Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

La Diversification Menée par l’Enfant, ce que j’ai retenu avant de me lancer


Publié le 29 mars 2020 par Clémence

Avant propos : Si tu es intéressée par ce mode de diversification alimentaire je t’incite grandement à te documenter plus loin que cet article, dont le but n’est que de te faire découvrir la méthode par le biais de ma toute petite expérience, qui est loin d’être complète car elle ne concerne que mon seul et unique bébé.

La DME on en a déjà un peu parlé, notamment par ici. C’est un mode de diversification alimentaire différent des traditionnelles purées, compotes et petits pots. Il consiste à laisser bébé se débrouiller et manger seul avec ses petites mains trop mignonne dès son premier repas en lui mettant des morceaux de nourriture à disposition. Mais pas n’importe quels morceaux, on est bien d’accord.

Crédits photo (creative commons) : Gail

Cette approche de la diversification alimentaire est apparue au début des années 2000 en Angleterre. C’est Gill Rapley, une infirmière britannique qui fit des recherches à ce sujet et publia le premier ouvrage (et article scientifique approuvé par ses pairs) parlant de « Baby-led weaning » ou Diversification Menée par l’Enfant (DME) en français. Petit à petit cette technique de diversification alimentaire se fait connaître et compte de plus en plus d’adeptes en France, mais surtout dans les pays anglo-saxons et au Canada.

Avant d’oser sortir des sentiers battus, j’ai bien potassé le sujet, histoire de ne pas foncer à l’aveugle et de ne surtout pas faire de mal au Lutin. C’est vrai qu’en France la DME reste assez méconnue des pédiatres et qu’ils ne seront pas forcément d’un grand soutien technique (et encore moins moral). Par chance notre pédiatre en avait déjà entendu parlé, et si elle ne cautionne pas à 100% elle est tout de même ravie de pouvoir suivre notre ressenti et l’évolution du Lutin. Mais ce n’est pas le cas de son remplaçant qui nous a dit lors de la révision des 12 mois qu’il avait entendu dire que les enfants qui faisaient la DME étaient sujets à des carences en zinc. Surprise par ce propos car je n’en avais jamais entendu parlé avant, je lui ai demandé quels étaient les aliments à privilégier pour éviter cette carence. Sa réponse: « aucune idée« … Bref.

Donc si cette méthode t’intéresse, ne t’attends pas nécessairement à être soutenue par ton médecin, mieux vaut te renseigner par tes propres moyens.

Pour en apprendre le plus possible au sujet de la DME j’ai lu des livres, fouiné sur des blogs et j’ai beaucoup discuté avec des mamans qui avaient déjà pratiqué cette méthode. Si ce sujet t’intéresse je te conseille vivement de lire ces trois livres : « Petites mains, grande assiette » d’Annie Talbot, Evelyne Bergevin et Marie-Eve Richard , « La diversification menée par l’enfant en pratique » d’Evelyne Evin et enfin « Bébé mange tout seul » de Christine Zalejski (également auteure du blog « Bébé mange seul« ). J’ai trouvé ces ouvrages très intéressants et bien complémentaires les uns aux autres.

Tu y trouveras entre autres:

  • les grands concepts de la DME (redondants, ce qui est plutôt rassurant)
  • des informations sur l’évolution de la préhension des bébés (pour te permettre d’adapter les repas proposés au progrès de ton Chouchou),
  • des idées de recettes,

et surtout, et c’est ce que j’ai trouvé le plus intéressant, des informations concernant :

  • l’anatomie des bébé (de leur bouche et de l’œsophage, surtout de l’évolution de sa taille au cours de la croissance de l’enfant)
  • l’évolution de la mastication
  • la fameuse et effrayante fausse route, le réflexe nauséeux du nourrisson et l’étouffement.

Si tu comprends bien l’anglais, tu peux aussi lire l’article de Gill Rapley publié dans une revue scientifique en suivant ce lien.

Enfin je t’invite vivement à regarder des vidéos des manœuvres à effectuer en cas d’étouffement (des infos ici pour l’enfant de moins d’un an et ici pour l’enfant de plus d’un an). L’idéal étant de suivre une formation de secourisme, et ce, quel que soit le mode de diversification alimentaire car les cas d’étouffements ne sont pas plus fréquents pour les bébés qui font la DME que pour les bébés qui commencent par des purées, et bien évidemment parce que les accidents n’arrivent pas seulement au moment des repas.

La DME en théorie

Il s’agit d’offrir au bébé une nourriture saine et sécuritaire, sous forme de morceaux adaptés à ses capacités de préhension et à son anatomie (taille de son œsophage), et de le laisser se nourrir seul (vraiment j’insiste) en fonction de ses compétences, avec, bien entendu, un adulte présent à ses côtés durant toute la durée de son repas.

Il est très important de comprendre que l’adule ne doit sous aucun prétexte et à aucun moment, insérer de la nourriture dans la bouche du bébé. En effet, j’ai lu que si bébé n’est pas capable de mettre l’aliment à sa bouche tout seul, c’est qu’il n’est surement pas capable de le mastiquer et de l’avaler.

Voici la liste de conditions à respecter impérativement avant de commencer la DME :

  • Bébé a 6 mois révolus
  • Bébé tient bien assis, tout seul dans sa chaise haute
  • Bébé a une tête mobile, il sait la tourner de gauche à droite et de bas en haut
  • Bébé est capable d’amener des objets à sa bouche sans assistance
  • Bébé manifeste l’envie de manger

Les pro-DME vantent de nombreux avantages à cette technique de diversification alimentaire :

  1. Un gain de temps en amont du repas d’une part puisqu’on n’a pas besoin de transformer les plats en purée, et pendant le repas d’autre part puisque bébé se débrouille seul pour manger (pendant que nous mangeons à côté). De même, il n’est pas nécessaire de préparer à manger spécialement pour bébé avant une sortie.
  2. Plus économique car il n’y a ni besoin d’investir dans du matériel de préparation et de stockage de ces purées et compotes si elles sont faites maison, ni besoin d’acheter des petits plats infantiles tout prêts.
  3. Bébé partage dès le départ les repas familiaux et peut profiter de ce moment de convivialité plutôt que de manger seul avant ou après le reste de la famille.
  4. La motricité fine se développe très rapidement car bébé se sert de ses mains pour manger quotidiennement. Cela contribue également au développement de son estime de soi puisqu’il est fier de pouvoir manger comme ses parents.
  5. Bébé apprend à être à l’écoute de son corps et de ses sensations alimentaires dès le départ. Il contrôle seul son appétit et maîtrise sa satiété.
  6. Les aliments proposés sont peu ou pas transformés pour que bébé découvre les goûts et textures dès le plus jeune âge, ce qui est connu pour être meilleur pour la santé.

Il y a un revers à chaque médaille, voici la liste des inconvénients que j’ai recensés.

  1. La crainte de l’étouffement et de la fausse-route, forcément puisque bébé mange des morceaux.
  2. La crainte que bébé ne mange pas assez.
  3. Le temps de nettoyage après chaque repas car bébé est maladroit et par conséquent salit beaucoup (lui-même, sa chaise haute, le sol, la table, le chien, le canapé -à 3 mètres-, le plafond, …).
  4. Le gaspillage de nourriture au départ, car tout ce qui tombe ou qui est mâché et recraché est perdu.
  5. Les repas sont plus longs, surtout au départ, car bébé découvre et s’amuse beaucoup.

Pourquoi ce choix ?

Bien que la DME m’intéresse dans son ensemble et colle avec mes principes d’éducation pour le Lutin, la raison principale pour laquelle j’ai choisi de tenter l’approche DME (et plus ou moins de l’imposer à Chéri) c’est la numéro 5. Clairement cette histoire de satiété m’a beaucoup plu car ni Chéri ni moi sommes des as dans ce domaine, bien au contraire. Ne pouvant pas lui apprendre moi-même, je voulais absolument offrir au Lutin toutes les chances possibles pour qu’il arrive à maîtriser son appétit et sa satiété. En lui donnant des purées et des compotes j’aurai vraiment eu l’impression de le gaver. L’idée c’était d’apprendre à lui faire confiance concernant son alimentation, un peu comme on va faire confiance à un nourrisson qui est nourri au sein.

Quant aux inconvénients, mes lectures m’ont appris que le nombre de fausses-routes et d’étouffement des bébés-DME n’étaient pas plus élevés que pour des bébés à la diversification traditionnelle. J’ai aussi beaucoup appris sur le réflexes vomitifs des tout-petits, et cela m’a permis d’être en confiance et de ne pas avoir peur. Ne pas être stressé à côté de bébé qui mange est clairement une clé de la réussite de la DME et je déconseille très clairement à tout parent effrayé de se lancer. Et pour le reste des inconvénients, il s’agit d’embêtements passagers, et qui ne sont pas nécessairement du à la DME. Je n’en ai pas l’expérience mais j’imagine qu’il y a également beaucoup de gaspillage au début de la diversification traditionnelle.

Et donc après toute cette théorie, il va falloir passer à la pratique. Promis je reviens très vite te raconter comment se sont passés les débuts de la diversification du Lutin !

Et toi ? Quel mode de diversification alimentaire as-tu choisi ? Serais-tu tenté par l’approche de la DME ? Dis-moi tout !


 


Commentaires

Les commentaires sur cet article sont fermés.