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A la une / Récit de grossesse

Ça change quoi d’attendre des jumeaux ? L’aspect psychologique et social

La dernière fois, on a vu ce que ça changeait médicalement et physiquement d’attendre des jumeaux. Place maintenant à l’aspect plus psychologique et social des choses.

J’aurai deux enfants

Comment expliquer ça sans que ça paraisse idiot et évident ?

Disons qu’une femme enceinte d’un seul enfant ne sait pas combien elle en aura au final. Si elle a eu du mal à avoir celui qu’elle porte, elle peut se demander si ça fonctionnera une deuxième fois. Pareillement si elle est déjà un peu « âgée » pour cette première grossesse. Moi, je sais parfaitement que j’aurai deux enfants au cours de ma vie.

J’aurais accepté mon sort avec joie (un enfant, c’est évidemment un milliard de fois mieux que pas du tout), mais ça m’aurait un peu ennuyée d’avoir un enfant unique. Surtout un enfant unique avec de « vieux parents ». Ça n’aurait été marrant pour lui ni à 10 ans, ni à 30, et encore moins quand on n’aurait plus été là (et ça, ce serait arrivé quand il n’aurait pas été super vieux).

Donc moi, je suis HYPER ravie. Mon mari, lui, n’avait pas du tout l’objectif de faire deux enfants (il est fils unique et n’est pas mécontent de son sort), mais il a l’air assez heureux quand même, au final.

J’ai des préoccupations supplémentaires

Évidemment, toutes les futures mères se demandent comment elles géreront tel ou tel aspect après la naissance. Mais je pense que pour les futures mamans de jumeaux, les questions ne sont pas tout à fait les mêmes.

Par exemple, moi, ce qui me préoccupe à ce stade, ce sont les déplacements et le portage. Mes trois questions principales pour l’après-naissance sont :

  • Comment peut-on échapper à la poussette double, véritable tank qui ne passe pas les portes de la boulangerie et rend totalement impossibles les déplacements d’un parent en solo, sauf à faire le tour du pâté de maisons point barre ?
  • Comment je fais pour en porter deux en même temps (par exemple, pour éviter de laisser l’un hurler quand je m’occupe de l’autre) ?
  • Est-il possible d’allaiter des jumeaux ? (Réponse : oui.)

Au-delà de tout ça, c’est l’attention que je pourrai accorder à chacun d’eux quand je serai seule qui m’inquiète. De nos jours, on est plus dans l’idée de rassurer immédiatement un enfant qui pleure que dans celle de « le laisser pleurer pour qu’il fasse ses poumons ».

Mais si j’en ai un qui hurle pendant que je change l’autre dans une autre pièce, je fais quoi ? Et comment je fais pour leur donner à manger ? Chacun son rythme pour avoir du temps à leur consacrer individuellement ? Ou au contraire, faut-il les caler ensemble, sous peine de passer la journée entière à s’occuper d’eux sans pause ?

Et puis, par la suite, je sais qu’il y a des questions spécifiques aux jumeaux : faut-il les séparer à l’école ? Quelles sont les phases spécifiques de leur maturité (fusion, complémentarité, autonomie…) ?

Du coup, je lis tout ce que je peux, je vois écrit tout et son contraire, j’ai peur de mal faire, de faire les mauvais choix… mais ça, c’est commun à toutes les (futures) mères, je pense !

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Crédits photo (creative commons) : Walt Stoneburner

La réaction des gens est différente quand on leur annonce la grossesse

Enfin, je suppose, je n’ai jamais annoncé une grossesse simple.

Moi, j’adore l’annoncer en deux fois :

« Je suis enceinte !
– Wouah, super, je suis content(e) pour vous, c’est génial, félicitations !!!
– … et ce sont des jumeaux !
– … Naaan ? C’est vrai ? Oh la la, c’est fou !! C’est dingue !! Je veux dire : wahou, deux, quoi !!! »

Les gens trouvent ça extraordinaire (c’est pas tous les jours qu’on connaît quelqu’un qui attend des jumeaux, et parfois, on ne connaît même pas des jumeaux soi-même), ça fascine. Je confesse que ce n’est pas désagréable d’avoir la sensation de ne pas être comme tout le monde !

Et puisque, vu mon âge, je suis la dernière de mes frères, sœurs et cousins à avoir des enfants, j’ai moins l’impression d’être la énième du lot à faire un enfant. Ma grossesse intéresse plus ma famille, notamment ma famille un peu éloignée, grâce à son caractère inédit.

Le capital sympathie dont bénéficient les jumeaux (et les futures mères de jumeaux) est indéniable. Je suis devenue la mascotte de mon immeuble : mes voisines âgées semblent toutes très excitées par cette naissance double !

Ça suscite une curiosité pas toujours bienvenue

Revers de la médaille, l’intérêt évoqué ci-dessus peut également se transformer en indiscrétion totale.

Il y a ceux qui veulent savoir pourquoi tu as des jumeaux. Alors ils te demandent s’il y en a dans ta famille. Et s’il n’y en a pas, forcément, ils en déduisent que tu as eu recours à la médecine. Ils te font donc part de leur déduction et attendent que tu confirmes.

Ces gens-là, j’en ai pour le moment rencontré trois, dont une personne très proche, mais qui n’était pas au courant de nos démarches PMA. Je n’ai pas bien pris du tout ces questions/réflexions, j’avoue.

Disons que si ces personnes n’ont pas été informées de nos difficultés, c’était sans doute qu’on n’avait pas envie de leur en parler, pour tout un tas de raisons. Et si on a envie de le faire désormais, on le fera naturellement, et non pas parce qu’on nous aura posé frontalement la question de comment on a fabriqué nos enfants (est-ce que je leur demande dans quelle position ils ont eu un rapport pour que ça fonctionne, moi ?).

Pour le moment, je m’estime assez chanceuse, car cette question a été très rare. Mais quand j’y pense, il est fort possible que toutes les personnes qui n’ont rien demandé soient des personnes qui se doutaient que nous étions suivis. Nous verrons bien dans les mois à venir si les gens que nous ne connaissons pas nous posent encore cette question (auquel cas, je les trouverai particulièrement mal élevés !)…

Je suis moins exposée aux conseils en tout genre

Ou en tout cas, je peux plus facilement y faire face !

En effet, les jumeaux étant plus rares que les « singletons », leurs mères le sont également ! Du coup, à la plupart des personnes qui me disent : « Moi, quand j’étais enceinte… » ou « Tu devrais faire ceci ou cela… », je peux très facilement rétorquer : « Oui, mais moi, j’en ai deux, donc ton conseil ne s’applique pas. »

Bon, ça ne marchera pas pour tout, j’en ai conscience, et ça n’empêchera sans doute pas les gens de me donner leur avis. Mais quand même, j’ai cette petite porte de sortie pour ne pas les écouter !

Pour finir, plus anecdotique, c’est aussi bien utile pour décourager les vendeurs-démarcheurs de tout poil. Je montre mon ventre en disant : « Y’en a deux là-dedans, alors financièrement, je dois faire très attention… » et hop, miraculeusement, ça les arrête tout de suite !

Et toi, as-tu attendu des jumeaux ? As-tu constaté d’autres différences avec les grossesses « singletons » ? Si tu connais des mamans de jumeaux, as-tu l’impression d’avoir eu des réactions différentes à l’annonce de leur grossesse ? Dis-nous !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée, 40 ans, parisienne et future maman... de jumeaux ! Quand ils seront là en janvier 2016, on tâchera de résoudre l'équation petit appart et seulement deux bras par adulte avec deux enfants, leurs rythmes et leurs besoins + tout ce que ça implique comme nombre de couches, de biberons, de meubles, de poussettes etc. Mais avec un peu d'ingéniosité et de débrouillardise (et autant d'humour et de recul que nos nuits sans sommeil nous le permettront) on va s'en sortir, j'en suis sûre !