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Ma seconde grossesse : mon congé maternité confiné


Publié le 20 mai 2020 par Madame Fleur

Forte de ma première expérience, j’avais organisé au mieux mon congé maternité pour ne pas reproduire les mêmes erreurs et surtout, ce dont j’avais souffert. Et puis, un virus pas gentil du tout est venu tout chambouler.

Il m’a alors fallu faire le deuil de ce que je m’étais imaginé et cela n’a pas été tous les jours facile. Cela reste encore au moment où j’écris ces lignes, un gros regret.

Crédit photo (creative commons) : 1388843

Tout avait si bien débuté

Lors de ma première grossesse, j’avais très mal vécu le retour au travail de mon mari. Avec les débuts de l’allaitement et la chute des hormones, je me sentais seule et dépassée. Mon mari n’avait pas pu prendre son congé paternité car il venait de débuter un nouveau travail. Même si nous avions convenu que c’était la meilleure chose à faire, cela avait occasionné beaucoup d’angoisses chez moi.

Aussi cette fois-ci, j’ai demandé à mes parents de rester avec moi la première semaine pour m’épauler et s’occuper du bébé et de moi. Mes parents m’ont énormément soutenu et aidé. Ils ont en plus été ravis de profiter des premiers jours de leur dernière petite fille (et encore, ils ne savaient pas qu’ils ne la reverraient peut être pas de si tôt). Mon mari a ensuite pris le relais pour deux semaines avec son congé paternité et c’était le bonheur.

Choc et déni

Alors que son congé venait de débuter, on a appris la décision de fermer les structures d’accueil des enfants, puis quelques jours plus tard la fermetures des restaurants et lieux publics et pour finir, le confinement. Au début, j’ai été totalement sous le choc et dans le déni. Rien n’allait changer, tout se passerait bien. Moi qui avait peur d’être seule les premières semaines de mon bébé, finalement ce n’était pas si mal. On pourrait tous profiter de cette situation inédite ensemble.

Colère et tristesse

La première semaine, et alors que mon mari n’avait pas repris le travail, il a été compliqué de trouver un rythme. Je ne t’apprends rien, un nouveau né ce n’est pas de tout repos et une petite fille de bientôt trois ans, cela déborde d’énergie. J’étais déjà lessivée et complètement dépassée par les événements.

Les réseaux sociaux et leur lot de « parents parfaits », pour qui trouver une occupation à leur enfant, était le comble du bonheur, m’ont évidemment filé une bonne dose de complexes. Non seulement, ma fille n’a que quinze minute d’attention et donc, ce qui semble marcher pour tous les autres enfants, ne marche absolument pas chez nous. Mais en plus, elle vit assez mal de ne pas pouvoir jouer avec qui que ce soit de son âge.

Malheureusement pour elle, je ne suis pas aussi disponible avec un petit bébé (aussi calme soit-il) qui requiert une partie de mon temps et de mon attention. Je dis une partie car en plus de culpabiliser vis à vis de mon aînée, qui passe plus de temps que je ne le voudrais devant la télé, je culpabilise aussi pour ma cadette. En effet, nous la laissons un peu trop souvent à mon goût, pleurer et crier, attendre son biberon ou d’être changer. J’en ai chialé plusieurs fois, mais je n’ai que deux bras et je ne peux pas me démultiplier.

Quand mon mari a repris le travail, toute la tension déjà accumulée a littéralement explosée ! J’en ai voulu à mon mari qui se rendait assez peu disponible pour m’aider (ou alors trop peu par rapport à ce dont j’avais besoin), alors qu’il est à la maison avec moi. Mon mari qui attendait de moi aussi que je gère le menu du midi alors que j’étais déjà dépassée passé le petit déjeuner.

J’ai été en colère contre ce virus qui me volait cette parenthèse si importante avec mon bébé. Moi qui n’avait déjà pas la possibilité financière de prendre un congé parental, je vois chaque jour de confinement qui passe, éloigner ces moments en tête à tête avec Petite Pousse qui grandit. J’ai été en colère aussi pour mon si petit bébé qui est passé complètement au second plan avec ce virus. Finalement, on nous demande assez peu de ses nouvelles et les conversations sont souvent monopolisées par le Covid. Nous n’avons pas pu préparer son faire part, la séance photos prévue ayant été reportée à une date inconnue.

Je suis en colère pour mon aînée qui rate, j’en suis convaincue, de très bons moments avec ses copains de crèche et qui risque de passer sans transition du cocon de la crèche à l’école maternelle. Tout cela bien évidemment après six mois à la maison avec ses parents qui, il faut bien l’avouer, ne sont pas forcément toujours à la hauteur de ses besoins et attentes.

Et plus égoïstement, je comptais sur ce temps de congé pour me remettre physiquement de cette grossesse et prendre un peu soin de moi. Je ne te cache pas que même si ma seconde fille ne semble pas avoir hérité des gènes de hiboux de sa grande sœur, il n’en demeure pas moins que je suis exténuée. Je n’ai pu faire aucune de mes visites post-natales et ma rééducation du périnée est remise aux calendes grecques. Cela peut paraître très futile étant donné la situation dans laquelle nous nous trouvons, mais ne pas pouvoir reprendre en main mon corps, me pèse énormément. J’envie toutes les personnes qui pratiquent yoga, pilates ou sport plus intensif. J’aimerais en faire de même, mais j’ai réellement peur de le faire de la mauvaise manière et que mon corps en souffre encore plus.
J’ai du mal à supporter mon corps post-grossesse et mon état physique et psychique ne me donne pas du tout envie de débuter un régime, qui pourtant serait bien nécessaire.

Résignation et acceptation

Au bout de six semaines de confinement, il a bien fallu que j’arrête de me morfondre sur ce qui n’a pas été et ne sera jamais. J’ai fini par lâcher prise et vivre chaque journée sans trop me poser de questions.

Je ne vais pas te mentir en te disant que tout va pour le mieux. On en est bien loin même. Mais je ne peux pas changer la situation. Alors j’ai accepté le fait que mon congé maternité aura ressemblé à cela. Les circonstances exceptionnelles nous auront au moins permis de passer du temps tous les quatre. Bien sûr ce temps n’est pas forcément aussi qualitatif que je l’aurais souhaité, mais il aura au moins eu le mérite d’exister.

J’essaye de me concentrer sur le positif (même si ce n’est pas toujours facile avec la fatigue). Je mesure chaque jour la chance que nous ayons pu déménager et de vivre ce confinement dans des conditions plutôt confortables. Nous avons également la chance que l’ensemble de notre famille se porte bien. Nous avons un toit sur notre tête, les moyens de nous nourrir correctement et des boulots qui ne nous exposent pas au virus sans pour autant occasionner une perte de salaire.

Et puis, j’essaye de faire preuve d’un peu de bienveillance envers mon corps et moi-même. Après tout, seulement quelques mois se sont écoulés depuis mon accouchement. Et puis, il est assez normal que je ne m’épanouisse pas dans un rôle ou métier que je n’ai pas choisi d’exercer (je ne me reconvertirais pas en professeur ou en auxiliaire de puériculture, j’en ai aujourd’hui la certitude).

Les moments que nous passeront en famille ou entre amis n’en seront que plus agréables après cette longue période sans se voir. Tous pourront enfin rencontrer la petite personne qui complète si bien notre petite famille.

Est-ce que toi aussi tu as l’impression que l’on t’a volé ton congé maternité ? Comment le vis tu ?


 


Commentaires

18   Commentaires Laisser un commentaire ?

Die Franzoesin

Ton article est très émouvant et me rend bien triste pour toi 🙁 . Je comprends totalement tout ce qui se passe dans ta tete… Et j en profite pour te glisser à l oreille que non je n ai pas oublié la naissance de ta jolie pousse et qu une petite enveloppe attend que je puisse me rendre à la poste pour la gater… de loin <3 .

le 20/05/2020 à 14h04 |

Madame Fleur (voir son site)

Roh tu es chou ! Merci infiniment.

C’est bête mais même maintenant que nous sommes en phase de deconfinement, on manque cruellement de temps pour s’occuper du faire part. Et ça me soule tellement que toutes les semaines ou presque mes BP me demande pourquoi leur famille ne l’a pas reçu. Comme si il y avait besoin de ça pour que Petite pousse soit avec nous.

le 23/05/2020 à 09h13 |

Plume

Même chose ici, je ne peux que compatir ! J’ai accouché début avril, ma grande a 2 ans… un peu dur de ne pas pouvoir la mettre à la crèche pour souffler et ça lui manque aussi. Mon mari est médecin donc je suis toute seule avec les 2. Heureusement avec le déconfinement on peut un peu plus sortir et voir du monde ! Courage !

le 20/05/2020 à 14h45 |

Madame Fleur (voir son site)

Cela doit vraiment être difficile.
Même si mon mari n’est pas disponible forcément quand je voudrais, il est au moins à la maison.
Et puis comme la fille est plus âgée, je vois qu’elle a beaucoup évolué aussi et qu’elle s’occupe beaucoup plus seule qu’au moment du confinement.

le 23/05/2020 à 09h16 |

Lisa

Je comprends ce que tu ressens, j’ai accouché de mon 3 ème, mi mars, le premier jour du confinement. C’est speed avec les 3, l’aîné a 4 ans et demi. C’est du non stop et chacun demande de l’attention à leur façon. On essaie de se mettre dans un petit cocon et de profiter d’être tous ensemble. Il y a des jours où ça roule et d’autres qui sont plus difficiles.

le 20/05/2020 à 18h26 |

Madame Fleur (voir son site)

Oui c’est vraiment les montagnes russes en fait.
Il y a des jours où j’ai adoré ces moments en famille et d’autres où j’avais juste envie d’être ailleurs. N’importe où mais ailleurs. Bon courage trois c’est encore une autre organisation.

le 23/05/2020 à 09h17 |

Mme Choux

Tout pareil… et en plus j’ai pas eu non plus de congé maternité pré naissance, avec mon contrat j’avais que 15j avant la date prevue… elle est née 18j avant. Donc le matin de la naissance j’etais en teleconférence! Donc je comprends tout a fait tes frustrations. J’avais aussi prévu plein de trucs à faire plus’me reposer pendant le congé mat pré et post naissance, du coup avec la naissance plus tot et le confinement tout est passé a la trappe!
Bon courage pour la suite.
PS: a mort les regimes, il y a d’autres solutions plus douces et durables que les privations 😀

le 20/05/2020 à 19h59 |

Madame Fleur (voir son site)

Oui c’est vrai que le régime ce n’est pas la peine de rajouter des privations aux privations.
Malheureusement je viens de recevoir ma dernière analyse sanguine et il va falloir que je me mette quand même dans cette optique car elles ne sont pas très bonnes et c’est la seule solution pour les améliorer. Je pense que ça va me donner la motivation nécessaire.

le 23/05/2020 à 09h20 |

Lumi (voir son site)

Effectivement, même si on essaie de relativiser, la situation reste difficile à encaisser quand elle est si loin des attentes et des espoirs qu’on avait…
Je t’envoie plein de bonnes ondes pour la suite.

le 21/05/2020 à 07h57 |

La Piu

Article touchant. Je me suis beaucoup demandé comment je vivrais ce confinement enceinte ou alors en congé mat… les attentes et les rêves doivent être revus, passent en 2nd plan.. que c’est dur ! Et il y a cette réalité à affronter directement. Avec un aîné en bas âge ça doit être tellement dur… alors que le tout petit nous prend déjà tout notre temps et énergie. Bref, je te comprends totalement. J’ai vécu une partie de mon 2e congé mat « raboté » car la nounou de mon ainée a été en arrêt. Cette situation a été à la fous décevante car oui je comptais chaque jour juste en-tête à tête entre bébé et moi…et hyper stressant car j’allais reprendre le travail et je n’avais plus de solution de garde !
Mon frère a accueilli un enfant mi mars et je ne l’ai jamais vu… très dur pour moi, mais je n’imagine même pas pour eux de devoir s’isoler et pas pouvoir montrer leur petit bout aux plus chers… courage à toi. J’espère que lorsque tu regarderas en arrière tu arriveras à y trouver du beau.

le 21/05/2020 à 08h16 |

Madame Fleur (voir son site)

Je pense que chacun peut voir cela différemment. Je pense que pour certain cette période en trio ou en quatuor ou plus est une vraie bénédiction. Moi j’avoue j’aime voir les gens autant que j’adore passer du temps à coudre, mais là j’ai clairement été limitée par les deux. Et le plus dur je crois que ça a été de ne pas pouvoir voir ma soeur et mes neveux pendant cette période. D’autant qu’on habite à 300 m l’une de l’autre. On aurait eu une maison on se serait confiné tous ensemble je pense 😊

le 23/05/2020 à 09h39 |

Anne

Comme je comprend ! Je suis à peu près dans la même situation même si bébé n’est pas encore là. Arrêtée 15 jours avant le confinement car je faisais des malaises j’avais interdiction de sortir seule mon fils a eu la scarlatine puis le confinement est arrivé alors gérer un petit de 3,5 ans en évitant de tomber dans les pommes et en essayant de se reposer c’est mission impossible.
Je dois rester confinée jusqu’a la naissance et je sais qu’il ne retournera pas al’ecole ou en collectivités d’ici septembre date de la fin de mon congés maternité … comme toi je vais devoir gérer les deux …
Certains jours j’en veux à la terre entière, a mon mari qui lui doit retourner au travail j’ai l’impression qu’on me vole ce troisième trimestre et ce congés mat ce qui avait déjà été le cas pour le premier pour d’autres raisons… et d’autres ou j’essaye de voir le côté positif je n’ai jamais passé autant de temps avec le grand il n’y aura pas forcément de jalousie car lui ira à l’école et maman sera à la maison avec bébé… mais que c’est dur! Bon courage à toi je te souhaite de voir le bout du tunnel très bientôt !

le 21/05/2020 à 09h29 |

Madame Fleur (voir son site)

Plein de courage à toi ! Je te comprends totalement.
Je vais reprendre le travail et je ne sais pas encore quelle organisation nous allons devoir trouver !

le 23/05/2020 à 09h47 |

Pauline

Je compatis tellement. Tu formules dans ton article une de mes plus grandes craintes. Actuellement enceinte (DPA en octobre), j’appréhende une possible 2ème vague et de devoir vivre ce que tu vis. J’ai une petite fille de 3 ans et j’espère qu’au moment de mon congé maternité, elle sera bien à l’école comme prévu pour pouvoir vivre cette période sereinement et avec des moments privilégiés avec ce nouveau bébé. J’ai déjà revu mes espérances à la baisse (annonces, échographies sans le Papa, faire certaines activités avec mon aînée avant l’arrivée du bébé ) et je me prépare à d’éventuels autres renoncements :emmener ma fille choisir le doudou et un vêtement pour bébé ( je ne souhaite pas l’emmener dans les magasins pendant cette période), la 1ère visite de ma fille à la maternité pour voir le bébé….. Des petites choses en soit mais qui me paraissent pourtant importantes ! Rien n’est perdu, j’ai encore quelques mois mais je m’y prépare. Cette 2ème et dernière grossesse a été très attendue (parcours PMA). Donc je ressens un peu de colère ( contre qui je ne sais pas !!).

le 21/05/2020 à 11h08 |

Madame Fleur (voir son site)

J’espère que nous passerons au travers d’une seconde vague en effet.
J’imagine aisément tes angoisses. J’avoue que j’ai quand même la chance d’avoir accoucher dans des conditions normales et d’avoir pu profiter de beaucoup de choses avant l’accouchement.
Bon courage à toi.

le 23/05/2020 à 09h42 |

Madame C

Oh comme je te comprends…
Situation un peu différente pour moi. Reprise du travail en janvier après le congé mat’ et en arrêt maladie depuis fin février… grande sœur à gérer, bébé a gérer, papa qui est dentiste (mais non soignant donc pas prioritaire pour les modes de garde), pas d’école avant septembre.
Mon mari vient de reprendre le travail, absent 13 h par jour, je suis incapable de gérer les deux et je suis allée me «  reconfiner » chez mes parents pour me reposer, chose impossible avec deux enfants en bas âge…
Triste que la fille ne voit plus ses amis, dévouée pour faire l’école mais trop d’écran pour tous à mon goût…
Seul mon bébé semble satisfait de la situation. Il vit a son rythme…

Bon courage à toutes

le 21/05/2020 à 23h35 |

Madame Fleur (voir son site)

Si mes parents n’habitaient pas si loin c’est sans doute ce que nous aurions fait aussi.
Malheureusement on ne sait déjà pas si nous pourrons aller les voir cet été (et accessoirement récupérer les affaires de notre fille qui étaient stockées chez eux).
Je suis en train d’abandonner tout espoir de pouvoir remettre mon aînée dans sa crèche. On espère qu’elle pourra profiter de ses vacances avec son cousin quand même.

le 23/05/2020 à 09h45 |

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