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Travail et désir d’enfant – Partie 1 – En PMA

L’une des choses que j’ai trouvé compliquée à gérer au cours de notre parcours a été de concilier mon travail avec tout ce que la PMA et par la suite l’adoption implique. Enquête au cœur de cette problématique (faisons genre « reportage d’investigation » !)

Les examens et rendez-vous

Toutes les femmes qui sont passées par là te diront à quel point c’est difficile de concilier travail et PMA. Les rendez-vous sont nombreux, chronophages et fatigants. J’ai vécu les choses un peu différemment, mieux certainement que la plupart.

Comment les choses se passaient-elles pour moi ?

J’allais faire la prise de sang à 7h30 puis l’échographie à 9h00, excepté certains jours où ma gynécologue pouvait le faire que plus tôt (coucou la fille qui fait ouvrir le service exprès pour elle !). J’ai la chance énorme d’avoir laboratoire et hôpital à moins de 10 minutes de chez moi ce qui m’a grandement facilité les choses. J’arrivais au travail avec 1h-2h de retard, 3h quand la gynécologue ne pouvait pas me faire l’examen avant 10h30. Je rattrapais ensuite ces heures quand je le voulais. Ma chef m’avait juste demandé de privilégier les moments où le travail était plus intense pour ne pas simplement faire du présentiel (ce que je trouvais parfaitement logique).

J’ai pu faire ainsi car j’ai un travail où je peux m’absenter sans souci et pour lequel mes collègues peuvent prendre le relais assez facilement. Pour quelqu’un travaillant dans un environnement moins souple (travail à la chaîne, enseignant, infirmière…) ce doit être vraiment invivable comme situation !

J’ai dû changer de centre pour les FIV, et si les échographies et les prises de sang se faisaient toujours près de chez moi il y avait plusieurs rendez-vous à 1h de route. Et bien sûr, en semaine… Même en en casant le maximum pour les vacances, il en restait un certain nombre à poser sur le temps de travail. Mais là encore j’ai réussi à m’arranger pour m’absenter le moins possible.

Crédits photo (creative commons) : JESHOOTS-com

Gérer les absences longues

Dans mon centre, les ponctions lors des FIV se font sous anesthésie générale et le gynécologue donnait un arrêt de travail de 3 jours (ponction + jour(s) de repos + transfert). Plus si nécessaire : par exemple lors de ma dernière FIV, j’ai eu une semaine complète d’arrêt à cause de mon hyperstimulation.

Nous en étions en fin de parcours lorsque est passée une loi. Désormais les couples en parcours PMA ont de nouveaux droits : absences de droit pour les rendez-vous médicaux (échographie de contrôle, rendez-vous avec les médecins, transferts…) C’est génial non ? Sauf que l’État est lent à faire appliquer les lois qu’il vote. Elle ne s’appliquait alors qu’aux salariés du privé car le décret d’application pour les fonctionnaires n’était pas encore passé à l’époque (je ne sais pas si c’est le cas actuellement). M. Chéridamour et moi sommes fonctionnaires et nous n’avons pu en bénéficier.

J’ai également été assez furieuse contre mon centre de PMA. Il a toujours fallu courir après les informations primordiales. On ne nous a jamais informé de nos droits et possibilités concernant les arrêts de travail. J’ai bien entendu posé la question me concernant mais nous avons appris par hasard après plusieurs essais qu’il était également possible que mon mari en bénéficie dans la mesure où sa présence était obligatoire le jour de la ponction ovocytaire. C’est rageant d’avoir pioché dans un compte épargne temps qui nous serait bien utile aujourd’hui.

En parler ou pas ?

Quand j’ai su qu’on allait en passer par la PMA, l’une de mes interrogations a été « dois-je en parler au boulot ou pas ? » Ayant lu des témoignages je savais que ça pouvait très bien comme très mal se passer avec les supérieurs et les collègues. D’un autre côté, je ne me voyais pas cacher tout ça car j’aurais besoin d’autorisations d’absence parfois du jour au lendemain.

Je m’entends bien avec ma chef et j’ai pris le parti de tout lui expliquer avant même la première IAC. A ma très grande surprise, elle m’a appris en être passée par là bien des années plus tôt (sans résultat malheureusement) ce qui lui permettait de savoir exactement à quoi s’attendre. Elle a été d’un très grand soutien et cela m’a ôté d’un poids. Elle m’a toujours laissée libre d’en parler ou pas. En contrepartie, je l’ai toujours informée de mes périodes d’essais, de mes absences prévues et j’ai toujours eu mon travail parfaitement propre et à jour pour que personne ne soit pénalisé lorsque je n’étais pas là. Elle a fait preuve d’énormément de discrétion sur ma situation et n’en a jamais parlé à aucun de mes collègues. Elle a juste mis au courant notre supérieur qui a également été muet sur le sujet.

J’avais choisi de n’évoquer le sujet qu’avec ma chef. Quand nous avons commencé les essais, je n’étais pas depuis très longtemps sur mon poste et si je m’entendais bien avec mes collègues, je ne me voyais pas « déballer » ma vie sur ce sujet assez délicat. Cela m’a par contre parfois confrontée aux petites phrases du style « la grasse matinée a été bonne ? » lorsque j’arrivais en retard mais tant pis.

Mon chéri en a parlé à la personne chargée des ressources humaines lorsque nous sommes passés en FIV. Pour le reste, il est comme moi resté discret sur le sujet.

J’ai une chance énorme et j’en suis parfaitement consciente. Malgré ça, j’ai eu du mal à m’organiser vraiment et à ne pas me sentir coupable de devoir me décharger sur mes collègues. D’autant plus que la fatigue des traitements et mes coups de déprime ont fortement impacté la qualité de mon travail. C’est bien simple : on pouvait suivre exactement mes périodes d’essais rien qu’au nombre d’erreurs que je faisais !

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Et toi, comment as-tu concilié travail et PMA ? Les choses ont-elles été simples ou bien très compliquées à gérer ? En as-tu parlé au travail ?

A propos de l’auteur

Coucou ! Moi c'est Mme Espoir. J'ai 37 ans, mon mari et moi sommes ensemble depuis 9 ans et je suis l'heureuse belle-maman d'une Schtroumpfette de 12 ans. Après des années de galère en PMA, mon mari et moi avons décidé de nous lancer dans l'adoption. La route est encore longue avant de devenir maman !