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A la une / Témoignage

Quand j’ai vécu ma première FIV


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Bon, alors, d’abord, si tu le permets, petit point technique…

C’est quoi une FIV ?

En PMA, il existe plein de façons différentes de t’aider à faire des bébés. Je ne vais te parler que de celles qui concernent l’infertilité masculine, car d’autres Tribulettes te parleront mieux que moi de l’infertilité féminine.

En gros, selon le « degré d’infertilité » de Monsieur, l’âge du couple, les antécédents de Madame, etc., voici ce que l’on peut proposer :

  • une IAC : Insémination Artificielle avec sperme du Conjoint. Elle peut se faire sur cycle naturel : on injecte directement un peloton de spermatozoïdes dans la maman, c’est juste un petit coup de pouce à la nature (il arrive que les spermatozoïdes soient préalablement triés, ou que la maman ait été stimulée avant, pour optimiser les chances de réussite).
  • une IAD : Insémination Artificielle avec sperme de Donneur. Même combat que l’IAC, sauf que le sperme vient d’un donneur anonyme.
  • une FIV : Fécondation In Vitro. C’est de ce processus que naissent les fameux « bébés-éprouvette ». On stimule Madame de façon à ce que de nombreux ovules soient prêts, on déclenche leur éclosion simultanée (contrairement à ce qu’il se passe dans un cycle naturel, où ils n’éclosent qu’un par un), et on vient récupérer les ovocytes, qui sont ensuite mis dans des éprouvettes avec quelques spermatozoïdes. On surveille la fécondation des ovocytes et le stade de développement des embryons obtenus, puis on les implante dans la maman après trois à cinq jours de « maturation ».
  • une FIV ICSI : Fécondation In Vitro avec Injection Intra-Cytoplasmique. C’est tout comme la FIV, sauf qu’au lieu de laisser les spermatozoïdes se débrouiller avec l’ovule, on va en choisir un, qu’on va injecter directement dans l’œuf, et forcer ainsi la fécondation.
FIV PMA

Crédits photo (creative commons) : zhouxuan12345678

Ma FIV ICSI à moi

Le 7 mars, je commence mon protocole à 20h30, heure que choisit ma nièce, à l’autre bout de la France, pour déclencher le travail de sa maman. Elle est née à 1h du matin, pour la « journée de la femme », faisant la fierté des militantes de ma famille.

Le 7 mars, l’une de mes amies, infirmière, me montre comment utiliser mes différentes aiguilles. Par la suite, chaque soir, Monsieur Loup mélange consciencieusement les poudres et les liquides, nettoie un carré de mon ventre à l’alcool, pique avec application et fait bien attention à compter dix secondes avant d’enlever l’aiguille. Ça nous fait de drôles de rituels, quoi…

Depuis le 7 mars, donc, j’ai des bleus plein le ventre. Et des pansements dans le pli du coude tous les deux jours, surveillance médicale et prises de sang obligent.

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Crédits photo : Photo personnelle

(Oui, glamour, je me piquais dans mes toilettes…)

Je pensais réagir vite, mais finalement, le samedi 15 mars, les infirmières décident de prolonger mon traitement. Je me rends au mariage de la copine chez qui j’ai fait ma première piqûre, avec cette impression étrange de vivre les choses en décalé, de vivre plusieurs moments importants en même temps. Toutes les copines me demandent comment ça se passe : elles savent que je suis en plein processus pour devenir maman.

Heureusement, je réagis très bien à tout ça : les aiguilles ne me font pas peur, je n’ai pas de sautes d’humeur (enfin, pas plus que d’habitude), de douleurs, d’effets secondaires. Je ne prends pas de poids non plus, et c’est tant mieux : j’ai de l’avance…

La ponction

Finalement, ma ponction est programmée le vendredi 20 mars. N’ayant jamais subi d’opération, je ne sais pas comment je réagirai à l’anesthésie. Le Docteur Pire m’a dit que la majorité des patientes choisissaient l’anesthésie locale. Allons-y pour ça (oui, moi non plus, je ne sais pas comment je fais pour lui faire encore confiance…).

Le jour J, je suis en fait la seule qui ne suis pas sous anesthésie générale, et je passe donc la première. Après m’avoir fait revêtir mes habits de lumière (hum), on me fait boire un décontractant et on m’embarque en fauteuil roulant, tout sourire, pour une salle de prélèvement.

Pour te décrire la chose, c’est une petite salle avec une table, un écran d’échographie, une chaise gynécologique, et au-dessus, un petit sas qui donne sur le labo où seront immédiatement traités les ovules récupérés.

Je m’installe sur la chaise… et vois débarquer le Docteur Pire. Je manque de déchanter à ce moment-là, mais il est accompagné d’une infirmière que j’aime bien, donc je reste sereine. Il s’installe entre mes jambes, et l’infirmière allume l’écran. Elle pose la sonde sur mon ventre, et une multitude de taches sombres apparaissent sur l’écran. Mes follicules !! Je me dis que j’ai la chance de voir là les premières images de mon bébé !!

Le doc vit sa vie plus bas. Bétadine, puis lavement à l’eau chaude, puis anesthésie (il paraît qu’il pique dans les parois, mais je ne sens strictement rien, je me demande même s’il a vraiment piqué). L’infirmière m’explique TOUT ce qu’il se passe, et franchement, je trouve ça extrêmement rassurant… et intéressant !

Sur l’écran apparaît une longue ligne blanche.

« C’est l’aiguille, me dit l’infirmière.
– Ah bon ? Je ne sens rien ! »

L’aiguille entre dans une tache sombre, et celle-ci est aspirée petit à petit à l’intérieur de la ligne blanche. Il fait ça à plusieurs reprises, puis donne la « seringue » au laborantin par le petit sas. Le Docteur Pire enlève son masque, et me dit : « Madame, on se revoit dans un peu plus d’un an… pour votre deuxième enfant ! » C’est bizarre de le voir si joyeux et positif.

L’infirmière essuie le produit sur mon ventre, et on remonte dans ma chambre. À 9h, c’est plié ! Je dors quatre heures, en attendant que mon mari revienne me chercher, puis l’interne me débriefe : « Il y avait seize follicules, huit étaient matures et ont été fécondés. Lundi, on vous fait un transfert de J3 (l’âge de l’embryon, donc), et on attendra deux jours de plus pour congeler ceux qui resteront. »

Un embryon âgé de 5 jours passe au stade « blastocyste ». Ils sont moins nombreux à y arriver, il y a pas mal de pertes entre J3 et J5, en général. Mais les blastocystes sont plus résistants à la congélation et s’implantent mieux par la suite.

L’interne me fait un arrêt d’une semaine, en précisant bien que c’est une semaine de REPOS, et me souhaite bonne chance. (La semaine de repos n’est pas systématique, ça dépend des hôpitaux… Techniquement, j’aurais pu reprendre le boulot l’après-midi même, ce n’est pas une opération traumatisante… Mais j’étais si épuisée que j’ai bien profité de cette semaine !)

Le transfert

Le lundi matin, à 10h, nous attendons notre tour avec cinq autres couples. Présence de Monsieur obligatoire.

Cette fois, nous entrons à deux dans la même petite salle. Je m’installe. Je ne connais pas le gynéco qui va s’occuper de moi : il est plus vieux que le Docteur Pire, moins bavard. L’infirmier qui l’accompagne ne me dit pas grand-chose non plus… Ils se contentent de vérifier nos identités. Puis :

« Bien, nous allons procéder au transfert d’un embryon au stade J3.
– On ne peut pas en mettre deux ?
– Non, compte tenu de votre âge et des risques liés à une grossesse gémellaire, on n’en met qu’un. Vous avez dû en discuter avec votre gynécologue. »

(Inutile de te dire que NON, le Docteur Pire ne nous a parlé de rien, il a pris la décision tout seul.)

« Mais si on en veut, nous, des jumeaux ? »

(Et vraiment, ça faisait deux ans qu’on se disait qu’on aurait des jumeaux.)

« Madame, vous n’avez pas le droit de dire ça, » nous coupe le gynéco d’une voix froide.

On se tait, on regarde l’écran. On voit une bulle apparaître au bout du tuyau blanc. Puis on nous dit : « Voilà. » L’infirmier prescrit une prise de sang pour contrôler tout ça dans quatorze jours, et on repart.

Je sais que la gravité n’a pas tellement de prise là-dessus, mais je ne peux pas m’empêcher de serrer les jambes sur le chemin du retour…

Et toi ? Tu as eu une FIV ? Comment s’est passé le traitement ? Le transfert ? As-tu vécu une expérience très différente de la mienne, ou au contraire très proche ? Viens nous dire…

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Bretonne de cœur, Normande de racines, Parisienne d'adoption. Mariée à Monsieur Loup, mon prince Charmant, depuis juin 2012, et maman d'une petite Lueur depuis décembre 2015. Dessinatrice, fan de Disney, gamine dans l'âme, je suis une éternelle positive... et c'est pas toujours facile ! Tu peux désormais me retrouver sur www.bribesdevies.fr, et me suivre sur instagram @chaperonrouge_et_cie