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Entre joie et angoisse : la grossesse après ma fausse-couche


Publié le 8 novembre 2016 par Onedaymaybe

En juillet dernier, mon article concernant la fausse-couche que j’ai vécue en janvier a été publié… et à ce moment-là, j’ai découvert que j’étais enceinte de plus d’un mois et demi !

Nouvelle grossesse, nouvelle expérience. Immédiatement après avoir découvert ma grossesse, je préviens ma meilleure amie, photo du test de grossesse à l’appui. J’ai besoin de lui en parler, j’ai besoin de savoir qu’elle sera là, à nouveau, quelle que soit l’issue de cette nouvelle histoire.

Lorsque mon mari se réveille, je lui offre le test de grossesse… On peut faire plus glamour, comme annonce ! Seulement voilà, je ne peux pas attendre, il faut qu’on fasse face ensemble. Et si, à nouveau, ça se passe mal ? Et si, au contraire, tout va pour le mieux ? Difficile d’expliquer à ce moment-là ce que je ressens : une immense joie, et en même temps, une grande angoisse… Nous décidons d’un commun accord de ne rien dire à personne, si ce n’est à ma meilleure amie (qui, de toute façon, est déjà au courant !).

Grossesse après fausse-couche

Crédits photo (creative commons) : Unsplash

La gynécologue qui m’a vue pour l’échographie de contrôle après ma fausse-couche m’avait dit de la rappeler dès que je serais à nouveau enceinte, ce que je fais ! Elle réalise une première échographie où, hélas, nous ne voyons rien… Mais une semaine plus tard, un petit cœur bat ! Quelle joie !

Nous gardons le secret, tant au travail que dans nos familles. Je n’ai pas envie de revivre une annonce qui sera immédiatement suivie de larmes et de tristesse. Mon côté de la famille a été particulièrement touché par des deuils périnataux, avec notamment le décès de deux de mes petites nièces, suite à la découverte de malformations importantes in utero. Je veux donc me préserver, et préserver ma famille « au cas où ».

Cet « au cas où » est terrible car même si j’ai immensément envie d’annoncer cette grossesse à la terre entière, même si j’ai envie de m’y investir avec énormément d’intensité et de bonheur, je n’ose pas. Je n’ose pas par peur d’être déçue, par peur d’être triste, par peur de revivre la douleur.

Heureusement, mon mari et moi en parlons. Nous ne nous projetons pas trop, mais nous savourons tous les deux le bonheur de nous dire qu’un petit être grandit là, en dedans, avec tout cet amour que nous lui apportons. Nous espérons juste qu’il prenne de la force et de la vitalité !

J’oscille entre joie immense, peur panique, angoisse indescriptible et bonheur simple. J’ai quelques saignements et des douleurs importantes au premier trimestre, qui me donnent l’impression de revivre un cauchemar… alors qu’il faut simplement que je lève un peu le pied !

À ce moment-là, je suis allée aux urgences gynécologiques, j’ai attendu longtemps, et je suis tombée sur un horrible médecin qui m’a auscultée en deux minutes, m’a fait une écho mais sans me laisser voir notre bébé, et m’a expédiée en me disant que « je n’étais pas une chochotte ». Pour la psychologie et le soutien, on repassera !

Je suis beaucoup sur le qui-vive, je me demande toujours si ce que je vis, ressens, découvre est normal. Nous traversons tout cela ensemble avec mon mari, qui me canalise, me rassure, me rappelle que « jusqu’ici tout va bien ».

La première échographie officielle est à la fois merveilleuse et angoissante. L’angoisse m’assaille dès la salle d’attente. Je sens ma gorge se serrer et je broie la main de mon mari. Dès l’installation sur la table d’examen, le médecin (une remplaçante) me dit : « Bon, on va régler la chose immédiatement, car je vous sens stressée… » Boum boum boum… « Voilà, ça, c’est le cœur de votre bébé. Qui bat bien, très bien, même. »

Je retiens mes larmes, on est émus tous les deux ! Notre coquin de bébé a décidé de ne pas se tourner du bon côté, de sorte que nous pouvons l’observer longuement et sous tous les angles avant qu’il n’accepte de nous laisser voir sa nuque et son joli profil. C’est magique. Magique et émouvant.

Après cela, nous pouvons dire à tout le monde que nous attendons un bébé. Ma mère s’en doute depuis longtemps, mes beaux-parents n’ont rien vu, nos frères et sœurs non plus, alors que nous les avons tous vus pendant les vacances, à quelques jours seulement de la première échographie ! Cette fois-ci, l’annonce est plus simple, par téléphone (en raison de la distance géographique). Elle n’en est pas moins très heureuse !

Depuis, il y a eu la deuxième échographie, et nous avons été bien rassurés car tout allait bien. Mon ventre se voit bien désormais, même si la plupart des familles auprès de qui je travaille ne voient rien si je ne le leur dis pas ! Mes collègues sont aux petits soins avec moi. À pratiquement 6 mois de grossesse, la fatigue est bien présente, mais en dehors de cela, je me sens bien. « Jusqu’ici, tout va bien. »

Et toi ? As-tu vécu également une grossesse après une fausse-couche ? Quel était ton état d’esprit ? Arrivais-tu à te réjouir ou pas du tout ? Viens en parler…

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Commentaires

6   Commentaires Laisser un commentaire ?

Virginie

oh là là que ton article et ton expérience me parle, « jusqu’ici tout va bien », horribles inquiétudes et joie immense… secret pour se préserver soi et sa famille… pfiouuuu écho du 5ème mois juste avant Noël… je croise les doigts et les doigts de pied. La bonne nouvelle est que, cette grossesse suivant un curetage, je suis classée « grossesse à risque », du coup j’ai droit à une écho à chaque consultation. Pourtant, chaque fois, c’est l’angoisse. à Lécho des 6 semaines (pour vérifier qu’il y a quelque chose aussi) et à celle des 12, j’ai pleuré… de soulagement. Que le temps passe lentement !

le 08/11/2016 à 08h41 | Répondre

Madame D

Félicitations pour cette grossesse. Et je croise les doigts pour toi que tout aille bien ! Mais je suis optimiste et tu verras tout ira bien !

le 08/11/2016 à 09h58 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

C’est une bien jolie nouvelle.
Je vous souhaite un beau bébé en pleine forme.

le 08/11/2016 à 11h25 | Répondre

Madame Lavande

Félicitations pour cette nouvelle grossesse ! Tu attaques bientôt le dernier trimestre alors 🙂
J’ai connu ça, le « jusqu’ici tout va bien ». J’ai eu à peu près le même parcours que toi : 1 FC très précoce quelques jours après le test positif, puis une nouvelle grossesse au cycle suivant, des douleurs et une écho qui montre un petit cœur à 7sa puis des pertes à 12sa, la veille de la 1ere écho, une écho aux urgences qui montre que c’est fini. J’ai subi une intervention au bloc et après ça je suis retombée enceinte au 3e cycle.
Cette grossesse a été évidement un bonheur immense mais je n’ai vraiment relâché la pression qu’après l’accouchement ! On a l’impression que le temps passe trèèèèès lentement mais je te rassure après c’est l’inverse 😉
Bonne fin de grossesse et reviens vite nous raconter la suite !

le 08/11/2016 à 14h19 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

J’ai relu ton article précédent, et je suis vraiment contente pour vous qu’un petit haricot se soit installé durablement après cette épreuve.
J’espère tomber enceinte bientôt, et je m’étais dit que j’aimerais en parler assez tôt pour ne pas subir et entretenir le tabou autour des fausses-couches… mais ton récit me fait réfléchir : finalement, le fait de ne pas le dévoiler trop tôt a été cette fois une manière de vous protéger, donc je me demande ce qui est le mieux en cas de malchance : le dire et recevoir du soutien mais aussi rendre les autres tristes et s’exposer à leurs maladresses, ou ne pas le dire et se protéger des maladresses, mais aussi se priver de la compréhension des gens…
En tout cas, je vous souhaite plein de bonheur pour la suite

le 08/11/2016 à 21h39 | Répondre

Da Costa

Bonjour
Ton article est genial et donne de l’espoir.
Apres 3 ans d’essais en pma via les inséminations artificielles ça a marché! Joie immense je découvre que je suis enceinte le jour de mon anniv. Mais lors d’une echo la gygy se rend compte que le cœur de mon petit pois ne bat plus et ca depuis environ 1 semaine. Il etait bien accroché donc je ne me suis rendu compte de rien. Il a fallu le faire partir c’était une épreuve horrible.
De retour en pma 2 inséminations plus tard et me voila enceinte. Je n’arrive pas à me réjouir tellement j’ai peur que ça recommence. C’est un parcours du combattant pour y arriver
J’ai peur d’en parler à mes proches au cas où le pire devrait se reproduire. Je ne sais pas comment me rassurer et ne pas vivre dans l’angoisse permanente

le 18/04/2017 à 23h20 | Répondre

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