Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Anne

Nous sommes deux mamans de 39 et 42 ans, et nous avons un petit garçon de 5 ans, par FIV avec don d'embryon de l'une à l'autre. Nous nous sommes mariées en 2013 et notre fils est légalement protégé par ses deux mamans depuis 2015, grâce à une adoption "intrafamiliale" par sa maman dite "sociale".

Ses contributions

Homoparentalité au quotidien

Le quotidien d’une famille homoparentale

Je sais que tu te demandes comment ça se passe dans une famille homoparentale (si si, c’est ton interrogation principale, je le sais… et sinon, je vais te le dire quand même, c’est comme ça !).

Chez nous, nous sommes deux mamans, et un enfant de 5 ans. Fondamentalement, dans la vie de tous les jours, on peut dire qu’il n’y a pas grande différence entre nous et ta famille à toi, avec un papa, une (super) maman et un ou plusieurs enfants. C’est vrai, on fait les courses au supermarché le samedi, on dit quinze fois au mouflet de venir se doucher, on lui fait huit bisous le soir avant qu’il ne s’endorme, on a des weekends chargés où on voit la famille… Bref, on peut dire qu’on a à peu près les mêmes problématiques que toi…

Dessin famille homoparentale

L’inscription de notre fils sur notre livret de famille

Je t’ai laissée le 12 mai 2015, quand je croyais avoir obtenu l’adoption plénière de mon fils (biologique, mais que ma compagne a porté)… Il nous restait à faire inscrire notre fils sur notre livret de famille commun, après avoir reçu son nouvel acte de naissance. Cet acte de naissance peut encore être modifié après la demande de changement des informations à la mairie de naissance et les quinze jours de rétractation octroyés au parent adoptant.

Et de fait, les rebondissements ne se sont pas arrêtés une fois le jugement rendu.

Enfant arc-en-ciel

Comment j’ai finalement réussi à adopter mon fils…

Pour constituer le dossier d’adoption de mon fils, issu d’une PMA, ma compagne et moi avons décidé de prendre une avocate. Car oui, je m’occupe bien de mon enfant. Oui, je suis sa maman aux yeux de tous, sauf aux yeux de la loi.

Nous avons une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes depuis la naissance de Théophile : que se passerait-il si ma chérie venait à disparaître ? Mon fils et moi pourrions être séparés… S’il y avait une urgence médicale, je ne pourrais pas rester au chevet de mon enfant, ni même aller le chercher à l’hôpital sans l’accord de ma compagne… Concrètement, je n’ai même pas pu être « déléguée de parents d’élèves » à l’école, parce qu’il faut avoir l’autorité parentale. Je suis bien sa maman, et pourtant, chaque fois que je dis « mon fils », j’ai l’impression d’être une usurpatrice…

petit garçon assis sur un rocher

Le parcours pour être reconnue légalement comme la mère de notre fils

Je suis mariée depuis le 9 novembre 2013. Bien sûr, nous nous sommes mariées par amour, mais surtout, nous nous sommes mariées pour que je puisse adopter Théophile, 3 ans et demi, issu de mes gènes et porté par ma compagne.

Pour nous, le mariage était le premier acte de cette adoption, de ce nouveau parcours du combattant. C’était une fête très réussie, remplie d’amour, de bonne humeur et surtout d’espoir…

En 2012, nous avions tenté de demander une délégation d’autorité parentale à la justice.

mères et leurs fils

Notre long parcours médical pour devenir mamans

Nous nous sommes rencontrées en 2003. Très vite, elle m’a demandé : « Tu voudrais des enfants, toi ? ». J’en voulais. Elle aussi. Joie, bonheur, félicité !

Après quelques années, j’ai lancé : « Alors, on le fait, ce bébé ? ».

Pour des tas de raisons, nous avions convenu que je porterais notre premier enfant.