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A la une / Vie de maman

Astuces pour se faire obéir – ou comment arriver à nos fins grâce à l’imagination

Toi qui me lis aujourd’hui, tu es peut-être déjà maman. Peut-être même que tu es maman (ou papa ! si un lecteur passe par là, qu’il se manifeste !) d’un enfant de 18 mois et plus. Si c’est le cas, tu n’es pas sans savoir qu’à partir de cet âge-là (environ hein, dès fois ça peut commencer un peu avant… rarement après je crois !), l’enfant affirme son caractère, montre qu’il n’est jamais pas toujours d’accord avec toi, et tu commences à comprendre que ce n’est pas toujours facile de se faire obéir.

Pour arriver à tes fins, et tout en évitant les grosses crises (tu sais, celles du fameux « terrible two ») tu as appris à développer de vraies tactiques de commandos. Sans blague, des fois on pourrait se faire attribuer la palme d’or de l’idée la plus imaginative, la plus originale, ou le trophée de la femme (ou de l’homme) la plus patiente ou la plus conciliante.

Bref, tout ça pour dire que parfois, j’ai dû sortir des trucs de mon imagination qui m’ont bluffé. Et qui ont fonctionné. Moi qui étais réputée pour n’avoir aucune imagination, je peux en être fière ! Du coup, j’ai voulu partager avec toi quelques astuces qui ont fonctionné chez nous.

Crédit photo : creative communs TeroVesalainen

Capitaine Dent

Quand il était bébé, Crapouillou était fasciné de nous voir nous brosser les dents. C’était un des seuls trucs qui marchait pour le calmer, et on utilisait cette astuce pour pouvoir le changer tranquillement sans risquer la chute de la table à langer. Mais quand on a voulu commencer à lui brosser les dents, il a catégoriquement refusé. Impossible de lui faire admettre que c’était important, impossible de lui faire ouvrir la bouche. Et un jour, sans que je m’y attende, j’ai pris la brosse à dent et je lui ai raconté l’histoire de Capitaine Dent, qui avait pour mission de nettoyer les dents de tous les petits enfants. Avec moult gestes et chansons, il est complètement rentré dans l’univers que je lui racontais, et a ouvert la bouche pour que je lui brosse les dents. Depuis ce jour, il n’y a plus eu de crises à ce sujet !

Récemment, P’tit Matelot a commencé à refuser de se brosser les dents (pour une sombre histoire de couleur de sa brosse à dent). J’ai ressortit l’histoire de Capitaine Dent, qui l’a complètement captivé. Maintenant c’est lui qui nous réclame de se brosser les dents pour appeler Capitaine Dent !

La Petite Souris

Non, je ne vais pas te parler de la Petite Souris qui donne une pièce à la place d’une dent de lait. Mes enfants sont encore trop petits.

En revanche, on avait un souci à la maison, et qui traînait depuis de longs mois. Crapouillou ne rangeait pas ses chaussures. Il les laissait trainer dans l’entrée, et c’était toujours à moi de les ramasser. J’avais tout essayé : lui demander gentiment, me fâcher, lui expliquer, lui faire trouver la solution par lui-même, etc. Bref, autant de techniques issues de la communication bienveillante que de la communication « parent énervé qui ne se maîtrise plus ». Et très récemment, j’ai eu une autre idée, comme ça, paf ! Sans aucune certitude que cela fonctionne, je lui ai dit « tu sais Crapouillou, c’est important de ranger tes chaussures, sinon la petite souris sera super contente de te les attraper. Elle les emmènera dans sa cachette et elle les grignotera ! ». Oui, bon, je sais, ce n’est pas bien de mentir aux enfants. Toujours est-il qu’il a carrément accroché à mon histoire et depuis il range ses chaussures tous les jours. Il range même celles de son frère !

Conduire une voiture

Celle-là a fonctionné avec Crapouillou qui a trois ans et demi, mais pas sur P’tit Matelot qui est plus jeune et s’en moque royalement !

Les deux zozos font bien la paire quand ils se mettent ensemble pour faire des bêtises. Et leur terrain favori c’est le moment du repas. Une des dernières en date (en plus de taper sur l’assiette avec la cuillère, de faire des bulles avec l’eau dans le verre, de crier très fort, de jouer avec le couteau, et j’en passe – au passage si tu as des astuces pour que les repas soient plus calmes je suis preneuse !), donc je disais, une de leur dernière invention est de se mettre les doigts au coin des yeux, le reste de la main qui pince les joues, et de tirer très fort. Ils font une grimace quoi, rien d’extraordinaire me diras-tu. Sauf qu’ils tirent vraiment fort, et non seulement c’est moche, mais en plus on trouve ça dangereux pour leurs yeux. Alors la dernière fois on leur a dit que s’ils continuaient comme ça, ils deviendraient aveugles et ne pourraient jamais conduire une voiture. L’argument a fait mouche chez Crapouillou, qui a arrêté immédiatement et n’a jamais recommencé. Et quand P’tit Matelot a refait la grimace le lendemain, c’est son grand frère qui lui a dit d’arrêter et qui lui a expliqué pourquoi !

Crédit photo : creative communs AdinaVoicu

Faire peur au monstre

L’année dernière, Crapouillou a commencé à nous parler des monstres. Sans qu’il ne montre une réelle peur à leur égard, je sentais que sous ses airs de malice il avait besoin d’être rassuré quand même. Un jour qu’il voulait aller sur le pot il est revenu me voir pour me dire qu’il y avait un monstre dans les toilettes. Plutôt que de le rassurer et lui dire que « mais non, t’inquiètes pas, il n’y a pas de monstre, ça n’existe pas », je suis carrément rentrée dans son jeu. Je suis allée avec lui devant la porte des toilettes et je lui ai dit :

« – Quand il y a un monstre quelque part, il faut lui faire peur pour qu’il parte. Alors tu peux faire comme ça, regarde-moi bien. »
Et j’ai tapé des pieds et des mains en criant très fort. Puis on a recommencé ensemble. Ensuite j’ai demandé :
« – Monstre, es-tu là ? » et me tournant vers Crapouillou « ah, il ne répond pas, il est parti ! ».
Et Crapouillou a pu aller faire pipi sereinement.

Pendant presque un an, il disait de temps en temps qu’il y avait un monstre dans les toilettes. Au début il me demandait de venir avec lui pour le faire partir, et puis en grandissant je lui répondais de loin qu’il pouvait le faire partir tout seul.

La formule magique qui recolle les morceaux

Il y a plusieurs mois déjà, on avait emprunté à la médiathèque un livre, dont je ne me souviens ni du titre ni de l’auteur (ça t’avance bien hein ce que je te raconte !). Mais bref, c’était l’histoire d’un petit lapin qui s’apprêtait à manger une saucisse. Il était trop content car il aime beaucoup les saucisses. Mais sa maman a eu la terrible idée de couper sa saucisse, et le petit lapin ne veut plus la manger. Sa maman lui propose plusieurs solutions, qu’il refuse toutes. Elle finit par lui donner une nouvelle saucisse, entière. Et à la dernière page, le petit lapin qui ne pleure plus, demande avec un grand sourire « maman, tu peux me couper ma saucisse ? ». Ce genre de scène te dit quelque chose ? A moi aussi !

Sauf que moi je refusais de donner un nouveau morceau à Crapouillou, j’ai horreur du gaspillage. Alors pour désamorcer la crise, je lui ai dit qu’il pouvait mettre deux morceaux dans sa bouche, et que j’allais prononcer une formule magique, qui allait recoller les morceaux dans son ventre. Il a beaucoup rigolé à l’idée que les morceaux se recollent dans son ventre, et a accepté de manger. Cette formule magique a sauvé quelques repas et on la réutilise de temps en temps.

….

Voilà quelques-unes de nos anecdotes où notre imagination et notre âme d’enfant ont débloqué des situations. Alors attention toutefois, quand tu te lances dans des histoires de ce type : surtout, réfléchis au potentiel de répétition. Car parfois ça peut créer des rituels auxquels tu n’as pas du tout envie d’adhérer, et tu peux te retrouver à refaire jour après jour les même gestes ou les mêmes histoires alors que ça te barbe au plus haut point ! Ça s’appelle être victime de son succès !

Et toi, tu as des astuces à partager ? Des choses qui ont fonctionné, ou au contraire des gros loupés ? 

A propos de l’auteur

Nous nous sommes mariés en mai 2014 et la famille s'est agrandie pile 1 an après avec l'arrivée de notre premier fils. Crapouillou est devenu grand frère 20 mois plus tard. Madame vélo parce que je me déplace beaucoup à vélo, normal je travaille dans le développement durable (bonjour le cliché !).