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A la une / Idées d'activités

Les bébés nageurs

Le lendemain du jour des 3 mois de ma Pépette, je l’ai inscrite aux bébés nageurs. C’est l’âge limite pour commencer : les classes commencent par le groupe des tortues, pour les enfants de 3 à 6 mois.

Au début, je n’avais pas de grand plan, j’ai juste pensé à l’inscrire parce que la piscine est littéralement à 2 portes de chez nous. Et plus j’y réfléchissais, plus c’était une évidence pour moi : Pépette sera un bébé nageur.

Alors si toi aussi tu hésites à sauter à l’eau (celle-là, j’étais obligée de la faire), laisse-moi t’expliquer pourquoi on aime nos séances à la piscine.

Bebe sous l'eauCrédit photo (creative commons): Tony Hisgett – Pixabay

Le déroulement d’une séance

Tout d’abord, sache que les risques sont minimes. L’instructeur apprend les bonnes façons de tenir l’enfant dans l’eau, et de toute façon tu passeras ton temps à regarder le visage de ton bébé pour vérifier que tout va bien. La nôtre, en grande morfale qui se respecte, essaye activement de boire l’eau de la piscine à chaque fois qu’elle est à portée de bouche. Un minimum de vigilance nous permet de l’arrêter. Et même si elle a réussi, une ou deux fois, à gober un peu d’eau à notre insu, ça ne l’a jamais rendu malade.

De même, une attention toute particulière est apportée à l’hygiène. Les douches sont obligatoires pour tout le monde (parents et enfants) avant le bain, l’eau est très peu chlorée, tout le monde porte un bonnet de bain (au moins on est à égalité dans le charisme), et l’instructeur vérifie au début de chaque séance, sur chaque enfant, l’étanchéité de la couche de bain.

Ces deux points, qui étaient de la plus haute importance pour moi, ont très vite été écartés de mon esprit : les 10 premières minutes de la première séance sont consacrées aux instructions d’hygiène et de sécurité. A la première session, nous avons donc passé 15 minutes dans l’eau. Sache qu’il est recommandé de ne pas dépasser les 30 minutes. Nous sommes 6 enfants dans notre groupe (le maximum est 10), dans un bassin peu profond (l’eau arrive aux épaules de la plupart des parents), rempli d’une eau à 33 degrés.

Cette demi-heure n’a absolument rien à voir avec une leçon de natation. L’objectif principal est de faire évoluer les bébés dans l’eau, en suivant leur rythme. L’instructeur donne quelques idées d’activité, nous montre comment bien tenir les petites tortues dans l’eau, et de manière générale guide le groupe. Mais, avant tout, on laisse bébé s’épanouir dans ce nouvel environnement. Au fur et à mesure, on l’habitue à avoir la tête sous l’eau et on lui apprend le réflexe de retenir sa respiration. A l’âge de notre crevette, elle ne quittera presque jamais nos bras, mais elle a déjà commencé à mettre la tête sous l’eau et à nager toute seule pour quelques secondes! J’ai pu voir de mes propres yeux le réflexe natatoire des bébés, c’est-à-dire celui de pédaler avec les pieds quand il est sous l’eau.

Une petite demi-heure d’activité douce, donc. Mais qui au final épuise la crevette. Mine de rien, c’est un nouveau milieu, avec des nouvelles odeurs, un éclairage étrange et des sons qui résonnent différemment.  Après ça et tout les exercices physiques que cela demande, c’est une sieste de minimum 2 heures assurée!

Les avantages physiques

C’est un excellent moyen de développer la motricité de la petite tortue. Passer facilement de l’avant à l’arrière, se laisser flotter, la Pépette se transforme d’un coup en sirène détendue, et surtout, plus fluide dans ses mouvements. Les multiples activités (passer sous des frites colorées, faire splish-splash, se laisser flotter) favorisent l’éveil et la coordination des mouvements. Elle se retourne, voit l’effet de ses mains quand elle tape l’eau, bref, c’est le meilleur endroit pour explorer son corps et découvrir tout ce qu’il peut faire. Beaucoup d’exercices lui permettent de trouver son propre équilibre plus facilement que sur terre. Depuis qu’elle a commencé, elle est plus mobile sur le ventre et tient plus longtemps debout.

Mais la principale raison pour laquelle nous l’avons inscrite, c’est pour l’habituer à l’eau. Les nourrissons n’ont pas particulièrement peur de l’eau, mais s’ils ne sont pas familiers avec cet élément ils peuvent développer une appréhension. Et c’est vrai que les premiers bains à la maison étaient une vraie épreuve. Toujours très crispée, elle pleurait dès qu’elle en sortait et vomissait s’il ne lui restait ne serait-ce qu’une once de lait dans le ventre.

Dans ces circonstances, l’idée de la mettre dans l’eau une demi-heure toutes les semaines parait idiote. Et pourtant ! C’est justement parce qu’elle n’était pas du tout à l’aise dans l’eau que j’ai trouvé important de l’y plonger (haha jeu de mot). Car après tout, elle sera entourée d’eau pendant toute sa vie. La piscine de ses grands-parents dans le Sud, le lagon du parrain réunionnais, la mer bretonne de la famille paternelle, sans parler de tous les bains qu’elle va devoir prendre : notre petite se devra d’être une vraie sirène !

SireneCrédit photo (creative commons): Mehgan Heaney-Grier

Et l’habituer dès maintenant à être dans l’eau, à ne pas avoir peur de cet élément, et à développer les bons réflexes est éminemment important. Depuis qu’elle est inscrite par exemple, elle a pris le réflexe de relever la tête quand elle a le menton dans l’eau. C’est un automatisme qui l’empêchera de se noyer dans 2 cm d’eau. Ouf. Ça nous rassure, nous, parents stressés, de savoir qu’elle est un petit peu plus en sécurité. On a aussi développé un signal qui lui indique quand elle doit fermer les yeux et la bouche. Un simple « 1,2,3, plouf! » avant de lui passer de l’eau sur le visage, pendant 3 semaines, et hop! notre fille était conditionnée pour tout refermer dès qu’elle entendait le signal.

Les avantages pour nous

Cette demi-heure par semaine a aussi des avantages pour nous (sans parler des deux heures de répit sieste qui suivent). C’est avant tout un moment privilégié avec notre Pépette. On l’accompagne dans tout ce qu’elle fait, et chaque instant est un moment partagé avec elle.

On s’aperçoit très vite à quel point elle nous fait confiance. La première fois qu’on lui a mis la tête sous l’eau, elle nous a regardé avec des grands yeux pour voir notre réaction. Si nous sommes détendus, elle sourira et se dira que tout est normal. Patauger avec elle nous aide à mieux la connaitre, à mieux l’écouter aussi. On a très vite remarqué qu’au bout de 15 minutes, elle fatiguait, et que ce n’était pas la peine d’essayer de nouvelles choses.

On apprend aussi à ne pas trop la protéger. Enfin, je dis « on »… C’est surtout moi qui a une fâcheuse tendance mère poule. Pendant les premières séances, j’ai eu du mal à l’éloigner de moi (on ne se refait pas). Je n’avais pas particulièrement peur, mais je m’imaginais qu’elle était plus sereine proche de moi. Ce n’était pas le cas, ce qui est à la fois un peu triste (pour moi) mais encourageant (pour ma Pépette). Elle apprend déjà l’indépendance, à 4 mois. C’est en voyant ça que j’ai su que je pouvais lui faire confiance et ne pas la serrer trop fort dans mes bras.

BEbe et son papa dans l'eau
Crédit photo (creative commons): 947051 -Pixabay

Et enfin, c’est aussi un moment où la Pépette (et nous par extension) voyons d’autres bébés. En tant que parents expatriés dans un pays où aucun de nos amis n’a d’enfants, socialiser avec d’autres familles est très compliqué pour nous. Avec les bébés nageurs, on est sûrs de voir les mêmes parents et enfants une fois par semaine. Même si nous restons quand même focalisés sur notre fille et son attitude dans l’eau, il y a quelques moments d’interactions entre les enfants. Pépette est très intriguée par ses petits compatriotes, et au fur et à mesure des séances nous commençons à nouer des liens avec les familles présentes. Dès qu’on apprendra les paroles des chansons suédoises (au lieu de chantonner faiblement les trois mots que l’on reconnait), je suis certaine qu’on sera intégrés dans un nouveau groupe !

Au final, on attend toujours avec impatience notre session des bébés nageurs. C’est excitant pour nous, c’est bénéfique pour elle, bref, c’est toujours un chouette moment que l’on passe tous les trois. On ne s’attend pas à élever la prochaine Laure Manadou, mais on s’assure d’avoir un enfant qui n’a pas peur de l’eau.

Toi aussi, tu veux inscrire ton bébé chez les nageurs?  Ou tu as déjà fait l’experience? Ton bébé est plutôt sirène ou plutôt ver de terre?

A propos de l’auteur

32 ans et toutes mes dents, maman depuis août 2018 d'une fabuleuse Pépette, et expatriée en Suède depuis 5 ans, je suis une vraie geek, désorganisée (un peu), créative (beaucoup), mais surtout passionnée (de films, de livres, de jeux vidéos...) C'est maintenant avant tout ma petite famille qui déchaîne ma passion!