Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Ma grossesse à 20 ans


Publié le 14 décembre 2015 par Annia

Comme tu as pu le lire dans ma courte biographie, je suis jeune. Très jeune. Trop jeune ? Comme tu as pu le lire aussi, j’ai la grande chance d’être enceinte et d’avoir un mari super chouette.

Il y a quelques semaines, j’ai lu sur Dans Ma Tribu le témoignage d’une jeune fille tombée enceinte elle aussi très jeune, et il m’a vraiment touchée. Ainsi donc, je n’étais pas la seule ? Eh bien non ! Mais mon parcours est un peu différent, et je voulais le partager avec toi.

Enceinte jeune

Crédits photo (creative commons) : Roderick Eime

Avec mon mari, nous sommes ensemble depuis trois ans et demi maintenant. Dès le début, il était évident pour nous que nous nous fiancerions et que nous nous marierions un jour. Puis, dans la suite logique des événements, que nous aurions des enfants !

À 16 ans, donc, nous nous projetions déjà dans l’avenir. À 19 ans, nous avons pris la décision de faire de cet engagement officieux quelque chose d’officiel, et nous nous sommes fiancés. Nous étions alors en janvier 2015. Nous avons eu à ce moment-là quelques réflexions (heureusement, de personnes qui nous importaient peu !), mais nos familles nous ont soutenus à fond et étaient heureuses pour nous.

Quelques mois plus tard, en mai, j’ai appris par un malheureux test de grossesse que j’étais enceinte. Bien. Enfin, non, pas bien. Catastrophe, même ! Pourquoi maintenant ? Pourquoi nous ? Les jours qui ont suivi ont été assez chaotiques. Nous nous sommes retrouvés, mon fiancé et moi-même, dans un tourbillon de sentiments assez différents : incompréhension, colère contre nous-mêmes, déni. L’acceptation finale, nous avons dû attendre de nombreuses semaines pour la ressentir.

À 20 ans, comment peut-on imaginer être maman, papa, bref, parents ? Comment peut-on être joyeuse à l’idée d’être enceinte, quand on ne le souhaitait pas ?

Mais si je te dis que je suis enceinte aujourd’hui, tu dois te douter que je n’ai pas fait le choix de l’avortement. Pourquoi ? Je pourrais te déballer toutes mes raisons, mais au fond, je crois que ce sont surtout les idées avec lesquelles j’ai été éduquée qui ont influencé cette décision, que je ne regrette absolument pas ! Mon fiancé, qui a reçu la même éducation que moi, était d’accord.

Parlons-en, d’ailleurs, de mon fiancé ! C’est évidemment l’homme le plus merveilleux du monde entier (oui, c’est vrai, et non, je ne suis pas subjective !), et il a pris l’annonce de ma grossesse de manière beaucoup plus positive que moi. Alors que je me suis retranchée durant des semaines dans mon malheur, dans le sentiment que ma vie entière était détruite, Monsieur a vraiment pris sur lui, a réfléchi sereinement, a évoqué toutes les possibilités.

Mieux que ça : il m’a supportée, et je peux te dire qu’une jeune femme bouleversée par ses hormones et l’annonce d’une grossesse non attendue, c’est vraiment dur à vivre au quotidien. Il a entendu toutes mes peurs sans jamais me juger. Le seul moment où nous nous sommes confrontés, c’est quand j’ai évoqué l’idée de l’adoption. Là, il m’a dit fermement non. Oui, c’était moi qui le portais, oui, c’était moi qui supportais les regards malveillants et les critiques déplacées, mais non, ce n’était pas juste mon enfant, et l’adoption était hors de question.

Au milieu de toutes ces questions et de ces chambardements, nous avons passé nos partiels de fin de semestre. Joie et allégresse. Heureusement, j’ai réussi mon année sans rattrapage et j’ai su rapidement que j’étais prise en troisième année de licence de lettres. Par contre, Monsieur a dû attendre mi-juillet et la fin des rattrapages pour apprendre qu’il était pris en troisième année de pharmacie.

Puis nous avons dû annoncer la grossesse. Re-joie et allégresse. Il faut savoir que nos parents sont très traditionnels, et par traditionnels, j’entends catholiques pratiquants. Et donc plutôt pas trop pour les enfants hors mariage, voire carrément pas pour le sexe hors mariage. Je le comprends et le respecte, comme ils nous ont compris et respectés. Tu imagines bien que si je suis là pour t’écrire, c’est que je n’ai pas été brûlée sur un bûcher ou enfermée dans un couvent, réactions que j’imaginais dans mes pires délires !

Il est évident que ça n’a pas été facile pour eux. D’abord, d’accepter que leurs enfants ne partagent pas ou plus les mêmes principes qu’eux, et ensuite, d’admettre que notre avenir en serait bouleversé. L’idée que nous étions engagés depuis un certain temps ensemble les a rassurés sur notre couple, mais les mille questions que nous nous posions, ils se les sont posées eux aussi, et ça a généré pas mal de discussions. Des discussions, mais pas de disputes, ni de reproches amers, ni d’insultes, ni d’ultimatums.

Tu dois te demander pourquoi j’insiste autant sur la réaction de nos parents. Pour la simple raison qu’à 20 ans, même si nous n’habitions plus chez eux (et même, pour ma part, alors que j’habitais à 800 km d’eux), nous étions encore dépendants d’eux. Financièrement, et moralement, aussi, parfois, comme beaucoup d’autres jeunes adultes. Leur réaction et leur soutien (ou non) nous préoccupaient donc beaucoup. Après cette tempête de sentiments, d’incompréhension, nous avons pu mettre les choses à plat, envisager des solutions.

La première qui nous est apparue, ça a été de nous marier. Pas seulement pour une raison administrative, mais parce que c’était ce que nous voulions depuis le début, et que nous désirions que notre enfant et nous fassions partie d’une famille portant le même nom.

Bref, pour nous, c’était important, et nous nous sommes unis le 22 août à la mairie. Le mariage religieux, qui nous semble plus crucial et demande plus de préparation spirituelle et intérieure, attendra juillet 2016. Depuis, nous habitons ensemble, évidemment, et nous nous préparons tout doucement à accueillir notre bébé !

Au milieu de tous les témoignages et les récits de grossesses tant attendues et désirées, parfois dans la douleur, nous voilà donc qui attendons un enfant, sans l’avoir désiré, en étant jeunes, très jeunes. Est-ce que nous en sommes heureux ? Oui, maintenant, nous le sommes, parce que nous voulions un enfant, depuis toujours, parce que nous nous aimons, parce que nous aimons déjà tellement ce petit être qui joue au foot avec mes côtes.

Parmi toutes les réactions que j’ai eues quand j’ai annoncé ma grossesse, il n’y en a eu aucune de négative. Pourtant, les personnes autour de moi sont plutôt comme mes parents. Personne ne m’a jamais dit non plus que notre enfant serait malheureux parce qu’il aurait des parents très jeunes et financièrement instables.

Un enfant a certes besoin d’un certain confort matériel, mais il a avant tout besoin de parents unis, heureux et amoureux. Je n’ai pas la prétention d’avoir un couple parfait, mais j’espère que notre enfant sentira que nous nous aimons, que nous l’aimons. J’ai cette croyance un peu folle que ce sera plus important pour lui que le berceau dans lequel il dormira, ou la marque des couches qu’il aura sur les fesses !

Des parents aussi jeunes que nous posent question dans notre société. J’ai envie de dire que les parents jeunes ne sont pas plus mauvais que des parents plus âgés. La maturité est une notion subjective. Nous avons décidé vers 16 ans que nous nous marierions, déjà pleinement conscients de ce à quoi ça nous engageait… Alors sommes-nous vraiment beaucoup moins prêts à accueillir un enfant que des couples de 30 ans ?

Je crois que non, et je suis heureuse de pouvoir affirmer que je suis une future maman exactement comme les autres : angoissée par ce petit être inconnu, mais profondément heureuse de ce bouleversement, même s’il n’était pas prévu.

Et toi ? Es-tu tombée enceinte plus tôt que prévu ? Quelle a été la réaction de ton entourage ? Comment t’es-tu organisée pour accueillir ce bébé ? Viens nous raconter !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

Inscris ton email ci-dessous et reçois idées, conseils et témoignages directement dans ta boîte de réception !

Super ! Va vite confirmer ton inscription dans l'email que je viens de t'envoyer !

Commentaires

15   Commentaires Laisser un commentaire ?

Doupiou

Tu as raison! L’important est la maturité! Surtout que tu parais sûre de ton choix de vie, c’est très positif!
Comme toi, j’ai rencontré mon mari à 16 ans et même si nous avons choisi d’attendre avant de faire le bébé (vie pro stable et mariage), je suis devenue enceinte à 24 ans. Trop jeune pour certains!
Félicitations pour ta grossesse et je suis contente que ton choix ai été respecté!

le 14/12/2015 à 09h01 | Répondre

issabill (voir son site)

Ton témoignage est très joli. Tu as énormément de recul par rapport à toi-même et c’est une excellente chose. Ton mari et toi faites preuve d’une belle maturité. C’est probablement en partie pour ça que vous n’avez pas reçu de commentaires négatifs : je pense que votre entourage est pleinement conscient que vous saurez gérer cet enfant. Ce ne sera pas facile de concilier vos études difficiles avec cette vie de famille, c’est évident… mais à vrai dire ce n’est facile pour personne! 🙂 Je vous souhaite du courage et surtout beaucoup de bonheur!

le 14/12/2015 à 09h25 | Répondre

Meli

Je suis le fruit d’une histoire exactement comme la tienne, sauf qu’en plus mes parents ont décidé de se marier parce qu’ils ont appris que j’étais là ! Soyons francs, ils avaient déjà évoqué le mariage, et ça les a juste poussés à devoir prendre une décision plus vite. J’ai été élevée avec patience et amour, même si ça n’a pas toujours été facile pour mes parents (financièrement, logistiquement, etc.). Et trois frères m’ont suivie tous les 2 ou trois ans, et nous sommes (presque, le petit dernier a 15 ans) devenus des adultes responsables.

Donc n’écoute pas les mauvaises langues, je vous souhaite plein de courage et de moments de bonheur !

le 14/12/2015 à 09h58 | Répondre

Étoile (voir son site)

Très joli témoignage ! Les réactions, les votres comme celles de votre entourage, sont très justes. Cela fait du bien de lire ce type de témoignage qui dépasse les aprioris et c’est aussi un bel exemple de tolérance de la part de vos familles, de votre entourage… Je vous souhaite beaucoup de bonheur à trois en tout cas.

le 14/12/2015 à 10h35 | Répondre

Johanna

Je suis tombé enceinte 1 semaine après mes 22 ans, au bout de 3 mois de relation avec mon amoureux. La décision d’arrêter la pilule était un choix consentant, mais on ne pensais pas que ça allait marcher aussi vite (au bout de 15 jours!). Monsieur fait beaucoup de déplacement et moi j’étais persuadé d’avoir des problèmes pour avoir des enfants (oui oui..)
Mais nous étions très heureux, et nos parents, malgré nos peurs, ont été très heureux et n’ont même pas dis que « c’était trop tôt » alors qu’on s’y attendait forcément…

le 14/12/2015 à 11h39 | Répondre

Madame D

J’ai toujours pensé que l’âge était complètement relatif ! Ma mère m’a eu à 21 ans et sa mère avant elle avait eu son ainé à 20 ans. A leurs époques c’était plus que normal. Aujourd’hui si tu n’as pas entre 30 et 32 ans pour ton premier enfant c’est que tu rates ta vie …
Je suis heureuse pour toi que tu sois si bien entouré ! C’est le plus important ! Et si ça peut te rassurer, que tu es 20 ou 40 ans, je crois que nous sommes toutes aussi démunies à l’arrivée de notre premier enfant !
Tu viendras nous raconter la suite ? Je suis curieuse de la comment vous aller gérer un enfant avec la poursuite de vos études !
Bonne fin de grossesse ! Bon accouchement ! Bonne fin d’étude et bon mariage religieux !!

le 14/12/2015 à 11h44 | Répondre

Annia (voir son site)

Bébé est maintenant prévu pour dans un peu moins d’un mois, et j’ai suivi tous les cours de mon école (je n’avais pas le choix, je ne suis pas en fac public, à chaque absence je devais justifier médicalement donc bon…) et je suis en train de passer mes partiels de fin de semestre! En revanche, je compte m’arrêter après la naissance de bébé et revenir faire mon deuxième semestre en janvier prochain (2017 donc!)

le 14/12/2015 à 15h31 | Répondre

Madame Vélo

J’aime bien ton témoignage, il rappelle les choses essentielles : pour accueillir un enfant, pas besoin d’un coffre rempli d’or, mais plutôt de deux coeurs unis remplis d’amour.
Bon par contre je tique un peu sur le catholique pratiquant = « extrémiste » religieux – et la preuve c’est que tes parents ont fait preuve d’une grande ouverture d’esprit 🙂 Mais je comprends ce que tu as voulu dire.
Comment allez-vous faire pour vos études ? comment va s’organiser votre vie au quotidien ? Comme Madame D je serais curieuse et ravie de lire la suite de ton témoignage.
Et bien sûr c’est la société qui fait que les gens ont des bébés tard, mais biologiquement 20 ans est le meilleur âge pour avoir un enfant ! Mes parents sont « jeunes » et j’ai toujours été fière d’avoir des parents jeunes, moins déconnectés que des parents de copines plus âgés.

le 14/12/2015 à 15h19 | Répondre

Annia (voir son site)

Oui, pardon, je me suis mal exprimée! Tous les catholiques pratiquants ne sont pas contre le sexe hors mariage, la preuve en est de mon mari et moi 🙂

le 14/12/2015 à 15h29 | Répondre

Madame Nounours

Très beau témoignage. Je pense que l’âge ne signifie rien dans le fait de devenir parents car je connais des couples qui ont la trentaine et qui se lancent dans l’aventure de la parentalité de manière très immature. On peut avoir 20 ans et être très responsable et en avoir 30 et être très gamin. Comme tu dis si bien, ce qui compte, c’est que l’enfant reçoit tout l’amour de ses parents et proches et être très heureux.

le 14/12/2015 à 15h23 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Comme Madame Vélo, j’ai toujours adoré et encore maintenant le fait que mes parents soient encore jeune (ma mère nous a eu avec ma soeur à 25 ans).
J’avoue être assez mal partie puisque j’ai 30 ans et toujours pas d’enfants. Mais en même temps je suis avec mon mari depuis 5 ans donc c’est pas non plus énorme.
J’espère aussi que tu viendras nous raconter un peu comment s’organise ta vie avec l’arrivée du bébé.
Je te souhaite une belle fin de grossesse.

le 14/12/2015 à 16h36 | Répondre

Abdc

Notre société nous met beaucoup en tête qu’il faut avoir fait tout un tas d’expérience avant de se lancer dans l’aventure de la parentalité, dans le cas contraire on regretterait/serait de mauvais parents/ferait une crise de la quarantaine (et j’en passe, je crois pas qu’il y ait de mention inutile dans ces idées reçues).
L’idéal n’est peut être pas d’avoir un enfant pendant ses études, car cela complique un peu la logistique …
Mais, pour les enfants comme pour les parents, l’idéal est surtout que les futurs parents soient prêts et qu’ils aient envie d’assumer, d’élever et d’aimer cet enfant à deux … Et ça vous semblait l’être à 100%, 20 ans ou non !
Et si on change un peu de point de vue ça veut aussi dire : que vous avez eu la chance de tomber enceinte sans problème, que vous serez des parents jeunes et dans les premiers années plus disponibles pour votre enfant grace à vos statuts d’étudiants, que vos parents connaîtront le bonheur d’être grands parents jeunes également, que vos amis seront ravis de pouponner à leurs heures perdues ….

J’ai 25 ans, je suis mariée depuis quelques mois à mon premier amour, celui de mes 14 ans,et je suis selon beaucoup de gens trop jeune et trop inexpérimentée en amour pour être mariée … Je fais le choix pour l’instant de ne pas avoir d’enfant tout de suite parce que je veux profiter encore un peu de mon mari et de nos voyages, parce que j’aimerai être un peu plus à l’aise dans mon travail avant d’imaginer une absence de quelques mois, autrement dit, parce que je ne me sens pas encore prête (et pourtant l’envie d’enfant est là, et je sais que les surprises ça peut arriver .. nous serions donc prêt à en accueillir avec quelques ajustements dans nos vies (mais quels parents ne doivent pas en faire de toute façon ?)) … Et oui, à 20 ans ou à 25 ans, on peut etre sûr de soi et de ses sentiments … La maturité vient avec l’âge, mais il n’y a pas d’âge minimum ni d’âge maximum ;)!
Belle fin de grossesse à toi, et beaucoup de bonheur pour votre vie à 3 ! Soyez fiers de vos choix, gardez la tête haute, et continuez à profiter de votre jeunesse avec ce petit bout à vos côtés, elle n’en sera que plus belle !

le 15/12/2015 à 11h58 | Répondre

Abdc

Semblez* (iPhone correcteur …ou mauvais correcteur !)

le 15/12/2015 à 12h02 | Répondre

Marie

bien sûr ce n’est pas la situation qui semble la plus simple au premier abord, mais c’est fou comme la plupart des gens négligent cet avantage fantastique pour un enfant d’avoir des parents jeunes ! votre enfant démarrera dans la vie avec des supers atouts…vous !!
Bonne chance dans cette belle aventure et chérissez ce bébé surprise (je bannis l’expression « non désiré » de mon vocabulaire, si inexacte et pouvant avoir des consequences désatreuses sur l’enfant)

le 15/12/2015 à 14h44 | Répondre

haydenismylove

Très bon témoignage, j’adore le style d’écriture que tu as

J’ai publié une vidéo à ce sujet, je suis moi même une maman qui a eu à presque 21 ans son bébé. Je suis toujours avec le papa, un homme merveilleux, qui m’a demandé d’être sa femme pour le reste de sa vie…. Aujourd’hui je ne regrette en rien ma décision de garder mon enfant et je suis heureuse !

le 15/10/2016 à 07h19 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?