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Événement / Récit d'accouchement

La pression de la gynécologue

Je préfère te rassurer immédiatement : mon accouchement s’est bien passé et mon bébé allait très bien. Ce que je souhaite vraiment te raconter dans cet article, c’est le « avant ». Avec le recul, je n’aurais jamais dû accepter le 10ème de cette situation.

Revenons en arrière….

Le matin de 40 SA+1

Nous avons terminé la valise de maternité et rassemblé toutes les affaires type divertissement pour lutter contre l’éventuelle attente en cas de déclenchement. Chéri a prévenu son travail qu’il ne serait pas là car je souhaite qu’il m’accompagne au cas où je me retrouve à nouveau en face de la gynécologue que j’ai vu à 38 SA.

En quittant la maison, je dis à Chéri qu’il est hors de question que je reparte de l’hopital sans mon bébé : ce bébé sortira aujourd’hui ou demain au plus tard. Cette grossesse DOIT se terminer maintenant.

Photo personnelle (le contenu de la valise maternité !)

Nous arrivons aux urgences gynécologiques et j’explique que j’ai rendez-vous à 9h avec une SF pour un contrôle du col car si c’est bon, on y va pour le déclenchement. Je suis très rapidement appelée : la SF m’examine…. et je suis ouverte à 3, col court et mou, etc. En bref, il est favorable ! J’en pleure de joie. Enfin une bonne nouvelle ! Terminé l’attente, c’est parti !

Elle m’explique qu’elle note dans le rapport que mon col est favorable…mais que c’est la gynécologue de garde qui doit prendre la décision finale. Elle viendra dès que la césarienne en cours est terminé. Je commence à paniquer, à trembler et je demande : qui est la gynécologue aujourd’hui ?

Ouf, c’est encore une autre. Pour l’instant, j’ai vu 1 désagréable et 1 adorable…je me dis qu’elle ne peut pas être pire que la première. Impossible.

10 secondes pour LA décision qui va tout changer

(je vais essayer de te retranscrire la conversation aberrante que j’ai eu)

La gynécologue entre en ayant déjà lu mon dossier. Je suis dans une salle d’accouchement avec Chéri à mes cotés.

Elle ne m’adressera pas un bonjour. Direct :

« C’est non pour le déclenchement. Je ne sais pas ce qui a pris à ma collègue de noter son accord mais c’est non. Il faut un accord médical pour un déclenchement et je ne vous le donnerais pas. Donc on fait quoi la? »

Le ton est cassant, désagréable, pressant. Je réexplique mes angoisses, la fausse-couche, la grossesse, je n’en peux plus d’attendre, j’ai très très peur, on me force à une voie basse, mon bébé va être énorme et je vais finir en césarienne d’urgence parce qu’il ne passera pas ou que le cordon pose soucis.

« Ben alors, on fait une césarienne et on arrête d’en parler. On ne va pas y passer la matinée ! »

Elle est de plus en plus pressante. Je ne sais plus ce que je veux. D’un coup, j’ai peur de la voie basse et de la césarienne. Je lui redemande de m’expliquer les risques si voie basse. De m’expliquer les risques de césarienne. Elle s’agace, elle souffle. Elle me réexplique d’un ton extrêmement exaspéré et me fait comprendre que la césarienne dans mon cas, c’est VRAIMENT du confort.

La sage-femme qui l’accompagne sent mon angoisse…et l’énervement de la gynécologue et propose que nous fassions rapidement une échographie pour les mesures BIP pour avoir une idée du risque. La gynécologue accepte à contre-cœur. Le BIP est au 96e percentile. Mais elle m’assure que ça ira quand même et que « au pire, on fera une césarienne et vous aurez eu ce que vous voulez ». Je n’en peux plus. Je ne sais pas quoi faire.

Moins de 10 min s’est passé depuis son entrée dans la chambre quand elle m’achève d’un « Bon on fait quoi ?! On fait quoi la ?! On y va ? Je comprend pas, vous vouliez une césarienne à la base, je vous offre sur un plateau votre césarienne et maintenant, vous ne savez pas ? Je ne comprends pas, je ne comprends pas ! On fait quoi ? »

Je peine à sortir un « Si on fait une césarienne, c’est quand ? »

« Bah maintenant »

« Maintenant quand ? »

« Maintenant tout de suite ! Pas maintenant dans 10 ans hein ! Vous vous habillez, je me prépare et on y va. Bon on fait quoi ? On fait quoi ? »

Photo personnelle (en attendant la gynécologue…)

Je demande 2 min seule avec mon mari pour en discuter, pour se poser. Elle me presse, je n’arrive plus à penser à rien. Je ne sais plus quoi prendre comme décision. Elle refuse. Je regarde mon mari d’un air désespéré. Tout se bouscule dans ma tête. Je ressens au plus profond de moi que la voie basse se passera mal, la césarienne est l’option qui m’attirait le plus…mais dans ces conditions et avec elle… je ne sais pas. J’angoisse encore plus.

« Ok pour la césarienne ».

Je n’en reviens pas d’avoir prononcé ces mots. Elle s’en va en demandant à la SF de me préparer pour le bloc et à mon mari de s’habiller en tenue stérile. Une fois seuls, mon Chéri me prend dans les bras « tu es sure ? Je n’ai aucun scrupule à l’envoyer se faire bouler et à lui dire qu’on a changé d’avis et que dans ces conditions, c’est hors de question ».

Je lâche tout, je pleure. Oui c’était clairement le pire moment de ma grossesse. De très très très loin. Mais je veux voir mon bébé. Je sais qu’elle va bien maintenant, mais demain ? Je ne peux plus supporter cette attente, de ne pas savoir ce qu’il se passe dans mon ventre, de ne pas comprendre pourquoi elle est toujours en siège. Je veux cette césarienne. Dans 1h, elle sera la.

Nous avons à peine le temps de prévenir nos familles (car d’un coup, j’ai cette angoisse qu’il m’arrive quelque chose donc je DOIS les prévenir avant) que je dois descendre au bloc.

Le bloc opératoire

Au contraire de la gynécologue, je suis accueillie par 3 anesthésistes (2 étudiants notamment). Le plus expérimenté m’explique tout calmement, ce qu’il va me faire, comment je vais me sentir et ce qu’il va se passer. Il me donne des consignes en cas de malaises, de nausées.

Pendant ce temps, je vois d’autres personnes s’activer : des sages-femmes, une puéricultrice (je crois?), des étudiants-gynécologue. Tout le monde est calme et bienveillant. La sage-femme présente dans la salle de naissance tout à l’heure me prend la main « ça va aller, je reste avec vous et je ne vous lâche pas jusqu’à la naissance ». Tout le monde est détendu. Un étudiant anesthésiste me dit que c’est toujours plus agréable de se préparer tranquillement que quand il s’agit d’une urgence et qu’il y a deux vies en jeu. Je me sens déjà mieux. Je stresse et me demande si j’ai pris la bonne décision mais au moins, l’équipe est au top.

Ils font entrer mon Chéri puis la gynécologue. Et c’est parti !

La naissance

Je t’épargne les détails (si tu le souhaites, nous pouvons en discuter en commentaires) mais ils finissent par sortir ma fille au bout d’un temps qui me semble interminable à me secouer dans tous les sens. Elle ne pleure pas. Je panique… la sage-femme a à peine le temps de me dire « ne vous inquiétez pas » qu’elle se met à crier. Ouf. Elle part avec elle dans la salle de soins… et je la vois revenir une seconde après « Ben Papa, vous ne voulez pas venir 😉 ? »

Photo personnelle (sa tenue de naissance <3 )

Plus de la moitié de l’équipe quitte le bloc. Seul reste un étudiant anesthésiste et 2 personnes qui me recousent. D’un coup, je ne me sens pas bien… j’en informe l’anesthésiste. J’ai des violentes nausées… mon cœur s’emballe et grimpe en flèche. Je n’arrive plus à respirer. Je convulse.

C’est pile le moment où Chéri arrive pour me la présenter… j’ai l’impression d’être en train de mourir. Chéri comprend ce qu’il se passe « tu veux que je reste avec elle ou avec toi? ». Je ne peux pas regarder ma fille, j’ai les yeux fermés, j’ai l’impression de lutter pour vivre. Je ne sais pas comment mais je parviens à lui faire comprendre de rester avec elle. Dans ma tête c’est : « si je dois mourir, il est sa seule famille, il ne doit plus la quitter. Plus jamais ».

L’étudiant appelle son chef à la rescousse qui redescend en trombe. Je ne comprend plus ce qu’il se passe.. on me met une dose de truc et de machin. On me pose des questions auxquelles je dois répondre en serrant la main.

Trou noir… puis je reviens. Je suis très mal mais « ça va nettement mieux ».

On me gardera 1h de plus au bloc.

La rencontre ou le pourquoi du siège enfin expliqué !

Je ne peux rencontrer ma fille que 2h après (au lieu des 10 minutes habituelles) à cause de mon « malaise ». Chéri est là avec elle. Je ne l’ai pas encore vu. Il me la donne dans les bras mais j’ai très très peu de force et j’ai mal au ventre. Elle est si belle, si calme… et elle a pleins de cheveux (je voulais un bébé à cheveux !). Elle fait 100% chinoise, je m’amuse, je souris. Enfin. Tout va bien.

La gynécologue désagréable passe pour prendre des nouvelles post-opératoires et m’informer de l’opération. Elle commence par s’excuser de son comportement parce qu’elle était agacée de cette césarienne de confort (selon elle). Elle s’excuse parce que j’ai eu raison de me fier à mon instinct : elle ne serait jamais descendue en voie basse. Le cordon était emmêlé partout autour d’elle : cou, torse, jambes. Si elle était descendue, elle aurait été en souffrance et j’aurais de toute manière fini en césarienne.

A la seconde où j’ai l’explication, je sens que je suis en paix avec cette décision de césarienne. Elle va bien : c’est tout ce qui compte maintenant.

Tu l’as bien compris dans mon article, les gynécologues ont un rôle si important lors de l’accouchement mais aussi tout au long de ta grossesse. Il faut trouver une personne de confiance qui saura t’écouter, te comprendre et t’accompagner le mieux possible. Tu as un doute et tu veux avoir un large choix de gynécologue ? Il faut que tu prennes ton temps pour Trouver un gynécologue. Si lors de ton premier rendez-vous avec le gynécologue choisi, tu sens que le courant ne passe pas, alors dirige-toi vers un autre. Il n’y a pas de honte à avoir. Pense qu’il t’accompagnera pendant les neuf mois de la grossesse, lors de ton accouchement (s’il est disponible à ce moment-là) et également pour ton après-grossesse. On n’en parle pas assez mais « l’après-bébé » est très important. Tu vas faire ta rééducation du périnée avec ton gynécologue, autant créer une belle confiance en lui dès le début. Cette rééducation influence le reste de ta vie de maman. En effet, si tu veux reprendre le sport et éloigner les soucis comme les fuites urinaires, alors il faut trouver le bon gynécologue. Fais-toi guider par tes proches, spécialement des jeunes mamans qui pourront te donner les coordonnées d’un gynécologue de qualité. Prends ton temps car ce choix peut avoir des conséquences sur cette aventure qui réserve, promis, de belles surprises. Autant s’entourer des meilleurs pour vivre ce moment intensément et sans pression.

A propos de l’auteur

29 ans, Maman d'une petite fille de février 2019, mariée à Chéri (d'origine chinoise), survoltée et angoissée, je te raconte ici ma fausse couche, ma grossesse sous stress (le mien !) et mon nouveau quotidien de maman avec un bébé koala !