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Mon accouchement « un peu long sur la fin, mais ça va » – Partie 1


Publié le 21 mai 2020 par Maman Ours

Oui, c’est de la grossesse dont Florence Foresti parlait avec cette expression. Mais ce sont les mots qui se formaient dans mon cerveau en salle d’accouchement, et qui, je trouve, résument le mieux mon accouchement ! Ce qui est drôle (hum), c’est que, si je ne redoutais pas d’accoucher, je souhaitais très fort que ça ne dure pas trop longtemps : l’endurance, ça n’a jamais été ma spécialité ! Bon, avec un tel titre, tu t’en doutes, ça n’a pas été express. Allez viens, je te raconte tout !

Un jour de repos de Papa Ours, je me réveille bien fatiguée. Et puis, en rangeant quelques affaires, je sens que je fuis… Oh ! Je lance à Papa Ours « je crois que c’est pour aujourd’hui ! ». Au début, on a un petit doute, mais il est très vite levé : j’ai de l’eau qui passe à travers mes habits. Je n’ai eu aucune incontinence urinaire pendant la grossesse. De plus, le liquide est transparent et inodore. Ma poche des eaux est fissurée ! On est un peu excités mais assez calmes. Je me dis « zut, je n’aurai pas droit à la baignoire  ». Et puis j’ai entendu que lors des accouchements commençant par une rupture ou une fissure de la poche des eaux, les contractions étaient très rapidement très fortes, au lieu de monter crescendo. Mais je viens de rentrer dans un de ces moments où l’on ne contrôle rien, alors c’est ainsi et je l’accepte.

Papa Ours prépare (enfin !) un sac avec des habits pour lui pour le séjour à la maternité. Je complète ma valise avec les « affaires de dernière minute ». Et on se met en route. Cette sensation en quittant la maison !! On va revenir à trois ! Dans la voiture, j’appelle la maternité pour les prévenir de notre arrivée, comme demandé. Mais la sage-femme au bout du fil (enfin, au bout de l’onde), en comprenant que le liquide ne coule pas en continu, nous dit de ne pas venir immédiatement, contrairement aux consignes qu’on avait reçues. Soit, je fais signe en cours de route à Papa Ours, et on fait demi-tour pour revenir à la maison. OK, c’était express !

Crédits photos (creative commmons) : Marília Castelli

C’est pour secréter de l’ocytocine, si, si !

Comme nous l’avait conseillé notre super sage-femme, on s’occupe agréablement, et on prépare un gâteau au chocolat. On grignote, on papote, on guette. J’ai toujours des petites fuites de temps à autres, mais vraiment peu, et aucune contraction. Dans l’après-midi, on rappelle la maternité pour savoir quoi faire, et on nous dit de venir, pour contrôler si c’est bien une fissure (comme si j’avais un doute !). Allez, c’est reparti !!

Arrivés à la maternité, on nous « admet » dans la zone des naissances. Cette sensation au moment de sonner à la porte de cette zone mystérieuse et magique, je ne suis pas prête de l’oublier. Waouh, on y est !!! On nous installe dans une petite salle d’examen, et c’est parti pour un monitoring : on enregistre le cœur du bébé et mes contractions (pour le moment non ressenties). J’ai aussi un petit test urinaire, et un prélèvement pour vérifier s’il y a bel et bien des cellules de liquide amniotique dans mon vagin. C’est confirmé ! La sage-femme vérifie également mes dernières analyses. Je crois que j’ai une prise de sang, mais je ne sais même plus !

Maintenant que c’est officiel, on nous installe dans une salle de pré-travail. On pose un peu nos affaires, et puis on ressort faire le tour de la maternité, car j’ai envie de marcher pour déclencher le travail. En effet je redoute assez d’être déclenchée artificiellement, mais maintenant que la poche des eaux n’est plus stérile, c’est une possibilité. Puis, on revient dans notre chambre, et on se fait un petit repas devant un épisode de série, en se demandant quand on pourra la poursuivre !

La sage-femme qui s’occupe de nous, Laura, est très gentille. Je m’installe un peu à quatre pattes sur un ballon et un tapis de yoga à un moment, pour essayer des positions « ventre en avant » qui devraient aider à déclencher. Le tout en glandouillant sur mon téléphone, j’avais la classe.

En fin de soirée, on décide de s’installer pour la nuit, histoire de prendre des forces. Mais je commence à sentir des tiraillements dans mon ventre. Seraient-ce des contractions ?

Eh oui, à peine Papa Ours a-t-il fini d’installer son lit accompagnant que je lui dis « je ne sais pas si tu vas t’en servir en fait ». Et très vite « OK laisses tomber, on ne va pas dormir, c’est parti ». Allez hop, il replie le lit !

Les contractions arrivent très vite, et deviennent très rapidement rapprochées et intenses. C’est donc à partir de là que mon récit risque de devenir imprécis. Mes souvenirs sont assez flous et chaotiques je crois.

Je sais que pendant les premières contractions, j’ai sorti des « ah ça fait quand même un peu mal ! ». Je m’inquiète un peu, car ce n’est que le début, je sais que les sensations vont augmenter, et de beaucoup. Vais-je tenir ?

Et puis, très vite, je ne me pose plus de questions. Je vis, je gère, je suis contractions. Assez rapidement, je vomis. La première fois, je n’ai que quelques secondes pour m’en rendre compte, je vomis dans un lavabo. Après, je ne me laisse plus surprendre, et on m’a sorti les affreux haricots en carton qui pue (histoire de te donner envie de vomir même si tu ne l’avais pas). C’est vraiment très désagréable de vomir, ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps ! Mais j’ai l’impression qu’après, les contractions sont plus supportables. Puis augmentent à nouveau, et me font vomir à nouveau. Tout mon estomac y passe (on a le temps de tout voir, quelle joie), jusqu’à ce que je commence à sentir le goût de la bile. Je n’ai pas envie de vomir ma bile, j’ai déjà testé, c’est vraiment désagréable. Mais heureusement, ça s’arrête à ce stade cette fois-ci.

Crédits photos (creative commons) : Emiliana Hall

Les contractions sont devenues vraiment intenses. Je ne saurais pas décrire la sensation. Tout mon ventre est pris, tout mon corps accompagne. Papa Ours est un pilier inestimable. À chaque contraction, je suis collée, agrippée d’une façon ou d’une autre à lui. Au début de la contraction, je me focalise sur la sensation, dans mon bas-ventre. J’ai très vite la sensation de sentir mon Petit Ours peser, de sentir mon col de l’utérus s’ouvrir. Alors je pense à cette sensation, et je me dis que le travail avance. Je détends cette zone, j’accepte la sensation, car je veux que tout cela s’ouvre et qu’on rencontre notre bébé. Et après ces quelques secondes à ressentir la sensation, je me concentre sur ma respiration. J’effectue soigneusement les exercices de ma sage-femme adorée : inspirer, expirer le plus longuement possible par la bouche en soufflant. Garder la bouche et les mâchoires détendues. Recommencer. Le tout, collée à Papa Ours. Petite pause, et on accueille la contraction suivante.

Parfois, je me loupe un peu dans ma respiration, et je sens bien que la contraction est plus difficile à gérer. Alors je repense à cette phrase d’un de mes livres : « l’avantage avec les contractions, c’est que si on se loupe, il y en a une autre derrière pour faire mieux » ! Ou quelque chose du genre.

Crédits photos (creative commons) : Kyle Bearden

Jusque-là, je ne comprenais pas trop les récits d’accouchements naturels qui disaient qu’il valait mieux parler de sensation intense que de douleur. Qu’il fallait accepter cette sensation, surfer sur la vague de la contraction. Bon, la partie surf, je ne l’ai toujours pas. Mais le côté acceptation, et sensation extrêmement intense plutôt que douleur, oui, maintenant, je vois.

Comme je le souhaitais, j’essaie différentes positions. Mais je crois que je passe la majeure partie de mon temps debout, les jambes légèrement fléchies. Pendue au cou de Papa Ours pendant les contractions. À faire des petits ronds avec le bassin ou à me balancer par moments. À un moment, mes jambes se mettent à trembler assez fort apparemment. Mais je ne m’en rends pas trop compte. C’est le seul moment où Papa Ours essaie de me guider, cela l’inquiète de me voir rester debout sur des jambes qui tremblent autant. Mais je suis « bien » ainsi, et je refuse de bouger.

Je crois que j’ai tenté de me mettre assise sur un ballon à un moment, mais que c’était au milieu d’une contraction, et que c’est devenu très douloureux. À partir de là, je ne veux plus entendre parler du ballon.

Quand je change de position, le monitoring ne fonctionne plus bien, et il faut replacer le capteur. Comme j’ai fissuré, toutes les quatre heures, j’ai une perfusion d’antibiotiques (il était prévu que je le prenne en cachets, mais j’ai vomi deux minutes après la première prise, d’où la perfusion). Ces perfusions vont devenir mes nouveaux repères temporels.

Le temps passe très vite, le répit entre les contractions a beaucoup diminué, elles s’enchaînent quasiment en continu.

Trois heures après le début des premières contractions, Laura propose de m’examiner. Mais je n’ai pas très envie, je ne voudrais pas entendre que je suis dilatée à 1 ou 2, je préfère rester dans ma bulle. Alors on verra plus tard.

Crédits photos (creative commons) : Jonathan Borba

Je crois que la nature est bien faite, j’ai l’impression de passer des niveaux petit à petit : une fois que j’ai appris à gérer les contractions niveau 1, on m’envoie les niveaux 2. Une fois que je les gère, on m’envoie les niveaux 3. Et j’avance ainsi dans les niveaux !

Je ne sais pas trop quand, la poche des eaux se perce pour de bon. Les méga serviettes hygiéniques qu’on m’avait mises ne servent absolument à rien, on dirait qu’il y a des litres de liquide là-dedans ! Tout coule sur mes jambes, sur mes tongs, je fais plusieurs grosses flaques sur le sol, car, quand on croit que c’est fini, cela continue. Honnêtement, à ce moment-là, je m’en fiche complètement. Je suis vraiment dans ma bulle, je vis ce qui m’arrive, et mon cerveau est débranché (mais après coup, je suis bien contente d’avoir porté des tongs faciles à laver !).

Le liquide est désormais rose. A priori c’est bon signe qu’il y ait un peu de sang dedans, c’est que le col travaille : chouette !

Une heure après sa première proposition, Laura propose à nouveau de m’examiner. Cette fois je dis oui. Je crains un peu d’entendre un tout petit chiffre et que cela me mette un coup au moral, mais j’ai espoir. Et waouh, elle nous annonce que je suis dilatée à 8 cm !! C’est énorme, je suis trop contente (comme on peut être contente depuis ce monde parallèle où je suis) : ça va vite !!

Elle m’aide à traverser le couloir pour aller jusqu’à la salle d’accouchement. Là, il n’y a plus la petite salle de bain privative avec les toilettes, mais plus de matériel. Et une table pour accueillir le bébé. Waouh. Il va bientôt naître.

La suite, je te la raconte la prochaine fois !

Et toi, comment as-tu vécu ton travail ? As-tu aussi eu la chance d’avoir une équipe soignante aux petits soins ?


Pendant la grossesse, tu t’imaginais épanouie, heureuse, avec un joli ventre rond, et bien sûr, il y a de ça. Mais tu n’étais peut-être pas tout à fait préparée pour les vergetures, les coups de pied dans la vessie à 2 heures du matin et les galères administratives. On ne te la refera pas deux fois. Avec le guide hyper complet et concentré de Dans Ma Tribu, tu sauras exactement ce qui t’attend après l’accouchement. Clique ici pour en savoir plus.

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Commentaires

2   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mélinda

Bouhouhou qu’il est beau ce récit d’accouchement ! Merci de nous faire vivre un accouchement physiologique comme si on y était !

le 21/05/2020 à 15h43 |

Maman Ours

Avec plaisir 🙂

le 28/05/2020 à 11h52 |

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