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A la une / Témoignage

Je suis jeune… mais j’ai très envie de faire un enfant !

« Tu as encore bien le temps », peut-on me dire. Oui, c’est vrai. Mon horloge biologique n’est pas en train de s’affoler, l’alarme du « attention, dans 5 ans, ce sera peut-être trop tard » n’est pas en train de sonner. Cet ultimatum est encore bien lointain.

Mais la question de l’envie d’enfants ne résonne pas uniquement par rapport à une date buttoir. Elle résonne aussi par rapport à depuis quand cette histoire nous travaille, et par rapport à sa force.

J’ai 23 ans, un âge auquel la plupart des gens sont encore bien loin de ces préoccupations. Un âge auquel la Norme considère que c’est inconscient de se lancer dans cette aventure : on n’est plus tout à fait la mythique maman ado je-m’en-foutiste, mais presque !

Oui, j’ai envie d’avoir des enfants. Ce n’est pas une vague envie qui m’est arrivée dessus gentiment, en voyant les enfants de mes proches. Ce n’est pas un « ah, quand même, c’est bien mignon… », qui revient dans la tête une fois par trimestre, quand je les vois.

Je veux des enfants. Très fort. D’une de ces envies qui plie l’estomac en 40… Et qui, oui, est encore augmentée par la venue de tous les petiots de l’entourage, forcément.

Cette envie me travaille depuis bien longtemps. À l’âge où les filles commencent à s’intéresser aux garçons, j’étais déjà passée au stade où la maternité me titillait. Fortement.

J’ai toujours pensé que je serais maman très jeune. Finalement, à 17 ans (âge auquel je pensais devenir mère, quelques années plus tôt), il n’y avait pas plus de bébé que de papa. À 19 ans (âge vers lequel j’avais reculé ma « limite », quand j’ai eu une quinzaine d’années), pas de bébé, mais un papa potentiel, que j’ai épousé.

Je ne regrette pas de ne finalement pas avoir eu d’enfants à cet âge. Ça s’est fait comme ça, ce n’était pas possible, voilà tout. Aucune des circonstances raisonnables nécessaires n’étaient réunies. Heureusement que la vie ne suit pas toujours la planification parfaite qu’on s’est imaginé auparavant.

photo bébé

Crédits photo (creative commons) : Ruby Lane Photography

Mais toujours est-il que depuis les « quand je serais grande » de petite fille à aujourd’hui, en passant par l’envie violente et trop précoce, le temps a coulé. Je ne viens pas juste de me réveiller en me disant « tiens, en fait, je ferais bien un bébé ! ».

Mon amoureux aimerait beaucoup se lancer dans l’aventure, lui aussi. On s’était dit qu’on commencerait à essayer de faire un bébé au cours de notre voyage de noces, en juin 2013. On s’était dit que l’appartement où l’on déménagerait pourrait tout à fait accueillir un bébé.

Et puis, on a découvert que cet appartement, outre sa taille « plus grande que le studio » mais « en fait pas si grande que ça », était surtout très anxiogène pour nous. Je n’imagine pas être avec un nourrisson dans ces conditions. J’ai même du mal à me voir enceinte ici.

Pour nous, juin 2013, c’était déjà bien loin. Mais c’était histoire d’associer ça à un moment symbolique, tout en profitant pour mettre quelques sous de côté en amont, et en prenant le temps de bien s’installer.

C’est un rêve qui s’envole. Repoussé à une date ultérieure. Dans pas trop-trop longtemps non plus. Le temps qu’il faudra pour déménager à nouveau, s’installer, trouver un équilibre financier. Dans pas trop-trop longtemps… J’espère.

Les semaines passant, l’idée que cette maternité s’éloigne encore un peu devient de plus en plus lourde. Là où je regardais, attendrie, un bébé gazouillant dans les transports en communs… Je le regarde désormais, attendrie… Et les yeux embués, avec une grosse boule dans la gorge.

C’est la même chose lorsque c’est un enfant plus grand. Et même lorsque l’enfant ne gazouille pas, mais est en pleine crise. (Même pas peur !)

Un syndrome qui s’accroît au fil du temps… Des larmes qui viennent devant une vidéo. Devant une photo. En entendant par ma fenêtre, dans la rue, un petit enfant discuter dans son dialecte encore incompréhensible. Les yeux embués, ma main qui sert celle de mon chéri, lorsqu’apparaît tout simplement, au milieu d’un film, un bébé qui découvre le monde, ou une fillette espiègle.

Une envie très forte. De temps en temps, elle me laisse un peu tranquille. Elle est là, mais elle ne me tiraille pas. Lorsque cette envie devient fulgurante, j’essaye de la cacher tant bien que mal dans un grand sac nommé « raison ».

Lorsque je pourrais sortir l’envie de ce sac, j’espère fort ne pas avoir à l’enfouir à nouveau, dans un sombre sac nommé « problèmes de fertilité ». L’envie est tellement folle que je peine à imaginer ô combien elle doit être douloureuse lorsqu’il faut la ravaler, alors que tout le reste est prêt, et que même la raison n’a plus rien à redire.

J’imagine alors le cœur qui se sert, les soupirs, les larmes… Et malgré tout, toujours les sourires émus devant les enfants des autres. Mais cette fois, sans le « bientôt, bientôt » qui peut venir mettre un peu de baume au cœur… parce que, finalement, on ne sait même plus si vraiment, ce « bientôt » pourra venir.

Plein de pensées tendres à celles et ceux qui attendent…

Et toi ? Tu as une grande envie d’avoir des enfants ? Depuis quand dure-t-elle ? Tu te sens blessée quand les gens te disent « bah, tu as bien le temps ! » ? Dis-moi !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

J'ai 27 ans et un mari super-chouette ! Notre fille "Pimprenelle" est née à l'été 2015 et nous régale de sa bonne humeur... "Ninette" nous a rejoint au printemps 2018. Je m'occupe d'elles à plein temps. Moi, je suis une lutine lunatique, mais généralement très joyeuse et espiègle. Écolo, féministe, non-violente, végane, cousette, fana de prénoms et de vieilles comédies musicales ! Tu peux aussi me retrouver sur le blog Sous Notre Toit et sur Instagram @danslamalledenilith