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A la une / Témoignage

Dent 1 – Maman 0

J’ai eu une grossesse assez sereine (sauf la fin). Pas de nausées pendant les trois premiers mois (si si, ça arrive), un peu de fatigue, mais rien de très embêtant.

Au début de mon quatrième mois, je reçois un courrier de la sécurité sociale, qui m’indique que je dois faire un contrôle dentaire. J’en ai fait un six mois auparavant, où tout était normal, comme depuis dix ans. Le dentiste m’a même indiqué qu’il n’était pas nécessaire de revenir pour un détartrage tous les ans, étant donné que j’avais très peu de tartre. Mais en bonne primipare que je suis, je suis les conseils de la sécurité sociale, et je prends un rendez-vous pour faire un contrôle.

Dentistes et grossesse

Crédits photo : Linda Tanner

Pour m’éviter des problèmes, je prends un dentiste proche de mon boulot (tu verras que j’ai plus ou moins bien fait !). Il m’examine et me dit : “Eh bien, vous avez deux belles caries !” Je lui précise que je suis enceinte et lui demande si ça peut jouer. Il me déclare que non. Mais bon, vu que je n’ai pas eu de carie en dix ans, et que là, en six mois, j’en ai eu deux, je mets un peu en doute son expertise.

Une des caries n’est pas trop profonde, donc elle sera soignée de manière classique. Par contre, la seconde est plus profonde, il faut donc mettre un onlay (une sorte de prothèse pour combler un trou trop grand dans la dent). L’onlay, c’est très cher et très peu remboursé par les mutuelles, donc ça me fait un peu mal au c…

*Mode conseils ON*
Chère lectrice, tu sauras que les tarifs des onlays, comme ceux des couronnes, ne sont pas du tout fixes. Tu peux donc négocier avec ton dentiste comme avec un marchand de tapis. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait pour avoir un coût pas trop haut (même si ça m’a quand même fait très mal au portefeuille).
*Mode conseils OFF*

Pendant la première séance, il me soigne la première carie, me nettoie la deuxième (en gros, il fait un beau trou dans ma dent), et me met un pansement en attendant de faire l’empreinte dentaire pour commander l’onlay. Jusque là, tout va bien !

Le rendez-vous pour la prise d’empreinte est prévu un peu avant mes vacances d’été (oui oui, tu verras, une fois encore, ça a son importance). Ce jour-là, il m’enlève le pansement, prend l’empreinte et me remet le pansement. Je n’avais pas eu mal jusque là, seulement en sortant, j’ai un peu mal. Mais bon, rien de trop inquiétant.

Sauf que pendant ma semaine de vacances, la douleur ne va pas me quitter, et elle va même empirer ! J’appelle le dentiste, qui m’explique que ça ira sans doute mieux une fois l’onlay posé. Le doliprane devient ainsi mon meilleur copain (de toute façon, c’est le seul truc que je peux prendre).

À mon retour de vacances, le dentiste me pose l’onlay. Normalement, le dentiste et moi ne devrions plus nous revoir. Sauf que le lendemain, ben j’ai toujours mal ! J’appelle le cabinet, mais mon dentiste est parti en vacances, et personne ne peut me prendre en urgence. J’ai mal, et la douleur ne cesse d’empirer (je commence à ne plus pouvoir manger sur la dent tellement elle est sensible).

En mode désespérée, j’appelle le numéro de la dentiste de mon mari (qui est absente, mais qui a une remplaçante). J’arrive à avoir une place en urgence dans la journée (je suis tellement mal que mes collègues me poussent limite vers la sortie). Pendant le rendez-vous, elle tape sur la dent et je fais des bonds à chaque fois. Elle finit par me faire une radio.

Verdict : nécrose du nerf, début d’infection, une semaine d’antibiotiques pour soigner le tout.

Je prends un nouveau rendez-vous chez mon dentiste après ses vacances, pour voir ce qu’il reste à faire. Mais je sais qu’on est partis pour une dévitalisation et une couronne. Ça commence quand même à me stresser un peu parce que, ne l’oublions pas, je suis enceinte !!

La dévitalisation se fait en plusieurs séances. Mais à la fin des divers rendez-vous, j’ai toujours mal, voire même très mal (euh, normalement… ce n’est pas censé être l’inverse ?).

Autour du 15 août, je ressens les mêmes symptômes que lorsque j’ai eu l’infection, et ça s’accentue tout au long de la matinée. Je n’arrive pas à avoir un rendez-vous en urgence chez mon dentiste, ni chez celle de mon mari. En dernier recours, je vais dans un centre d’urgences dentaires à Paris (je bénis le fait d’habiter Paris dans ces cas-là !). Le dentiste touche à peine ma dent et voit tout de suite que je fais une nouvelle (et plus grosse) infection. J’ai de nouveau droit à une semaine d’antibiotiques, additionnés de doliprane codéiné pour la douleur.

Je suis en larmes en sortant. J’en ai marre de prendre des médicaments alors que je suis enceinte. Je culpabilise pour le bébé, et ça me stresse.

Les premiers jours, les antibiotiques ne font pas vraiment effet, et je ne veux pas prendre le doliprane codéiné, même si l’on m’a dit que je pouvais de manière ponctuelle. Après deux nuits atroces à être réveillée par la douleur, je le prends quand même. Franchement, si j’avais su que ça calmerait la douleur aussi rapidement, je n’aurais pas hésité.

Après la semaine d’antibiotiques, je retourne chez le dentiste, car malgré la fin de l’infection, j’ai toujours mal. Ce n’est pas une douleur atroce, mais une douleur lancinante, qui me réveille la nuit. Déjà que pendant la grossesse, on ne dort pas super bien… Là, je pense que je ne passe pas une nuit sans interruption !

Le dentiste conclut que j’ai des nerfs très profonds dans ma dent, qu’il ne peut pas atteindre, et qu’il va falloir que je voie un spécialiste pour finir le travail. Je t’avoue que je commence à ne plus avoir confiance en lui. Je veux un deuxième avis avant d’aller voir un spécialiste (qui, en plus, va me coûter une blinde).

Je prends donc rendez-vous chez la dentiste de mon mari, qui conclut la même chose et me fait en urgence une lettre pour un de ses confrères (parce que bon, j’approche dangereusement de mon troisième trimestre, et après, plus personne ne voudra me soigner).

J’arrive à avoir un rendez-vous dix jours plus tard (assez rapidement, donc). Entre-temps, à cause de mes deux cures d’antibiotiques et des hormones, je développe une mycose, qui ne me quittera pas de toute la fin de ma grossesse. Le spécialiste est très gentil : dès qu’il voit mon ventre, il comprend qu’il y a urgence et arrive à me caler un rendez-vous le plus tôt possible.

Quinze jours plus tard, de bon matin, je pars pour trois heures allongée sur le dos, la bouche grande ouverte. Franchement, ça reste un très mauvais souvenir pour moi. Entre les odeurs, la position et le stress, je ne suis pas bien du tout. Tout le monde est aux petits soins pour moi, mais c’est très dur de ne pas craquer. Heureusement, après cette intervention, ma dent est enfin totalement dévitalisée et je n’ai plus de douleurs. Il reste juste à poser la couronne, mais ça peut attendre la fin de ma grossesse.

Je ne sais pas si ces problèmes de dents ont déclenché ma MAP (menace d’accouchement prématuré) au septième mois, mais je pense que le stress et la douleur ont joué. Ce que je retiens pour la prochaine grossesse, c’est que si j’ai de nouveau des caries, je les ferai soigner de manière classique. J’attendrai la fin de la grossesse pour les gros travaux.

Et pour finir, je peux dire que le dicton “Un enfant, une dent” s’est complètement vérifié pour moi !!

Et toi ? Tu as eu des problèmes dentaires durant ta grossesse ? Comment les as-tu gérés ? Viens nous dire !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Jeune mariée (4 ans) et jeune maman (2 ans) d'un choupinou qui grandit trop vite !!! Je vis à Paris et j'essaye de concilier ma vie perso et ma vie pro du mieux que je peux.