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Mes astuces si le sucre devient ton ennemi pendant la grossesse

Quand on est diabétique, on a souvent affaire à des gens qui, loin de nos préoccupations quotidiennes, sortent des âneries grosses comme eux.

On ne peut pas leur en vouloir : personne ne comprend mieux ton diabète que toi-même. Oui, je dis bien « ton » diabète, car l’expression de cette pathologie et certains de ses signes sont vraiment personne-dépendants. Moi, j’en suis même venue à me dire que chaque personne avait une insulinorésistance (grossièrement, l’incapacité des cellules à utiliser l’insuline) et une insulinite (re-grossièrement, la destruction des cellules qui produisent l’insuline) qui lui étaient propres.

Du coup, quand tu as eu la malchance de tirer la carte du diabète gestationnel, te voilà propulsée dans mon monde pour quelques mois. Moi, j’ai quelques années de vie commune avec la bête, donc j’aurais tendance à dire que c’est moins difficile pour moi que pour une personne lambda. Je te file mes petites astuces, en espérant qu’elles t’aideront à passer ces quelques mois de la façon la plus sereine possible.

Sucre

Crédits photo (creative commons) : Moyan Brenn

Moi/toi Vs mon/ton entourage

Pour beaucoup de personnes, le diabète de type 1, comme de type 2, voire de type 3, ne signifie qu’une chose : « Tu as dû un poil abuser sur les bonbons. » Dans leur tête, tu as une bonne cinquantaine d’années et tu es un peu bedonnante. On ne peut pas leur en vouloir : les campagnes de prévention servent, comme leur nom l’indique, à prévenir, donc elles mentionnent avant tout les cas liés au mode de vie.

Par conséquent, j’ai souvent eu affaire à des gens qui me trouvaient trop précautionneuse. Combien de fois n’ai-je pas entendu : « Tu ne trouves pas que t’en fais un peu trop ? » ou « Profite donc : avant, on n’en faisait pas tout un plat ! » ou encore « Moi, je connais plein de personnes âgées qui vivent bien avec du diabète ! ».

Aussi énervantes que peuvent être ces remarques, elles ne sont pas entièrement fausses. Mais elles sont représentatives de l’amalgame qui est fait. Et à cause de ces mêmes amalgames, tu risques d’en entendre des vertes et des pas mûres pendant ta grossesse.

Dans tous les cas, une explication claire s’impose. Il ne suffit pas de dire : « Je dois m’interdire le sucre. » Dans l’esprit de beaucoup de gens, ça ne veut rien dire. Parce que pour eux, le sucre, c’est le sucre blanc, auquel ils associent le goût sucré. Or, le sucre, ce n’est pas que ça.

C’est là que ta formulation devient cruciale : « Non, je ne m’interdis pas le sucre, mais vu que mon corps a du mal à le gérer, je n’ai d’autre choix que de faire attention à la quantité de glucides que j’absorbe. Oui, si j’en ai envie, je peux probablement me permettre un craquage, mais le fait que je ne le fasse pas, là tout de suite chez toi, ne veut pas dire que je suis devenue hyper rigide. C’est peut-être juste que j’ai déjà craqué hier ou avant-hier (voire les deux), pour des choses qui me faisaient plus envie. Ne fais pas ton repas en fonction de moi. Prépare ce que tu veux, je me dépatouillerai comme une grande avec les quantités. Si tu tiens vraiment à me faire plaisir, mets-moi juste une salade verte ou des légumes à disposition. »

Les étiquettes sont nos amies

Restreindre sa consommation de sucre est assez difficile dans nos sociétés occidentales. Il est présent un peu partout dans l’industrie agro-alimentaire. Mais pas que, hein !

On pense souvent que la seule solution est de tout préparer soi-même. Non, rassure-toi, tu peux encore t’en sortir avec l’aide de tes supers alliées : les étiquettes. Tu seras peut-être surprise d’apprendre qu’il y a autant de sucre dans tes tomates farcies de la marque X que dans un muffin, ou que le pourcentage de sucre peut passer du simple au triple en fonction des marques. Mais au moins, tu sauras à quoi t’en tenir.

On t’a probablement recommandé de faire aussi attention aux graisses ! Méfie-toi des versions allégées : elles contiennent souvent un poil moins de graisse, mais beaucoup plus de sucre, ou inversement.

En pharmacie, vérifie aussi qu’on te donne la version sans sucre, sinon tu risques d’avoir des soucis.

C’est sûr, tu mettras plus de temps à faire tes courses, mais tu pourras manger en étant plus sereine.

Ces aliments qui cachent bien leur jeu

Légumes

Crédits photo (creative commons) : Anelka

Tous les glucides ne se valent pas. Garde ça dans un coin de ta tête. Il te faudra certainement une phase d’adaptation pour appréhender ce à quoi ton organisme à toi réagit le mieux. Mais grosso modo, certains glucides risquent d’impacter plus fortement ta glycémie que d’autres.

En particulier, tous les sucres rapides, mais aussi certains féculents. Par exemple : les pâtes, le riz, le pain, la purée, les frites… Ça dépend toujours des gens, mais disons que plus ton produit de base est transformé, plus il risque d’avoir un impact sur ta glycémie. Et moins il comporte de fibres, plus il risque d’envoyer un uppercut à ta glycémie.

Voici comment je me débrouille avec les aliments du quotidien :

  • En remplacement des pâtes, j’ai testé les pâtes de lentilles. Ça a plutôt bien marché. Par contre, les pâtes au blé complet ont été un échec cuisant.
  • Pour remplacer les frites, dès que je peux, je prends plutôt une pomme de terre vapeur, ou alors je demande à avoir une petite quantité de frites, mais une plus grosse portion de légumes verts.
  • Le riz, complet ou pas, chez moi, c’est une catastrophe.
  • Pour le pain, je privilégie des pains riches en fibres etc.
  • Concernant les légumineuses, tu peux un peu plus te lâcher.

Enfin, attention à certains légumes : le maïs (qui a tendance à se comporter comme une légumineuse), la betterave (un poil sucrée, sans pour autant être très impactante pour ta glycémie) et les carottes cuites (là encore, plus de transformations = impact plus violent).

Céder judicieusement à la tentation

Donuts

Crédits photo (creative commons) : Inga Vitola

Même si je ne suis pas un palais sucré, je comprends que ce soit dur de devoir résister à toutes les bonnes choses qu’on aime du jour au lendemain.

Mais, si je peux te filer un tuyau, au lieu de craquer sur une part de gâteau au chocolat en plein après-midi, prends-la en fin de repas : tu verras, ses effets seront atténués. Profite aussi des jours où tu vas avoir une dépense physique plus importante si tu veux vraiment te faire un petit plaisir.

Certains édulcorants sont autorisés pendant la grossesse, et même si je n’en suis pas fan, je préfère ça à une future maman au bout du rouleau pendant neuf mois.

Bon à savoir : les rayons des hypermarchés se sont considérablement fournis en produits pour diabétiques. Tu y trouves des biscuits, de la pâte à tartiner, du chocolat à croquer et à pâtisserie, des confitures, etc. Sans oublier les magasins spécialisés qui, même s’ils ne sont pas partout sur le territoire, ont des sites internet qui fonctionnent pas trop mal.

Mais si tu as le temps, tu peux aussi faire la plupart de ces préparations toi-même :

  • Pour mes confitures, je ne rajoute pas de sucre : la cuisson confit les fruits toute seule. Pour qu’elles tiennent mieux, j’ajoute du jus de citron et de la pectine.
  • Pour les gâteaux, j’ai tendance à mettre un peu moins de farine pâtissière (T45) et à ajouter des farines plus complètes (châtaigne, T65…).
  • La plupart des aliments sont naturellement sucrés, et sinon, j’apporte du sucre par le biais de jus de fruit, de purée de fruits secs, etc.
  • Je remplace également le beurre par de la crème d’amande.

Les recettes sont quand même assez variées, tu peux donc te faire plaisir sans trop te priver.

Accepter que ton corps ne t’écoute pas

La grossesse est une situation diabétogène en soi, donc tu feras comme tu pourras, mais bien souvent, ton corps fera comme lui voudra.

Inspire profondément, et si en début de grossesse, tu fais des hypoglycémies (et ça, c’est valable pour tout le monde), diminue ta consommation de sucres rapides et augmente ta consommation de féculents. Et si l’idée d’un petit-déjeuner salé (version allemande ou anglaise) ne te défrise pas, ça peut aider.

Tu t’es couchée avec une glycémie nickel et le lendemain matin, elle est plus élevée ? Ne panique pas : le phénomène de l’aube (cette augmentation de la glycémie dans la nuit) est fréquent. Parles-en au médecin qui te suit, il y a plein de solutions qu’on peut mettre en place.

Vers 28 SA (plus ou moins, en fonction des femmes), ton diabète va peut-être s’envoler un peu (bon ok, beaucoup). Rassure-toi, c’est normal (enfin, je veux dire : prévisible). Si tu es sous insuline, tu peux te retrouver à devoir doubler tes doses. Ne t’en fais pas, ce n’est pas tant la dose qui importe, mais le fait que tes glycémies restent dans les clous.

Dernière indication : fais très attention après ton accouchement, tes besoins peuvent se normaliser progressivement, ou plus brutalement. Dans tous les cas, ne t’arrête pas immédiatement de surveiller ta glycémie. Tu risquerais d’avoir des surprises.

L’une des difficultés des femmes atteintes de diabète gestationnel est qu’elles doivent, en quelques semaines, acquérir une « culture » du diabète. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, tu dois savoir mesurer et interpréter tes glycémies, modifier et contrôler ton alimentation, et vivre avec la crainte d’une conséquence sur la santé de ton bébé. Des forums d’entraide et de soutien entre diabétiques existent et peuvent t’être d’une aide précieuse.

Et toi ? As-tu souffert de diabète durant ta grossesse ? Comment le gérais-tu ? Avais-tu aussi des astuces pour tenir ? Viens en parler !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Je suis une fille ( ça j'en suis sûre!), jeune ( faut le dire vite.) drôle ( oui, même si je suis la seule à rire ) Je suis enceinte de mon premier humain miniature, et je vis cette grossesse plutôt au jour le jour. Disons que comme il était pas prévu pour tout de suite, on a pas eu le temps de faire un power point avec plan détaillé. Je viendrais donc m'épancher ici sur cet état soi-disant merveilleux qu'est la grossesse.