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A la une / Témoignage

L’allaitement, pas si évident que ça…

Je ne pensais pas écrire cet article, car le sujet est encore un peu sensible pour moi. Mais finalement, je crois que partager avec toi mon expérience peut être une bonne chose ! Tu as peut-être toi aussi vécu la même chose que moi, et ça te soulagera de lire que tu n’es pas la seule… Ou alors tu imagines peut-être vivre ton allaitement comme je le souhaitais, et cet article sera là aussi pour te préparer à ce que les choses ne se déroulent pas comme prévu.

Dans ma tête, il était prévu que j’allaite ma fille 6 mois. Pourquoi 6 mois ? Parce que je dois reprendre le travail pour un mois en juin, et qu’ensuite je serai en vacances jusque fin aout. À cette date, ma fille aura donc 6 mois. Ça tombe bien, 6 mois, c’est ce que recommande l’OMS. Idéalement, j’aurais donc pu allaiter ma fille exclusivement au début, commencer la diversification pendant mon dernier mois de congés, et reprendre le travail ensuite !

Sauf que, les choses sont en réalité bien différentes de ce que j’avais espéré !

Comme je te le disais, ma fille est un tout petit bout de bébé, 45 cm et à peine 2,9kg à la naissance. Les premières tétées ont donc été un peu laborieuses… Elle se fatiguait énormément, et donc dormait, tout en ne réclamant que très peu. Cercle vicieux, elle a donc perdu plus des 10% « permis » à la maternité, et avait encore moins de force pour téter.

Durant mon séjour à la maternité, la pédiatre nous à conseillé (ordonné serait le terme plus juste) de lui donner du lait artificiel en complément, sans nous expliquer pourquoi c’était important, pourquoi c’était vital pour elle, et pourquoi ça n’aurait pas d’influence sur mon allaitement futur. Mais à partir de ce moment, s’est incrusté dans mon esprit cette inquiétude : il faut qu’elle prenne du poids !

Les trois premiers jours s’étaient jusque-là bien déroulés, effectivement elle perdait du poids et semblait avoir du mal à prendre le sein, mais pas plus qu’un autre bébé. Ma montée de lait est arrivée au 4ème jour, donc tout était normal. Sauf que je suis maman pour la première fois, mon mari et moi n’avons aucune expérience de grossesse et d’allaitement d’un nourrisson, nous nous sommes donc très vite inquiétés. J’ai eu le sentiment de subir une grosse pression de la part de certaines équipes soignantes, le sentiment d’être jugée, d’être une mauvaise mère qui veut à tout prix allaiter son enfant alors qu’un biberon serait bien plus simple… Nous ne sommes donc pas partis sur de bonnes bases.

allaiter mon bébé pas si simple

Crédits photo (creative commons) : Grand Street Creative

Avant notre sortie, on m’a tout de même conseillé d’essayer d’utiliser des bouts de sein en silicone. Effectivement avec ça, elle arrivait enfin à boire un peu ! Ce n’était pas encore gagné, mais il y a eu du mieux !

De retour à la maison, les choses se sont mis peu à peu en place, mais ma fille avait toujours du mal à téter correctement, et nous devions la réveiller pour qu’elle mange suffisamment. Et au fur et à mesure qu’elle grandissait, ses besoins étaient de plus en plus importants, sauf qu’elle n’avait toujours pas plus de force. Il fallait donc que je la laisse au sein pendant 1 à 2h pour qu’elle soit à peu près rassasiée, et que je tire également mon lait pour lui donner à la seringue car, tu t’en doutes, après avoir passé une à deux heures au sein à téter, à s’énerver, elle été épuisée, mais avait toujours faim ! Elle s’endormait ensuite 20 à 30 min, et se réveillait pour manger à nouveau ! Jour et nuit !

J’ai eu le soutien des deux sages femmes du cabinet où j’ai effectué ma préparation à l’accouchement. La position était bonne, on voyait qu’elle cherchait à boire, mais que c’était trop difficile pour elle.

J’ai tenu 3 semaines à ce rythme. Ajoute à ça la pression (belle-) familiale, les appels quotidiens pour me demander « Est ce qu’elle grandit? », « Est ce qu’elle a grossi? », « Tu devrais faire comme ci ou comme ça ! ». Et puis un soir, je me suis retrouvée en pleurs sous la douche lorsqu’elle s’est à nouveau réveillée.

La mort dans l’âme, toujours en pleurs, je lui ai donné un biberon de lait artificiel qu’elle a bu en 20min… Les jours qui ont suivi, j’ai voulu tenir bon et continuer de l’allaiter et de tirer mon lait, mais au bout d’un mois j’étais épuisée, triste, à bout, j’avais mal… Je commençais à me crisper à chaque fois que je l’entendais pleurer… Ce jour-là, j’ai compris que si j’insistais, c’est la relation avec ma fille, et aussi avec son père, qui allait en pâtir. Et ça, c’était hors de question !

La solution a donc été de passer progressivement au lait artificiel. J’ai tout d’abord arrêté de tirer mon lait à chaque fois, et nous avons intégré petit à petit 30, puis 60, puis 90 ml de lait artificiel, pour finir par ne lui donner que du lait artificiel au bout de 15 jours.

Aujourd’hui, elle est nourrie uniquement au biberon de lait artificiel. Nous avons eu du mal à trouver un biberon et une tétine qu’elle acceptait, nous en avons essayé 4 ou 5 différents, mais maintenant, c’est chose faite ! (Dodie Sensation+ pour information, qui reproduit la forme du sein, satisfait ou remboursé en plus !)

Elle grandi et grossi à bon rythme, et est repue après chaque biberon ! Elle dort mieux, s’éveille de plus en plus, et semble être un bébé heureux !

Mon allaitement, je l’imaginais plus « facile » que ça. Je n’imaginais pas devoir passer 1h minimum avec mon bébé accroché au sein, puis tirer mon lait (ou le faire en même temps qu’elle prenait d’un coté) et lui donner au biberon, puis redonner encore un peu de lait artificiel ensuite si elle avait encore faim… Pourtant, j’ai eu beaucoup de mal à prendre la décision d’arrêter l’allaitement, j’ai énormément culpabilisé de ne pas être capable de nourrir moi-même ma fille ! Mais pour le coup, c’est mon bébé qui a choisi.

Il y a quelques jours, j’ai voulu retenter l’expérience. On parle de relactation dans ce cas-là. Je produis encore un peu de lait, ma fille a largement dépassé les 4kg, et après avoir lu quelques témoignages sur internet, je me suis dit « Et pourquoi pas ? ». Encouragée par mon mari et par mes amies, j’ai ressorti mon tire-lait, mis ma fille au sein à chaque fois qu’elle avait faim. Mon lait est revenu peu à peu, je pense qu’en poursuivant plusieurs jours il serait revenu de plus belle et que la quantité aurait été suffisante… sauf que ma fille n’accepte toujours pas de prendre le sein. Elle me repousse, s’énerve, et pleure en me regardant avec cet air qui semble vouloir dire « Mais, pourquoi tu me fais ça ? J’ai faim moi ! ».

Alors oui, peut-être qu’en insistant encore un peu, elle aurait fini par s’y habituer et par y arriver. Mais après 3 jours d’essais, je me suis demandée pourquoi je le faisais ? Si c’était pour elle ou pour moi ? Ma fille préfère le biberon, elle n’arrive pas à téter correctement. Elle est en bonne santé et semble heureuse ainsi.

Hier, mon mari est retourné à la pharmacie pour rendre le tire-lait que nous avions loué. Ma culpabilité est toujours là, mais quand je la vois me sourire à la fin de ses biberons, je me dis que c’est la meilleure décision pour elle !

Et toi ? Ton bébé s’épuisait à téter ? Tu as tenté la relactation après avoir introduit le biberon de lait artificiel ? Est-ce que ça a fonctionné pour toi ? Viens en discuter !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Trentenaire, maman solo de deux adorables têtes bouclées qui comblent ma vie et raccourcissent mes nuits. Un job en Qualité dans l'univers du luxe : la cosmétique. Tout un tas de loisirs et de passions : la couture, la photographie, la batucada, et tellement plus !