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A la une / Témoignage

Comment un jour, j’ai failli subir une IVG

Petite mise en contexte : au moment des faits, je suis une toute jeune maman. J’ai 27 ans et un merveilleux mais très prenant petit garçon de 5 mois. Son papa travaille loin la semaine et ne rentre donc pas le soir : 10h de trajet aller-retour, ce n’est pas humainement possible. Il rentre tous les weekends, mais parfois, la semaine, seule, c’est vraiment dur et épuisant.

J’ai même arrêté d’allaiter parce que c’était trop fatiguant pour moi (entre autre). J’ai eu mon retour de couche peu de temps après cet arrêt. Mais j’étais déjà sous pilule microdosée depuis quelques semaines, le médecin m’a dit qu’il n’y avait aucun problème à ce que je continue comme ça jusqu’à la prochaine visite. OK, super ! Je n’aime pas spécialement aller chez le gynéco, et j’ai largement eu ma dose ces derniers mois !

Les semaines passent, je suis très occupée par différents événements. Et un jour, je me dis que ça fait un moment que je n’ai pas été réglée. J’essaie de compter, mais n’ayant rien noté, je ne suis pas bien sûre de moi. Peut-être 5 semaines, 6 ? Mon cycle est assez long, mais là je commence à flipper.

En faisant attention à mon corps un peu plus de 2 secondes, je me rends compte qu’effectivement, mes seins sont moins mous (arrêt de l’allaitement = seins mous), et je trouve l’odeur des couches et du vomi bien plus désagréable qu’avant. GROS flip !

Je sais que les tests urinaires de grossesse ne sont vraiment efficaces que le matin, quand l’urine est bien concentrée. Mais je ne peux pas attendre, je file à la pharmacie et je prends 2 tests. Un pour tout de suite, et un pour demain matin, au cas où. Mais en même pas 30 secondes, les 2 petits traits bleus apparaissent. Ceux-là même que j’avais attendus durant 6 mois, ceux-là même qui m’avaient fait pleurer de joie sous ma douche. Ce jour-là, je pleurais aussi, mais parce que j’étais perdue.

Oui, je voulais un deuxième enfant. Mais non, je ne le voulais pas tout de suite. Je ne voulais pas avoir à délaisser mon fils parce que j’aurai été trop fatiguée ou trop nauséeuse. Non, je ne voulais pas devoir me partager pour deux bébés, pas tout de suite. Je voulais profiter encore un peu de mon petit garçon. Je n’ai eu que 5 mois avec lui. Et traverser une deuxième grossesse, seule avec lui à charge… Je n’arrivais pas à l’imaginer. Et en même temps, je portais un bébé, un embryon, mais un bébé quand même…

cachée dans ses vêtements

Crédits photo (creative commons) : Mitya Ku

S’en sont suivi plusieurs discussions avec M. Biologie. J’avais peur de lui dire que je ne voulais pas de ce bébé. J’avais peur qu’il me prenne pour quelqu’un d’horrible, une mauvaise mère. Mais il n’a porté aucun jugement sur moi, c’est moi seule qui me jugais !

Il m’a dit que, quelle que serait ma décision, il me soutiendrait. Que mine de rien, c’était mon corps et que je pouvais donc choisir si je voulais, si je me sentais capable de « subir » à nouveau tous ces changements.

Mais je ne m’en sentais pas capable. Je voulais être une bonne mère. Et pour l’être au mieux pour mon fils, je ne pouvais pour le moment me résoudre à poursuivre cette grossesse. Je me suis donc renseignée sur les interruptions volontaires de grossesse. Le parcours n’est pas simple, mais c’est compréhensible, ce n’est pas un acte anodin !

Les démarches :

  • 1er rendez-vous avec son médecin pour confirmer la grossesse et être orientée vers un gynécologue qui pratique les IVG
  • 1er rendez-vous avec le gynécologue pour parler des démarches et se faire prescrire des examens
  • Prise de sang
  • Echographie
  • Rendez-vous facultatif avec un psychothérapeute spécialisé
  • 2ème rendez-vous avec le gynécologue pour dater la grossesse, et choisir la méthode adaptée pour interrompre la grossesse. (La méthode médicamenteuse, jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée. Elle se fait en 2 prises. Les deux comprimés provoquent des réactions physiologiques semblables aux règles – ouverture du col, arrêt de la nidification, contractions utérines. Ou la méthode chirurgicale, jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée. L’opération se fait en ambulatoire. L’œuf est aspiré directement dans l’utérus.)
  • Prise de sang une semaine plus tard, quelle que soit la méthode pour vérifier que le taux de bétaHCG revient à zéro
  • 2ème rendez-vous avec son médecin pour choisir sa nouvelle contraception.

J’ai d’abord rencontré ma gynéco. Elle m’a examiné et a confirmé, grâce à la prise de sang faite au préalable, que j’étais bien enceinte. Elle a été très humaine. Elle ne m’a pas posé de questions indiscrètes, ce que je redoutais. Elle m’a orientée vers l’une de ses consœurs. Sache qu’un médecin ne peut pratiquer d’IVG sur ses propres patientes.

J’ai donc pris rendez-vous avec cette nouvelle gynécologue. Il me fallait attendre 2 semaines de plus. Au secrétariat, on m’a indiqué qu’il leur faudrait une échographie et la prise de sang. Normalement, ils peuvent faire l’écho, mais pour gagner du temps, j’ai pris rendez-vous là où j’allais pour ma précédente grossesse. Ils m’ont trouvé une place très rapidement.

Un lundi après-midi, après le boulot, je me rends donc avec une amie au cabinet d’échographie. C’est un gynécologue qui me reçoit et qui pratique l’examen. D’abord classique, une écho pelvienne, puis plus poussée, une endo-vaginale. Il n’arrivait pas à trouver l’embryon, c’est assez courant à ce terme.

Je te rapporte tels quels les mots de ce médecin pas du tout rassurant : « Ah oui mais là ça va être un peu plus compliqué… ».
Mon cœur s’est emballé, une boule de stress est montée à ma gorge, mais j’ai réussi à lui demander quel était le problème.
« Votre grossesse est dans la trompe. »

Délicatesse quand tu nous tiens…

L’IVG n’était donc plus d’actualité. Je me dis que la nature a choisi à ma place. Parfois, je me dis même qu’au fond de moi je savais qu’il ne fallait pas que je me réjouisse de cette grossesse, que quelque chose n’allait pas. C’est mon interprétation et elle va dans mon sens, c’est plus « facile » ainsi, autant que puisse l’être une grossesse extra-utérine. Mais ça, je te le garde pour un autre récit.

En tout cas j’espère ne plus jamais avoir à choisir de garder ou non un enfant. Du coup, j’ai choisi de porter un stérilet. Normalement on ne le conseille pas aux femmes qui veulent encore des enfants mais de nos jours les risques infectieux sont extrêmement faibles !

Les médecins m’avaient conseillé le stérilet hormonal, mais j’ai passé plus de 12 ans sous pilule, je me dis que ça n’est pas forcément la solution la plus adaptée pour moi. Je me ferai donc poser d’ici la fin du mois un stérilet au cuivre. Il parait qu’il provoque plus de saignement, mais je ne suis pas à un jour près. En attendant, c’est préservatif ! Même si ça nous embête carrément (on s’habitue vite à ne plus en mettre, surtout au bout de 5 ans !), le jeu n’en vaut pas la chandelle. Et puis on a pu tester différents modèles, ce que nous n’avions jamais eu l’occasion de faire.

Et toi ? Tu es tombée enceinte alors que ton enfant précédent était encore tout bébé ? Tu te sentirais prête à gérer deux bébés en même temps ? Qu’en pensait ton compagnon ? Viens en parler…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je suis l'heureuse maman trentenaire de 2 beaux enfants. Chaton mignon né avec un peu d'avance en 2013 et Petite chouquette née en 2017. Je me suis mariée avec M. Biologie en 2014 et on a acheté une maison avec des menus travaux en 2015. J'ai la joie d'exercer un métier passion à mon compte depuis 2012. Nos vies ne sont pas de tout repos, mais je me sens bien dans cette petite famille de fous. Pour le reste, je te laisse en apprendre plus dans les articles !