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À nos étoiles : un compte pour parler du deuil périnatal


Publié le 9 octobre 2019 par Urbanie

Je m’en viens faire une minute « auto-promo » pour te parler d’un compte Instagram ouvert en août dernier : À nos étoiles (@a_nos_etoiles) un compte spécialement dédié à toutes celles et ceux qui ont vécu un deuil périnatal, mais aussi à leurs proches. Un compte bienveillant (je le modère comme une louve surveille ses petits), ouvert à qui le souhaite (mais on s’essuie les pieds avant d’entrer et on ne fait pas caca sur la moquette).

Crédit photo: @a_nos_etoiles

Quelle que soit la cause, quel que soit le terme de la grossesse, j’y aborde les difficultés rencontrées pendant le vécu du deuil: les remarques blessantes de l’entourage (le « Bingo du deuil périnatal »), les questions que les parents endeuillés se posent nécessairement, mais aussi des conseils apportés aux proches via les « phrases qui font du bien ». Parce que s’il est important de parler des phrases qui font mal, il faut aussi savoir dire celles qui consolent et qui réconfortent.

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[LES 10 CHOSES QUE LES PARENTS ENDEUILLÉS NE VOUS DISENT PAS] 1. Je fais très bien semblant d'aller bien. Je n'ai pas le choix, sinon, je fais fuir tout le monde. Je peux te sourire en soirée et être complètement effondrée. 2. Je n'ose pas forcément te parler de mon bébé, je sens bien que tu n'es pas à l'aise. Alors j'apprécie quand tu m'en parles, même si j'ai l'air triste. Même si je pleure. Ca le fait exister. Donc ça me fait du bien. 3. Les gens me fuient, ne me demandent plus trop de nouvelles avec le temps. Alors je me sens seul(e). N'hésite pas à m'appeler de temps en temps. Ca me fera super plaisir. 4. Ce qui m'est arrivé n'est pas contagieux: le malheur ne s'abattra pas sur ta famille pendant 5 générations parce que tu as osé me parler à la machine à café, c'est promis. 5. Je suis tellement absorbée par mon chagrin que j'en oublie de prendre des nouvelles. Je suis tout simplement trop épuisée pour le faire. Ne m'en veux pas. Ne m'oublie pas. Je reviendrai, c'est promis. 6. Ne règle pas tes différends avec moi maintenant. Je suis encore trop fragile: je risque de partir au quart de tour et de te dire des choses que je regretterais. Ou de ne pas avoir l'énergie de me défendre. Chaque chose en son temps. 7. Ta grossesse ou ton bébé sont des sujets hautement radioactifs. Je donnerais n'importe quoi pour être à ta place. Demande moi comment je me sens par rapport à ça avant de me parler de tes nausées ou de tes nuits hachées. 8. Ne raconte pas mon histoire à la terre entière sans mon accord. Ne pousse pas de hauts cris horrifiés sur ce qui m'est arrivé en ma présence. Je suis une vraie personne, pas un fait divers. 9. Je vis de vraies montagnes russes émotionnelles, qui me déstabilisent encore plus que toi. Ne me juge pas, je n'ai aucun contrôle dessus. 10. Mon bébé restera mon bébé, qu'il soit présent ou non. Je ne passerai jamais à "autre chose", mais tu sais quoi? Ce n'est absolument pas grave, ni pathologique. Promis. #deuilpérinatal #mfiu #mortfoetaleinutero #img #interruptionmedicaledegrossesse #anosétoiles #paranges #mamange #papange #faussecouche

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J’ai également ouvert une série de témoignages, parce que je sais à quel point libérer la parole est salvatrice. A quel point tu as besoin de raconter ton histoire si tu en passes par là. J’espère aussi secouer un peu les mentalités en racontant les expériences parfois éprouvantes (parce qu’il faut oser les raconter, ces expériences, pour éveiller les consciences) qui me sont confiées par les abonné(e)s du compte. Comme cette femme, qui a fait une fausse-couche super violente dans les toilettes d’une expo, sans que personne ne lui vienne en aide. Personne. Tu te rends compte? P.E.R.S.O.N.N.E.

Comment on en est arrivés là, au juste?

Il est donc grand temps de cesser d’invisibiliser le deuil périnatal, et la souffrance des couples qui le traversent. D’arrêter de faire « comme si » ce n’était pas si grave. D’éduquer sur les petites phrases qui sont dites sans y penser, mais qui seront ruminées et remâchées pendant des semaines et des semaines par les parents (« vous en ferez d’autres », « il faut être fort », « ohlalala, mais ça fait peur, mais comment tu fais? »). D’expliquer aux parents endeuillés que leurs réactions, tant montrées du doigt par l’entourage, sont en réalité tellement normales qu’elles en sont universelles.

Si tu veux nous rejoindre, c’est par ici: @a_nos_etoiles .

Commentaires

4   Commentaires Laisser un commentaire ?

Fabienne

Merci pour cet espace de paroles, qui soutient. Ma fille a subi 2 IMG (trisomie 18, on leur a dit que c’était le seul choix « raisonnable » et donc on ne leur a pas fait porter la responsabilité de la mort de leur petit garçon en devenir, puis mort in utero d’une petite fille, par ailleurs tout fait « normale »). Elle n’aura pas d’enfants et ils le vivent plutôt bien mais le souvenir de leurs petits anges est ancré à jamais dans nos coeurs.

le 09/10/2019 à 09h34 | Répondre

Urbanie

Bonjour Fabienne,

Merci pour ce si gentil commentaire. Je suis sincèrement désolée pour votre fille (la trisomie 18 est en effet mortelle à très court terme, votre fille n’a absolument pas à s’en vouloir). Malheureusement parfois le sort semble s’acharner, c’est terrible même si la seule chose que l’on puisse faire, c’est d’apprendre à vivre en paix avec ça. <3
Je pense bien à vous et à votre famille.

le 09/10/2019 à 11h41 | Répondre

Raphaelle

Je ne suis pas très instagram mais c’est une belle initiative! C’est dur en effet car on ne se sent pas toujours légitime, surtout quand c’est une fausse couche précoce.. ça reste dur d »en parler après avoir eu un enfant suivant : on se retrouve avec la réponse « bah c’est pas grave vous avez eu un fils après, tout s’est bien fini ».. sic..

le 09/10/2019 à 20h43 | Répondre

Urbanie

Oui les gens essaient toujours de trouver le positif, ce qui est une bonne idée en soi, mais c’est aussi prendre le risque de nier ce que vit la personne en face de soi. Du coup ça part d’une bonne intention… mais c’est hyper maladroit!

le 11/10/2019 à 16h11 | Répondre

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