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A la une / Témoignage

Annoncer la PMA vs annoncer l’adoption

Avant d’être en PMA, j’avais réfléchi à la manière la plus jolie possible d’annoncer la venue d’un bébé. J’aurais offert un livre de tricots pour bébé à belle-maman (qui est une pro en la matière) avec un petit mot du style « les modèles F et M nous plaisent énormément : serait-il possible de les réaliser rapidement ? » J’aurais acheté des graines de roses et de choux pour ma maman fan de jardinage en lui disant que c’était pour qu’elle vérifie si la légende était vraie sachant que M. Chéridamour et moi avions testé la méthode traditionnelle.

Annoncer la PMA

Ces rêveries en sont restées à ce stade. Très vite, bien plus vite que nous aurions aimé, nous avons dû informer les gens autour de nous que bébé ne viendrait pas facilement. Je ne sais pas comment cela se passe pour d’autres mais je peux te dire que pour nous ça a toujours été très difficile. Nous avons fait le choix de n’en parler qu’aux personnes vraiment proches.

Le premier à être au courant a été le presque frère de M. Chéridamour. Il a lancé un jour en plaisantant qu’il était temps qu’on se décide à faire un bébé. Me voyant me décomposer (nous savions depuis 1 mois seulement que ça allait être difficile) il a aussitôt compris et s’est excusé. Suite à ça, lui et sa femme ont été nos meilleurs soutiens et ont suivi tout le processus. Ils sont les seuls avec qui nous avons fêté ma grossesse naissante avant de découvrir ma GEU.

Ça a ensuite été au tour de mes parents de savoir. Je n’avais pas vraiment l’intention de les avertir (j’avais l’espoir que le premier essai serait le bon) mais quand ma maman délirante de joie m’a annoncé au téléphone qu’elle allait être mamie pour la première fois je me suis effondrée. Je voulais être maman, pas tatie (même si je suis aujourd’hui une tatie comblée et que j’adore mes neveu et nièces !) Pas vraiment idéal mais je crois que ce genre de nouvelle n’a pas de moment « idéal » pour être dite. De même mes beaux-frères ont été mis prévenus par mon homme un jour de Noël où ils m’ont vue mal en point (nous avions eu le négatif d’une IAC jours plus tôt).

Nous l’avons progressivement dit autour de nous. J’ai longtemps hésité car je ne voulais pas me sentir dans la peau de celle-qui-n’arrive-pas-à-avoir-un-enfant. Je n’avais pas forcément envie que le sujet vienne systématiquement sur le tapis quand nous verrions les gens (nous avons eu de la chance car nos amis ont toujours fait preuve de beaucoup de tact). Il y en a qui nous sont proches et à qui nous ne nous sommes jamais confiés sans que je puisse donner une raison surtout que je savais qu’ils étaient avisés par le bouche à oreille (mon frère par exemple).

Une personne avec qui nous n’avons jamais évoqué tout cela est Schtroumpfette. Elle avait à peine 5 ans quand nous avons commencé nos essais. Je trouvais que c’était avant tout un sujet de couple. De plus il faut que tu saches que Schtroumpfette est une petite fille qui fait preuve d’énormément d’empathie. Elle s’inquiète beaucoup pour les autres et va se sentir vraiment malheureuse s’ils ne sont pas bien. Je refusais absolument qu’elle ait à porter notre tristesse car justement c’est la nôtre et elle ne devait pas devenir la sienne.

Annoncer l’adoption

Dès que nous avons décidé d’adopter mon état d’esprit a beaucoup changé. J’avais très envie de partager ça avec les gens autour de nous. Et contrairement à la PMA, je trouvais important d’impliquer les personnes qui nous sont proches pour les préparer à notre projet. Ils auraient leur rôle à jouer et leur faire comprendre à quoi s’attendre concernant l’enfant qui allait arriver était important à mes yeux. Un bébé les gens connaissent et savent ce qu’il en est, un enfant adopté c’est plus flou.

J’étais tellement heureuse que je voulais l’annoncer au monde entier le plus vite possible ! Un peu comme une future maman qui rêve de dire qu’elle est enceinte finalement… Après la première réunion d’information et notre période de doute, mon état d’esprit était plus apaisé et j’ai compris qu’il faudrait prendre le temps pour exprimer correctement notre désir. Surtout ne pas brûler les étapes, réfléchir à la manière dont on allait expliquer la procédure, ce qui nous attendait, nos espoirs, les difficultés et les chances d’y arriver, le rôle de chacun également.

Crédits photo (Creative Commons) : Olichel

Ce qui m’a fait chaud au cœur c’est que mon homme était dans le même état d’esprit à vouloir communiquer la nouvelle. C’est d’ailleurs lui qui a ouvert la voie en le révélant à son presque frère (oui, toujours lui) 3 mois après avoir pris notre décision.

Puis ça a été au tour de Schtroumpfette. Elle avait maintenant 11 ans, était en âge de savoir et nous voulions qu’elle vive cette aventure avec nous. Je n’étais pas là quand M. Chéridamour a pris la décision de lui en parler mais je suis rentrée juste au moment où il venait de le faire. Si j’étais inquiète de sa réaction j’ai été bien rassurée ! Elle était au bord des larmes tant elle était émue et a absolument voulu qu’on fasse un gros câlin tous les trois. Elle nous a avoué avoir deviné que nous essayions sans succès d’avoir un bébé (hum… pas folle la guêpe elle était avec moi lors de l’essayage de ma robe de mariée et m’avait entendu poser une question que je pensais suffisamment sibylline à la vendeuse). Elle était ravie qu’on décide de passer par l’adoption et est heureuse d’avoir bientôt un petit frère ou une petite sœur avec une très nette préférence pour cette seconde hypothèse ! Nous lui avons bien expliqué que ça allait être difficile et que ça n’aboutirait peut-être pas, que cela bien entendu ne changeait pas notre amour pour elle et que si elle avait la moindre question ou inquiétude il ne faudrait pas qu’elle hésite à nous en parler.

Ma meilleure amie a été très vite mise dans la confidence. J’ai beaucoup discuté avec elle du sujet et ça m’a fait énormément de bien de pouvoir verbaliser tout ça avec quelqu’un d’autre que mon homme. Elle a accueilli notre choix avec joie et est à nos côtés pour nous soutenir.

L’annonce à ma belle-famille s’est faite à Noël même si je n’étais pas chaude pour attirer les projecteurs sur nous en cette période. Nous étions tous réunis (beaux-parents, beaux-frères et belle-soeur) ce qui est assez rare et l’occasion ne se représenterait pas avant peut-être plusieurs longs mois (et comme cela faisait déjà 6 mois qu’on attendait pour le dire on n’allait pas encore reculer l’échéance !) Finalement ça a été un très joli moment, ma belle-soeur était particulièrement enthousiaste. Mes beaux-parents sont assez au fait de l’adoption car un neveu à eux avait tenté sans succès d’adopter il y a quelques années, ça facilite les choses.

Je voulais aussi l’apprendre à mes parents dans la foulée mais il n’y a pas eu de moment « calme » durant les fêtes et l’annonce a été repoussée. S’il faut être honnête, je craignais leur réaction : « quelle idée de vous embêter avec ça ! », « pourquoi adopter un enfant étranger ? », « tu es sûre d’avoir vraiment tout essayé pour avoir un bébé ? ». Quelques semaines plus tard le sujet est venu naturellement dans la conversation un dimanche où on mangeait chez eux. Ma maman était surprise mais dans le bon sens, elle était curieuse et contente pour nous. Pour mon papa… c’est une autre histoire. En en reparlant avec M. Chéridamour après coup il a eu le même ressenti que moi : il n’a pas bien pris la chose. Il n’a pas dit un mot et a systématiquement changé de sujet. Peut-être fallait-il qu’il s’habitue à l’idée, peut-être que ça le gênait qu’on adopte un enfant qui serait d’une autre couleur, peut-être qu’il imaginait autre chose pour nous… Seul la suite nous dira la manière dont ça va évoluer.

Les amis et le reste de la famille l’ont su quand on en sentait l’envie. L’avantage de l’adoption c’est que le processus étant lent nous avions le temps et n’étions pas pressés. Les choses se sont faites petit à petit. Notre espoir est maintenant d’avoir la joie dans quelques mois d’annoncer la plus belle des nouvelles.

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Et toi, es-tu passée par la PMA et en as-tu parlé autour de toi ? Comment as-tu annoncé la venue de ton enfant ? Appréhendais-tu cette étape ?

A propos de l’auteur

Coucou ! Moi c'est Mme Espoir. J'ai 37 ans, mon mari et moi sommes ensemble depuis 9 ans et je suis l'heureuse belle-maman d'une Schtroumpfette de 12 ans. Après des années de galère en PMA, mon mari et moi avons décidé de nous lancer dans l'adoption. La route est encore longue avant de devenir maman !