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A la une / Récit de grossesse

Ça change quoi d’attendre des jumeaux ? L’aspect médical

Au stade où j’écris cet article, évidemment, je ne peux pas te parler concrètement de ce que c’est que d’accoucher de jumeaux ou de s’en occuper. N’ayant jamais attendu de « singleton » (c’est le nom qu’on donne aux bébés non jumeaux), il m’est également difficile de faire une comparaison avec ce type de grossesse.

Mais je peux te dire ce que je sais déjà, en commençant aujourd’hui par l’aspect médical des choses. Ça me semble important, car certaines femmes me disent : « Oh, j’adorerais avoir des jumeaux ! »

Oui, je comprends : deux d’un coup, au moins, c’est fait. Et puis, les jumeaux, c’est tellement mignon, ils ne seront jamais seuls, etc. Mais il faut aussi prendre conscience de tout ce que ça implique.

C’est une grossesse « à risque »

Une grossesse gémellaire, c’est une grossesse considérée comme « à risque » (de prématurité, de développement plus lent d’un fœtus…), et les risques peuvent être encore plus graves pour certains vrais jumeaux dits « mono-choriaux mono-amniotiques », c’est-à-dire partageant placenta et poche, puisque l’un peut prendre toute la place et toutes les ressources (je simplifie).

C’est pour ça que tous les médecins que tu croises te demandent si c’est une grossesse « bi-bi, mono-mono ou bi-mono ». Ils ne parlent pas du tout une autre langue, ils veulent simplement savoir si c’est chacun chez soi avec son propre appart et sa propre bouffe, ou s’il n’y a qu’une chambre et un paquet de pépitos pour deux. J’ai l’air de plaisanter, mais les grossesses « mono-mono » sont vraiment risquées et étroitement surveillées (une écho tous les quinze jours). Mais moi, j’ai de la chance, ils sont « bi-bi ». Je suis donc « à risque, mais pas trop ».

Il n’empêche que du coup, je suis suivie par un obstétricien, et non par une sage-femme, et que j’ai une écho par mois au lieu de trois en tout (je suis plutôt contente de pouvoir vérifier que tout va bien très régulièrement, mais bon, s’il n’y avait aucun risque, on n’irait pas vérifier aussi souvent, donc c’est à la fois rassurant et flippant…).

Je ne te détaille pas tous les risques encourus par les enfants et par la mère, car je t’avoue que je n’ai pas cherché à creuser plus que ça : je n’ai pas besoin de m’angoisser pour des choses qui n’arriveront peut-être pas.

Mesure de la pression artérielle

Crédits photo (creative commons) : marcelohpsoares

Physiquement, ça va être plus difficile

Je ne peux pas encore en avoir une vue globale, car ce n’est que le début, mais je sais déjà que mon congé maternité commencera douze semaines avant l’accouchement au lieu de six, soit dès la fin de mon sixième mois. Et crois-moi, ce n’est sûrement pas un calcul purement mathématique (deux enfants = deux fois plus de congé maternité), c’est juste que physiquement, on ne peut pas tenir beaucoup plus longtemps.

D’ailleurs, vu mon état actuel, je m’inquiète un peu pour la suite : je sens déjà que ça tire dans tous les sens (je pense que ces jours-ci, ils poussent un peu les murs), j’ai mal au ventre quasi tous les jours depuis le début de la grossesse, et je me coince le bas du dos à intervalles très réguliers depuis déjà plusieurs semaines (et, hum, au moment où j’écris ces lignes, je finis tout juste mon troisième mois…). J’ai aussi 40 ans et ce n’est sans doute pas totalement étranger à tout ça : je suis quand même moins résistante, souple et en forme qu’à 30 ans.

Il semble qu’à environ 6 mois de grossesse, j’aurai atteint une taille de ventre comparable à celle d’une femme sur le point d’accoucher… Sauf qu’à moi, il me restera trois mois…

L’accouchement avec les petits oiseaux, j’oublie

J’ai choisi volontairement une maternité de niveau III spécialisée dans les grossesses multiples, car je voulais le maximum de sécurité pour mes bébés, au cas où ils naîtraient prématurément. Cette maternité possède des salles d’accouchement classiques et une salle « nature ».

Dans cette dernière, on trouve un lit, une baignoire, une lumière tamisée et une corde ou une écharpe pour se suspendre pendant les contractions (ça fait du bien, paraît-il). J’ai lu également qu’on pouvait faire un « projet de naissance » : un texte rédigé par les futurs parents qui indique ce qu’ils souhaitent pour la naissance de leur enfant (par exemple, pas d’épisiotomie, un peau-à-peau d’au moins une heure avant tout soin, la présence du papa pendant ceux-ci, etc.). Le couple soumet ce projet et l’équipe le respecte, dans la mesure où il est compatible avec l’état du bébé et de la maman. Tout ça, c’est ce que j’appelle « l’accouchement avec les petits oiseaux », parce que ça a un côté naturel (qui n’aurait pas été pour me déplaire).

Ce n’est que lorsqu’une amie inscrite à la même maternité que moi m’a parlé des documents qu’elle avait reçus que j’ai compris : à elle, on demandait de réfléchir à son projet de naissance, on présentait la salle nature… et à moi, on n’avait strictement rien proposé du tout.

Du coup, j’ai posé la question lors de mon premier rendez-vous de grossesse, et le médecin m’a expliqué. Pour moi, exit l’accouchement « nature » avec juste une sage-femme, plus un médecin en back up au cas où. Ce sera salle médicale classique, avec sage-femme, médecins (combien, je l’ignore, mais elle avait l’air d’en parler au pluriel), anesthésiste, plus une infirmière et une auxiliaire de puériculture PAR ENFANT. Autant te dire que tout l’hôpital va me regarder accoucher…

La prochaine fois, je te parlerai de ce qu’attendre des jumeaux change socialement et psychologiquement, par rapport à ce que j’imagine être une grossesse normale.

Et toi, savais-tu ce que ça impliquait vraiment d’avoir des jumeaux ? En as-tu toujours rêvé, ou au contraire, est-ce que ça t’effraie ? As-tu toi-même accouché de jumeaux ? Vois-tu d’autres aspects que j’aurais oubliés ? Viens en parler !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée, 40 ans, parisienne et future maman... de jumeaux ! Quand ils seront là en janvier 2016, on tâchera de résoudre l'équation petit appart et seulement deux bras par adulte avec deux enfants, leurs rythmes et leurs besoins + tout ce que ça implique comme nombre de couches, de biberons, de meubles, de poussettes etc. Mais avec un peu d'ingéniosité et de débrouillardise (et autant d'humour et de recul que nos nuits sans sommeil nous le permettront) on va s'en sortir, j'en suis sûre !