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A la une / Vie de maman

Alors, tu as été sage ?!

Comme tous les parents, il y a un truc que j’aime spécialement. Voir les yeux de mes enfants briller de plaisir, les entendre rire. Les voir et savoir heureux. C’est pour ça que j’adore la période de Noël. Tous les matins, mes enfants trépignent d’impatience pour ouvrir le calendrier de l’avent et c’est, à chaque fois, un « oh ! un chocolat ! » émerveillé qui s’échappe de leurs lèvres. Tous les soirs, en rentrant de la crèche, ce « oh » si précieux, je le retrouve quand j’allume la guirlande lumineuse du sapin. Et je laisse la pièce dans une demi-pénombre pour profiter davantage de la magie. Tous les soirs au repas, mes enfants se délectent de la petite bougie que j’allume. Et tout ça, ce n’est que l’émerveillement quotidien. Le reste (bûches en chocolat en vitrine, illumination de Noël, confection de petits sablés…) c’est du bonus. Vraiment, je trouve cette période de l’avent enchanteresse.

Crédit photo : Alejandra Zapata

Mais c’est sans compter les autres. Ceux qui ont oublié comment des petits enfants vivent cette période ou ceux qui ne savent pas encore. Et qui, à défaut de savoir quoi dire à un petit garçon de 4 ans et une petite fille de 2 ans, leur demande : « Alors, vous avez été sages ? Le Père Noël pourra venir avec les cadeaux ? » J’y ai droit quotidiennement en ce moment et je trouve ça très pénible.

Un enfant sage, késako ?

Commençons par le début. Les enfants qui croient au Père Noël ont, admettons, entre 2 et 6 ans. La définition de sage est, d’après Larousse, qui se comporte avec calme, docilité. Ah, toi aussi ça te fait rire qu’on demande à ton enfant de presque 3 ans s’il est sage ? Mais évidemment ! Jamais de cris, jamais de pleurs, jamais de colère. Que nenni ! Ernestine a compris qu’il fallait faire ce qu’on lui demande. Quand elle sort du bain, elle ne va jamais sauter sur le lit toute nue. Non, elle enfile son pyjama, met ses chaussons et prend un livre en attendant le dîner. Quand c’est l’heure d’aller au lit, elle n’essaye jamais de négocier quelques minutes de plus en criant, c’est toujours « bien sûr papa, bien sûr maman, je sais que je dois aller faire dodo pour ne pas être trop fatiguée demain ». Et Alphonse, à presque 5 ans, est tout aussi sage. Il ne s’énerve jamais contre sa sœur, même quand elle lui casse sa construction. Il ne lui tire jamais les cheveux. Non, non. Il lui dit toujours très gentiment : « Ernestine, ce n’est pas gentil »

Bon, je pense que tu as compris que je pourrais continuer très longtemps comme ça (et mes copines tribulettes aussi !) Aucun enfant de 2 à 6 ans n’est sage. Ponctuellement, bien sûr qu’ils peuvent l’être. (Et heureusement, dans quel état serions-nous sinon ?!) mais ils ne savent pas encore courir le marathon du zéro-bêtise-zéro-colère. Et c’est normal.

Crédit Photo : Bhakti2

Un impact psychologique ?

Je pense donc ne pas me tromper en écrivant que, comme la majorité des parents, je ne demande pas à mes enfants d’être sage mais d’essayer d’être sage. C’est un apprentissage comme un autre. Long et compliqué. Avec des bons et mauvais jours.

Nos enfants vivent l’instant présent. Hier est oublié, demain n’est pas pris en considération. Ils ne font pas de synthèse. Ils ne pèsent pas les bons jours versus les mauvais. Ils ne tiennent aucun compte de leurs humeurs. Je me pose donc la question suivante : quand la mamie du supermarché demande à Ernestine si elle a été sage pour le papa Noël alors que cette dernière vient de faire une grosse colère, quel message reçoit-elle ?

Ma fille n’est pas sotte. Juste après une colère, elle sait qu’elle ne s’est pas bien comportée. Comment peut-elle alors assimiler cette phrase, dite par une inconnue « si tu n’es pas sage, tu n’auras pas de cadeau à Noël » ? Sans oublier, que si, elle aura des cadeaux à Noël. Et même qu’ils sont déjà achetés et emballés. Je n’ai pas la réponse, mais c’est une vraie question que je me pose. Après ces phrases péremptoires, je prends toujours le temps d’expliquer à Alphonse et Ernestine que, quoi qu’ils fassent, ils auront des cadeaux à Noël.

Et le pardon dans tout ça ?

Parce que, outre le fait qu’il est complètement normal que des enfants aient du mal à gérer leur frustration, je n’aime pas le caractère irréversible de cette sentence. Noël est une fête chrétienne. Et une des valeurs fondamentales du christianisme, c’est le pardon. C’est une valeur qui me tient à cœur et que je veux transmettre à mes enfants. Et, quoi de plus naturel, que de pardonner à ses enfants leurs colères enfantines et enthousiasme bruyant ?

Et toi ? Tu as aussi le droit à ces remarques ? Comment réagis-tu ?

A propos de l’auteur

Je suis maman d'un "grand" garçon (6 ans) qui a combattu un cancer à l'aube de ses 4 ans, d'une petite fille (4 ans) et d'un petit garçon (2 ans). Grande lectrice, amatrice de cinéma adorant voyager, j'ai mis beaucoup de choses entre parenthèses pour me consacrer à mes petits monstres !