Menu
A la une / Témoignage

« Alors, tu t’y mets quand ? »

Je t’ai déjà raconté mon parcours sur la question : avoir un enfant ou non ? Je vais maintenant aborder un autre sujet : le « baby watch ». Ou quand la pression sociale pour faire un bébé commence à se faire (lourdement) ressentir.

Quand tu te maries ou que tu approches d’un « certain âge » (pour moi, les 30 ans), les gens vont se mettre à te demander sans arrêt quand est-ce que tu comptes faire un bébé. Cette curiosité (plutôt naturelle, surtout quand il s’agit de très proches) peut vite devenir pénible.

C’est comme ça que je me suis retrouvée à devoir me justifier sur le fait que, même mariée, je n’étais toujours pas enceinte, et ce auprès de… presque tout le monde.

Un petit ventre ? Enceinte ?

Crédits photo (creative commons) : Nina Matthews

Je vais t’expliquer pourquoi je ne supporte plus qu’on me pose la question.

1) Parce que c’est extrêmement privé.

Me demander si je compte avoir un bébé bientôt revient à me demander quelque chose qui relève de l’intime, et qui ne regarde que moi et mon mari. Déjà, c’est un projet qui doit impérativement se discuter à deux, et non avec des tiers.

Et pour moi, ça revient presque à me demander : « quand est-ce que vous commencez les rapports sexuels non protégés ? ».

2) Parce que, qui te dit que je veux en avoir ?

Souvent la question est posée sans détour : « Alors, tu t’y mets quand ? ». Cette question me dérange énormément. Elle sous entend en effet que je n’ai pas le choix de ne pas « m’y mettre ».

Il faut que je m’y mette, et il faut en plus que je te dise quand (euh, ce soir ?). Sinon ce n’est pas « normal ».

Or moi, je pense qu’avoir des enfants est un choix qui doit rester libre. Pas une obligation !

3) Parce que, qui te dit que je peux en avoir ?

Poser la question revient à prendre un risque : que la personne en face soit actuellement en train de rencontrer des difficultés pour concevoir, et qu’elle en souffre. Et quand la question est posée trop souvent, cela revient à ouvrir la plaie tout autant de fois.

Tout le monde n’a en effet pas forcément envie de justifier l’absence d’enfants dans sa vie par « je suis stérile » ou « j’ai déjà fait 4 fausses couches ».

Et je pense que tu n’as pas forcément envie d’entendre ça non plus quand tu poses la question, non ?

4) Parce que j’entends cette question bien (bien, bien !) trop souvent.

Tu me poses peut-être cette question pour la première fois, en toute bonne foi. Il y’en a d’autres autour de moi qui me la posent vraiment trop régulièrement. Peut-être d’ailleurs me l’a t-on déjà demandé 2 fois aujourd’hui. Tu ne peux pas savoir, c’est vrai. Mais moi, il y’a des jours où je craque.

Je bois un verre d’eau à un cocktail ? Et hop, on attrape mon mari pour lui demander en douce pour « quand c’est attendu » (c’est du vécu) ! Je mets un soutien-gorge push-up ? On raconte partout que je suis forcément enceinte, vu que j’ai pris de la poitrine (vécu aussi). A la fin, je me sens traquée.

Comment y remédier ?

J’ai lu dans un livre un excellent conseil : lorsque certaines personnes donnent trop d’avis non sollicités à une femme enceinte, il faut que la femme enceinte comprenne que le problème ne vient pas d’elle (même si c’est très agaçant), mais des personnes en face.

Autrement, dit, c’est leur perception à eux de la maternité qui est en cause, pas la façon dont la femme gère sa grossesse ou son enfant.

Je trouve que dans ce cas, c’est exactement la même chose !

Si une personne, dont je ne suis même pas proche, revient me voir tous les mois pour me demander « quand je m’y mets », ou lance des paris sur la date à laquelle je tomberai enceinte (vécu aussi), dans le fond, le problème ne vient pas de moi. Il vient de sa conception à elle de la maternité. Moi, je reste de libre de faire un enfant si je veux, quand je veux. Et de ne pas lui répondre.

Et toi ? Tu es aussi sous pression de la part de ton entourage ? Comment le vis-tu ? Tu te sens traquée ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je m'appelle Julie, executive woman le jour, blogueuse/ instagrammeuse la nuit. Passionnée de littérature et de séries TV, je suis aussi et surtout maman d'une petite fille absolument adorable (#zéroobjectivité), mais aussi de deux bébés qui n'auront pas pu vivre. Tu peux me suivre sur mon blog perso (La Marmotteuse) et mon compte instagram spécialement dédié au deuil périnatal : à nos étoiles