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Trois enfants, trois accouchements différents


Publié le 22 avril 2015 par San

Mon premier accouchement

J’ai peu de choses à raconter sur mon premier accouchement : il ressemble à celui de milliers de femmes en France. J’étais allongée sur le dos, monitorée, perfusée, shootée à la péridurale. J’ai accouché sans ressentir de douleurs certes, mais surtout sans rien ressentir du tout.

Je ne peux pas dire que c’était un mauvais accouchement, car je n’ai eu aucune complication, mais simplement, je ne l’ai pas vécu. D’ailleurs, en relisant quelques années plus tard mon récit d’accouchement je me suis rendu compte que j’utilisais la plupart du temps le « on », c’était très impersonnel.

Pourtant, j’étais convaincue par l’accouchement dit « naturel », mais, vu les conditions de ma grossesse, je n’avais pas eu le temps de faire une préparation spécifique, de me documenter, de lire des récits. Je suis donc arrivée à la maternité naïve, pleine de bonnes intentions, mais complètement à l’ouest sur la réalité de l’accueil à l’hôpital, sur les conditions imposées à la plupart des femmes et sur la gestion de mon corps…

3 enfants 3 accouchements différents

Crédits photo (creative commons) : Ben Grey

Mon deuxième accouchement

Dès le début de ma grossesse, cette fois, j’étais déterminée à tout mettre en œuvre pour me rapprocher d’un accouchement naturel. J’ai lu dès le premier trimestre le livre Attendre Bébé Autrement de Catherine Piraud-Rouet et Emmanuelle Sampers-Gendre, qui m’a conforté dans mon choix d’accoucher autrement.

livre Attendre Bébé Autrement accouchement naturel

 

J’ai ensuite entamé une préparation à la naissance avec une sage femme pratiquant la sophrologie. Mais les séances ne tournaient pas qu’autour de ça : elle pratiquait aussi quelques gestes d’ostéopathie, proposait des postures et gestes permettant la gestion de la douleur pendant l’accouchement, donnait des tuyaux au futur papa pour me soulager durant le travail… Toutes ces séances m’ont permis de prendre contact avec bébé, de m’aider à visualiser les changements opérés dans mon corps, de me relâcher, et d’affirmer mes envies. Ça m’a permis d’envisager cet accouchement très sereinement, et plus déterminée que jamais à imposer mes idées.

Le jour J, j’ai géré les contractions une à une, dans ma baignoire, aidée de quelques granules d’homéopathie prescrite par la sage femme. Je ne sais pas si les granules ont vraiment fait effet, ou si le simple fait de devoir me concentrer sur leur prise à intervalle régulier m’a permis de me décentrer de la douleur. N’empêche que le résultat était là : les contractions étaient gérables.

Au bout d’une heure, les contractions se rapprochent toutes les 5 minutes, je décide de partir pour la maternité. Nous appelons ma belle-mère pour qu’elle vienne garder notre grand. À partir de là, les contractions s’intensifient, et je commence à douter sérieusement de ma décision d’un accouchement physiologique. Je suis persuadée d’être au début du « vrai » travail, ou au plus à la moitié, et je ne me sens pas de pouvoir gérer cette douleur longtemps, j’appréhende le trajet en voiture à l’avance.

En attendant sa mère, chéri commence à m’aider à chaque contraction, mais elles semblent être là non-stop. Au bout de peu de temps (à peine 10 minutes je pense), je crie à chéri que ça pousse, et en effet, je sens une bosse au creux de mes jambes. Chéri me demande de me retenir, mais c’est impossible ! Il appelle en catastrophe les pompiers, qui demandent à me parler. Je suis entre deux contractions, j’arrive à leur répondre calmement, mais comme je n’ai pas perdu les eaux, ils ne s’affolent pas.

Et puis, j’ai à nouveau envie de pousser, je suis debout, les mains sur mon canapé, et bébé décide de faire sa sortie à ce moment-là. Chéri le récupère, et je m’assois avec bébé, hébétée, entourée par les couvertures que Chéri a été cherché. Notre grand profite de ce moment pour descendre de la sieste…

Les pompiers arriveront 1/4h plus tard en demandant : « vous avez perdu les eaux ? ». Ah ben, un peu plus que ça Monsieur…

Pour le coup, je l’ai eu mon accouchement physiologique, au-delà de mes espérances !

Mon troisième accouchement

Bizarrement, c’était pour cet accouchement que j’étais le plus stressée. Ayant eu un accouchement qui, pour moi, était idéal pour mon deuxième, j’avais peur d’être déçue pour celui-là.

Concrètement, nous ne voulions pas faire le choix d’accoucher à la maison sans assistance médicale : c’est très différent de « subir » un accouchement à la maison et de le choisir. Et Chéri, même s’il a bien vécu l’expérience, n’avait pas spécialement envie de recommencer à jouer les sages femmes. Enfin, nous n’avions pas de sage femme pratiquant l’accouchement à domicile dans notre région. Donc je savais que j’accoucherais à la maternité, avec les contraintes que cela peut comporter, et que je ne voulais en aucun cas subir.

J’ai donc fait l’autruche pendant une bonne partie de ma grossesse, refusant de réfléchir à ce qui me semblait insolvable : vouloir un accouchement à la maison, mais sans le vouloir consciemment. Et puis, je ne voulais pas des suites de l’accouchement comme pour mon deuxième : sous prétexte d’avoir accouché à la maison, ils ont démultiplié les examens sur notre bébé pour vérifier sa bonne santé. Les pédiatres nous regardaient et nous parlaient comme à des demeurés (style : on n’est plus au Moyen Âge, pourquoi avoir accouché à la maison ?!).

À 8 mois de grossesse, je me suis enfin décidée à rappeler la sage femme de ma grossesse précédente, pour faire le point, car j’étais en train de réaliser que je n’étais absolument pas prête à accoucher. Elle a pris le temps de m’écouter, et a su trouver les mots pour me rassurer. En 2 séances, elle m’a redonné les bases des postures, des relaxations, elle m’a checké sur le moment où je devais penser à partir à la maternité, et surtout elle m’a reboostée pour que je sache exprimer mes envies à la maternité. Pour elle, à partir du moment où j’expliquerai que j’ai déjà accouché à la maison une fois, les sages femmes auraient plus de facilité à me laisser tranquille.

Le jour J (enfin plutôt la nuit J), j’ai tout de même décidé de prendre un bain pour soulager mes contractions, même si on me l’avait déconseillé vu l’effet qu’il avait eu sur la rapidité de mon accouchement précédent. Mais je m’étais donné une limite : dès que mes contractions passaient en dessous de 10 minutes, on partait. Sauf que, elles sont passées d’un coup de 15 minutes à 3 minutes. Là, je me suis vite mise en mouvement, Belle-Maman est arrivée très vite pour garder les garçons, Chéri a roulé un peu plus vite que la moyenne, et nous sommes arrivés à la maternité !

Nous avons été accueillis par une auxiliaire de puériculture et une sage femme très à l’écoute, qui m’ont laissé faire ce que je voulais. J’ai simplement marché, la plupart du temps, fait un peu de ballon, et les contractions se sont vite intensifiées. La suite a énormément ressemblé à mon accouchement précédent, le « ça pousse » alors que je suis debout, accoudée à une baignoire cette fois, la perte des eaux quand bébé pousse pour sortir.

La seule différence est que la sage femme a voulu que je m’allonge, car elle ne pouvait pas atteindre bébé qui sortait dans cette position… Et moi, ne pouvant/voulant pas bouger, j’hurlais non. Chéri m’a carrément portée sur la table, et bébé est arrivé ainsi quelques secondes après.

Au final, je suis super satisfaite de cet accouchement, car j’ai su le gérer de A à Z, je ne me suis pas laissé surprendre, et je ne l’ai pas subi.

Et toi ? Tu as vécu des accouchements très différents les uns des autres ? Tu as aussi connu le bain « accélérateur d’accouchement » ? À quel moment as-tu perdu les eaux ? Raconte !

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Commentaires

20   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Rose

C’est génial ! Que d’histoires à raconter !
Félicitations

le 22/04/2015 à 08h21 | Répondre

Madame Licorne

Merci pour ces récits!
Nous envisageons bientôt un petit premier mais je refuse aussi d’accoucher à la maternité, sanglée sur une table et ton expérience me conforte dans mes choix 🙂

le 22/04/2015 à 09h00 | Répondre

Madame Noût

Purée, moi je stresse rien qu’à l’idée qu’un jour peut-être je doive accoucher « par accident » hypothétiquement à la maison!!!!
Bravo et felicitations pour votre jolie petite famille!

le 22/04/2015 à 09h03 | Répondre

Madame D

J’aimerais vivre un tel accouchement que pour ton deuxième. Mais pour mon accouchement je l’au vecu a la maternité completement medicalisé avec la péridurale et tout mais je l’ai très bien vécu ! Et ça m’irait très bien si je pouvais avoir le même pour les suivants.

le 22/04/2015 à 09h52 | Répondre

Madame Trilingue

Merci pour ce partage San
A quelques jours du terme, je suis partagée entre toutes mes lectures et envies de naissance physiologiques, et l inconnu d un premier accouchement et un mari hyper confiant dans le CHU de notre ville.
Je rêve la nuit que le travail aille si vite que nous n ayons pas le temps de partir à la mater….
Il faut que j accepte de lâcher prise….

le 22/04/2015 à 10h19 | Répondre

Madame Vélo

Je suis aussi pas loin du terme et un peu dans le même état d’esprit que toi ! envie d’un accouchement le moins médicalisé possible (renforcé par ma peur des piqures et donc de la perfusion !) et en même temps rassurée par un séjour à la maternité où on m’apprendra à m’occuper du bébé.
Moi aussi je rêve d’un travail rapide, à la maison, avec un accouchement « expresse » (genre dans la voiture, ou tout pile en arrivant à la mater !)
Pas facile de lâcher prise devant l’inconnu, surtout quand on aime tout maitriser 😀
Ton terme est prévu pour quand ?
En tout cas merci San pour ton article.

le 22/04/2015 à 13h28 | Répondre

San

accouchement à domicile, mais par contre, séjour à la maternité que j’ai apprécié à chaque fois pour la possibilité de me retrouver « seule » avec bébé. Dans le sens où, dès que tu te retrouves chez toi, tu replonges dans le quotidien, encore plus quand tu as des ainés, et que ces petits jours hors du temps m’ont permis de me centrer sur bébé avant de reprendre le rythme de la vie quotidienne. Bon ca a aussi des inconvénients : horaires du personnel, personnel parfois pas très sympathique, mais j’en garde quand même un bon souvenir à chaque fois…

le 27/04/2015 à 13h31 | Répondre

Madame Vélo

Ah bah c’est chouette d’avoir un tel retour positif sur le séjour à la maternité, parce qu’on entend/lit plus souvent des mamans qui auraient aimer sortir plus vite. Et ça c’est pareil, je pense que ça dépend des femmes : pour certaines le délais de 3 jours est vraiment trop court, et pour d’autres elles pourraient être rentrées chez elles dès le lendemain.

le 27/04/2015 à 13h48 | Répondre

Mlle Moizelle

Pas encore enceinte, nous savons que nous mettrons tout en oeuvre pour accoucher à la maison. Et ça peut surprendre, mais l’idée est de mon mari, en grande partie parce qu’il veut bien, lui « jouer la sage-femme » comme tu dis! Bien sûr, nous ferons appel à une vraie sage-femme qui fait des AD, mais lui souhaite être actif dans la venue au monde de notre bébé. Et comme on est très « nature » et médecine douce, ou voudrait éviter au max les compléments alimentaires et médocs « préventifs »… En tout cas, j’ai aimé te lire, et j’espère que mes accouchements seront aussi rapides que ton 2è! 😉

le 22/04/2015 à 13h12 | Répondre

Lamale

Dans la blogosphère personne ne raconte jamais d’accouchements à domicile qui ont mal tournés. Résultat çà laisse planer l’idée que c’est sans risque. Ce qu’on ne dit pas non plus c’est que 5 minutes d’insuffisance respiratoire chez un nouveau-né peuvent causer des dégâts irréversibles, d’une simple hyperactivité à des conséquences très graves sur la santé de bébé.
Je comprends qu’on veuille un accouchement « nature » et je suis d’accord que certains hôpitaux exagèrent sur la médicalisation. Mais je trouve çà un peu égoïste de faire courir un tel risque à son enfant pour une question de confort personnel.
Il me paraît plus raisonnable de s’orienter vers des cliniques ou des hôpitaux « amis des bébé ».
Je connais une fille qui a voulu accoucher chez elle. Heureusement, çà s’est bien passé sauf que le placenta n’a jamais voulu sortir. Résultat, elle a embarqué son nouveau-né dans la voiture pour 1h de voiture à destination de la maternité. 1h de voiture pour un bébé qui vient à peine de naître !
De mon côté la clinique où j’ai accouché ne ressemblait pas du tout aux « usines à bébés » décrites sur certains blogs ou même à « Baby Boom » où les mamans sont obligées de mettre une blouse d’hôpital.
Il existe aussi des structures accueillantes et respectueuses de la maman et du bébé.

le 22/04/2015 à 15h06 | Répondre

Mlle Moizelle

Si la question n’est pas réthorique et que tu es ouverte à la discussion, je peux te conseiller plein de lectures qui te proposeront un autre point de vue et te feront peut-être relativiser. 🙂 Les risques, il y en a, peu importe le « mode » d’accouchement choisi. Quand on fait ce que l’on semble être le meilleur son enfant, je ne crois pas que l’on puisse parler d’égoïsme! 🙂

le 22/04/2015 à 18h12 | Répondre

Mlle Moizelle

En tout cas, rassure-toi, je ne connais aucune maman qui a accouché à domicile pour son propre confort et à la légère: c’est au contraire un moment qui se prépare et toutes les femmes qui ont choisi cette option que je connais se sont toutes longuement documentées.
Et cette solution d’accouchement à domicile se fait plus fréquemment dans nos pays voisins, tout à fait civilisés, ce qui ne se produirait pas si les accidents étaient si fréquents! 🙂 En France, on médicalise excessivement la grossesse et l’accouchement comme s’il s’agissait de maladies… On fait régner la peur et les « et si », alors que c’est juste une solution comme une autre qui est mal connue et mal vue par ceux qui la connaissent mal! Dommage…

le 22/04/2015 à 18h59 | Répondre

Karine (voir son site)

Roh lala et moi je rêve d’un accouchement comme ton premier, hop hop ça fait pas mal et c’est fait!

Juste une question (bete) de fille qui n’a pas d’enfants : pourquoi vouloir un accouchement « au naturel » alors que la peri par exemple aide à ne pas avoir mal? Quand on se casse une jambe on est bien content d’avoir les medocs pour pas avoir mal… non?
J’ai mis au naturel entre parenthese parce que pour moi par voie basse est deja naturel, quelque soit l’aide ou le lieu (à contrario de la cesarienne par exemple).

le 22/04/2015 à 17h58 | Répondre

San

j’ai voulu un accouchement au naturel car je voulais ressentir la naissance de mes enfants. Tu es en relation avec ton bébé quand il est dans ton ventre, tu es en relation avec lui une fois qu’il est né, et on te dépossède de cette relation pendant la naissance. Moi je vois ça comme une continuité dans le dialogue que tu as avec ton bébé : on gère ensemble sa naissance, entre nous, je l’accompagne vers le monde extérieur, on ne me « l’arrache » pas (ça c’est pour le côté philosophique). Pour le côté pratique, la plus grosse douleur que j’ai eu pour mon premier accouchement, c’est la pose de la péri. Je suis pas fan des aiguilles, et c’est impressionnant dans le dos… attendre sans rien faire, c’est limite angoissant. Bon après, j’aime controler mon corps, et dans le cas de la péridurale, les ressentis ne correspondent plus du tout avec ce qui est en train de se passer, je trouve ça angoissant aussi. (genre on m’a fait une épisio, on m’a donc coupé quand même !! je ne m’en étais pas rendu compte.) La différence avec une opération, c’est que là, c’est un processus naturel que tu peux gérer, l’opération, ce n’est pas naturel, c’est un procédé inventé par l’homme pour se « réparer ». Tu ne peux en aucun cas gérer ta douleur car c’est une intervention extérieure, contrairement à l’accouchement.
Donc, oui, moi, j’ai préféré avoir mal (mais franchement, tu oublies vite, je sais que j’ai eu mal, que c’était comme une brulure au moment du passage, mais je suis incapable aujourd’hui de la quantifier).

le 27/04/2015 à 13h49 | Répondre

Mathou

Pour avoir eu un accouchement sans péridurale, non prévu (je pensais en demander une mais en fait pendant le travail je n’en n’ai pas eu besoin), je crois qu’il ne faut pas dramatiser tous les accouchements. J’ai eu mal mais beaucoup moins que ce que je pensais, ce n’était pas si terrible et pourtant je suis très douillette (j’ai bien plus souffert en suite de couches et là on ne te donne qu’un petit doliprane parce que tu allaites.) Du coup je pense juste qu’il ne faut forcément médicaliser ce qui n’a pas besoin de l’être et laisser la péridurale qui n’est quand même pas un geste médical anodin (comme tout geste médical) pour quand on en a vraiment besoin et que la douleur n’est pas supportable. C’est à dire qu’au lieu de l’installer d’emblée, essayer de voir si des solutions comme le déplacement, le bain ou les différentes positions peuvent soulager avant de passer aux médicaments. J’ai une amie à qui on l’a installée « parce que l’anesthésiste est là- c’est le moment où jamais »- je trouve ça dommage. Mais attention je n’ai rien contre la péridurale qui peut en effet soulager dans des accouchement très longs et/ou très douloureux.

le 22/04/2015 à 18h41 | Répondre

Étoile (voir son site)

C’est un très joli témoignage, et je pense que nous sommes chacune différente et qu’il faut faire confiance à son corps. Les imprévus peuvent exister (comme par exemple une césarienne si le bébé s’épuise…), et je ne sais pas si c’est forcément une bonne chose d’imaginer son accouchement au risque d’être déçu. C’est un moment merveilleux si on le décide (du moins j’imagine), avec ses couacs dans certains cas certes, mais aussi beaucoup de bonheur dans tous les cas.

le 22/04/2015 à 20h54 | Répondre

Marthe

Bonjour,

Je suis assez effrayée par tous ces commentaires. L’une de mes très bonnes amies a accouché à l’hôpital. Pendant l’accouchement, le coeur du bébé s’est tout simplement arrêté. Aucune anomalie n’avait été détectée auparavant. Les médecins ont pratiqué une césarienne d’urgence et ont pu réanimer le bébé, de justesse. Je vous laisse imaginer ce qui se serait passé si l’accouchement avait eu lieu à la maison. Nous serions tous allés à un enterrement.

L’accouchement est une responsabilité vis-à-vis de l’enfant à naître. La priorité devrait être sa sécurité et sa bonne santé, et non pas le confort de la mère. Je ne dis pas qu’il ne faut pas penser « confort » ou « bien-être » ou avoir un « projet de naissance » (j’ai moi-même choisi d’accoucher sur le côté, une position selon moi plus physiologique pour pousser). Veiller à ce que l’expérience soit – je ne dirai pas agréable – la moins traumatisante pour la mère est important. Mais ce n’est pas le principal. Le principal c’est un enfant vivant. Le principal c’est un enfant en bonne santé, avec toutes ses capacités motrices et intellectuelles.

Je vous renvoie à l’étude la American Journal of Obstetrics and Gynecology: les risques d’accoucher d’un bébé mort-né sont 10 fois plus élevés dans les cas d’accouchement à domicile, et ce risque augmente de 14 fois lorsqu’il s’agit d’un premier accouchement. En être conscient, ce n’est pas être alarmiste, ni pessimiste ou surenchérir dans le « et si ». Ce sont les faits: accoucher à la maison présente un risque plus grand (un risque vital!) pour l’enfant qu’accoucher en milieu hospitalier (et aussi un risque plus grand pour la mère, soit dit en passant).

Alors il me semble important qu’une future mère soit actrice de son accouchement, puisse le vivre au mieux. Mais il me semble primordial de ne pas perdre de vue l’intérêt de l’enfant. Et sa vie.

le 23/04/2015 à 14h00 | Répondre

Alice la lutine

Je pense qu’il y a une confusion entre l’accouchement à domicile sans assistance, et celui à domicile mais avec une sage-femme, parfaitement formée.
Cette pratique est courante dans de nombreux pays européens, notamment les Pays-Bas (où 30% des accouchements se font à domicile), or les statistiques démontrent qu’il n’y a pas plus de décès à déplorer que lors d’accouchements à l’hôpital.
Je t’invite à consulter cet article, par exemple : http://www.inpes.sante.fr/SLH/articles/391/05.htm

le 23/04/2015 à 14h20 | Répondre

Marthe

Bonjour Alice,

Pour répondre à ton message, je pense surtout que la confusion est entre la médicalisation de l’accouchement (rupture de la poche des eaux, administration d’hormones accélérant le travail, monitoring en continu, épisiotomie, césarienne, etc. => comme le dit l’article que tu cites) et l’environnement médical. Je ne suis pas « pour » une surmédicalisation, bien au contraire. Mais je trouve que l’enfant à naître devrait pouvoir bénéficier de tous les soins médicaux à notre disposition, si nécessaire. C’est son droit et ce n’est selon moi pas aux parents de décider de lui retirer ce droit.

Je reconnais tout à fait le savoir des sages-femmes. La nôtre a été super, très professionnelle et très rassurante. Mais une sage-femme n’est pas chirurgien et en cas de problème, elle n’a ni la formation, ni les moyens pour intervenir, surtout à domicile.

Ton article cite l’exemple des Pays-Bas, qui classe les femmes enceintes en catégories A, B, C en fonction du risque lié à leur grossesse. Mais un accouchement, justement, est imprévisible: ce n’est pas parce qu’une grossesse s’est déroulée parfaitement que l’accouchement se fera sans heurt (et je pourrais citer des dizaines d’exemples dans mon entourage, ici). C’est pour cette raison également que je ne suis pas en faveur du classement des maternités en type I, II, III en France. L’accès aux meilleurs soins devraient être un droit pour tous.

Par ailleurs, l’article ne prouve à aucun moment que le fait d’accoucher chez soi, même entouré d’une sage-femme, n’est pas plus risqué pour la mère et l’enfant. Or c’est selon moi le seul argument décisif ici: en choisissant d’accoucher à la maison, même dans les meilleurs conditions possibles, est-ce que je fais courir un plus grand risque à mon enfant?

Mon sentiment est que nous avons tout à gagner à ce qu’une approche « physiologique » de la naissance se développe, mais dans un environnement hospitalier. Et qu’en attendant que cette utopie se réalise, nous, parents, n’avons pas le droit de choisir de priver nos futurs enfants de leur droit à bénéficier aux meilleurs soins, au péril de leur vie, qui n’est pas la nôtre et ne nous appartient pas.

le 23/04/2015 à 14h51 | Répondre

San

merci pour tous ces retours !
par rapport au débat maison/hôpital, la difficulté en France je pense, est que l’on n’a pas d’entre deux : à l’hôpital, tu ne gères souvent rien, chez toi, tu gères tout mais tu prend des risques. Et c’était bien là mon dilemme pour la naissance de ma fille. A l’hôpital, tout dépend de la personne qui va t’accueillir, si elle va être à ton écoute, ou te proposer (imposer) toute la panoplie médicalisée qu’il serait possible d’éviter dans une grande partie des cas. Bien sûr que chaque accouchement comporte des risques, mais on devrait pouvoir se sentir libre d’accoucher comme on le ressent ET en toute sécurité. C’est le sentiment que j’ai eu pour mon troisième accouchement, et c’est un « cadeau » inestimable.
Enfin, si j’ai accouché à la maison, ce n’était pas un choix, mais cela aurait pu le devenir si les conditions de sécurité avaient été possibles à réunir. Oui une sage femme n’est pas médecin, mais la plupart (et certainement toutes même)de celles qui acceptent les AAD ont une solution de repli proche en cas de problèmes. Et il est impossible de faire des statistiques correctes sur les réels risques de surmédicalisation ou sous médicalisation, étant donné que les AAD en france sont soit des AAD surprise comme le mien (donc c’est que cela se passe bien en général), ou sont très peu nombreux, et qu’en clinique, il est difficile de prouver que tel ou tel acte n’était pas absolument nécessaire et/ou que c’est cet acte qui a causé la souffrance foetale ( supposition de la péri qui ralentit le travail par exemple).
au final, j’aime beaucoup ton dernier paragraphe marthe, qui résume assez bien ma pensée !

le 27/04/2015 à 13h26 | Répondre

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