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A la une / Récit de grossesse

Mes bébés et moi, 7 mois de relation

La dernière fois, je t’ai parlé des maux de grossesse et je t’ai avoué que pour moi, ces neuf mois étaient assez éprouvants physiquement. En revanche, dans ma tête, ça va super bien !

Je voulais te parler de la « communication » entre mes bébés et moi. J’avais lu que, selon les trimestres, la conscience de la maman par rapport à sa grossesse changeait, et j’ai trouvé que ces étapes correspondaient assez bien avec ce que j’avais vécu…

Premier trimestre : « Je suis enceinte ! »

Au premier trimestre, on n’imagine pas son bébé. Tout ce qu’on voit, c’est qu’on est « enceinte ». Avec ses symptômes plus ou moins agréables, ou son absence de symptômes, on se sent uniquement « enceinte ». Le petit embryon qu’on abrite est encore si fragile, la fausse-couche reste une menace très présente, on ne peut pas se projeter avec un bébé, on est juste « enceinte ».

Et puis, vers la fin de ce trimestre, on atteint enfin la douzième semaine, où les risques majeurs de fausse-couche sont écartés. On fait l’échographie du troisième mois, on entend le cœur du bébé, et enfin, les choses se précisent, deviennent un tout petit peu plus réelles.

Personnellement, j’ai beau avoir eu plusieurs échographies pendant ces trois premiers mois, je n’ai pu me projeter réellement qu’assez tard, comme je te l’expliquais précédemment. Ça ne m’empêchait pas d’encourager mes bébés, de leur parler dans ma tête, mais un peu comme on adresse une prière, sans être trop sûre que Dieu entende.

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Crédits photo (creative commons) : Jerry Lai

Deuxième trimestre : on imagine son bébé

Durant le deuxième trimestre, on commence à ne plus se projeter seulement enceinte, mais avec un enfant (eh non, ce n’est pas pareil !). C’est un enfant un peu fantasmé, imaginé, « un enfant », plutôt que « son enfant ».

Au début de ce trimestre, en général, on ne sait pas si c’est un garçon ou une fille. Ça n’aide pas à avoir une idée concrète de son bébé ! Certains parents se gardent la surprise, mais moi, clairement, je voulais savoir ! J’avais besoin de rendre ces bébés réels. Je voulais un garçon et une fille, le papa voulait deux filles, nous aurons… deux garçons ! Et figure-toi que désormais, je ne voudrais plus autre chose ! Si on me disait : « Oh pardon, on s’est trompés, il y a un garçon et une fille ! », eh bien, je serais déçue !

Pendant ce deuxième trimestre, je me suis dit qu’il faudrait commencer à leur parler, à communiquer avec eux. Oui mais voilà, je ne les sentais pas, ou presque pas, et l’idée de parler tout fort à ces deux-là me semblait vraiment bizarre. Je n’étais pas du tout à l’aise, j’avais l’impression d’être ridicule. Du coup, je culpabilisais un peu, en me disant que peut-être, je n’arriverais jamais à communiquer avec eux, donc que j’allais être une mauvaise mère, donc qu’ils seraient malheureux, et donc qu’ils deviendraient psychopathes. Bref, que des pensées très rationnelles de future maman.

Alors pendant mes vacances, toute seule dans la piscine, puisque je n’arrivais pas à leur parler, j’ai décidé de chanter. Rien que pour eux. Je me sentais moins bête qu’en parlant tout haut. Sauf que bizarrement, il n’y a que des trucs supra ringards qui me sont venus. Je me suis retrouvée à chanter du Sardou (La java de Broadway), du Gérard Lenormand (La ballade des gens heureux), du Anne Sylvestre dans ma piscine andalouse… Heureusement, il n’y avait pas grand-monde pour se moquer de moi aux alentours (j’avais pris soin d’aller à l’étranger, maligne que je suis). Bref, si mes enfants sont de gros ringards musicalement parlant, on saura d’où ça vient. Mais mieux vaut ringards que psychopathes, non ?

En attendant, ringardes ou pas, mes chansons chantées exprès pour mes enfants, en pensant à eux et en leur faisant des caresses à travers mon ventre, m’ont permis de faire un premier pas vers eux.

Troisième trimestre : le bébé devient réel

Au troisième trimestre, les choses deviennent plus concrètes. Le bébé est clairement présent, on sent ses mouvements très souvent, on ne se demande plus si c’est bien lui, on le sait parfaitement.

Nous connaissions donc les sexes, et nous avons réfléchi aux prénoms. Ça y était enfin, j’avais conscience d’attendre CES deux petits garçons. Pas juste « des bébés ».

Et doucement, j’ai commencé à leur parler. À leur parler vraiment, à eux. À leur dire quand je les sentais. À leur raconter notre journée. À leur dire que je les aimais et qu’on était si heureux qu’ils aient bien voulu être assez forts pour s’accrocher et devenir nos enfants. À leur parler de mes émotions. À leur expliquer pourquoi Maman avait de la peine et pourquoi elle pleurait juste après le 13 novembre…

J’ai arrêté de chanter, je n’en avais plus besoin. Sauf pour notre petite chanson du soir, que je chante pour eux dans mon lit, juste après avoir fait le bilan positif de la journée (« Qu’est-ce qui était bien aujourd’hui ? » Oui oui, même les jours un peu pourris) et juste avant de dire bonne nuit. Je n’ai plus honte de parler tout fort, désormais, même devant leur papa. Parce que je ne parle plus « dans le vide », je leur parle à eux. À ces vraies personnes que sont maintenant mes bébés.

Et toi, comment as-tu communiqué avec ton bébé pendant ta grossesse ? Ça t’a semblé facile, ou comme à moi, vraiment bizarre au début ? Est-ce que tu te reconnais dans ces trois phases, ou pas du tout ? Raconte !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée, 40 ans, parisienne et future maman... de jumeaux ! Quand ils seront là en janvier 2016, on tâchera de résoudre l'équation petit appart et seulement deux bras par adulte avec deux enfants, leurs rythmes et leurs besoins + tout ce que ça implique comme nombre de couches, de biberons, de meubles, de poussettes etc. Mais avec un peu d'ingéniosité et de débrouillardise (et autant d'humour et de recul que nos nuits sans sommeil nous le permettront) on va s'en sortir, j'en suis sûre !