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Mon premier accouchement… en 37 heures !


Publié le 23 septembre 2015 par Doupiou

Je suis une jeune maman de 25 ans qui a tout fait « dans l’ordre » : le chéri, le mariage après neuf ans de relation et, forcément, le bébé un an après le mariage. Classique, quoi !

Ma grossesse s’est très bien passée sur le plan médical, même si je n’ai pas été touchée par la magie d’être enceinte. Je n’ai qu’une hâte : accoucher !

À deux semaines de mon terme, le ras-le-bol est à son comble, il me tarde de voir ma fille et de dégonfler.

Mon gynécologue m’annonce qu’un risque de césarienne existe, car mon bassin est trop étroit et le bébé, trop haut. Il se laisse le choix pour le jour où j’accoucherai. Incertitude totale : voie basse ou césarienne ? Je me prépare aux deux options !

Enceinte et doudou

Crédits photo (creative commons) : Carlo Scherer

Le jour J

Mardi matin, à quatre jours du terme, je ressens de légères contractions. Rien de très violent, elles sont situées dans le dos, mais tout de même très régulières (toutes les six minutes).

À 12h30, j’arrive aux urgences avec mon mari : c’est l’effervescence. Des sages-femmes courent dans tous les sens et nous attendons une heure avant d’être pris en charge par une interne.

Échographie et monitoring, je suis bien en travail, mais le col ne s’ouvre pas encore. Je me prépare à rentrer chez moi, lorsqu’elle m’annonce qu’il n’y a plus de place pour accoucher dans cet hôpital, et qu’il va falloir aller à l’autre antenne de l’hôpital, trente kilomètres plus loin !

Impossible : je suis suivie ici dès le début de ma grossesse, et j’ai un risque de césarienne. Elle s’excuse platement, mais je comprends que je vais devoir partir.

Complètement perdus, nous arrivons à 17h30 dans l’autre hôpital (avec toujours mes contractions depuis le matin !). L’ambiance est beaucoup plus calme et je suis rapidement prise en charge : on me fait un monito, mais le col n’est ouvert qu’à 1.

On me laisse marcher une heure dans l’hôpital. Lorsque je reviens en salle de pré-travail, rien n’a bougé au niveau de mon col. Je commence à en avoir marre et fais mes exercices de respiration pour atténuer la douleur.

À minuit, rien de nouveau sous la lune. La sage-femme me prépare un bon bain chaud ! J’y reste une heure, à me faire masser par mon mari, puis retourne dans la chambre : col ouvert à 1,5 ! Je suis dépitée, j’ai mal, et comme je n’arrive pas à dormir, une sage-femme m’injecte de la morphine.

À 4h du matin, la morphine ne fait plus effet : on me propose enfin la péridurale. Surtout que mon col est ouvert à 2, chouette (ironie inside) ! La pose se fait dans la douleur : toujours légèrement affectée par la morphine, je vomis sur mon mari et fais un malaise. À ce moment, plus le droit de boire ou de manger. Il fait 30°C dans la salle de travail, et c’est le premier jour de canicule !

Sous péridurale, j’arrive à me reposer un peu, en bénissant son inventeur. Le ballet des sages-femmes commence : j’en vois une toutes les heures. Mon col ne s’ouvre toujours pas assez vite.

Après vingt-quatre heures de travail, on m’injecte dans le cathéter toutes sortes de produits et on me met sous oxygène. Sans résultat. Mon mari insiste sur le fait qu’une césarienne a été envisagée par mon gynéco, mais personne ne le prend au sérieux.

À 14h, on m’injecte des ocytocines (hormones accélérant le travail). Je réagis très mal : j’ai des contractions dans les reins extrêmement douloureuses toutes les quarante secondes. Je perds complètement pied, et hurle à chaque contraction, la péridurale ne faisant plus effet. L’anesthésiste arrive, me remet une dose de cheval, et on retire les ocytocines.

Le col est ouvert à 4. Les sages-femmes ne savent plus quoi faire pour faire avancer les choses, et appellent la gynéco de garde. Pour elles, la césarienne doit être la prochaine étape. Mais la gynéco arrive, refuse de faire la césarienne et, malgré ma violente réaction, décide de me refaire une injection d’ocytocines. Je pleure, je sais ce qui m’attend à nouveau…

Nouvelle injection, nouvelles douleurs horribles, avec une péridurale qui ne fonctionne que d’un côté. Entre 15h et 19h, le col s’ouvre à 9, puis stagne et refuse d’aller plus loin. Je suis à bout, épuisée, je pleure, j’ai soif !

L’anesthésiste et un nouveau gynéco de l’équipe de nuit arrivent et crient au scandale : ils décident d’arrêter le carnage et me préparent pour la césarienne.

Au final

J’entre dans le bloc, et laisse mon mari dans le couloir. Je suis rassurée, je sais qu’il ne quittera pas notre fille d’une semelle dès qu’elle passera la porte.

Arrivée dans la salle, une petite dizaine de personnes, blouse verte et masque sur la bouche, s’affairent. La césarienne ne se passe pas très bien, je ressens beaucoup de choses, et l’anesthésiste est derrière ma tête pour me caresser les cheveux et m’expliquer les gestes de l’équipe médicale.

À un moment, un gynécologue s’assoit presque sur mon ventre pour faire descendre mon bébé. Puis, j’entends un premier petit gémissement, et un second. L’infirmière me montre très rapidement ma fille, car elle est bleue : elle a avalé du liquide. Je ne réalise absolument pas.

Je l’ai à peine aperçue. Alors qu’on me retire le placenta, je me dis que c’est terminé. L’anesthésiste m’explique que je dois me reposer, il va me faire une anesthésie générale. À cet instant, je suis prise de violentes nausées. Je fais un malaise et vomis (pourtant, je n’ai rien pu avaler de la journée !). C’est ce moment qu’on choisit pour me faire à nouveau voir ma fille. Je lui dis coucou en vitesse entre deux nausées, et tombe dans les pommes.

On m’emmène ensuite en salle de réveil, et on me demande de dormir. Je m’exécute, en pensant que mon mari et ma fille vont arriver dans les minutes qui viennent.

Une heure passe, je demande à voir ma fille, mais on me répond qu’il faut que je dorme encore. Une autre heure, même réponse. À la troisième heure, je me fais franchement insistante, et on me descend dans ma chambre où mon bébé et mon mari m’attendent. La famille est enfin réunie…

Je ressens beaucoup de regrets suite à cet accouchement : l’acharnement de certaines personnes de l’équipe médicale pour me faire accoucher par voie basse, et le fait que personne ne m’ait expliqué qu’après la césarienne, je ne verrais pas ma fille tout de suite (la salle de réveil a été un épisode très difficile).

Je n’ai pas ressenti cette émotion intense qui submerge toute maman lors de la rencontre avec son bébé. Avec le recul, j’ai eu l’impression d’avoir été étrangère à mon propre accouchement.

Et toi ? Ton accouchement a aussi été très long ? Comment l’as-tu vécu ? Est-ce qu’il s’est également terminé en césarienne ? Raconte !

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Commentaires

16   Commentaires Laisser un commentaire ?

Accalia

Olalala ma pauvre!

Finalement, moi, je n’ai pas été si mal lotie…mon accouchement n’ayant duré que 30h!
Je me doutais que cela allait prendre du temps, je ne sais pas s’il y a un facteur génétique, mais ma mère a mis 48h pour son premier, ma grand-mère et tante à peu près ça aussi et même pour les suivants, ce n’était pas rapide…dans notre famille ON PREND NOTRE TEMPS!

Mais en parler et le vivre est complètement différent…
Moi, je suis restée bloquée à 3 puis à 5, puis à 7 pendant de longues heures et malgré l’ocytocine…je devenais folle de douleur sur la fin, je ne me rendais plus compte de rien…
Et mon mari a fini par demander la péridurale (grosse phobie des aiguilles…quand ils ont posé le cathéter, j’ai fait une crise de panique et j’étais à deux doigts de me l’arracher^^ oh joie!)…après la péridurale, j’ai pu dormir…le bonheur, moi elle a bien marché même avec l’ocytocine qu’ils ont augmenté. Et 6 h plus tard, mon fils naissait enfin…
C’est extrêmement rageant de rester bloqué à 7, alors je n’imagine pas 9…

Mais chez moi, l’équipe a été à l’écoute de mes souhaits et je pense que c’est ça qui a fait que cela s’est finalement « bien passé ».
Le fait que tu n’as pas été écouté du tout, qu’ils se soient acharnés ainsi ont dû contribuer à la déception non?
J’espère que tu as pu en parler (dans ma maternité, une sage-femme est venue me voir deux jours après et m’a demandé de lui raconter mon accouchement…j’ai trouvé ça génial. Elle avait les papiers, elle savait ce qui s’était passé, mais ils permettent à la mère de s’exprimer).

Par contre, ton gynéco de base aurait dû mieux t’informer sur la césarienne et sur comment cela se passe (être en salle de réveil, ne pas voir tout de suite son enfant…) histoire que tu ne sois pas surprise!

J’espère en tout cas que cela va mieux, que tu t’en es bien remise et que ta petite puce va bien!

le 23/09/2015 à 08h57 | Répondre

Doupiou

Merci pour ton commentaire ! Personne n’est venu me voir après mon accouchement, j’ai fais un terrible baby-blues !

L’ocytocine a provoqué chez moi de l’hypercinésie (contractions très rapprochées et douloureuses) et le rythme cardiaque de ma fille a baissé à ce moment-là. Malgré cela, la césarienne n’a été faite que 5h après…

le 23/09/2015 à 20h41 | Répondre

Madame D

Dommage que tu gardes un si mauvais souvenir … peut-être que ça te rassurera (ou pas) mais sache que nous sommes nombreuse à avoir eu un accouchement simple et ne pas avoir ressenti l’émotion dont tu parles pour autant.

le 23/09/2015 à 09h44 | Répondre

Doupiou

Merci, ton commentaire me fait me sentir moins seule… Je suis préparée au prochain accouchement qui sera aussi une césarienne !

le 23/09/2015 à 20h42 | Répondre

Étoile (voir son site)

Tu as été très courageuse ! Concernant l’émotion, je te rassure, je pense que c’est très personnel et dépend des tempéraments. Pour ma part, après une nuit blanche, je suis restée très sereine quant on m’a posé mon bébé sur mon ventre. Ni émue, ni rien. Juste ultra zen. Cela me paraissait normal. J’ai pleuré de bonheur quelques jours après (mais cela me ressemble bien – je suis toujours en décalée pour les émotions très fortes).

le 23/09/2015 à 10h47 | Répondre

Lutine Chlorophylle

Rhaaa mais le personnel soignant si peu à l’écoute, c’est hallucinant ! Grrr ! >_<

Sinon, comme Étoile, je n'ai pas été submergée quand j'ai eu mon bébé sur le ventre, bien qu'étant émotive d'ordinaire. J'étais contente, mais c'est tout, pas de débordement d'amour et tout le toutim. 😉

le 23/09/2015 à 13h08 | Répondre

Lutine Chlorophylle

Ha et j’ai accouché aussi en pleine canicule ! 😮 Mais chance, la salle de naissance était climatisée. 🙂 Pas les chambres en revanche : j’étais bien contente d’avoir pris mon ventilateur !

le 23/09/2015 à 13h10 | Répondre

Doupiou

J’avais aussi amené mon gros ventilateur ! J’avais une chambre immense et très confortable mais dure à rafraichir du coup !

le 23/09/2015 à 20h43 | Répondre

Marine

Idem que Etoile !! C’est plus tard qu’en pensant à mon accouchement, je me sentais émue ! Le jour J, j’étais cool, ma fille était belle, elle etait là c’était un fait… Mais pas d’immense emotion !

le 23/09/2015 à 13h12 | Répondre

Miss Chat

Je rejoins ce qu’ont dit les autres par rapport au moment où tu reçois ton bébé : j’ai ressenti beaucoup de curiosité pour ce nouveau petit être qu’on nous présentait et un grand sentiment de zénitude (à mon avis, plus dû au fait que « l’aventure » était enfin terminée !). Le bonheur et la joie sont venus s’y associer plus tard mais pas sur le coup 😉

Et sinon 37h mince !! Je n’ose imaginer ce que ça doit faire un accouchement aussi long :/

le 23/09/2015 à 18h07 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

J’ai ressenti beaucoup de tristesse en lisant ton article, ça m’a fait de la peine pour toi… Je ne sais pas quel âge à ta petite perle aujourd’hui mais j’espère que tu arrives à accepter les choses comme elles se sont passées. Ce n’était pas idéal bien sûr mais je suis convaincue que ça n’entachera en rien ta relation de maman avec ton bébé !

le 24/09/2015 à 13h17 | Répondre

Doupiou

Ton commentaire me fait chaud au coeur. Le but de cet article n’était pas de me faire plaindre mais de raconter que, parfois, l’accouchement n’est pas un beau moment.
Ma fille aura bientôt 3 mois et je ne me suis toujours pas remise psychologiquement remise de mon accouchement. Quand je parle de « carnage » dans mon article, c’est exactement les mots qu’a prononcé l’anesthésiste avant de me mettre la charlotte pour la césarienne : « on va arrêter le carnage ».
Mon accouchement a été une vraie épreuve, le baby-blues qui s’en est suivi aussi.

le 24/09/2015 à 19h25 | Répondre

Mme Choupette

Une jeune maman courageuse!
Pour moi aussi ca a duré 36h, une douleur atroce due aux baxters, à ces fausses contractions, pas d’ouverture… et à une heure de la césarienne, épuisée j’ai entendu « vous allez pouvoir pousser, vous êtes à 10 cm  »
Épuisée que j’étais, bébé a bien eu du mal de sortir, poussées sur le ventre, rétention placentaire, … pas facile.
Un accouchement a beau être quelque chose de naturel, c’est bien courant que ça soit compliqué et dangereux pour la maman et le bébé.
Un accouchement n’est pas l’autre, le deuxième sera différent! Il faut y croire 😉

le 24/09/2015 à 18h35 | Répondre

Doupiou

Tu as eu beaucoup de courage d’accoucher par voie basse au bout de 36 heures ! J’avoue qu’ après une trentaine d’heures, je me demandais comment j’allais avoir la force de pousser! C’est un véritable marathon !
A cause de mon bassin, si j’envisage une seconde grossesse, l’accouchement sera aussi une césarienne. Mais sûrement pas aussi intense que celle-là !

le 25/09/2015 à 17h15 | Répondre

Chaperon Rouge

ohlala, je devrais pas lire ça avant mon propre accouchement! 🙂 J’en reviens pas de la froideur (et de la connerie) de certains membres du personnel médical…

merci de m’avoir donné un aperçu des difficultés qu’on peut avoir. je vais brieffer mon mari: si on me fait un coup pareil, je veux qu’il HURLE dans les couloirs au scandale et qu’un supérieur se pointe. NON MAIS!

le 24/09/2015 à 21h52 | Répondre

Doupiou

Si tous les accouchements ne se passent pas forcément bien, ils ne sont pas tous cauchemardesques non plus ! Ne t’inquiètes pas! C’était mon premier accouchement et je ne savais absolument pas quoi faire, j’ai suivi aveuglément l’équipe médicale !
Lors de ma visite post-natale, le gynéco qui a suivi ma grossesse (et qui aurait du m’accoucher si je n’avais du quitter l’hôpital) n’en revenait pas non plus. Il m’a dit clairement que pratiquer une césarienne faisait encore peur à certaines sage-femmes.

le 25/09/2015 à 17h08 | Répondre

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