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A la une / Témoignage

Élever un nourrisson allergique aux produits laitiers de vache

L’allergie ! Ça ne fait certainement pas partie des choses que l’on envisage dans la vie de son enfant. Et pourtant, ça arrive… et bien trop souvent. Ma fille, aujourd’hui âgée de 4 ans et demi, est allergique aux protéines de lait de vache (PLV) depuis sa naissance. Aujourd’hui, je vais t’expliquer de quelle façon nous avons abordé cette allergie, et comment nous l’avons vécu durant ses premiers mois.

Les premiers jours de vie

Bien avant l’accouchement, j’ai fait le choix de l’allaitement pour mon bébé à naître. Je te dis ça pour t’informer d’un point très important : les PLV que la maman consomme passent dans le lait maternel, et sont donc absorbées par le bébé.

Dès les premières tétées, ma fille a commencé à présenter des symptômes : principalement des coliques, des vomissements et des régurgitations internes (comme un vomissement qui ne sortirait pas mais serait ravalé, très irritant !). A priori, rien d’alarmant. Tu me feras remarquer que beaucoup de bébés ont ces « symptômes » sans que ce soit le signe d’une allergie. Et tu aurais raison.

C’est d’ailleurs parce que je savais que ce n’était pas « anormal » que j’ai laissé passé quelque temps (je dirais environ 3 semaines) avant de prendre les choses en main. Comme j’avais consulté de nombreux sites/forum/blog durant ma grossesse, je savais que l’allergie aux PLV était la plus courante chez les bébés. J’ai donc essayé d’arrêter d’en consommer, pour voir ce que cela allait donner.

Le résultat a été flagrant : en quelques jours, les régurgitations et les coliques ont largement diminué ! En tout cas, elles étaient visiblement moins douloureuses. Aussi, j’ai décidé de continuer mon allaitement sans consommer de lait de vache. Ce n’était peut-être qu’une coïncidence, mais ma fille allait mieux, autant continuer comme ça !

photo bébé petite fille

Crédits photo (creative commons) : Kevin Cortopassi

Et le pédiatre dans tout ça ? C’est exact, je n’en ai pas parlé. Pour la simple et bonne raison que la première pédiatre que j’ai vu après la naissance de ma fille a été horrible. Horrible envers ma fille (elle a failli la faire tomber), horrible envers moi : « Vous allaitez ? C’est normal, vous ne travaillez pas ! » et horrible envers nos choix : « C’est quoi ça ? Des couches lavables ! Non mais c’est n’importe quoi ! ». Tu penses bien que je n’ai pas parlé soupçon d’allergie avec une femme aussi charmante ! (Je te rassure, notre nouvelle pédiatre est juste parfaite !)

Traquer les PLV

Je suis donc partie pour lire les étiquettes de tout ce que je mange. Nutella, au revoir. Gruyère et parmesan, au revoir. Quasiment tous les desserts industriels, au revoir.

Mais bon, si jamais ma fille venait à rester allergique, il faudrait tout de même s’adapter. Maintenant ou dans quelques mois, qu’est-ce que ça change ? Par solidarité, mon chéri a aussi suivi ce régime. Et je l’en remercie.

Lorsque ma fille a eu 2 mois (je l’allaitais toujours), j’ai décidé de remanger une tartine de Nutella (autrement dit, une très faible quantité de PLV) pour voir si la disparition des symptômes était dues au hasard ou non. La réponse n’a pas tardé à arriver : les coliques et vomissement sont revenus, presque instantanément ! J’ai donc de nouveau tout arrêté.

Bien sûr, il a fallu prévenir notre entourage que je suivais un régime particulier. Certains se sont adaptés, d’autres non. Aujourd’hui, même si l’allergie de ma fille est confirmée par des tests médicaux (et ce à plusieurs reprises), certains n’y arrivent toujours pas…

Si tu as choisi le biberon

Il est possible que tu te retrouves confrontée à cette allergie, mais que tu aies fait d’autres choix : donner le biberon dès le départ, ou donner le biberon après une période d’allaitement ou par découragement face au régime sans PLV. Dans tous les cas, nous ne sommes pas là pour débattre de l’allaitement, mais pour trouver la meilleure solution pour un bébé ! Tout d’abord, je tiens à rappeler que la majorité des laits artificiels sont fabriqués à partir de lait de vache, et ne conviennent donc pas aux bébés allergiques.

Heureusement, il existe des laits artificiels sans PLV, mais ils sont vendus en pharmacie plutôt qu’en grande surface (pour un coût similaire, selon ta pharmacie bien sûr). Je connais Novolac Riz et Modilac Riz (en 1er et 2ème âge), mais il y en a sûrement d’autres. Comme ce sont des laits artificiels « officiels », ils répondent aux mêmes critères nutritionnels que les laits artificiels fabriqués à base de lait de vache. Pas de risque de carences avec eux !

Certains autres laits artificiels sont faits à partir de lait de soja. Or, je te les déconseille fortement : en effet, il existe un risque d’allergie croisée entre le lait de vache et de soja. En gros, un bébé allergique au lait de vache aura un risque élevé d’être aussi allergique au soja. Autant ne pas courir de risque.

Conclusion

Quel que soit ton choix, il existe une solution ! Et heureusement.

Entre nous, le plus dur reste le diagnostic de l’allergie. Les régurgitations et les coliques sont considérées comme normales et ne poussent pas les professionnels à chercher plus loin. Si je l’avais laissée faire, peut-être que ma pédiatre aurait trouvé, ou peut-être que non. Je ne sais pas. En tout cas, elle a tenu compte de ce que je lui disais.

J’ignore ce qu’il se serait passé si nous n’avions pas pris les choses en main. J’ignore que qu’il se serait passé si j’avais accepté de donné à ma fille ce biberon (plein de PLV, donc) que les puéricultrices me proposaient avec tellement d’insistance à la maternité. La seule chose que je sais, c’est que ce sont toutes les connaissances que j’ai pu amasser pendant ma grossesse qui m’ont mis la puce à l’oreille. Alors, à mon tour, je trouve normal de transmettre l’information.

Si ton enfant régurgite, s’il a mal, peut-être est-il allergique aux PLV. Ou peut-être pas. Juste, je voudrais que tu saches que ça existe, et qu’il y a des solutions. Dans le doute, essaye d’arrêter de consommer des produits laitiers de vache pendant quelque temps, ou plutôt que de changer pour un énième lait artificiel classique, essaye un lait artificiel sans PLV. Juste pour voir.

Il y a 85% de chances que l’allergie aux PLV disparaisse d’elle-même avant les 3 ans de l’enfant. (Bon, c’est loupé pour ma fille, mais ça peut encore partir…) Dans une autre chronique, je te parlerais de l’allergie lorsque l’enfant commence à grandir et à être diversifié.

Et toi ? Tu as un enfant allergique ? À quel âge son allergie a-t-elle été détectée ? Comment l’as-tu géré ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Future mariée, 29 ans, et déjà maman d'une grande fille de 4 ans (et demi !!) allergique au lait de vache, je vais te parler de la façon dont j'ai abordé cette allergie.