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A la une / Témoignage

Cette envie-là…

Comme je te le disais la dernière fois, j’attends un bébé pour fin octobre ou début novembre.
Avant de te raconter comment je vis ma grossesse, je voulais revenir sur la genèse de tout ça : comment est-ce qu’on a eu l’idée saugrenue de vouloir nous reproduire.

Le passif

Bon, voilà, depuis toujours, je veux des enfants.

Pourquoi ?
En voici une bonne question ! Par conformisme ? Par tradition ? Par optimisme ? Parce que j’aime les défis ? Parce que je suis un peu folle ?

Source (creative common) : Alexas_photo

Bon, petite, je jouais beaucoup beaucoup à la poupée (et à la maîtresse – C’est un autre sujet mais je ne suis pas devenue prof par hasard).
Et puis, j’ai adoré avoir une petite sœur de 6 ans ma cadette.
À 13 ans, je commençais le baby-sitting.
À 17 ans, j’étais animatrice de colonie de vacances…
Ah et j’ai été au pair aussi.
Et puis, comme prof de FLE, j’ai développé une spécialisation pour le public des enfants.
Bon, voilà, j’aime être avec les enfants.
J’aime travailler avec les enfants parce que je trouve fascinant d’être à leur côté pour développer leur personnalité et leurs compétences.

Il était donc établi que je voulais des enfants. Point.

La situation

Un jour, j’ai rencontré un homme, enfin, que dis-je, j’ai rencontré L’Homme.

Depuis le tout début, nous savons que nous voulons des enfants ensemble.

Et si j’ai toujours eu ce désir pour l’avenir, le « un jour, j’aurai des enfants », s’est transformé en « nous serons parents ensemble ».
Et si la grossesse ne m’intéressait pas du tout par le passé, aimer à la folie l’amoureux m’a donné envie d’être enceinte de lui.
Les hormones, le désir, l’amour, la chimie et l’alchimie en somme ont fait que l’idée de fabriquer un être humain avec nos patrimoines génétiques est devenue une idée séduisante.
C’est-ti-pas-mignon-tout-ça ?

Alors, « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » ?

Après tout, je disais assez sérieusement ado que j’en voulais douze (façon de dire que les familles nombreuses me fascinaient, parce que bon, 12, c’est peut-être un poil exagéré). Avec une telle idée, il aurait fallu s’y mettre tôt…

Bon, il faut croire que les années qui passent m’ont rendue un tout petit peu plus raisonnable. Deux, trois enfants, ça peut être pas mal non plus. Et puis, c’est bien d’attendre une situation favorable, avec des situations professionnelles stables par exemple. Et puis « on a le temps »…

Le trouble s’installe doucement

En attendant, les autres n’attendent pas.
Je ne parle pas de ces gens qui te demandent dix fois en un repas de famille « alors, vous vous y mettez quand ? » (non, ceux-là, mon esprit de contradiction me donnerait plutôt envie de ne pas faire d’enfant…).
Non, je parle des copains, copines qui eux, s’y sont mis et bien.

Genre en cet été 2015 (oui, ça commence à remonter cette histoire), on a passé une semaine de vacances avec une femme enceinte, radieuse, une petite de 16 mois, trop craquante, et puis on s’est achevé en rendant visite à Monsieur et Madame Biologie avec leur petit chat trop choupinou. Tout ça ressemble vachement à une pub insidieuse pour la parentalité.
Et la phrase « on fait un enfant ? » commence à tourner dans ma tête et dans mes conversations avec l’amoureux. Il sourit et ne répond rien. Ça passe. Mes dialogues intérieurs me rappellent que ce n’est pas vraiment « le bon moment » (Planifions le voyage de noces tiens, on a dit qu’on commencerait là-bas…). L’envie est donc déjà bien là mais le trouble n’est pas encore très visible…

Passer du côté obscur

Et puis quoi ? Au mois d’octobre 2015, on apprend que l’amoureux devrait passer en CDI à la fin de son CDD au 1er janvier. Ça veut dire que les projets « voyage de noces » et « maison à nous » vont pouvoir décoller ?!! Moment d’excitation… On pourrait partir en voyage de noces au printemps !

Mais la vérité vraie ? La première chose à laquelle j’ai pensé quand il m’a annoncé la nouvelle, c’est « on va pouvoir faire un bébé ! ».
Et cette fulgurance m’a surprise…
J’aurais dû commencer à voir que je ne contrôlais plus grand-chose ! Mais non, mon petit cerveau a fait comme s’il maitrisait encore la situation… Quand je me suis rendue compte que donc, j’arrivais en cette fin octobre à ma dernière plaquette de pilules, je me suis convaincue très facilement (« c’est le plus logique, le plus intelligent ») que c’était vraiment idiot d’aller reprendre une prescription pour six mois alors qu’on rêvait de concevoir un bébé ce printemps (2016) en Californie et qu’en général, ça met justement six mois à marcher. Oui, vraiment, ça n’avait aucun sens de continuer à prendre la pilule, c’est sûr !

Il ne restait plus qu’à faire part de cette brillante idée à l’amoureux. Et comme je le redoutais, ça l’a un peu fait paniquer, la prise de décision ferme n’étant pas son fort. Quand il caressait l’idée de faire un bébé en voyage de noces, le voyage de noces était un projet sans date précise, ce qui permet de se projeter mais avec la sécurité du « plus tard ». Donc, l’amoureux a peur, il ne sait pas s’il est prêt.

C’est là que je commence à me rendre compte que je suis bien possédée par cette idée de maternité (façon « on a pris le contrôle de mon corps, HELP ») par cette envie de bébé : j’ai beaucoup de mal à en parler de manière rationnelle…

Mais je crois toujours beaucoup en la liberté de choix et je ne veux pas avoir l’impression d’imposer une aussi grande décision à mon mari.

Je décide donc de le mettre face à ses choix : je continuerai ma pilule s’il va me la chercher à la pharmacie mais je n’irai pas moi-même.
Ok, à toi, je peux te l’avouer : c’est un peu un calcul stratégique, comme souvent quand il n’arrive pas à se décider, il ne fait rien. J’espère un peu que ça penche de mon côté du coup…

Alors, a-t-il craqué à ce moment-là ? Tu le sauras au prochain épisode ! (Oui, je prends ma vie pour une série à suspense !)

Et toi, elle est arrivée comment ton envie de bébé ? Raconte !

A propos de l’auteur

Maman d'une petite fille merveilleuse née en novembre 2017 et d'un petit garçon fantastique né en juillet 2019, j'habite aux Pays-Bas avec mon amoureux, j'ai été prof de FLE et directrice d'une école de langue que j'avais co-créée... Aujourd'hui, j'explore de nouveaux horizons et si tu veux continuer à me lire, ça se passe sur www.claire-schepers.com