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Nos conseils pour accompagner une proche en PMA : les mots qui réconfortent

J’ai failli intituler cet article: « Mais qu’est-ce qu’on a bien le droit de dire, alors (bordel de chiottes)? » suite au premier article publié sur les mots qui blessent.

J’avoue: la liste qui précède a dû te sembler interminable, et peut-être parfois un peu rude. Ceci est un article collectif, tu imagines donc le nombre de vécus et d’expériences qui sont venus le nourrir. Et puis, il faut aussi l’admettre: nous écouter peut être super dur pour les proches, tout simplement parce que nous sommes capables dans cette période délicate de vouloir à la fois tout et son contraire.

On ne veut pas être celle à qui on n’ose pas annoncer les grossesses (on se sent mises à l’écart) mais, malgré tout,  cela nous fait mal quand on nous l’annonce. On ne veut pas être réduites à notre situation, on ne veut pas non plus que nos proches fassent comme si de rien n’était.

Bref: on est super reloues ambivalentes, et c’est très important de le comprendre.

Mais j’ai une bonne nouvelle: il existe aussi de réels conseils pour t’aider à trouver la bonne « posture ».

Crédit photo (creative commons): trevoykellyphotography  

 

Être à l’écoute

Tu as dit une maladresse (cela arrive!) et tu sens ta copine qui se renfrogne. Je pense que nous sommes très, très nombreuses à préférer une petite maladresse en lieu et place du silence, à condition d’avoir le droit d’exprimer ce qui nous blesse (sans être accueillie par un « Oh ça va, si on peut plus rien dire »). Comme me le disait une chroniqueuse: « je préfère une personne maladroite à qui je dirai, attention là ça fait mal pour x ou y raisons, et qui se remet en question aux personnes qui tentent par tous les moyens de te fuir (ce n’est pas contagieux!) ». Dont acte!

Rester prudent avec les annonces (grossesse, naissance)

OUI c’est une superbe nouvelle. Mais OUI, ça peut aussi faire très mal. Il n’est pas impossible que ta copine en PMA ressente un gros coup de blues derrière. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut rien annoncer (ta copine risque de se sentir mise à l’écart) (je sais, je sais: ce n’est pas simple…). Je conseille donc de le faire en tête à tête (ou via un coup de fil exprès), ou encore par écrit si tu n’es vraiment pas à l’aise, mais surtout à un moment où la personne pourra être tranquille derrière pour déprimer toute seule sans que tout le monde ne le remarque ou -pire!- ne lui fasse une réflexion. Donc éviter par exemple les annonces publiques à Noël (avec en bonus ultime: l’inénarrable Mamie Gertrude qui se tourne vers toi et lance à la cantonade « Et vous au fait? C’est pour quand? »).

Prendre des nouvelles, très simplement

Une chroniqueuse m’expliquait: « Des fois j’aimerais en parler avec mes sœurs, mes amies, ma mère. Mais je ne m’imagine pas les appeler pour dire franco « bon alors ça ne marche pas on va devoir passer par un centre de PMA, et bla bla bla ». J’aimerais bien qu’elles me tendent une perche pour enfin aborder le sujet… ». Oui, cela peut sembler idiot, mais on ose pas toujours prendre la parole pour parler de tout ça: peur du rejet, du regard de l’autre sur ce parcours « différent » (ne parlons même pas du don de gamètes!), bref: un simple « est-ce que tu veux en parler? » est déjà une immense démonstration de bienveillance.

Accepter que ta copine et son mari ne veuillent plus venir aux fêtes de famille temporairement

Tu sais, celles avec 5 gamins en bas âge qui courent partout, 1 bébé qui gazouille gaiement, et 3 femmes enceintes qui te parlent de Bola et de poussettes. Parce que si certaines d’entre nous parviennent à faire face, pour d’autres, c’est une épreuve vraiment trop difficile. Surtout lorsqu’une FIV vient à peine d’échouer. Et une chroniqueuse de rajouter: « Please, ne pas demander de se justifier… ». Cela ajoute un malaise à une situation déjà compliquée à vivre (parce que tu te doutes que ne pas venir à la prochaine cousinade n’est pas forcément drôle non plus. Ça n’est de la faute de personne, mais cela reste compliqué et douloureux).

Ne pas oublier que tu avais une relation avec la personne avant l’infertilité

Même dans cette période un peu trouble,  ta copine a toujours envie d’avoir de tes nouvelles, de parler de tout et de n’importe quoi. Lorsque tu la vois, vous n’êtes pas non plus obligées de ne parler que de ça. Votre relation continue avec (et malgré) cette situation. En fait, c’est aussi et avant tout une question de trouver le juste milieu: ce qui arrive à ta copine est dur, mais sa vie ne se résume pas à cela non plus.

 

Bref, il n’y a pas de solutions miracles. Mais quelqu’un qui n’essaie pas de minimiser, de rassurer à tout prix, de juger, de donner son avis, eh bien ce quelqu’un là il est inestimable!

 

Et toi, tu aurais d’autres conseils à donner aux lectrices? Tu es passée par un long parcours PMA et tu as pu être bien accompagnée par tes proches? Ton amie/ ta sœur/ ta cousine est en train de passer par là, et tu ne sais pas quoi lui dire? Raconte!

A propos de l’auteur

Je m'appelle Julie, executive woman le jour, blogueuse/ instagrammeuse la nuit. Passionnée de littérature et de séries TV, je suis aussi et surtout maman d'une petite fille absolument adorable (#zéroobjectivité), mais aussi de deux bébés qui n'auront pas pu vivre. Tu peux me suivre sur mon blog perso (La Marmotteuse) et mon compte instagram spécialement dédié au deuil périnatal : à nos étoiles