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L’attente


Publié le 9 avril 2020 par Mme Espoir

Ça y est nous avons été acceptés par un OAA (Organisme Agréé pour l’Adoption). Le dossier est très rapidement complet (en moins de 3 semaines nous récupérons les documents certifiés conformes, les extraits de casier judiciaire, les photos…) et un mois plus tard nous recevons un courrier nous indiquant qu’il a été déposé auprès des autorités du pays. Moi qui n’avais pas pleuré depuis des mois je reçois la nouvelle de plein fouet : je me transforme en fontaine, heureuse, impatiente, terrifiée, pleine d’espoir. Il m’a bien fallu 2h pour me calmer !

Une fois de plus, une nouvelle attente commence.

Une notion très relative

Oui mais une attente de combien de temps ? 2 mois, 6 mois, 3 ans ? Les responsables de l’OAA ne peuvent évidemment pas nous le dire. Ils nous donnent un ordre d’idée mais les choses bougent tellement vite dans le domaine de l’adoption que cela peut évoluer dans un sens ou dans l’autre. Certains pays se ferment du jour au lendemain, obligeant les futurs parents à une attente 3 ou 4 fois plus longue que prévue.

Crédits photo (creative commons) : Anthony Tran

Cette incertitude, je la gère plutôt bien. Le plus compliqué est de répondre aux personnes qui nous demandent quand notre petit bout sera avec nous. Et quand je dis que potentiellement nous aurons 2 ans à attendre, elles sont en général affolées et trouvent que c’est incroyablement long.

Et moi, la principale intéressée, je ne trouve pas ça long. M. Chéridamour non plus. Peut-être que nous relativisons beaucoup. Sans doute également j’ai en tête le fait que ça peut être plus court que ça.

Et quand je pense à tout ce que nous avons à faire, ou que nous pouvons faire durant ces mois, il me semble que cela fait très court ! Quand je le signale à mon entourage, il me demande très surpris (et presque ulcéré !) comment je peux dire cela. Comment j’ose ne pas être désespérée d’attendre encore des mois et des mois. Eh bien… très simplement.

Se former à être parents adoptifs

Depuis que nous avons notre agrément, nous ne sommes pas restés les bras croisés. Au contraire, c’est véritablement depuis ce moment que nous avons commencé à suivre des formations, des conférences, des réunions, regarder des films. Et pour ma part, j’ai commencé à lire en grande quantité tout ce qui concernait l’attachement, l’adoption, l’éducation, à écouter des émissions, à lire des témoignages sur les forums et les blogs.

Tout ce savoir est indispensable pour moi. Plus je me renseigne, plus j’apprends et plus cela me rassure. Je sais que je suis désormais armée pour accueillir un enfant adopté. Pas forcément prête à tout ce qui pourrait advenir, non. Mais tout ce savoir que j’emmagasine petit à petit me servira un jour. Les grandes notions concernant les problèmes d’attachement, d’apprentissage, d’insécurité mais également d’autres connaissances comme ce que le stress subit par l’enfant au cours de ses premiers mois engendrera sur son comportement futur…

Par contre M. Chéridamour a patiemment assisté avec moi à 2 journées de conférence/réunion autour de la parentalité (pas spécifiquement adoptive) et m’a finalement indiqué assez gentiment qu’il ne se sentait pas concerné. Je le comprends : nous avons déjà Schtroumpfette à la maison et ces rencontres ne nous apportaient pas grand chose en matière d’éducation. Pour ma part, j’avoue que j’en retire toujours quelque chose, j’ai donc décidé de continuer à y assister sans lui, mais moins régulièrement.

Crédits photo (creative commons) : cottonbro

Les grandes notions ne sont pas les seules que je lis attentivement. Je collecte également les petits trucs et astuces qui peuvent être utiles

Par exemple, j’ai appris qu’il faut prévoir dans la trousse à pharmacie qu’on emportera dans le pays un produit contre la constipation. Car le bouleversement que subit l’enfant est tel que cela arrive qu’il se crispe, se bloque et que cela entraîne des soucis intestinaux. De la même manière, mieux vaut avoir prêt un traitement anti-parasitaire (gale notamment).

J’ai également découvert que souvent l’enfant adopté a des périodes de régression : il se remet à faire pipi au lit s’il était propre, il veut le biberon même s’il ne le prenait plus… Le savoir permet de ne pas s’affoler si cela arrive mais au contraire d’accompagner au mieux ces étapes.

Bien sûr, tout ceci ne concerne pas tous les enfants et peut-être que cela ne s’appliquera pas au notre. Mais savoir que cela peut se produire ne nous surprendra pas, nous y serons préparés.

S’organiser

Et puis il y a aussi la préparation matérielle. Il ne s’agit pas d’avoir déjà tout prêt à la maison (toujours cette petite crainte « et si finalement nous n’avions jamais d’enfant ? ») mais d’être prêt à accueillir notre enfant. Nous avons donc fait en sorte que la chambre qu’il occupera soit propre : murs déjà peints, sol débarrassé de la vieille moquette sale et des cartons de livres que nous avons stockés ailleurs, porte poncée et repeinte… Actuellement chambre d’amis, cette pièce pourra se transformer en un rien de temps en une jolie chambre d’enfant.

Je me renseigne sur tout : siège auto, lit, couverts, chaise haute, pot, portage… De quoi pourrions-nous avoir besoin selon son âge ? Et côté administratif, qu’en est-il ? Quelles seront les démarches à faire une fois rentrés en France ? Cela peut sembler tôt, mais je ne veux pas réfléchir à ce genre de choses avant le départ. Nous aurons suffisamment à penser dans un laps de temps relativement court !

M. Chéridamour a également anticipé les congés que nous devront prendre (un mois de congé sans solde pour nous rendre dans le pays) et a décidé cette année de prendre moins de jours de congé afin d’en collecter sur son compte épargne-temps, ce qui ne peut se faire que sur la durée.

De plus, j’ai tellement envie de préparer personnellement plein de choses en couture ce qui ne se fait pas en un mois. Schtroumpfette est plus qu’enthousiaste pour m’aider et participer de son côté.

Sans compter que nous avons encore pas mal de travaux à terminer dans notre maison et que nous souhaitons en réaliser le plus possible avant l’arrivée de notre enfant car nous sommes conscients qu’une fois qu’il sera avec nous rien ne bougera durant quelques années.

Préparer l’entourage

Nous avons prévenu nos employeurs respectifs. En effet, une fois le coup de fil magique reçu il y aura très peu de temps avant notre départ. Et il faut qu’ils puissent s’organiser pour nous remplacer. Nous leur avons donc expliqué comment les choses vont se passer et notre désir de prendre un congé parental long. De plus, étant relativement consciencieux, nous préparons/réactualisons chacun de notre côté des documents d’aide de nos tâches pour nos remplaçants afin que tout se passe au mieux ce qui nous nous prend pas mal de temps.

Le plus long est de faire comprendre à la famille et aux amis qu’il y aura une période de quelques semaines/mois où nous resterons ensemble seuls avec notre enfant. Créer le lien avec lui, l’attachement nécessaire : cela ne se fait pas en quelques jours ! Leur faire comprendre qu’ils devront rester à l’écart n’est pas facile à faire accepter, et j’espère que le répéter durant assez longtemps portera ses fruits.

Nous devons également les briefer sur le type d’éducation nous souhaitons pour lui et leur indiquer ce qui sera normal alors qu’eux trouveront cela anormal ou étrange… Crois-moi, nous n’avons pas trop de plusieurs longs mois pour éclaircir le terrain pour nos proches.

Quand j’étais en PMA, 15 jours me semblaient s’étirer comme des années, être incroyablement longs et tristes. Mais aujourd’hui notre attente n’est pas une attente statique, vide et désespérée, suspendue à un résultat très incertain. Je la trouve remplie de mille petite choses, riche de ce que nous apprenons et préparons pour notre enfant.

Il sera certainement beaucoup plus difficile pour nous de supporter l’attente quand nous saurons qui est notre enfant : il nous sera certainement insupportable de ne pas déjà être avec lui !

—–

Et toi, comment as-tu vécu l’attente de ton enfant ? Cela t’a-t-il semblé long ou au contraire incroyablement court ?


 


Commentaires

8   Commentaires Laisser un commentaire ?

Virg

Ta conclusion était la mienne, en fait, votre parcours psychologique ressemble à tout projet parental. Pour l’instant, c’est un projet, donc vous le préparez … à fond d’ailleurs 😉 (je suis d’accord avec l’idée que savoir que telle chose peut intervenir et est normale te rend plus serein quand elle arrive) puis quand vous aurez fini vos préparatifs, quelque part vous serez comme les parents qui attendent le test de grossesse positif. Sur le coup, l’euphorie et encore quelques infos à prendre… puis l’attente de la rencontre ! C’est archi long ce moment là 😉

le 09/04/2020 à 07h57 |

Mme Espoir

Oui, je suis complètement d’accord sur le fait qu’il y a des similitudes entre les 2 parcours. L’attente de la rencontre doit être longue, mais elle ne dure heureusement pas 9 mois comme une grossesse !

le 10/04/2020 à 09h32 |

Rosa Evril

Je croise les doigts pour que tout se passe bien pour vous ! Et n’hésite pas si tu as des questions ou si tu veux discuter je serais ravie de partager avec toi mon ressenti de sœur adoptive 🙂

le 09/04/2020 à 10h10 |

Mme Espoir

Oui ce sera avec plaisir !

le 10/04/2020 à 09h35 |

Selma

Nous en sommes au même stade que vous, dossier envoyé dans le pays et validé par les autorités locales (sauf que nous sommes avec l’AFA). Et je me retrouve dans ce que tu dis… Si ce n’est que le délai annoncé pour nous est relativement court (environ un an, mais avec le contexte actuel tout est évidemment en standby donc ça risque de décaler tous les dossiers). Du coup on lit, on se prépare niveau parentalité adoptive (pour la parentalité tout court il faut que je cherche quelques livres aussi mais pas facile en ce moment), on apprend les rudiments de la langue du pays… On est aussi en train de lancer des travaux pour aménager des chambres supplémentaires chez nous, on repère les modèles de voiture pour le moment où il faudra en changer, etc. Tout en gardant à l’esprit que tout ça peut aussi ne jamais se concrétiser… Pas facile comme gymnastique !

le 09/04/2020 à 10h31 |

Mme Espoir

Non la gymnastique n’est pas évidente. Notre enfant aura entre 1 et 5 ans. Il faut donc vraiment envisager chaque élément pour tous les âges. Mais au moins ça occupe !

Vous avez la chance d’avoir un délai approximatif avec l’AFA. Surtout aussi court ! C’est vrai que la crise actuelle va tout rallonger et ça m’inquiète énormément en fait…

le 10/04/2020 à 09h59 |

Selma (voir son site)

Oui il y a toujours de l’incertitude, en plus nous on a la variable âge (0-6 ans) mais aussi nombre (fratrie de 2 ou 3) ! Et on sait que dans le pays où on a un dossier les enfants peuvent être assez petits (on a été en contact avec un couple qui y a adopté l’année dernière 3 petits de moins de 4 ans…). Donc impossible de faire des pronostics là-dessus, du coup on envisage un peu toutes les options. Tout en espérant que notre dossier ne sera que retardé de quelques mois par rapport aux prévisions en raison du contexte actuel, et non autre chose…

le 11/04/2020 à 08h33 |

Mme Espoir

Ah oui, avec en plus un agrément pour une fratrie, ça doit bien vous faire cogiter ! Pour nous c’est quand même beaucoup plus simple !

le 20/04/2020 à 20h23 |

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