Menu
A la une / Témoignage

Petite Fleur et ma grossesse

Je suis enceinte et Petite Fleur l’a compris très tôt.

J’étais très étonnée mais surtout embêtée qu’elle l’ait compris aussi tôt. J’en étais à 9 SA quand elle nous a révélé savoir !

Ça m’embêtait vraiment qu’elle le sache aussi tôt, pour plusieurs raisons :

  • J’ai fait plusieurs fausses-couches par le passé et bien qu’elles aient eu lieu très tôt (entre 5 et 7 SA) et que le risque semblait moins important que j’en fasse une maintenant, j’avais tout de même très peur que cela arrive à nouveau. Et dans ce cas, comment expliquer à une enfant de quatre ans qu’il y avait un bébé et qu’il n’était plus là… ?
  • Le fait qu’elle sache si tôt rendait les choses très floues pour elle : je n’avais pas de gros ventre, elle ne voyait aucun préparatif particulier dans la maison, on lui disait que le bébé arriverait dans très très longtemps, quand il ferait assez chaud pour aller dans la piscine du jardin (alors qu’on était mi-décembre). Lui faire comprendre tout ça était assez compliqué
  • Et puis demander à une enfant de quatre ans de garder un aussi gros secret, c’est comme jouer à pile ou face. Il y avait de grandes chances qu’elle révèle ma grossesse à ses copains et à la maîtresse, ce serait ensuite répété et amplifié. Et tant que le risque de fausse-couche n’était pas écarté, ça ne m’enchantait pas vraiment.

Avec l’Homme nous avons donc décidé de ne pas trop lui en parler, d’attendre qu’elle nous pose des questions pour aborder le sujet. Notre fille est une grande angoissée et nous ne voulions pas qu’elle s’inquiète inutilement. Aujourd’hui encore, je ne sais pas si c’était la meilleure chose à faire.

Ce qui est sûr, c’est qu’elle y a beaucoup réfléchi seule. Car un soir après l’avoir couchée, nous l’entendons pleurer à chaudes larmes au fond de son lit. J’y vais et lui demande ce qui ne va pas. Entre deux sanglots, elle me dit « je ne veux pas changer de maison !!»

J’ai tout de suite fait le rapprochement : sa meilleure copine vivait en appartement jusqu’à l’arrivée du petit frère, ce qui a conduit à un déménagement dans une grande maison. Et ma Petite Fleur de quatre ans a très vite fait un rapprochement assez logique : bébé = déménagement.

L’Homme est arrivé assez rapidement comprenant que la situation nécessitait son aide. J’ai pris ma petite fille secouée de sanglots dans les bras et je lui ai expliqué calmement que nous ne changerons pas de maison, que nous avions une maison assez grande pour quatre et que sa chambre serait toujours sa chambre.

Elle s’est calmée pour m’écouter puis s’est remise à pleurer tellement fort qu’elle avait du mal à respirer. J’étais totalement désemparée. Je ne comprenais pas pourquoi elle était si bouleversée. Elle nous a alors dit d’une voix chargée de tristesse et de désespoir « Quand le bébé sera là, vous m’aimerez pluuuuuuus !!!!!! »

On a fait un gros câlin à trois et on lui a expliqué que c’était impossible, qu’on l’aimerait toujours, quoi qu’il se passe. Elle est notre fille, nous l’aimons de tout notre cœur et rien ne changera ça, même l’arrivée d’un bébé. On aimera aussi le bébé mais même avec un nouvel enfant, on l’aimera toujours elle. Même quand elle sera grande comme maman, même quand elle fait des bêtises, on l’aimera de tout notre cœur et pour toujours.

Elle a commencé à se calmer et nous a enfin dit « Moi je veux pas que le bébé fasse du bazar dans ma chambre ! ».  On lui a expliqué que le bébé au début ne ferait que dormir et que quand il sera capable de « faire du bazar », ce sera dans très longtemps, qu’on trouvera une solution d’ici là pour qu’il ne touche pas à ses playmobils et à son circuit.

Après un gros câlin et plein de mots d’amour, elle s’est endormie, apaisée.

Elle avait lâché toutes ses angoisses d’un coup, comme un barrage qui lâche. Heureusement, on a réussi à la rassurer et à lui apporter les réponses dont elle avait besoin.

Crédit photo : timkraaijvanger (creative commons)

Après ça, il n’y a plus jamais eu de moment de désespoir, juste quelques questions posées par ci, par là.

Mais de temps en temps, Petite Fleur me faisait comprendre qu’elle n’était pas enchantée que je sois enceinte :

  • Quand on est sur le canapé, elle me dit que je prends de la place avec mon ventre
  • Quand on joue à cache-cache, elle me dit qu’elle m’a trouvé parce qu’elle a vu mon gros ventre (alors que je n’en suis qu’à 2 mois et demi)
  • Certains de mes « privilèges » sont maintenant attribués à son papa, comme aller chercher son yaourt dans le frigo

Et pourtant, il y a longtemps, avant que je sois enceinte, quand on lui posait la question, elle disait qu’elle voulait absolument une sœur, qui s’appellerait Anna comme dans la Reine des Neiges… Mais entre une hypothèse et une réalité, sa perception des choses et ses réactions sont forcément différentes.

Et puis, le temps faisant son effet, elle a de mieux en mieux accepté la situation et l’éventualité de devenir un jour grande sœur.

Maintenant, à trois mois et demi de grossesse, quand on en parle, elle nous dit qu’elle voudra s’occuper du bébé, lui donner le biberon et lui faire des câlins.

Ma petite fille de quatre ans voit son monde chamboulé et ça la perturbe. C’est tout à fait normal. Elle exprimera sans doute encore des inquiétudes d’ici la fin de la grossesse et j’espère que l’on pourra y répondre de la façon la plus rassurante possible. Mais la voir évoluer et s’imaginer de plus en plus comme une grande sœur me remplit de fierté et d’amour.

Et toi ? Comment as-tu abordé ta grossesse avec ton (tes) aîné(s) ? Est-il plus heureux ou inquiet de devenir grand frère/sœur ? Raconte !

A propos de l’auteur

Je suis une passionnée d'histoire, de dessins animés et de pâtisserie. Après avoir quitté la région parisienne, je vis dans une maison en province avec mon mari, nos deux chats et Petite Fleur. C'est une petite fille gentille et malicieuse qui illumine chacune de nos journées.