Menu
A la une / Récit de grossesse

Se projeter dans une grossesse « surprise »

Maintenant que tu sais comment on a appris ma grossesse non prévue et pris notre décision quant à sa poursuite, il est temps pour moi de te parler d’un aspect particulier de cette grossesse : la ma difficulté à me projeter. Nous devions prendre une décision rapidement, oui, mais pas sans réfléchir !

Cette grossesse étant une surprise, nous ne nous étions pas préparés. Nous en avions vaguement parlé auparavant, mais nous ne nous étions pas dit à un moment donné : « Tiens, si on mettait les essais bébé en route : on est prêts ! » On n’a pas eu cette réflexion, qui est plus ou moins longue selon les couples :

  • Est-ce que les essais bébé vont marcher rapidement ?
  • Et si on était dans l’impossibilité de concevoir ?
  • Est-ce qu’on est prêts psychologiquement, physiquement, financièrement ?
  • Est-ce qu’on va pouvoir s’occuper correctement d’un bébé ?
  • Est-ce que notre couple va tenir le choc ?
  • Est-ce que je serai un bon père/une bonne mère ?
  • Est-ce que je vais être à la hauteur des espérances des autres ?
  • Est-ce que je vais aimer ce nouveau statut de parent ?
  • Est-ce que je ne fais pas une bêtise, un acte égoïste, en mettant au monde un enfant dans ces conditions ?
  • Est-ce que je saurai trouver un équilibre entre vie de famille, vie professionnelle, vie de couple et vie sociale ?
  • Suis-je prêt(e) à oublier les grasses matinées et mes nuits complètes pendant quelque temps ?
  • Est-ce que je vais pouvoir assumer le caca, le vomi, le stress d’avoir un être entièrement dépendant de moi ?
  • Ne devrions-nous pas d’abord nous marier/acheter une maison/trouver un CDI/voyager/faire un saut à l’élastique/profiter de l’open bar/danser jusqu’au bout de la nuit (liste non exhaustive) ?

Non, ces questions, ces réflexions, nous n’avons pas eu l’occasion de nous les poser réellement avant la grossesse. Quand elles sont arrivées, j’étais déjà enceinte. Donc, exit les questions sur notre possibilité de concevoir ou non et sur le bon timing (qui n’avaient plus lieu d’être), mais bonjour les questions quant à notre capacité (ou pas) à gérer un enfant.

Les questions qu'on se pose lors d'une grossesse surprise

Crédits photo (creative commons) : J.K. Califf

On a donc fait face à ces réflexions tout en prenant en compte un facteur essentiel : le temps. Nous n’en avions pas. Quelle que soit notre décision, il fallait qu’elle soit prise rapidement. Et pour ça, il fallait qu’on réfléchisse vite – et bien. Difficile de se projeter aussi rapidement.

  • Nous n’étions pas prêts. (On n’y avait pas réfléchi avant.)
  • Nous n’étions pas stables. (Mais la stabilité attendue pourrait arriver rapidement, maintenant que l’Amoureux avait fini ses études.)
  • Nous voulions un enfant avec l’autre. (Oui, mais pas tout de suite.)
  • Nous ne savions pas où en était notre couple. (Après avoir passé un an séparés, difficile de s’en rendre compte d’office…)
  • Nous préférions nous marier avant. (Oui, mais on en voit souvent, des couples non mariés avec des enfants… et puis, nous étions pacsés.)
  • Nous n’avions plus de logement. (Mais ça ne saurait tarder : ça vient avec le boulot, ça, non ?)

Et si on ne trouvait pas de travail rapidement ? Comment allaient réagir nos familles et nos amis ? Nous étions les premiers à franchir ce cap dans notre cercle social, donc nous n’avions aucun point de comparaison. Les seuls autour de nous qui avaient un enfant étaient ma belle-sœur et son conjoint. Elle a eu son premier enfant au même âge que moi, sauf qu’elle était en CDI et avait déjà acheté sa maison : c’était donc « normal » pour tout le monde.

Nous avons fait un point. Avoir un enfant, ça nous faisait peur. On ne s’était pas préparés psychologiquement. On n’était pas passés par tout le processus mental d’acceptation. Il nous fallait réagir dans l’urgence.

Mais on s’est rendu compte qu’on se mettait nous-mêmes des bâtons dans les roues. Ça allait être difficile, mais quelle situation est « facile » ? Nous ferions face, tous les deux. L’Amoureux croyait en moi, et moi je croyais en lui. Nous voulions des enfants dans trois ans… Tant pis si celui-ci était trop impatient et arrivait maintenant.

Souvent, nous avons j’ai douté de notre choix. Mais à partir de ce moment-là, l’Amoureux s’est révélé un atout précieux, confiant : je devais l’imiter coûte que coûte. Quoi qu’il arriverait, nous y arriverions.

Comme le dit si bien mon chéri : « Il faut se mettre en tête que toute notre vie va changer, évoluer. Savoir que notre couple va évoluer, en pâtir probablement, jusqu’à ce qu’on s’adapte et qu’on trouve notre nouvelle routine. Il faut l’accepter. » Bon, bah, si tu le dis, c’est parti ! 

Et toi ? Tu penses avoir eu le temps de te poser toutes ces questions avant l’arrivée de bébé ? Comment ta réflexion a-t-elle évolué avant de te lancer ? Dis-nous !

A propos de l’auteur

26 ans, mariée depuis quelques mois, en couple depuis six ans et maman d'un bébé chat et d'un bébé (plus si bébé) Cookie né en avril 2016, je suis prof de français pour migrants, optimiste, bordélique, passionnée de voyages, de contes, de cuisine et de tout ce que essayer de faire avec mes dix doigts, je fatigue (légèrement) mon entourage. Mais c'est souvent pour la bonne cause ! Pour me contacter : Instagram : @djawene Email : freesiabdv@gmail.com