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A la une / Témoignage

Ce que je veux pour mon enfant…

Il y a longtemps que je réfléchis à l’éducation, que je lis à ce propos, que je m’interroge.
Il y a des lustres que je travaille avec des enfants et que je trouve intéressant de comprendre comment ils fonctionnent, ce que l’on peut faire pour les aider à bien grandir…

Crédit photo : Maxlkt

Et puis, tous, on a tendance à juger les comportements des autres parents quand on pense le devenir.
Je ne veux pas dire, critiquer ouvertement (non, ça c’est juste pas cool du tout) mais se dire « moi quand j’aurai des enfants, je (ne) ferai (pas) comme ça… »

Oh bien sûr, bien sûr, il y a la théorie et la pratique. Le fameux « avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants ».
Et je me dis que si on n’a depuis des millénaires des débats sans fin pour savoir comment élever les enfants, c’est bien parce qu’il n’y a pas de recette. Et que je crois que la règle numéro 1, c’est tu t’adaptes au cas particulier de ton bambin.
Pour le coup, on est bien souvent dans l’apprentissage empirique d’essai / erreur. C’est pour cela qu’en tant que parent de l’enfant, on est souvent le mieux placé pour savoir quoi faire ; non pas parce qu’on gagne un instinct de fou en se retrouvant avec ce bébé à la maternité (genre « mode d’emploi livré comme une seconde nature façon épiphanie quand on te met le bébé dans les bras ») mais parce qu’on passe des heures avec notre modèle particulier à tenter différentes approches pour voir ce qui est le plus efficace… (et qui peut varier d’un jour à l’autre, sinon, c’est pas drôle).

Mais tout de même, j’aime bien l’idée d’avoir des grands principes guides pour me lancer sur ce chemin… Et puis, je pense que c’est humain et aussi sain de se demander ce que l’on veut transmettre à ses enfants.

Alors qu’est ce que je veux pour mon enfant ?

Regard sur l’éducation que j’ai reçue

On commence souvent par se pencher avec un regard critique sur l’éducation que l’on a reçue, celle que nos parents nous ont donnée.
Il y a biiiiien longtemps que je m’attèle à cette tâche. Voyez-vous, j’ai un gros fond chiante rebelle-constestaire-révolutionnaire-depuis-sa-plus-tendre-enfance (pitié, faites que mon bébé tienne de son père plutôt !)

Et je sais qu’il y a des choses dans l’éducation que j’ai reçue que je ne souhaite pas reproduire.
Je n’en ferai pas la liste ici. Je n’ai aucune intention de faire un procès à mes parents. Ils ne méritent vraiment pas ça.

Et puis, surtout, il y a aussi  des choses dans l’éducation qu’ils m’ont donnée que j’aimerais transmettre.
Et dans tous les cas, ma période d’ado critique acerbe est passée. Je ne suis pas d’accord avec tous les principes qui ont guidé mon éducation et ils ont aussi pu faire des erreurs… Mais ils sont humains.
Et puis, ce sont aussi de leurs failles et leurs comportements qui m’ont marquée que j’ai pu former qui je suis aujourd’hui… Il ne sert à rien d’avoir (et d’être) des parents parfaits !

Et surtout, je sais qu’ils ont fait de leur mieux, avec ce qu’ils avaient.
Je sais aujourd’hui à quel point ils m’ont toujours aimée inconditionnellement et à quel point ils ont donné énormément pour m’élever au monde.
Je sais que je leur dois beaucoup, et qu’ils ont de quoi être fiers du boulot qu’ils ont fait.

Mais, bon, voilà, comme tout le monde, j’ai commencé par me former des idées sur l’éducation avec celle que j’ai eue. Et il est fort possible qu’il y est parfois des tensions avec mes parents (et beaux-parents) parce que si nous faisons différemment et leur expliquons pourquoi, la remise en question des principes qui les ont guidés peut apparaitre comme une attaque. Et on parle de rapports humains ici, alors l’affect ne rend pas toujours les choses facile à gérer…

C’est un autre défi de la parentalité… On verra !

Mais bref, c’est bien beau toutes ces considérations mais ça ne nous dit toujours pas ce que je veux pour mon enfant !

Mes priorités

Tu sais, en vrai, je m’en fiche un peu que mon enfant soit beau, intelligent, malin, drôle ou je ne sais quelle autre qualité…

Bien sûr, ça me fera super plaisir si on me le dit. Et j’en ressentirai même de la fierté (alors que bon, entre nous, en quoi y-ait-on pour quelque chose ? – c’est une vraie question, quelle part avons-nous là-dedans, et quelle porpotion a-t-elle par rapport à la loterie de la vie ?)

Mais ce n’est pas le plus important.

Le plus important, pour moi c’est de travailler à deux tâches fondamentales pour mon enfant :

  • Qu’il ait des clés lui permettant d’être heureux
  • Qu’il ne soit pas malveillant pour le monde

Et comme j’ai la faiblesse l’optimisme de croire que l’homme est foncièrement bon a priori, je crois que les deux sont foncièrement liés.

Mon programme est donc à la fois très simple et profondément compliqué : quelles sont les clés du bonheur ? Comment faire que mon enfant ne soit pas contaminé ou violenté par la malveillance du monde sans le surprotéger pour qu’il puisse aussi y voler de ses propres ailes ? Et même aider à le rendre meilleur ?

J’ai quelques pistes pour m’éclairer, ces valeurs que j’aime déjà essayer de mettre au centre de ma vie : l’importance de l’esprit d’émerveillement, de la saveur de l’instant présent, du dialogue, de l’écoute, de la tolérance, du respect, du refus de la violence (tant que toutes les autres solutions n’ont pas été épuisées), de l’empathie mais aussi celle de se battre pour faire entendre sa voix, (ou celle du plus petit que soit), de faire ses propres choix et suivre sa propre route, de dénoncer l’injustice, de croire en ses idéaux.

Toutes ces belles notions sur lesquelles il est facile d’être d’accord mais pas forcément facile d’appliquer au quotidien pour montrer l’exemple et pour qu’ils les retrouvent d’abord dans notre façon d’être avec eux…

Comme l’eau coule toujours de la source à la mer…

Et puis l’amour…

Ce que je veux aussi et plus que tout, c’est que mon enfant sache que je l’aime inconditionnellement, quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise. Je l’aime.
Et je serai là. Que même si je perds de vue un instant les valeurs que je veux mettre au centre de nos vies, que je (lui) fais mal, qu’il m’insupporte, que j’ai perdu patience, que j’ai dit des mots qui dépassent ma pensée. Je l’aime.

Et que finalement, je n’attends rien de lui. Parce que l’amour maternelle (parentale en général), c’est quelque chose de profondément gratuit, de profondément unique. Il est inconditionnel. Il est illimité. Et c’est une source pour venir y puiser des ressources pour trouver son propre chemin…

J’aime beaucoup ce poème de Khalil Gibran :

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit, 
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

C’est pourquoi faire des enfants est à la fois le projet le plus égoïste qui soi (on le fait juste finalement « parce qu’on en a envie ») mais aussi l’aventure la plus altruiste du monde : c’est aimer quelqu’un tellement que le but est de lui apprendre à se passer de nous.

J’écris cet article à presque 39 semaines de grossesse. Pour tout te dire, je pleure en écrivant ces lignes. Je pense à cet enfant que je ne connais pas encore dont je ne sais rien et que j’aime déjà tellement, tellement. Et puis, je pense à la rencontre que je vais faire bientôt et j’ai tellement hâte… Je sais (sans savoir bien sûr, tant qu’on y est pas confronté…) que ça va sans doute être très difficile d’être parent. J’ai aussi un peu peur de la tâche gigantesque qui m’attend pour mettre en pratique au quotidien ce programme dont je te parle plus haut. Mais je sais aussi que c’est sans doute le plus beau projet, la plus belle aventure de toute ma vie. Et qu’en plus, j’ai la chance d’embarquer dans ce très beau voyage avec un compagnon fabuleux, mon mari, mon amoureux.

J’ai envie de dire à ce petit être humain qui va bientôt nous rejoindre :
« On ne sera pas des parents parfaits, non. Mais promis, mon enfant, nous tenterons de faire de mon mieux.
Nous t’aimons très fort. »

Et toi, qu’est-ce que tu veux plus que tout pour ton enfant ? 

A propos de l’auteur

Maman d'une petite fille merveilleuse née en novembre 2017 et d'un petit garçon fantastique né en juillet 2019, j'habite aux Pays-Bas avec mon amoureux, j'ai été prof de FLE et directrice d'une école de langue que j'avais co-créée... Aujourd'hui, j'explore de nouveaux horizons et si tu veux continuer à me lire, ça se passe sur www.claire-schepers.com