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Quitter son chez-soi… pour mieux se confiner


Publié le 31 mars 2020 par Ninette

D’emblée, je te présente mes excuses parce que cette chronique n’est pas hyper positive et je suis désolée parce que ce n’est probablement pas ce dont on a le plus besoin en période de confinement. Mais voilà, c’est le reflet de mon humeur du moment. Ce serait mentir que de dire que j’ai tout vécu super bien et on n’est pas là pour se mentir. Pourtant, je suis consciente que je suis chanceuse, que nous sommes chanceux comparés à bien d’autres. Alors prends-le juste pour ce que c’est : un témoignage à un instant T. 

Je sais aussi qu’il y a des polémiques, en ces temps troublés, sur « l’exode urbain » provoqué par l’annonce du confinement pour cause de COVID-19. Parce qu’effectivement, certaines communes se retrouvent, en plein mois de mars, envahies par leurs habituels occupants estivaux alors qu’elles ne disposent actuellement que des quelques commerces alimentaires nécessaires pour satisfaire la demande d’une population de basse saison. Je sais combien cela doit être difficile à accepter pour les « autochtones » (termes absolument pas péjoratif dans ma bouche sous mes doigts). Je sais aussi combien il paraît impensable à ceux qui ne disposent d’aucun espace extérieur dans leur logement urbain d’y rester enfermés quand ils ont la possibilité d’aller loger quelques temps dans leur maison de campagne. 

Quoiqu’il en soit, nous sommes dans une situation un peu différente. En effet, nous sommes partis nous confiner dans un petit village dont ma belle-famille est originaire, où elle a des attaches depuis… ben on sait pas en fait tellement ça fait longtemps… plusieurs générations en tous cas. Et ce petit village n’est pas touristique du tout. Donc à la limite j’ai même envie de dire qu’on participe à une meilleure répartition des humains par rapport aux ressources sur le territoire. Ceci dit, nos intentions initiales étaient beaucoup plus égoïstes que ça et voici comment nous en sommes arrivés là.

Crédit photo : photo personnelle

La montée de la menace

Je ne suis pas une grosse angoissée de nature. Quand le COVID-19 a commencé à faire parler de lui, je ne me suis pas inquiétée du tout outre mesure. Nous avons déjà des mesures d’hygiène et de bon sens relativement bien établies à la maison (je t’ai dit que Mamour est un chouïa maniaque ?) donc pas la peine de se prendre la tête. 

Tout ça me paraît tellement loin (alors qu’à l’heure où j’écris nous ne sommes confinés que depuis 11 jours) que j’ai du mal à me souvenir de la chronologie. Mais en gros, j’ai commencé à flipper non pas à l’annonce de la fermeture des établissements scolaires (c’était surtout pénible à mes yeux quoique justifié), mais quand j’ai vu l’accélération des mesures dans les heures qui ont suivi. 

La piscine de Bibou m’a d’abord dit qu’elle assurait les cours, puis, deux heures plus tard, qu’elle annulait les cours mais restait ouverte, et le lendemain elle était totalement fermée. Mon travail, qui est un établissement recevant du public a d’abord reçu l’instruction de rester ouvert, puis, deux heures plus tard, de fermer, ce qui ne nous empêchait pas de devoir aller travailler. Alors quand le samedi soir les commerces non indispensables ont été fermés aussi, j’ai pigé que le confinement était très très proche. 

Et c’est là que j’ai flippé. Vraiment. Non pas pour le virus. Contre le virus, on fait ce qu’il faut, on engage ceux qu’on aime à faire de même, on espère qu’il ne passera pas par nous et, s’il passe quand même, on espère fort fort fort que ce ne sera pas grave. C’est tout. Ça c’est mon côté flegmaticopragmatique. Mais ce qui m’a fait flipper, c’est l’idée du confinement. Alors là, j’ai réagi. On était en week-end, je ne recevais aucune instruction de mon travail. Je me doutais qu’on allait être mis en télétravail, mais, en l’absence de contrordre, j’étais obligée d’aller bosser le lundi. Donc, le lundi venu, j’y suis allée tout en partant du principe que dès que j’aurai la possibilité, je rentrerai à la maison, on préparera les bagages et hop ! en voiture Simone ! direction la campagne !

Oui, parce que nous vivons en ville par la force des choses, mais Mamour et moi sommes des campagnards de nature. Nous avons été élevés à la campagne, y avons vécu jusqu’à l’âge adulte et nous souhaitons nous y réinstaller dès que nous pourrons. Nous aimons notre ville mais nous détestons la pollution, l’ambiance sonore et le manque d’espace (liste non exhaustive). Et puis Mamour et moi avons engendré deux adorables enfants qui ne sont vraiment pas faciles à canaliser au quotidien (sans blague, même leurs avocats grands-parents disent qu’ils sont coton !). Alors l’idée d’être enfermée avec eux H24, ça me brisait le cœur autant que ça me faisait peur.

Le départ

Donc en ce lundi 16 mars je suis entrée dans une espèce de transe. J’avais une super méga crainte : que je ne sois pas autorisée assez tôt par mon employeur à rester chez moi pour qu’on puisse partir à la campagne. Je suis donc allée au travail beaucoup plus tôt qu’à l’ordinaire, laissant Mamour gérer les mioches. J’ai d’emblée commencé à récupérer les fichiers sur lesquels j’étais susceptibles de pouvoir travailler à distance et à donner des instructions dans ce sens aux agents sous mes ordres. On n’avait pourtant toujours aucune directive officielle et beaucoup de mes collègues étaient encore dans le déni, à parler de leurs rendez-vous de la fin de semaine. Ça me faisait encore plus flipper. 

Fort heureusement, en milieu de matinée j’ai été convoquée en réunion de crise et on nous a enfin annoncé la fermeture totale du bâtiment et le départ de tout le monde en télétravail. J’ai alors passé le reste de la matinée à courir dans tous les sens pour tout organiser. Je courais dans tous les sens parce que j’avais toujours en tête de rentrer chez moi le plus tôt possible pour prendre la route avant qu’Emmanuel Macron ne prenne la parole (car on avait appris entre-temps qu’il parlerait à 20 h). Il était évident qu’il annoncerait le confinement et j’avais une peur irraisonnée que les mesures soient d’application stricte et immédiate.

En début d’après-midi, j’ai salué mes collègues, la lèvre tremblante et des trémolos dans la voix (non j’exagère, mais c’était quand même super bizarre de ne pas savoir quand on allait se revoir !) Je suis rentrée chez moi chargée comme une mule (oui car j’étais persuadée qu’on partait pour longtemps donc je m’étais prévu beaucoup de travail). J’ai passé l’après-midi à faire les valises tout en hurlant sur mes pauvres petits choux d’amour non sans leur avoir expliqué au préalable que papa et maman allaient être très occupés à préparer le départ et qu’il ne fallait donc pas les embêter. 

Je n’ai pas eu l’impression que ce climat anxiogène ait eu un impact particulier sur eux sur le moment. Moi, en revanche, j’étais au bord des larmes en permanence. Je savais que nous pourrions partir à temps, donc ce n’était plus tant ça qui m’inquiétait. Mais je pensais à tout ce à côté de quoi nous allions passer pendant cette période de confinement qui ne disait pas encore son nom. Et surtout je pensais à tout ce à côté de quoi mes garçons allaient passer. 

Je pensais à Bibou et à ses deux super copains qu’il n’allait plus voir. Je n’avais pas d’inquiétude par rapport à un retard dans ses acquis « intellectuels » parce que Bibou est en avance pour son âge, mais en revanche, comme beaucoup d’enfants en avance pour leur âge, c’est l’émotionnel qui est compliqué à gérer pour lui. L’émotionnel et le collectif. Autant dire que ce n’est pas en confinement qu’il va pouvoir travailler son côté collectif… Et puis je pensais à ses cours à la piscine qui lui font tant de bien sans qu’on le voie.

Je pensais aussi à Titou dont c’est la dernière année à la crèche et qui risque de passer, sans transition, du confinement à l’école. Bam ! Quid de la demi-journée « passerelle » proposée chaque année par la crèche dans la future école des grands ? Quid de la préparation mentale dont se chargent petit à petit et en douceur les super animatrices de la crèche ? 

Oui, je sais, rien de dramatique ici. D’habitude, je suis plutôt quelqu’un qui sait relativiser mais on a tous nos faiblesses. Et là, franchement, j’ai (eu) du mal. 

Bref. On est arrivé sur notre lieu de confinement le lundi soir tard. Et je me suis couchée épuisée, soulagée d’un côté mais évidemment, comme tout le monde, avec ce sentiment bizarre d’être dans une situation complètement inédite et pas franchement glop. 

Je ne t’ai pas précisé que depuis le début de cette journée du lundi, je souffrais d’un gros mal de tête. Et je ne suis pas une migraineuse. D’aucuns auraient pu penser que c’était un symptôme du COVID, mais, quand je me suis réveillée le lendemain, tout était fini. Je crois que j’avais accumulé tellement d’angoisses ces derniers jours que ça s’est manifesté comme ça.

Depuis, je ne cesse de nous féliciter d’avoir pris cette décision de quitter la ville. Décision sur laquelle d’ailleurs (et c’est suffisamment rare pour être souligné), Mamour et moi avons tout de suite été d’accord. Même pas besoin de discuter, c’était une évidence. 

Les garçons ont de l’espace pour se défouler dans le jardin. L’air est pur. Nous aussi, adultes, quand nous allons faire nos « déplacements brefs à proximité du domicile liés à l’activité physique individuelle des personnes », nous profitons d’espaces autrement plus sympas que ce qu’on aurait trouvé en ville. Les courses alimentaires ne nous prennent pas des heures. Le seul point négatif c’est qu’on a évidemment pas apporté tout le contenu de notre maison avec nous. Alors parfois notre petit confort en pâtit, mais c’est vraiment du détail (on a oublié les Lego par exemple ! Tu le crois ça ?! comment on a pu penser qu’on allait pouvoir se passer des Lego ??!!! Non mais franchement, les Lego avec les gosses c’est juste la base !)

Crédit photo (creative commons) : Victoria Borodinova

Et les enfants dans tout ça?

Je te le disais, les garçons n’ont pas eu l’air particulièrement touchés par tout ça. Nous leur avons expliqué les choses au fur et à mesure de toute façon. A l’école aussi, Bibou (5 ans) a eu les explications adaptées à son âge. Il semblait comprendre ce qu’il avait besoin de comprendre mais pas être angoissé. Plus difficile à dire pour Titou évidemment (2 ans et demi).

Et puis la maison que nous sommes venus occuper est une maison de famille qu’ils connaissent bien et dans laquelle ils ont déjà quelques bons souvenirs. Elle est rattachée principalement à des choses positives.

Mais le fait est que depuis notre arrivée sur place, ils sont… intenables. Encore plus que d’habitude, je veux dire. Ils hurlent, n’écoutent rien, nous parlent très mal. C’est très compliqué. Il y a des moment où j’ai vraiment envie de pleurer… de frustration… 

Je ne peux m’empêcher de penser que c’est une façon pour eux d’exprimer ce qu’il ne savent pas dire avec des mots. On a pour habitude de beaucoup leur parler mais ça ne fait pas tout… et puis peut-être qu’on ne le fait pas bien…

Paradoxalement, Titou n’a plus de problème de sommeil… C’est toujours ça de gagné. Et puis, pour continuer cette conclusion sur une note un peu plus positive, il faut dire que l’avantage d’être confiné avec des enfants c’est quand même qu’on ne s’ennuie JAMAIS. Entre le télétravail, l’école à la maison et les occupations à leur trouver par ailleurs, aucun souci : on ne voit pas le temps passer !

Et toi, comment se passe le confinement chez toi ? Comment tes enfants réagissent-ils ? Viens raconter !


 


Commentaires

12   Commentaires Laisser un commentaire ?

Maye

Si je ne m’abuse, le soucis principal de l’exode c’est de ramener le virus des villes vers les campagnes. Campagnes ou généralement les soins sont plus éparses et les hôpitaux moins grands.

J’ai beau savoir tout ça, je pense que si j’avais pu j’aurais fait comme toi. Déjà 14 jours dans mon T2 avec ma puce de 3 ans et demi et vraiment qu’est-ce que c’est difficile ! Et le plus dur dans tout ça, c’est même pas ma fille, même pas la solitude, même pas l’ennui : c’est qu’à ne pas sortir, je ne me fatigue pas assez, je ne prends pas assez de mélatonine, je suis toute déréglée, je ne dors plus, avec tout ce que ça implique sur l’humeur et la patience. Et ma fille s’y met aussi, et si elle ne dors plus non plus je ne pense pas survivre a ça ….

le 31/03/2020 à 07h11 |

Virg

Je comprends parfaitement la démarche, en revanche, je confirme que les métropolitains se sont précipités sans penser une seconde qu’ils amèneraient le virus avec eux dans des déserts médicaux dont la population est en plus vieillissante, donc directement mise en danger par le Covid. Tu es partie en voiture mais beaucoup se sont entassés dans les transports bus ou train, multipliant les chances d’être au moins porteur sain.
Je comprends mais j’ai du mal à admettre que personne n’ait pensé à ça. Même toi n’en fais pas mention dans ton article. Donc ils ne vont pas voir mamie pour la préserver mais ramène le virus dans le village de la grand-mère d’un autre. Effarant.

le 31/03/2020 à 08h53 |

Viviane

Et oui. Le règne du moi d’abord, et le reste pour les autres, s’il y en a.

le 31/03/2020 à 15h22 |

Lilas

Bonjour,
Habitant dans une petite ville du sud-ouest, je ne peux que comprendre ta démarche. C’est humain de se projeter et de trouver la meilleure solution vivable pour cette longue période de confinement. Je n’y vois pas d’égoïsme à partir du moment où on applique strictement les règles une fois sur place… Bonne journée 🙂

le 31/03/2020 à 09h09 |

Ninette

Effectivement je n’en pas parlé et j’aurais dû. Mais ce n’est pas le principal reproche que j’ai entendu… jusqu’à aujourd’hui donc… 😉 D’abord, les risques de transmission son beaucoup plus limités à la campagne puisque la densité de population est moindre à fortiori dans un contexte de confinement que nous respectons pour notre part scrupuleusement. Nos déplacements liés à l’activité physique se font exclusivement dans des lieux où nous ne croisons personne ou presque alors qu’en ville ça aurait forcément été l’occasion de contacts. Nos enfants n’ont donc eu aucun contact direct avec des personnes extérieures à notre foyer alors qu’en ville il aurait fallu ne pas les sortir du tout pour arriver à cela.

le 31/03/2020 à 09h18 |

Jeanne

Comment les commentaires précédemment, ce qui me choque le plus c’est que tous ces citadins prennent le risque d’apporter le virus dans les campagnes qui sont bien souvent des déserts médicaux ! Et je trouve ta réponse un peu légère, vous croisez certainement personne lors de vos balades mais la caissière du supermarché ? La boulangère ? Et si vous même tombez malade, vous irez encombré un hôpital qui n’est pas pensé pour recevoir plus de gens que les locaux habituels.
Je ne te blâme pas, je comprends bien l’envie de vert et d’espace avec 2 petits quand on en a la possibilité, mais je suis soignante à la campagne alors forcément 😉…

le 31/03/2020 à 11h00 |

Folie douce

J’ai la chance d’habiter dans une maison de banlieue avec un petit jardin mais je comprends tout à fait ce choix et si j’avais été en situation semblable et que j’avais pu partir dans des conditions correctes je pense que je l’aurai fait aussi. Par conditions correctes je veux dire en voiture, en apportant assez de provisions pour pouvoir faire une quatorzaine à l’arrivée et dans un endroit où il y ait un hôpital accessible…
C’est consternant de voir que certains font n’importe quoi mais ce n’est pas une raison pour blâmer tous ceux qui sont partis des grandes villes. Si tout le monde était resté à Paris et dans les autres grandes villes où le risque de contamination est plus fort qu’ailleurs les hôpitaux des grandes villes seraient encore plus débordés et le personnel hospitalier encore plus surmenés… C’est une crise sanitaire qu’on a pas encore connue, il n’y a pas vraiment de réaction idéale qui permettrait que la situation soit parfaite, l’essentiel est d’être prudents.
Pour l’oubli des Lego je compatis pleinement !!! Ma fille joue encore plus avec ses duplo en ce moment et je pense que ça lui permet d’exprimer pas mal de choses : elle parle beaucoup de malades, d’hôpitaux etc quand elle y joue. C’est vrai que c’est pas évident d’expliquer la situation à des enfants. Nous on s’est servis de la métaphore des voitures, je ne sais pas ce qu’elle en a compris mais ça a l’air de lui plaire. Elle nous la redemande régulièrement.

le 31/03/2020 à 12h06 |

Ninette

Pour les courses, nous fonctionnons autant que possible au drive… Le personnel porte masque et gants et on respecte la distance de sécurité. Evidemment, il s’agit de prendre nous-mêmes nos responsabilités : lavage de mains avant et après, nettoyage des mains à l’alcool, à défaut de gel hydroalcoolique, dès le départ du lieu de retrait.
Nous n’avons pas fait 14 jours de courses avant de venir parce que faire 14 jours de courses aurait signifié faire 1h de queue dans des magasins bondés et pas encore organisés pour faire respecter les gestes barrières (pas encore de filtre à l’entrée, 25cm entre les clients, pas de gants, ni de masques pour les caissier.e.s…) Mais à aucun moment nous n’avons pris les choses à la légère.
Et puis, il ne faut pas non plus oublier que les campagnes ne vivent pas en vase clos. Combien d’habitants des campagnes ont fait chaque jour le trajet vers la ville pour aller travailler et en sont revenus alors que le COVID-19 était déjà là?
Bref après 15 jours de confinement, nous allons tous bien, merci. Nous n’avons donc pas apporté le vilain virus avec nous (parce que vivre en ville ne veut pas dire avoir forcément été contaminé) et nous continuons pour autant de respecter scrupuleusement le confinement et les consignes qui vont avec. Qu’on reste en ville ou qu’on parte à la campagne, le plus important, en fait, c’est surtout et avant tout ça.

le 31/03/2020 à 15h19 |

Jeanne

Alors juste pour rebondir une dernière fois, ne pas avoir été malade au cours des 14 derniers jours ne signifie absolument pas que vous n’ayez pas apporté le virus, grand nombre de personnes infectées sont asymptomatiques.

le 31/03/2020 à 21h38 |

Cricri2j

Je suis en région parisienne avec 2 puces du même âge que tes enfants et la chance d avoir un jardin. Je peux comprendre qu on puisse/veuillent se confiner à la campagne avec des enfants. Bon courage à vous

le 02/04/2020 à 13h18 |

Croco

Nous avons fait comme vous (à part que nous ne sommes partis que le mardi matin, et que tester mon matériel pour le télétravail et faire les valises avant 10h c’était sport), et je pense que nous avons fait le bon choix.
C’est toujours une histoire d’équilibre bénéfice-risque. Valait-il mieux que nous restions chez nous sans pouvoir télétravailler parce que nous n’avons pas de connexion internet (et que à 2 sur la connexion d’un seul téléphone portable ça n’aurait pas été possible, sans compter qu’on n’a pas la place de mettre un bureau dans notre chambre donc on aurait dû travailler dans le salon avec les enfants sans arrêt dans nos pattes) ?
Valait-il mieux prendre le risque de contaminer quelqu’un (sachant que nous venons d’une région où il y a peu de cas et qu’en mettant en place les mesures de distanciation il y a peu de chances de contaminer quelqu’un) ?
Sans compter l’effet bénéfique sur les enfants de pouvoir sortir quand ils veulent dans le jardin et d’avoir des parents plus détendus (même si malgré les conditions plus propices, il nous arrive souvent de nous laisser dépasser par le stress, la fatigue et la colère parce qu’essayer d’être productif avec 3 enfants en bas âge dans la maison, ça reste compliqué).
Alors je me dis que nous avons de la chance, que d’autres vivent bien pire, mais personne ne me feras culpabiliser.

le 02/04/2020 à 13h25 |

Die Franzoesin (voir son site)

Je n ai pas vraiment d avis sur la question du risque de contamination mais en tout cas j ai bien aimé ton article sous forme de témoignage qui m a permis de mieux imaginer ce que vous avez vécu (puisque je ne vis plus en France).

le 03/04/2020 à 10h33 |

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