me suis écroulée. Et puis j’ai fini par suivre le médecin jusqu’au service de gynécologie. On m’a mis dans une chambre qui donnait presque directement sur la nursery, et on m’a annoncé que je subirais un curetage le lendemain. Je te passe les douleurs atroces des contractions pendant toute la nuit. Elles ne se sont arrêtées que lorsque je suis remontée du bloc.

J’étais venue pour savoir si mon bébé était un garçon ou une fille, et je rentrais chez moi le ventre vide.

C’était le premier curetage de ma vie. Malheureusement, ce ne fut pas le dernier. J’ai eu énormément de mal à surmonter cette fausse couche. Vraiment. D’autant que des problèmes de santé très grave sont venus se greffer à mon moral déjà bien bas.

Puis j’ai rencontré mon mari, et la vie est redevenue belle. Nous nous sommes mariés et très rapidement, nous avons voulu un enfant. Il connaissait mon passé et nous n’étions pas sereins, mais il y croyait fort. Je suis tombée enceinte 8 mois plus tard.

Je faisais une nouvelle fausse couche 3 semaines après. Je n’ai pas ressenti celle-ci de manière aussi brutale que la première. Elle était aussi précoce que la première avait été tardive, ça n’avait rien à voir. Mais je commençais à douter de pouvoir enfanter un jour.

Je suis tombée enceinte de K. 4 ans après ma toute première grossesse, au jour près. J’ai vécu 9 mois d’angoisses interminables. Cela s’est un peu calmé quand je l’ai senti bouger. Mais même là, je faisais souvent bouger mon ventre pour le réveiller et sentir ses mouvements, pour être sûre que tout allait bien. J’étais sous anticoagulant à cause de mes antécédents de santé, mais en-dehors de ça, ma grossesse s’est finalement très bien passée.

L’accouchement, ce fut une autre histoire et je ne vais pas le raconter ici. Sache juste que mon fils est né 2 jours après terme, qu’il pesait 2kg820 pour 52 cm. Il a été réanimé, on a aspiré ses poumons et on l’a intubé. Il a été transféré dans une maternité de type 3, à plus de 100 km de moi. Je n’ai eu que le temps de le croiser, encore groggy de mon anesthésie générale, et au travers de sa couveuse.

Tu saisis pourquoi je parle de miracle ?

Je ne suis pas croyante, mais si je l’étais je remercierai Dieu, car aujourd’hui, 4 ans plus tard à quelques jours près, mon fils va très bien. Il n’a aucune séquelle de sa naissance, aucun retard physique ou mental, et il est même très éveillé, comme petit mec.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, car c’est une très belle finalité. Mais je me suis remariée il y a quelques mois. En septembre dernier, j’ai perdu une nouvelle fois un bébé, à 10 semaines de grossesse.

Mon mari connait lui aussi mes antécédents. C’est étrange comme je me suis sentie obliger de le « prévenir ». « Attention Chéri, je ne suis pas douée pour porter des bébés. Tu ne pourras pas dire que tu ne le savais pas. »

Il a fait face et m’a beaucoup soutenu. Il m’a même proposé d’avancer notre mariage, pour qu’on se change les idées et qu’on puisse fêter quelque chose de beau.

Notre mariage était donc prévu le 1er mars, et j’apprends le 10 février que je suis enceinte. Je prends toutes les précautions nécessaires. Je suis même mise en arrêt de travail par mon docteur. Je me préserve le plus possible, même le jour J, pour que tout se passe bien.

Cela ne suffira pas. Je subis un 4ème curetage début avril.

Et pour tout te dire, de toutes mes fausses couches, c’est celle qui me fait le plus mal, celle qui me laisse le plus un gout amer dans la bouche. Un sentiment d’injustice tellement profond que je me sens obligée de venir témoigner de tout ça ici, aujourd’hui. Je n’aime pas voir les photos de mon mariage. Elles sont pourtant très belles, mais elles me montrent cruellement que, ce jour-là encore, j’étais la gardienne d’une petite flamme que je n’ai pas su protéger.

J’ai eu du mal à sortir de chez moi. J’avais l’impression que tout le monde voyait le mot « cercueil »sur mon front. Je me disais que je ne suis pas faite pour être maman, que la nature m’a laissé une chance avec K. mais que ca ne se reproduirait plus. Qu’elle avait bien vu que je n’avais même pas été capable de le mettre au monde en bonne santé.

J’ai mis du temps à retourner travailler, à avoir envie de voir les autres. Je ne suis pas encore tout à fait guérie , j’ai toujours besoin d’une petite aide pour m’endormir le soir, mais ça va mieux, un peu.

Tu dois te dire que je ne dois pas culpabiliser, que ce n’est pas de ma faute. Tu as raison, et je le sais. Mais je ne peux pas m’empêcher de laisser ces pensées s’insinuer dans mon esprit et m’empoisonner aussi sûrement que du venin.

J’ai quand même trouvé mon médicament. Quand je me sens très mal, que je broie du noir et que le poison fait son œuvre, j’observe mon fils, je réclame un câlin, je l’écoute me dire « tu sais maman je t’aime encore plus ! » et mon esprit s’allège. Je me dis que j’ai déjà eu beaucoup, beaucoup de chance d’avoir un si gentil petit garçon.

Tu le vois, ce n’est pas tout à fait une happy end, mais malgré tout, nous gardons espoir avec mon mari de présenter un jour à K. son petit frère ou sa petite sœur.

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Commentaires

16   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mademoiselle F

Quel témoignage triste et touchant…
Je te souhaite beaucoup de courage Mme Creamy, ne te culpabilises pas car tu n’es pas en cause dans ces malheurs! Les jours meilleurs finiront bien par arriver, je vous le souhaite de tout cœur à toi et ta petite famille!

le 22/05/2014 à 10h54 | Répondre

Lady Rainbow

Ma chere Creamy je suis tres emue en lisant ton temoignage… Je t’envoie plein de calins a paillettes et je croise fort les doigts pour toi <3

le 22/05/2014 à 11h35 | Répondre

My Chuchotis (voir son site)

C’est très touchant, merci pour ce beau témoignage qui malgré tout est plein d’espoir. J’espère de tout cœur que tous tes rêves se réaliseront et que tu prendras plaisir à regarder tes photos de mariage un jour

le 22/05/2014 à 12h04 | Répondre

PetitDiable

Comme toi, j’ai fais plusieurs fausse couches avant d’avoir Cromignon. Et maintenant j’ai peur de recommencer à vouloir un bébé.

le 22/05/2014 à 13h36 | Répondre

zita

Ton te moignage est tres touchant et ravive des souvenirs douloureux. J ai eu confirmation que j etais enceinte a noel, la premiere fois pour moi, mais malheureusement la premiere echographie n a pas ete favorable. Cela a ete confirme une semaine plus tard le verdict etait sans appel : grossesse arretee. j ai subi un curetage pour eviter encore d attendre vu qu il n y avait aucun espoir. Plusieurs mois apres la douleur reste vive, meme si c est tres courant. alors on espere une prochaine grossesse dans les mois a venir, sachant q en plus j ai depasse les 35 ans … et puis il reste cette culpabilité de ne pas avoir commence les essais plus tot, mais je ne me sentais pas prete … alors bon courage a toi !

le 22/05/2014 à 13h37 | Répondre

Roxanou

plein de courage à toi jolie maman .

le 22/05/2014 à 14h24 | Répondre

vermersch

que dire de tout ça sinon laissait les larmes coulaient par ce témoignage plein de tristesse, mais c’est vrai que K est un enfant génial et il t’aime très fort tu es sa maman d’amour et tu as bien raison de puiser ton courage en lui. Moi aussi je t’aime très fort courage ma fille et garde l’espoir même si c’est dur d’y croire encore

le 22/05/2014 à 19h51 | Répondre

Jessica

Ton témoignage est très touchant, encore plus lorsque l’on a subit une fausse couche…En parler fait du bien, j’ai vu une psy à l’hôpital où j’ai eu mon curetage et cela m’a beaucoup aidé. Bon courage à toutes celles qui traverse cette épreuve et ne perdez pas espoir.

le 22/05/2014 à 20h33 | Répondre

Amandine Gimenez (voir son site)

Je ne peux que te dire encore une fois que VRAIMENT tout cela n’est en rien ta faute.Et que même si l’espoir est douloureux c’est encore lui qui t’aidera à avancer. Lui et ta jolie famille !
Gros hugs ma belle !

le 22/05/2014 à 23h17 | Répondre

angelique

j’étais à la recherche de témoignages qui me toucherait histoire de voir que j’étais encore « normale ». Je suis une heureuse maman d’un super héros de 3 ans et notre désir de n°2 prend des tournures psycho-envahissante… J’ai fait une fausse couche précoce la veille de notre mariage et le sentiment que tu exprimes cette sensation de flamme qu’on porte et qui s’éteint d’un coup d’un seul… et ces photos de mariage où je sourie mais je sais que c’est une façade car on m’a demandé de mettre cette fausse couche entre parenthèses ce jour là… et maintenant je m’en mord les doigts car je n’ai pas pu en parler…. et que personne dans mon entourage proche ne daigne en parler…

le 07/10/2014 à 16h24 | Répondre

Mme Creamy

je suis triste de lire ton témoignage Angélique…ta peine ne doit pas être niée… tu as pu en parler depuis ?
Pein de courage à toi …

le 17/10/2014 à 17h26 | Répondre

Marie-Ange

Quel article bouleversant qui me ramène à mes propres démons. En quelques mots, avec mon chéri, il y maintenant bientôt 5 ans, nous décidons d’avoir notre premier enfant. J’avais arrêté la pilule déjà depuis une année en raison de fortes migraines. Dès le début, j’ai eu de très mauvais pressentiments mais je n’osais pas en parlais, puis 6 mois plus, alors que je pensais être enceinte (je n’avais pas encore fait de tests car mes cycles sont hypers longs), je me retrouve avec des douleurs terribles, des saignements et dès le lendemain plus aucun signe de ce qui aurait pu être un début de grossesse. Je consulte alors ma gynécologue qui à demi-mot me parle de FC précoce. Mes angoisses s’accentues et je prends ma gygy en « otage », je lui demande de nous prescrire à tous les deux des examens. 1 mois plus tard, le diagnostic tombe, Monsieur a une OATS sévère et moi je suis OPK. On me dit même que j’ai plus de chance de gagner au loto que d’avoir un jour un enfant naturellement. Commence alors notre « parcours du combattant », 1ère FIV ISCI écourtée car mon corps ne répondait pas au traitement, 2ème FIV ICIS, échec… Puis la 3ème, où je me sens anormalement très bien. Je sais que je suis enceinte, je ne sais pas comment l’expliquais mais je le savais. Malheureusement j’apprends deux jours avant ma PDS le décès de ma grand-mère maternelle avec qui j’étais très proche. Avec maman on décide de partir en Lorraine (j’habite en Normandie) pour rejoindre notre famille. J’apprends ce jour là ma grossesse, je n’arrive pas à me réjouir. Ma grand-mère vient de partir et moi je suis enceinte de 3 semaines. Mes angoisses reviennent. Après une semaine, je rentre chez moi, épuisée et avec un très mauvais pressentiment… 2 semaines et d’atroces douleurs, nuits à ne pas dormir plus tard, la FC est confirmée à presque 6s de grossesse. Je, nous sommes anéantis… Pour couronner le tout je perds un mois plus tard mon grand-père paternel. J’ai eu beaucoup de mal à me relever de cette épreuve, et franchement comme Angélique, ce n’est pas grâce à mon entourage qui n’a pas daigné en parler. Aucun mot, cela est presque devenu tabou, quand j’en parle, ma propre famille change de sujet ou n’écoute plus… nous avons abordé une 4ème tentative en avril 2014, un an jour pour jour après ma FC, évidemment cela fut un échec. J’étais hyper angoissée… il nous reste une dernière tentative et j’ai peur…

le 09/01/2015 à 10h16 | Répondre

Démétra

C’est terrible tout ce que tu as vécu et je te souhaite de tout mon coeur de pouvoir à nouveau mettre au monde un joli bébé en bonne santé.

le 28/11/2015 à 14h16 | Répondre

Mme Creamy

bonjour !

merci pour ton souhait !
J’ai justement eu le grand bonheur de mettre une petite fille au monde il y a presque un mois et elle va tres bien !

le 28/11/2015 à 14h19 | Répondre

Angelique

Merci les notifications par mail!! Ca permet de remonter le chenin parcouru. Nous sommes les heureux parents d’un deuxième super héros né en juin. Je vous souhaite a toutes le bonheur mérité ????

le 28/11/2015 à 15h20 | Répondre

Lilou

Bonjour, je suis en train de vivre au moment où je vous parles de ma deuxième fausse couche je suis anéanti, sa fais 6 ans que j’attend d’avoir un bébé. L’année dernière le 07/06/2015 le jour de l’anniversaire de mon mari j’apprends que je suis enceinte et la un bonheur sans fin le plus beau cadeau que je pouvais donné à mon mari puis 1 mois àprès enceinternet de 2 mois et demi des pertes marrons. Direction les urgences on m’annonce que je fais une fausse couche . J’étais au plus bas mais je suis arrivée tout de même à remonter la pente. Quelque mois plus tard j’ai un rdv chez mon gynécologue elle me prescrit un test pour l’AMH et la les résultats sonts très très faibles. Le 28 juillet 2016 je prend rdv avec un spécialiste et en lisant mais résultat il m’annonce que je dois passer pà une FIV que une grossesse naturel ne pourra plus arriver le 13 août 2016 pas de règles je fais un test le 16 août et la surprise je suis enceinte. Au fond de moi je sais que cette grossesse et perdu d’avance mais j’espère et j’y crois, du moins je veux y croire. Hier en aller au toilettes de légère trace marrons et la je me dit mon calcaire recommence mon mari et en déplacement à l’étranger je suis seul pour affronter se nouveau combat . Direction les urgences et la verdict le taux de beta hcg à chuter de 290 à 219. Je me sens mal je pleure je n’es plus goût à rien. On m’a dit que c’était mieux ainsi et que la nature ne fessait pas les choses par hasard mais je souffre , je souffre tellement. Du coup j’ai repris mais rdv en pma, j’essaie d’y croire malgrès tout mais le moral et épuisé. Je souhaite à toute bon courage et suis de tout coeur avec vous. J’espère que vos rêves se réaliseront et que vous aurais de magnifique petit ange ….

le 26/08/2016 à 14h33 | Répondre

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