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A la une / Vie de maman

Ma seconde grossesse : mon congé maternité confiné

Forte de ma première expérience, j’avais organisé au mieux mon congé maternité pour ne pas reproduire les mêmes erreurs et surtout, ce dont j’avais souffert. Et puis, un virus pas gentil du tout est venu tout chambouler.

Il m’a alors fallu faire le deuil de ce que je m’étais imaginé et cela n’a pas été tous les jours facile. Cela reste encore au moment où j’écris ces lignes, un gros regret.

Crédit photo (creative commons) : 1388843

Tout avait si bien débuté

Lors de ma première grossesse, j’avais très mal vécu le retour au travail de mon mari. Avec les débuts de l’allaitement et la chute des hormones, je me sentais seule et dépassée. Mon mari n’avait pas pu prendre son congé paternité car il venait de débuter un nouveau travail. Même si nous avions convenu que c’était la meilleure chose à faire, cela avait occasionné beaucoup d’angoisses chez moi.

Aussi cette fois-ci, j’ai demandé à mes parents de rester avec moi la première semaine pour m’épauler et s’occuper du bébé et de moi. Mes parents m’ont énormément soutenu et aidé. Ils ont en plus été ravis de profiter des premiers jours de leur dernière petite fille (et encore, ils ne savaient pas qu’ils ne la reverraient peut être pas de si tôt). Mon mari a ensuite pris le relais pour deux semaines avec son congé paternité et c’était le bonheur.

Choc et déni

Alors que son congé venait de débuter, on a appris la décision de fermer les structures d’accueil des enfants, puis quelques jours plus tard la fermetures des restaurants et lieux publics et pour finir, le confinement. Au début, j’ai été totalement sous le choc et dans le déni. Rien n’allait changer, tout se passerait bien. Moi qui avait peur d’être seule les premières semaines de mon bébé, finalement ce n’était pas si mal. On pourrait tous profiter de cette situation inédite ensemble.

Colère et tristesse

La première semaine, et alors que mon mari n’avait pas repris le travail, il a été compliqué de trouver un rythme. Je ne t’apprends rien, un nouveau né ce n’est pas de tout repos et une petite fille de bientôt trois ans, cela déborde d’énergie. J’étais déjà lessivée et complètement dépassée par les événements.

Les réseaux sociaux et leur lot de « parents parfaits », pour qui trouver une occupation à leur enfant, était le comble du bonheur, m’ont évidemment filé une bonne dose de complexes. Non seulement, ma fille n’a que quinze minute d’attention et donc, ce qui semble marcher pour tous les autres enfants, ne marche absolument pas chez nous. Mais en plus, elle vit assez mal de ne pas pouvoir jouer avec qui que ce soit de son âge.

Malheureusement pour elle, je ne suis pas aussi disponible avec un petit bébé (aussi calme soit-il) qui requiert une partie de mon temps et de mon attention. Je dis une partie car en plus de culpabiliser vis à vis de mon aînée, qui passe plus de temps que je ne le voudrais devant la télé, je culpabilise aussi pour ma cadette. En effet, nous la laissons un peu trop souvent à mon goût, pleurer et crier, attendre son biberon ou d’être changer. J’en ai chialé plusieurs fois, mais je n’ai que deux bras et je ne peux pas me démultiplier.

Quand mon mari a repris le travail, toute la tension déjà accumulée a littéralement explosée ! J’en ai voulu à mon mari qui se rendait assez peu disponible pour m’aider (ou alors trop peu par rapport à ce dont j’avais besoin), alors qu’il est à la maison avec moi. Mon mari qui attendait de moi aussi que je gère le menu du midi alors que j’étais déjà dépassée passé le petit déjeuner.

J’ai été en colère contre ce virus qui me volait cette parenthèse si importante avec mon bébé. Moi qui n’avait déjà pas la possibilité financière de prendre un congé parental, je vois chaque jour de confinement qui passe, éloigner ces moments en tête à tête avec Petite Pousse qui grandit. J’ai été en colère aussi pour mon si petit bébé qui est passé complètement au second plan avec ce virus. Finalement, on nous demande assez peu de ses nouvelles et les conversations sont souvent monopolisées par le Covid. Nous n’avons pas pu préparer son faire part, la séance photos prévue ayant été reportée à une date inconnue.

Je suis en colère pour mon aînée qui rate, j’en suis convaincue, de très bons moments avec ses copains de crèche et qui risque de passer sans transition du cocon de la crèche à l’école maternelle. Tout cela bien évidemment après six mois à la maison avec ses parents qui, il faut bien l’avouer, ne sont pas forcément toujours à la hauteur de ses besoins et attentes.

Et plus égoïstement, je comptais sur ce temps de congé pour me remettre physiquement de cette grossesse et prendre un peu soin de moi. Je ne te cache pas que même si ma seconde fille ne semble pas avoir hérité des gènes de hiboux de sa grande sœur, il n’en demeure pas moins que je suis exténuée. Je n’ai pu faire aucune de mes visites post-natales et ma rééducation du périnée est remise aux calendes grecques. Cela peut paraître très futile étant donné la situation dans laquelle nous nous trouvons, mais ne pas pouvoir reprendre en main mon corps, me pèse énormément. J’envie toutes les personnes qui pratiquent yoga, pilates ou sport plus intensif. J’aimerais en faire de même, mais j’ai réellement peur de le faire de la mauvaise manière et que mon corps en souffre encore plus.
J’ai du mal à supporter mon corps post-grossesse et mon état physique et psychique ne me donne pas du tout envie de débuter un régime, qui pourtant serait bien nécessaire.

Résignation et acceptation

Au bout de six semaines de confinement, il a bien fallu que j’arrête de me morfondre sur ce qui n’a pas été et ne sera jamais. J’ai fini par lâcher prise et vivre chaque journée sans trop me poser de questions.

Je ne vais pas te mentir en te disant que tout va pour le mieux. On en est bien loin même. Mais je ne peux pas changer la situation. Alors j’ai accepté le fait que mon congé maternité aura ressemblé à cela. Les circonstances exceptionnelles nous auront au moins permis de passer du temps tous les quatre. Bien sûr ce temps n’est pas forcément aussi qualitatif que je l’aurais souhaité, mais il aura au moins eu le mérite d’exister.

J’essaye de me concentrer sur le positif (même si ce n’est pas toujours facile avec la fatigue). Je mesure chaque jour la chance que nous ayons pu déménager et de vivre ce confinement dans des conditions plutôt confortables. Nous avons également la chance que l’ensemble de notre famille se porte bien. Nous avons un toit sur notre tête, les moyens de nous nourrir correctement et des boulots qui ne nous exposent pas au virus sans pour autant occasionner une perte de salaire.

Et puis, j’essaye de faire preuve d’un peu de bienveillance envers mon corps et moi-même. Après tout, seulement quelques mois se sont écoulés depuis mon accouchement. Et puis, il est assez normal que je ne m’épanouisse pas dans un rôle ou métier que je n’ai pas choisi d’exercer (je ne me reconvertirais pas en professeur ou en auxiliaire de puériculture, j’en ai aujourd’hui la certitude).

Les moments que nous passeront en famille ou entre amis n’en seront que plus agréables après cette longue période sans se voir. Tous pourront enfin rencontrer la petite personne qui complète si bien notre petite famille.

Est-ce que toi aussi tu as l’impression que l’on t’a volé ton congé maternité ? Comment le vis tu ?

A propos de l’auteur

Je suis une jeune femme trentenaire, mariée qui vit à Paris par nécessité professionnelle. Depuis juin 2017, je suis la maman comblée d'une adorable petite fille. Je suis quelqu'un de dynamique (mais pas pour le sport). J'aime les séries télé surtout américaines (même les plus débiles), la lecture, les mangas, la musique sous toutes ses formes (et là encore même les plus débiles !) et les jeux de société.