Menu
A la une / Vie de maman

Allaiter une fois, puis une deuxième fois

Je t’ai déjà beaucoup parlé de mon premier allaitement : ici et. Avec ses débuts compliqués, mes interrogations et mon organisation pratico-pratique.

Lorsque j’étais enceinte de Crapouillou je savais que je voulais allaiter. Au moins essayer. Mais en espérant très fort y arriver. Je m’étais dit qu’il faudrait que j’allaite au moins trois mois. Trois mois ont passé et je me suis fixée l’objectif de six mois. En plus en allaitant six mois je rentrais pile poil dans les recommandations de l’OMS. Six mois ont passé, l’allaitement fonctionnait comme sur des roulettes et je n’avais pas envie d’arrêter. Alors j’ai envisagé d’allaiter Crapouillou jusqu’à ce qu’il achève sa première année de vie.

Crédit photo : Sabrina Avrillon. Séance photo allaitement avec P’tit Matelot

Vers ses 7-8 mois, une fois la diversification bien entamée, Crapouillou a commencé à montrer un léger désintérêt pour mon lait. J’ai insisté, pleuré, persévéré car je ne voulais vraiment pas arrêter. La clé de la réussite a été de m’isoler dans une autre pièce pour les tétées : il était décidément trop curieux, et la présence d’une autre personne, même son père, l’empêchait de se concentrer sur la tétée. Heureusement, il n’y avait plus que deux tétées par jour : une le matin et une le soir.

Les deux derniers mois j’ai ressenti des émotions paradoxales. A la fois j’étais contente et fière d’allaiter encore mon bébé, et je tenais à continuer. C’était important pour moi de lui donner le meilleur lait qui soit pour lui, surtout quand j’ai regardé la composition des laits artificiels. Et puis financièrement, c’était loin d’être négligeable. Mais à la fois j’en avais marre d’être «enchaînée » à mon bébé. Je pouvais m’éloigner de lui la journée puisqu’il ne tétait plus. Mais si je devais m’absenter et louper une tétée du matin ou du soir il fallait prévoir de tirer mon lait à l’avance, et tirer mon lait au bon moment pour soulager mes seins et éviter le tarissement.

Le jour de son premier anniversaire, j’ai commencé à élaborer un plan de sevrage étalé sur trois semaines pour que tout se passe en douceur, pour lui comme pour moi. Une semaine après, je commençais le début du sevrage. Et bien il faut croire qu’il était prêt autant que moi à arrêter l’allaitement maternel, puisqu’en trois jours c’était plié !

A partir de six mois d’allaitement j’avais décidé de donner mon lait au lactarium. A cause de ma phobie des aiguilles et du sang je ne donne pas mon sang. Alors je me suis dit que je pouvais au moins donner mon lait. Je tirais une fois par jour pour le lactarium, le soir avant de me coucher. Malgré les contraintes associées (stériliser le matériel, prendre 30 minutes le soir, congeler, s’organiser pendant les déplacements, les vacances, etc.) j’y ai aussi trouvé mon compte, puisque de rajouter une tétée par jour a certainement aidé à conserver ma lactation.

Allaiter P’tit Matelot : une évidence

La question de l’allaitement ne s’est même pas posée lorsque je suis tombée enceinte de P’tit Matelot. Il était évident, pour moi comme pour mon entourage, que je l’allaiterais. Et cette fois, je connaissais mes points faibles !

Je savais donc que mes tétons sont hyper sensibles et de ce fait sujets aux crevasses. J’avais quand même une chance pour que ça se passe mieux que la première fois du fait qu’ils avaient été désensibilisés avec le premier allaitement, et que celui-ci n’était terminé que depuis 8 mois au moment de la naissance.

Mais cette fois, j’avais prévu ce qu’il fallait dans ma valise maternité : de la lanoline, une autre crème à la cire d’abeille, du cellophane, des bouts de sein en silicone.

Crédit photo : photo personnelle

Je savais que mes mamelons ont tendance à être un peu « enfoncés » et qu’ils ne sont pas faciles à attraper pour un tout petit bébé. J’avais donc prévu les bouts de sein en silicone. Je savais aussi qu’il ne faut pas les utiliser à chaque fois, et qu’il faut les enlever au bout de quelques minutes de tétée pour que le bébé ne s’y habitue pas et apprenne à prendre le sein sans le bout de sein.

Cette fois je connaissais les différentes positions pour allaiter, celles qui me plaisaient, celles que je voulais essayer. Je savais mettre mon bébé au sein seule, sans devoir attendre l’aide d’une puéricultrice ou d’une sage-femme.

Cette fois  je savais ce que sont les nuits avec un nourrisson et j’y étais préparée. Je savais la fatigue liée aux nuits hachées, je savais reconnaître les signes de la faim, je savais qu’un bébé ne pleure pas « pour rien ». Nous avons investi dans un lit de cododo : une véritable révélation ! Moi qui n’avais jamais réussi à allaiter Crapouillou allongée, qui me levais au son de ses hurlements et allais m’installer dans un fauteuil, attendais avec douleur et impatience qu’il ait terminé de téter pour le reposer dans son lit, me recouchais fatiguée et parfois énervée et qui mettais souvent jusqu’à une heure pour me rendormir. Cette fois-ci je me réveillais avant que P’tit Matelot ne pleure, au seul son de ses bruits de bouche, je le tirais vers moi, le mettais au sein, m’endormais pendant la tétée, me réveillais quand il avait fini, le remettait dans son berceau sans me lever de mon lit, et me rendormais aussi sec.  Une révélation je te dis !

Cette fois je savais détecter un engorgement dès le début et savais réagir vite pour éviter qu’il ne se transforme en mastite. Ce qui fonctionne bien chez moi : mettre bébé au sein le plus souvent possible, même s’il n’a apparemment pas faim (garder en tête la phrase de ma sage-femme : l’allaitement ça se mène à deux et ça va dans les deux sens), faire sortir le trop-plein de lait grâce à un verre d’eau chaude et une expression manuelle (massage). Je savais aussi que l’engorgement et les douleurs associées ne durent généralement pas plus de 48h s’il est bien traité, et je n’avais alors plus qu’à prendre mon mal en patience au lieu de paniquer.

Et puis surtout, cette fois, je ne me suis pas embarrassée avec des « recommandations »  du style :

  • « le bébé doit téter toutes les trois heures » ;
  • « Il faut le faire téter toutes les deux heures sur les deux seins les trois premiers jours pour stimuler la montée de lait » ;
  • « une tétée doit durer entre 10 min minimum et 45 min maximum » ; etc.

Je ne me suis pas embêtée à noter dans un petit carnet les heures des tétées et leurs durées. P’tit Matelot est un téteur efficace : en dix minutes c’est plié, parfois sept, parfois douze, mais jamais plus ! Par contre il tétait plus souvent, toutes les 2h, 2h30 ou 3h. D’ailleurs, ce n’était jamais hyper réglé, il pouvait parfois s’écouler 2h entre deux tétées et quelques heures plus tard me faire patienter 3h30 ou 4h. Et tu sais quoi ? Je m’en fichais ! J’avais complètement lâché du lest là-dessus.

Enfin, j’ai eu beaucoup moins de remarques et de questions culpabilisantes ou intrusives du genre :

  • Quoi, tu le remets DEJA au sein ?
  • Ah bah dis donc, il pleure à peine que tu lui donne déjà à manger !
  • Tu comptes l’allaiter longtemps ?

J’en passe et des meilleurs… Je suis aussi beaucoup plus armée face à cela et ces remarques ne m’atteignent plus.

J’espère allaiter P’tit Matelot pendant un an, comme pour son frère. Et même si je sais que j’aurais un pincement au cœur au moment d’arrêter, je serais aussi contente de retrouver mon corps, après près de 3 ans et demi de grossesse – allaitement – grossesse – allaitement. Il va d’ailleurs falloir que je l’anticipe aussi, si je ne veux pas me faire surprendre par une paire de seins ridiculement petits et une prise de poids explosive. Tout ça sera sûrement compensé par une moindre fatigue et une influence hormonale plus « classique ». Affaire à suivre !

 

Pour toi aussi ça a été plus facile la deuxième fois ? Ou au contraire, ta première expérience ne t’as pas aidée pour la suite ? Quelles sont les astuces que tu as trouvé pour faciliter ton allaitement ? Ou au contraire, les freins que tu n’as pas pu lever ? Racontes !

A propos de l’auteur

Nous nous sommes mariés en mai 2014 et la famille s'est agrandie pile 1 an après avec l'arrivée de notre premier fils. Crapouillou est devenu grand frère 20 mois plus tard. Madame vélo parce que je me déplace beaucoup à vélo, normal je travaille dans le développement durable (bonjour le cliché !).