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A la une / Récit de grossesse

Quand j’ai appris que mon bébé était en siège…

Jeudi 19 mars 2015, rendez-vous pour l’échographie du troisième trimestre.

Après la première et la deuxième échographies, qui étaient attendues avec beaucoup d’impatience (première fois qu’on voyait le bébé, première fois qu’on voyait son visage, découverte de son sexe, etc.), nous nous rendons à la troisième échographie comme à un examen de routine – mais avec beaucoup de joie, parce que quand même, on va voir notre bébé une dernière fois avant de le voir en vrai !

Un simple examen de routine, pour vérifier que tout va bien. J’avais juste oublié (consciemment ?) un petit détail, et pas des moindres : c’est à ce moment-là que l’échographiste vérifie que le bébé se présente bien la tête en bas.

Je redescends bien vite sur terre lorsque, la sonde à peine posée sur mon ventre, il prononce cette phrase : « C’est un siège. » Elle va me hanter pendant deux semaines.

Pieds de bébé dans le ventre

Crédits photo (creative commons) : David Blackwell.

Pour bien faire comprendre mon état d’esprit, je dois faire un petit aparté : non seulement j’ai peur du sang, mais en plus, j’ai peur des aiguilles. Enfin, pas vraiment des aiguilles à proprement parler, mais de tout ce qui entre dans le corps humain de façon artificielle (autrement que par un orifice naturel, en gros). Que quelque chose perce ma peau pour s’introduire à l’intérieur de mon corps, c’est une vision terrible pour moi.

Donc je veux absolument accoucher le plus naturellement possible… c’est-à-dire sans péridurale. Pour tout te dire, j’ai plus peur de la pose du cathéter et des éventuelles perfusions qui vont avec que de la douleur des contractions (bon, ok, on en reparle après l’accouchement !).

Bref, quand le médecin me dit : « C’est un siège. », j’entends : « césarienne », « perfusion » et « Adieu mon rêve d’accouchement sans péridurale ! »

Il me rassure tout de même en me disant que mon bébé a encore le temps de se retourner : nous n’en sommes qu’à 32 semaines d’aménorrhée. Il m’explique que je peux faire de l’acupuncture pour l’aider à se retourner, qu’on refera une échographie avant mon prochain rendez-vous mensuel, et qu’au pire, une sage-femme pourra me proposer une version par manœuvre externe (VME). Il comprend mon état et se montre confiant.

En sortant de l’échographie, je me retiens de pleurer, pour ne pas affoler mon mari. Il doit déjà supporter toutes mes humeurs de femme enceinte, j’essaye de ne pas aggraver mon cas ! Mais comme je reste silencieuse, il finit par me demander de lui parler, de lui dire ce que j’ai sur le cœur (oui, j’ai un mari en or !). En discutant avec lui, je prends conscience que j’ai peur, bien sûr, mais qu’au fond de moi, je ressens instinctivement que mon bébé se retournera et que je pourrai accoucher « normalement ».

D’ordinaire, je me fie peu à mes intuitions. Ça doit être dû à un manque de confiance en moi. Mais là, je me dis qu’il faut que j’y croie, que c’est ma seule chance, et que ce n’est qu’en faisant confiance à mon instinct que le bébé pourra effectivement se retourner.

Je me dis aussi que l’acupuncture, c’est comme l’homéopathie : son efficacité n’a jamais été prouvée par la science, mais oui, ça fonctionne ! Si ça n’a qu’un effet placebo, ce qui compte, c’est d’y croire pour que ça marche. Et de croire que ça marche.

Par chance, la sage-femme libérale qui me suit depuis le début de ma grossesse fait de l’acupuncture. Elle m’explique comment ça fonctionne, me rassure et me dit une phrase à laquelle je m’accrocherai jusqu’au bout : « S’il peut se retourner, c’est-à-dire si rien ne l’en empêche (comme un cordon trop court, par exemple), avec l’acupuncture, il se retournera. » Nous posons trois rendez-vous avant l’échographie de contrôle, prévue deux semaines plus tard.

En attendant, je parle à mon bébé. Je lui explique que lui sera mieux avec la tête en bas, qu’il aura plus de place. Que moi-même, je me sentirai mieux, car je n’aurai plus sa tête qui appuie sur mon foie et mon diaphragme. Que l’accouchement se déroulera mieux pour nous deux s’il se présente comme il faut, et que si je n’ai pas de césarienne, je pourrai l’accueillir contre moi dès les premières secondes, recueillir son premier regard, etc.

Avant la première séance, je dors très mal et passe six jours très angoissée, à bout de nerfs.

Alors, je t’entends d’ici : « Attends, je ne comprends pas, tu as dit plus haut que tu avais peur des aiguilles ! Il me semble que l’acupuncture consiste justement à mettre des aiguilles dans la peau ! »

Oui, en effet ! Il y a deux semaines de ça, tu m’aurais parlé d’acupuncture, j’aurais bien rigolé et affirmé que ce n’était pas pour moi ! J’ai beau être pour les médecines douces, je n’avais jamais envisagé l’acupuncture !

Mais à situation désespérée, solution désespérée ! Je préfère mille fois avoir deux aiguilles indolores dans le petit doigt de pied pendant trente minutes qu’une césarienne avec une péridurale ou une rachianesthésie, et tout plein de médicaments introduits d’autorité par perfusion. J’ai peur, mais je ne suis pas folle !!

Je tiens quand même à préciser que bébé en siège ne veut pas systématiquement dire accouchement par césarienne. On fait d’abord un scanner pour vérifier la taille du bassin, et s’il est suffisamment large, l’accouchement par voie basse est tout à fait possible.

Par contre, il sera plus douloureux, et la péridurale est vivement conseillée. D’autant plus qu’il faudra peut-être intervenir instrumentalement – parce que oui, le risque de déchirure/épisiotomie, de césarienne d’urgence ou autres est beaucoup plus élevé !

Seconde précision : si je veux éviter à tout prix la césarienne, c’est certes parce que je souhaite un accouchement naturel et que j’ai peur de toute intervention médicale et chirurgicale, mais aussi pour une autre raison : c’est mon premier bébé, et j’aimerais que cet enfant ait au moins un ou deux petits frères et sœurs.

Or, même s’il n’est pas impossible d’accoucher par voie basse après une césarienne, le risque d’en avoir une seconde est important. Et je serais vraiment très triste de ne jamais vivre un accouchement par voie basse.

La prochaine fois, je te raconte comment s’est déroulée ma séance d’acupuncture et si elle a eu l’effet escompté !

Et toi, as-tu aussi découvert que ton bébé était mal positionné ? Comment as-tu réagi ? As-tu tenté quelque chose pour qu’il se retourne ? Viens en parler avec nous…

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Nous nous sommes mariés en mai 2014 et la famille s'est agrandie pile 1 an après avec l'arrivée de notre premier fils. Crapouillou est devenu grand frère 20 mois plus tard. Madame vélo parce que je me déplace beaucoup à vélo, normal je travaille dans le développement durable (bonjour le cliché !).