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A la une / Témoignage

Notre troisième mois ensemble

Me revoilà, pour continuer le récit de nos premiers mois de vie ensemble.

Dans ce nouveau chapitre de notre vie à trois, je vais aborder deux sujets principaux : les bobos de bébé, et la culpabilité.

Les bobos de bébé

Jusqu’ici, à part quelques pleurs nocturnes, Kate nous a plutôt épargnés : pas de visite en urgence chez le pédiatre, pas de souci particulier.

Et, si elle n’aime pas être posée la journée, la nuit, en revanche, elle accepte de dormir dans son petit matelas physiologique, où elle parvient même parfois à s’endormir seule. Depuis son retour de la maternité, on peut même dire qu’elle dort plutôt bien, vu son âge : de minuit à 5h du matin, d’une traite. Je jubile : je fais partie des parents chanceux !

Jusqu’à ce que la machine se grippe, au début de ses 2 mois.

Kate va en effet faire l’expérience des coliques du nourrisson. Si chez elle, ces coliques n’ont pas l’air trop douloureuses, elles la gênent tout de même énormément. Et ça la réveille très fréquemment.

Sur les conseils de copines jeunes mamans, je prends deux résolutions : je change l’eau de ses biberons pour une eau réputée donner moins de coliques, et je réduis drastiquement ma consommation de produits laitiers (je suis en allaitement mixte, donc si je veux agir sur sa digestion, il faut que je joue sur les deux tableaux).

Je ne suis pas spécialement une flippée des produits laitiers, mais comme j’ai un terrain allergique, le pédiatre de la maternité a mis Kate sous lait hypoallergénique dès sa naissance, afin de limiter les risques d’intolérance aux protéines de lait de vache. J’ai d’ailleurs un cas avéré d’intolérance sérieuse au lactose dans ma famille.

Donc, quand je vois que Kate a du mal à digérer, je ne me pose pas trente-six questions : j’arrête fromage, yaourts, et même pâtisseries 100% pur beurre. Mais comme Kate n’a pas l’air d’être allergique, je ne supprime pas tout non plus : en effet, le lactose est présent un peu partout dans les produits industriels (même dans la charcuterie sous vide !), mais je continue à en manger. Je m’autorise également une viennoiserie une fois de temps en temps…

Je remarque des effets positifs dès les premiers jours : ma princesse a moins de gaz, et se tortille beaucoup moins.

Le petit hic, c’est que les nuits ne vont pas mieux pour autant : si Kate a moins de coliques, elle semble gênée par un autre problème. Les remontées acides. Le Fucking RGO.

Bébé 3 mois

Crédits photo (creative commons) : Art DINo

Dès qu’elle est allongée dans son lit, elle finit en effet par se tortiller dans tous les sens, ne parvient pas à se rendormir, refuse les biberons, régurgite beaucoup et semble, dans son sommeil, « mâchonner » et faire des moues de dégoût. J’essaie d’incliner son matelas, mais ça n’a pas d’autre effet que de la faire rouler dans son lit…

Je profite donc de la visite des 3 mois chez le pédiatre pour en parler. Ouf, celui-ci m’écoute et me donne un léger traitement, ainsi qu’un lait épaissi ! À l’heure où j’écris ces lignes, le nouveau protocole vient à peine de commencer, donc je te ferai un petit bilan le mois prochain.

Par contre, tout ceci a un impact sérieux sur son sommeil : elle qui parvenait à s’endormir seule n’y parvient plus du tout ! Il lui faut obligatoirement être bercée ou allaitée pour réussir à sombrer dans les bras de Morphée. Galère…

La culpabilité

Je te l’ai déjà raconté : Kate déteste être posée, même pour quelques minutes. Ce qui est, pour moi, extrêmement contraignant au quotidien. Mais comme je dois rester à la maison jusqu’à ses 5 mois, je ne panique pas tant que ça : je me dis que, d’ici là, elle aura bien le temps d’apprendre à rester un peu seule. Après tout, vu son très jeune âge, elle ne peut que progresser de façon spectaculaire.

Sauf que le temps passe, et qu’à part quelques améliorations lors de son deuxième mois (elle peut rester posée quelques minutes sans se mettre à hurler instantanément), rien ne bouge vraiment.

Donc j’en parle, beaucoup : non seulement parce que ça me pèse, mais aussi parce que j’espère trouver des conseils d’autres personnes, professionnels de la petite enfance comme jeunes mamans. Et, là où ça coince, c’est que je sens bien que, pour le reste du monde, c’est forcément un peu de ma faute. Soit c’est parce que je ne la laisse « pas assez pleurer ». Soit c’est parce que j’ai des antécédents de deuil périnatal. Soit il faudrait que j’aille en « parler à un psy » (alors que je ne suis pas déprimée, juste très très fatiguée). Mais, dans tous les cas, c’est à moi, et à moi seule, de régler le « problème ».

Et c’est lourd.

Parce que ce bébé, on l’a fait à deux (coucou Jean-Mi !), et ça me fatigue de voir que pour tout le monde, je suis la seule responsable. C’est un peu la découverte amère de ce troisième mois : je comprends que si Kate a un jour le moindre problème, je serai la première personne que l’on regardera de travers. Ayant la tête dans le guidon et seulement quelques petites heures de sommeil par nuit à mon actif, ces remarques me minent.

Je finis par essayer de rationaliser un peu : non, si Kate n’accepte pas d’être posée, ce n’est pas parce que moi, j’ai un problème. Kate a 3 mois. Kate est un nourrisson. Pas une adulte ou une grande enfant qui peut comprendre qu’il faut se détacher de ses parents. Kate a besoin de sa maman et de son papa. En fait, Kate n’a même aucun problème. Elle est en parfaite santé, RGO mis à part. Elle met simplement un peu de temps pour se séparer de moi, comme énormément d’autres bébés.

Bien entendu, je continue à lui apprendre à rester seule, sans pour autant la laisser hurler à la mort. Je la pose, je reste à côté d’elle. Je joue avec elle, je lui parle. Je lui explique que, même si elle n’est pas dans mes bras, elle n’est jamais seule.

Et ça marche. Petit à petit, je peux enfin quitter la pièce quelques minutes pour prendre une douche, ou me faire réchauffer à manger, et ce pendant des périodes de plus en plus longues. Elle et moi, on y va pas à pas. Ça ne se règle pas de façon spectaculaire, en quelques jours, non. Mais Kate progresse, à son rythme. Et au bout de plusieurs semaines, je vois une nette différence.

On n’arrive toujours pas à dîner en même temps, le soir, avec Jean-Mi. Je ne peux pas la laisser seule trop longtemps. Elle ne parvient toujours pas à dormir seule (elle se réveille dès que je quitte la pièce… à croire qu’elle a un radar intégré !). Mais je ne perds pas espoir, je sais que ce n’est qu’une question de temps, de patience, et de bienveillance (envers elle, mais aussi et surtout, envers moi-même : oui, je suis une bonne maman, quoi que les autres aient l’air de penser).

Je décide aussi de faire appel à une consultante en sommeil (oui, ça existe) dont j’ai entendu beaucoup de bien pour me filer un coup de main. Je te ferai le bilan de ma démarche le mois prochain.

Je te dis donc à très vite, pour la suite de nos aventures !

Et toi, ton petit bébé a-t-il dû lui aussi traverser des phases douloureuses ? Comment as-tu fait pour le soulager ? Et le regard des autres, il te pèse ? Viens en parler avec nous…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je m'appelle Julie, executive woman le jour, blogueuse/ instagrammeuse la nuit. Passionnée de littérature et de séries TV, je suis aussi et surtout maman d'une petite fille absolument adorable (#zéroobjectivité), mais aussi de deux bébés qui n'auront pas pu vivre. Tu peux me suivre sur mon blog perso (La Marmotteuse) et mon compte instagram spécialement dédié au deuil périnatal : à nos étoiles