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Mon allaitement (presque trop) parfait


Publié le 5 octobre 2019 par Bibi

Quand j’étais enceinte, je m’étais donné comme objectif d’allaiter 3 mois au minimum, et si possible 6 mois si tout se passe bien. Je savais que ça pouvait être compliqué, voire même impossible, mais 3 mois de lait maternel était pour moi l’idéal. J’ai beaucoup lu, me suis renseigné sur les possibles complications, les positions, j’ai posé des questions aux mamans que je connaissais, bref, je me sentais prête. Alors que je ne l’étais pas du tout.

À la maternité

Pépette est née par césarienne sous anesthésie générale. Ce qui fait qu’on ne lui a pas proposé le sein pendant ses 6 premières heures. Pour être honnête, j’étais tellement droguée que je me souviens à peine de ses premiers repas. Les infirmières et son papa lui donnait de la formule à la coupe.

Ce n’est que le matin suivant que je lui ai présenté le sein. Moi qui rêvais d’une tétée d’accueil, on en était loin. Encore toute ensommeillée, déboussolée par ce petit bout de vie à côté de moi, je ne savais ABSOLUMENT PAS quoi faire. Pépette, affamée par ses 3 heures sans repas, gigotait beaucoup en cherchant clairement le sein (on a ensuite beaucoup ri avec son papa, car pendant son premier mois, quand elle avait faim elle ressemblait à un cochon truffier, qui renifle et remue la tête partout à la recherche de l’or liquide). Mais ni elle ni moi ne savions précisément quoi faire… On a donc dû continuer à la coupe. C’est à la tétée suivante que notre sauveuse est arrivée.

En effet, dans l’hôpital où j’étais, tous les mardis matins il y a un café dédié aux mamans qui allaitent, où une consultante en allaitement donne conseils, avis et réconfort. Ce que je ne savais pas, c’est que cette dame en profite pour faire un saut à la maternité, rendre visite aux nouvelles mamans.

Je vois donc arriver cette dame d’un certain âge, pile au moment où l’on doit remettre Pépette au sein. Je suis désemparée, fatiguée et clairement perdue. Ni une, ni deux, la conseillère en allaitement prend mon bras, le met la, l’autre bras, comme ça, positionne Pépette manu militari…. et instantanément, ma fille se « latche » et commence à téter goulûment. Ça a été un tel soulagement (émotionnel, mais physique aussi, puisque j’avais eu ma montée de lait quelques heures auparavant) que j’ai éclaté en sanglots.

Crédit photo (creative commons) : StockSnap

Les premiers mois

A partir de ce moment, j’ai eu énormément de chance, puisque je n’ai eu aucun problème. Quelques crevasses au tout début, mais rien de grave et facilement gérable avec de la lanoline. Les premiers pics de croissance m’ont surpris (on ne m’avait jamais parlé de ça!) mais jamais je n’ai douté de ma quantité ou de mon capacité à nourrir mon bébé.

Le papa a pu participer, puisque je pompais mon lait 2 fois par jour pour qu’il lui donne le biberon (un le matin avant qu’il parte au boulot, et un vers minuit). Mon allaitement était tellement efficace que j’ai même pu donner au lactarium de l’hôpital ! (Si tu le peux, fais-le, ça aide beaucoup de bébés !) J’étais clairement en surplus de lait, je passais mon temps à changer de tee-shirt si Pépette se nourrissait cinq secondes plus tard que prévu, ou dès que j’entendais un autre bébé pleurer (la nature est bizarre quand même), mais tout roulait !

Quand j’étais enceinte, j’avais lu que l’allaitement était un moment de contact et de lien fort avec son bébé. Pour moi, ce n’était pas le cas. Les premières secondes, quand Pépette se calmait clairement à mon contact, étaient satisfaisantes, mais pour moi, ensuite… c’était juste ennuyant. Il faut dire que Pépette ne tétait pas tant de fois que ça par jour, mais elle compensait avec des tétées de 30-40 minutes… J’en profitais pour regarder une série sur ma tablette, lire un livre. Mais ces instants ne m’ont jamais paru magiques. Je m’en étais peut être fait une image trop féerique.

Ça se gâte

A ses deux mois, Pépette commençait à faire ses nuits (oui, je sais, tu me hais). C’est le moment également où elle a refusé de prendre le biberon. Tout le monde m’avait parlé du danger de la tétine, qu’elle préfère le biberon parce que c’était plus simple, mais personne ne m’avait dit que le contraire était possible aussi. Du coup, subitement, ma bornée de fille a décidé qu’elle préférait le sein. On a essayé toutes les tétines, biberons, on l’a même affamé une fois pendant 10h (et comme ça a été difficile pour moi!), rien à y faire: Mademoiselle voulait maman.

Et elle n’a jamais changé d’avis. S’en est ensuivi une période très difficile pour moi. Je n’avais pas d’échappatoire, il fallait que toutes les 4 heures, je sois avec ma fille pour qu’elle tête. Rajoute à cela le fait que pendant 2 mois après qu’elle fasse ses nuits, je me réveillais toujours à 4 heures du matin avec le tee-shirt trempé et les seins douloureux: j’en avais marre. J’ai même sérieusement envisagé à ses 4 mois d’arrêter complètement. Je me sentais emprisonnée, enchaînée à ma fille. Mon mari ne pouvait rien faire pour m’aider. J’étais fatiguée de toujours regarder ma montre quand je n’étais pas avec elle, pour rentrer avant la tétée. Fatiguée de cette pression de toujours devoir être présente. Mais j’ai tenu bon, pour elle, mais aussi parce que je n’avais pas le choix.

Crédit photo (creative commons): skeeze

Des câlins pour la fin

Avec la diversification, les choses se sont améliorées. J’ai continué à donner le sein, déjà parce que c’était plus simple, mais aussi parce que je sentais que Pépette n’était pas prête à être sevrée. A ses 7 mois, je ne donnais le sein que le matin et le soir.

Et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à apprécier les tétées. Elles sont redevenues un choix. Alors bon, ça voulait dire que c’était forcément moi qui me réveillait le matin avec les poules. Mais ces moments sont devenus des moments câlins. Le fait que ma fille soit plus grande et plus consciente de notre contact a surement aidé à ma nouvelle appréciation: elle me regarde dans les yeux, fait des bisous après la tétée (et avant le rot, voire même… pendant, la classe).

Crédit photo (creative commons) : Omar Medina Films

Nous avons continué comme ça, même après qu’elle ait commencé à prendre de la formule (dans une coupe, les biberons étaient toujours totalement inacceptables) et que ma production se soit sérieusement tarie. Même après qu’elle n’en ait plus besoin, je pense. 2 jours après son premier anniversaire, alors qu’elle ne prenait le sein qu’en guise de bonne nuit le soir, j’ai fini de l’allaiter. Cela faisait clairement un bon mois qu’elle n’en avait plus besoin. Mais au final, moi qui 6 mois plus tôt pestait contre cette obligation, j’ai eu du mal à lâcher prise.

Car arrêter de l’allaiter, c’est possiblement compliquer le coucher (alors qu’en vrai, elle s’éteint comme une lampe dès qu’on la pose dans son lit). C’est ne plus avoir de moments complices et calmes rien qu’à nous deux (alors qu’en vrai, elle fait des gros câlins et des bisous régulièrement). C’est aussi accepter que mon petit bébé devient une petite fille, et ça, je ne peux rien y faire. Je suis toujours nostalgique de ces moments, mais je suis aussi béate devant la façon dont mon bébé grandit sans que je m’en rende compte. Au final, je suis contente et assez fière d’avoir allaité ma fille près d’un an, dont 6 mois en allaitement exclusif. C’est maintenant une page qui se tourne, avec de nouveaux défis !

Et toi, comment s’est passé ton allaitement? C’était plutôt un instant câlin ou une obligation?

Commentaires

9   Commentaires Laisser un commentaire ?

Raphaelle

Ahlala tu me fais trop peur avec cette histoire de refus de biberon! J’ai mis un mois et demi à introduire un biberon à mon fils (j’ai commencé à ses 2 mois) et j’esperais pouvoir me faciliter la vie (et m’eviter l »une de mes periode de stress les pires dans ma vie..) en l’introduisant des les premières semaines de vie pour le/la prochain.e!…

le 05/10/2019 à 09h29 | Répondre

Bibi

Apparemment, ce n’est vraiment pas fréquent qu’un bébé refuse le biberon, alors que l’inverse est courant! Donc sache que ca peut arriver, mais que les chances (risques?) sont maigres.

le 07/10/2019 à 09h51 | Répondre

Vee

C’est trop ça pour la tête de cochon truffier 😀 C’était tellement chou et drôle pour ma fille aussi <3
Sinon nos allaitement sont un peu similaires, sinon que je fais encore plus peur pour le refus du biberon, je pense qu'on peut dire qu'on a tout essayé mais ma fille n'a jamais rien voulu d'autre que le sein avant 11 mois (ni lait ni purées)… Elle s'est mise directement à manger des morceaux ensuite, mais encore maintenant à plus d'un an, impossible de lui faire boire du lait autrement qu'au sein. Elle mange des fromages et des yaourts donc ça va, mais elle réclame encore le sein 2 à 3 fois par jour, elle n'est pas encore prête à être sevrée manifestement… Du coup moi qui voulais allaiter 4 mois à la base, j'attends impatiemment une ouverture pour arrêter !

le 05/10/2019 à 11h48 | Répondre

Bibi

Oh purée 11 mois je pense que je n’aurais pas pu ! Tu as bien du courage… Cela dit, je trouve ca super que tu laisses ta fille décider du sevrage. Comme quoi, on a beau avoir tous les plans du monde, on finit toutes au final par faire selon le bébé qu’on a.

le 07/10/2019 à 09h56 | Répondre

Vee

Ben c’est surtout que je n’avais pas tellement le choix (enfin si, mais ça aurait impliqué de l’affamer jusqu’à ce qu’elle cède, et comme elle tenait déjà jusqu’à 13h (en bonus, en hurlant si j’étais dans les parages), ça nous a paru trop barbare voire risqué pour sa santé !), donc on se découvre des ressources insoupçonnées xD
(Par contre je pense pas que je vais la laisser décider du sevrage jusqu’au bout, je vais vraiment essayer de l’inciter à arrêter avant 2 ans, elle mange autre chose donc y a plus ce côté « affamage » qui nous dérangeait…)
Mais oui, c’est ça : on fait selon le bébé qu’on a…

le 07/10/2019 à 16h22 | Répondre

Croco

Ça me rassure, je ne suis pas la seule à profiter des tétées pour lire (pourtant je n’ai que des enfants qui font des tétées express, pas plus de 10 minutes passé la première semaine). Pour les deux premiers je n’ai pas eu de problème avec le biberon une fois trouvé le bon (mais ils n’ont jamais eu de biberon en ma présence), on croise les doigts pour la dernière ! Je pense qu’on commencera après ses 4 mois, environ une semaine avant le début de l’adaptation à la crèche.

le 05/10/2019 à 20h24 | Répondre

Bibi

J’ai fini des saisons entières et beaucoup de livres pendant mes tétées interminables ! Du coup j’enviais les mamans comme toi, qui passais 10 min et hop! c’était bon.
Je n’avais absolument pas réfléchi aux conséquences d’introduire le biberon tôt, je voulais juste que le papa participe (et après une césarienne, c’était vital qu’il puisse se lever et me laisser me reposer). Je pense que pour le potentiel prochain, on fera comme toi, on introduira plus tard, voire même très tard si possible.

le 07/10/2019 à 10h00 | Répondre

Croco

Dans le genre allaitement trop parfait, j’ai des enfants qui tètent souvent le jour (parfois plusieurs fois dans l’heure) mais qui espace rapidement les tétées la nuit. La dernière dormait déjà 4 heures d’affilée à la maternité et à même pas 2 mois elle ne me réveille qu’une fois entre 22h et 7h (et comme on a un berceau de cododo je me réveille à peine).
Pour l’introduction du biberon pour l’aîné, j’avais très peur qu’il ne veuille plus du sein après et comme j’ai repris le travail lorsqu’il avait 2 mois et demi, j’avais voulu attendre un maximum et je m’en suis mordue les doigts car il nous a fallu presque 3 semaines pour trouver celui qui lui convenait et qu’on m’a mis une pression de fou pendant l’adaptation à la crèche. Maintenant on a tellement de modèles différents à la maison que je me dis qu’il y en aura forcément un qui conviendra, donc pas de stress !

le 07/10/2019 à 20h20 | Répondre

Workingmutti (voir son site)

C’était cette dépendance de bébé à mes seins qui m’a fait choisir le biberon pour mes premiers. Pour ma dernière je prenais un traitement incompatible pour une forme rare de ma maladie), donc pas le choix.

Je savais aussi après mes jumeaux que BB3 aurait un RGO aussi (et je ne me suis pas trompée). J’avais donc peur d’un bébé qui tête toute la journée avec deux grands de 2 ans qui méritaient aussi toute mon attention. D’ailleurs pour mes jumeaux je n’ai même pas eu de montée de lait.

Je sais que ce n’est pas politiquement correct de le dire, mais je n’ai aucun regrets pour les 3 premiers.

Mais c’est super que tu aies tenu bon et que tu aies pu profiter de ces bons moments par la suite !

le 07/10/2019 à 10h14 | Répondre

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