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Le terrible two… avant 2 ans

Cet été, Dans Ma Tribu et ses chroniqueuses prennent quelques jours de vacances… Nous serons de retour le 22 août avec des nouvelles chroniques et de nouveaux témoignages ! En attendant, nous t’avons concocté un petit best of des articles les plus vus de l’année 2016. Ce sont donc toutes tes chroniques préférées que tu retrouveras dans les jours à venir ! 🙂

Ah ! Rien que le nom te fait trembler, toi la maman d’un petit de moins de 15 mois… Tu l’appréhendes. Tu ne sais pas ce que c’est, mais en même temps, on t’en a tant parlé que si, tu crois bien savoir un petit peu…

Le terrible two, tu en trouveras de nombreuses définitions sur la toile. Je ne vais pas les répéter, même si je vais parfois citer des livres ou des articles. Je trouve difficile de « cantonner » tous les enfants de 2 ans au terrible two. Disons plutôt que c’est une phase de leur apprentissage par laquelle ils passent, chacun à son rythme, chacun à sa façon.

Chaque enfant est différent. Un petit de 15 mois marchant déjà bien pourra littéralement te faire courir partout, alors qu’un petit qui prend son temps ne pourra pas user des mêmes astuces pour te rendre folle !

Je vais te parler de notre expérience et de comment nous l’avons vécue (et la vivons encore).

Terrible two

Crédits photo (creative commons) : Lianne Viau

Une sorte d’adolescence

J’assimile vraiment cette période à une « mini-adolescence », comme j’ai pu le lire. En effet, de ce que j’ai pu constater, mon bébé est devenu un enfant, comme un enfant devient un adolescent, puis un adulte.

D’ailleurs, c’est assez amusant, mon fils dit déjà depuis plusieurs mois que non, il n’est pas un bébé, mais un petit garçon. Si on lui dit « mon bébé », « mon chouchou » ou autre, il répond : « NON, petit GARÇON !! » C’est important pour lui !

Je trouve que ça reflète assez bien la difficulté de cette période. Le bébé devient un enfant, et veut donc prendre son indépendance et imposer ses choix. Cependant, il reste un tout-petit, qui ne peut pas tout faire tout seul. En somme, le parent doit l’accompagner dans son « émancipation », sans toutefois l’abandonner, ni « casser » sa personnalité naissante. Toute la difficulté est là :

  • Laisser libre, mais cadrer lorsqu’il dépasse les bornes.
  • Laisser faire « TOUT SEEEEUL », mais ne pas le laisser se mettre en danger.
  • Laisser passer des choses sans importance, le laisser faire ses découvertes, mais rester intransigeants sur d’autres règles…

Les débuts

Pour notre part, notre charmant petit ange a commencé à nous tester dès 15 mois environ, à coup de bêtises qu’il savait interdites, en nous narguant du regard. Il a marché à 12 mois pile, donc il savait déjà bien se déplacer. Et il a vite compris le pouvoir qu’il avait sur les objets !

Il fallait donc dire NON, et redire NON. Le livre J’ai tout essayé d’Isabelle Filliozat appelle cette phase de 12 à 18 mois la « période du non des parents ». Cette expression a pris tout son sens avec notre petit coquin !

Non, on ne mange pas la queue du chat. Ni ses croquettes. Non, on ne saute pas dans le bain, ça glisse. Non, on n’arrache pas les fils électriques, c’est dangereux. Non, on ne rentre pas dans le tiroir à casseroles. Non, on ne jette pas les galets du pot de fleurs sur le carrelage tout neuf… Et bien d’autres perles dans ce style !

À ce stade, nous n’utilisions que le non. L’enfant ne parlant pas encore vraiment, il est difficile de dialoguer. On lui disait non en lui expliquant pourquoi (ça casse, c’est dangereux, ça fait mal…).

La difficulté, pour moi, ça a été de discerner les moments où il se « moquait » de nous, ou faisait une bêtise exprès, et ceux où il ne savait pas. Je disais souvent : « C’est encore un bébé ! » ou « Il ne sait pas… » Mais il ne faut pas louper le coche non plus.

On a aussi beaucoup eu droit aux jets d’objets et hurlements, car on devait ramasser dans la seconde… À un moment, je pense que l’enfant le fait exprès : ce n’est plus le test du jouet qui disparaît/réapparaît, apprentissage qu’il fait plus jeune.

Cette phase fut très éprouvante pour moi, car au bas mot, il m’arrivait de lui dire NON (pour les galets en particulier) parfois douze à quinze fois par soirée (de 18h à 19h30, donc…). Et comme il était encore assez petit, difficile de « punir » ou de trouver autre chose que le non. Mais on a tenu bon, et petit à petit, il a cessé ce jeu.

Quand il a pu comprendre, nous avons également instauré le « coin », qui chez nous consiste à s’asseoir sur l’escalier. Et s’il le peut, nous lui faisons réparer sa bêtise.

Si tu as d’autres idées pour appréhender cette période, je serais ravie de les lire en commentaire et de les tester avec mon deuxième enfant !

De notre expérience, je dirais que les maîtres-mots sont « patience » et « calme »… Deux qualités qui me font défaut, et dont mon fils manque cruellement également, ayant hérité de mon caractère pourri affirmé. Ça a d’ailleurs été l’occasion pour moi de me remettre en question : j’ai constaté que ce manque de patience (ses hurlements dès qu’il avait perdu sa sucette, par exemple) était réellement irritant, et je me suis rendu compte que j’étais pareille en mode adulte…

Protéger ou non son environnement

Nous avons pris le parti de ne pas utiliser de bloque-porte ou de protège-coin. Nous trouvions qu’expliquer suffisait. Nous avons ôté quelques objets dangereux, mais notre espace de vie est globalement resté le même. Seul le four a une sécurité (oui, le mignon petit enfant l’allume tout seul !) (et le chat allume les plaques à induction, mais c’est une autre histoire…).

Nous avons eu quelques incidents, mais qui l’ont aidé à comprendre. Un jour, il a touché une casserole chaude à table, alors que nous lui avions expliqué le danger. Après cet incident, il reculait quand je mentionnais le mot « chaud ». Ce n’était plus abstrait pour lui, il l’avait testé. Il ne jouait plus avec le robinet du bain quand je disais que c’était chaud. Maintenant, quand il voit ma tasse de café, il dit : « Chaaaud ! Brûler ! Mal ! » et ne touche jamais. Message reçu. Parfois, un petit incident sans gravité peut se révéler utile : il faut tirer le positif des expériences négatives.

D’ailleurs, petite parenthèse : ma mère a offert ce livre sur les dangers de la maison à mon fils, et il comprend très bien. On y voit que les ciseaux peuvent couper le doigt, que tel objet est dangereux, qu’on peut trébucher sur le tapis, etc. Ça peut aider à faire comprendre à l’enfant pourquoi certaines choses sont interdites.

De 18 mois à 24 mois

Là, le petit bougre (ou la petite bougresse) a vraiment décidé de te faire ch*er tester ta patience et ton self-control. C’est « la période du NON des enfants » selon Filliozat. HA HA HA !

Mon père, médecin, la résume ainsi : « L’enfant doit nier l’autre pour s’affirmer. Il dit NON même s’il pense OUI, pour s’opposer. »

Notre fils a commencé à bien parler vers 18 mois et sait bien exprimer ce qu’il veut. Il mange comme un glouton, aime tout, mais quand on lui propose un plat qu’il apprécie, il jette sa cuillère de toutes ses forces, tourne la tête et dit : « NON. CHOCOLAT. » Ah d’accord. Bien sûr.

Donc là, je ne sais pas quelles sont les meilleures méthodes. Au début, j’ai voulu faire du forcing, stressée que j’étais. Ça a été un échec cuisant. Mon mari me disait de laisser tomber, qu’il était gourmand et qu’il mangerait bien quand il aurait faim. Il avait bien sûr raison…

Aujourd’hui, quand ça se produit :

  • Si c’est un plat qu’il aime, nous ne cédons pas. Pas de cris, nous lui expliquons qu’il doit manger un peu de son plat avant le dessert, car on ne peut pas manger que du dessert. Je lui dis calmement que moi aussi, je préfère le yaourt aux légumes, mais que les légumes, c’est quand même bon (surtout ceux que j’ai cuisinés, ha ha !) et que nous devons manger de tout pour être en bonne santé. Nous ne le forçons jamais à finir totalement une assiette, par contre : nous estimons qu’un enfant a le droit d’adapter les quantités ingérées à son appétit.
  • S’il refuse toujours (ce qui devient plutôt rare), il finit par taper sur la table et à faire le zouave. Nous le sortons alors de table, en lui disant que la table, c’est pour manger, et que nous, nous souhaitons finir notre repas tranquillement. S’il a fait une bêtise, comme jeter un aliment ou son assiette à table, il est puni et doit aller s’asseoir sur l’escalier. S’il a juste refusé de manger, il peut aller jouer ou faire une autre activité. Il a le droit de ne pas avoir faim. En général, il revient dans les minutes qui suivent et finit son repas normalement.
  • Si c’est une nouveauté à manger, nous estimons qu’il a le droit de ne pas aimer et ne le forçons pas.

Autre souci rencontré : la table à langer. Mon fils est grand et costaud, et il me roue de coups sur sa table quand il est fâché. J’essaie de l’habiller debout de temps en temps, mais alors il se sauve et gigote, et c’est encore pire. Depuis que je suis enceinte de mon deuxième, c’est encore plus difficile quand il s’y met.

Là, en général, on ne cède pas, et ça finit souvent en larmes, ce que je déteste. Mais trente secondes après, il « change de sujet », en me parlant de la peluche sur la commode ou de ses jouets de bain… C’est un pro pour noyer le poisson !

Lorsqu’il dit NON alors qu’il ne le pense pas, juste pour s’opposer, nous obtempérons à son non, pour qu’il voie la portée de ses paroles. Par exemple, le matin, quand je lui demande de se mettre debout pour le sortir de son lit, s’il dit non, je ressors de la pièce en disant : « D’accord, tu veux sans doute dormir encore. » Dans la seconde, il me rappelle et obéit.

Rester ferme

C’est la chose la plus difficile, je trouve. Rester cohérente, ne pas céder car je suis fatiguée, j’en ai marre, ce n’est pas si grave, etc. Mais l’enfant ne comprend pas si un jour, c’est oui, un jour, c’est non. Donc même au bout du rouleau, si c’est une bêtise récurrente (renverser les croquettes des chats, par exemple), on lui dit qu’on n’est pas d’accord, qu’il doit réparer sa bêtise (s’il le peut).

En ce moment, il lui arrive de ne pas obéir lorsque je lui demande de venir, de mettre ses chaussures, son manteau, de monter l’escalier… Après plusieurs demandes gentilles, je lui dis que je compte jusqu’à trois et qu’après, c’est moi qui le fais. Après l’avoir porté à l’étage sous le bras quelques fois, ou mis son manteau, il a compris. Quand je commence : « UUUUN, DEEEUX… », il arrive en courant neuf fois sur dix. Il sait que j’agis à trois !

L’assistante maternelle est sur la même longueur d’onde. Les réactions aux bêtises sont les mêmes chez nous et chez elle. Avec cette « harmonie » de réactions, il sait qu’il n’a pas de porte de sortie avec certaines bêtises, et arrête de lui-même.

Enfin, pour dédramatiser tout ça, je dirais que c’est une phase obligatoire de construction de l’enfant : il ne faut pas essayer de la nier, mais de passer au travers le plus aisément possible. C’est normal de craquer certains jours. En général, notre fils nous teste une ou deux semaines, puis est adorable pendant plusieurs semaines, avant de retenter durant quelques jours. C’est cyclique.

Et bien sûr, je parle ici de « gestion de crise », mais n’affolons pas les non-mamans : ce n’est pas tout le temps comme ça, et dans notre cas, pas la majorité du temps du tout ! Notre fils est très mignon, et nous passons de superbes moments en famille. Il range seul ses jouets, dort bien, mange bien, et est très serviable. Il dit merci, s’il te plaît, pardon… Mais oui, parfois, il se rebelle, comme nous tous !

Et toi, quelles sont tes astuces ? As-tu vécu le terrible two ? En as-tu peur ? As-tu des conseils pour la suite (mon fils n’a que 2 ans) ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Trentenaire, mariée, maman, propriétaire en campagne, cadre (pas trop) dynamique, sportive (à mes heures), coquette, gourmande..... et j'en passe! Je suis mariée depuis début 2013 et maman depuis début 2014 pour la première fois. J'adore manger, cuisiner, tricoter, lire, me promener, jouer du piano .... et les chats! Je jongle entre ma vie de femme et de maman, en incluant le boulot là dedans. Pas facile tous les jours mais quel bonheur :-) Au point que nous avons récidivé: nous avons accueilli notre deuxième fils tout récemment! Et je suis évidemment totalement folle de mes deux enfants :-)