Menu
A la une / Essais bébé

L’insoutenable attente

Pour les fêtes de fin d’année, Dans Ma Tribu et ses chroniqueuses prennent quelques jours de vacances… Nous serons de retour le 2 janvier avec de nouvelles chroniques et de nouveaux témoignages ! En attendant, nous t’avons concocté un petit best of des articles les plus vus de l’année 2016. Ce sont donc toutes tes chroniques préférées que tu retrouveras dans les jours à venir ! 🙂

Cette chronique est sûrement l’une des plus importantes pour moi, et bizarrement, je n’arrive pas à l’écrire. Je ne sais pas par où la commencer ni comment. Alors, je suis désolée par avance, mais ça risque d’être un peu brouillon.

Les mois qui ont suivi notre premier échec ont été difficiles. Chaque mois, j’avais l’espoir que ça marche. Je me voyais déjà enceinte rapidement. Autour de moi, pourtant, pas mal de monde me disait que ça marchait rarement la première fois, qu’il fallait souvent plusieurs mois et que d’ici là, il ne fallait pas s’inquiéter.

Seulement, quelques années avant, j’avais chopé une chlamydia, aka une MST qui te donne les symptômes d’une mycose x 1000, doublés d’infection urinaire. En plus, les médecins n’y pensent pas forcément, et ça prend parfois du temps pour faire les examens nécessaires. Heureusement pour moi, une dermatologue spécialisée avait trouvé et avait fait ce qu’il fallait pour me soigner, mais aussi pour soigner mon chéri.

Mais à l’époque, mon médecin traitant, très rassurant, m’avait dit qu’une des conséquences d’une chlamydia mal soignée pouvait être… la stérilité !! Me voilà donc quelques années plus tard, avec cette envie d’enfant et cette appréhension de ne jamais pouvoir en avoir.

Attente pendant les essais bébé

Crédits photo (creative commons) : Unsplash

J’ai donc décidé début septembre de prendre rendez-vous avec une gynécologue spécialisée dans la conception et la fertilité. Je suis – enfin – tombée sur une gynécologue compétente.

Mon chéri m’a accompagnée au rendez-vous et j’ai pu exposer à ce médecin mes doutes, mes questionnements et mes craintes. Elle m’a rassurée, m’a expliqué que les cas de stérilité suite à une chlamydia restaient très rares, surtout quand le virus avait été traité. Elle m’a surtout dit qu’on ne faisait pas de recherches sur la fertilité avant un an d’essais. Un an. J’ai trouvé ça horriblement long, comme délai.

Alors que ce rendez-vous aurait pu/dû me rassurer, j’en suis sortie à nouveau très angoissée. Je nous voyais déjà dans un parcours de PMA, à faire tout plein de tests. Ma mère a tenté de me rassurer, en me disant qu’elle n’avait jamais réussi à tomber enceinte du premier coup, qu’il lui avait toujours fallu du temps. Entre mon frère et moi, elle avait même fait une fausse couche. Ce n’est qu’à la naissance de ma cousine qu’elle avait réussi à tomber enceinte.

Je me souviens du premier cycle où j’ai eu du « retard ». Un petit jour. Ce n’était pas grand-chose, mais je commençais à y croire. À me dire que ça y était, c’était peut-être la bonne. On était en weekend dans ma maison de famille à la campagne. Et le dimanche, mes règles sont arrivées. Je me suis effondrée en pleurs.

Mes parents, qui étaient là, ont tenté de me réconforter, plus ou moins maladroitement. Mon père, dans sa grande délicatesse, a même fini par me dire : « Au pire, si ça ne marche pas, il reste l’adoption. » Il voulait se montrer rassurant, mais je crois que c’est une des rares fois où je lui ai lancé un regard noir comme celui-là. En plus, ces règles-là ont été particulièrement douloureuses, au point que je devais m’allonger sur le canapé avec une bouillotte sur le ventre.

À partir de ce cycle, j’ai très mal vécu chaque « jour 1 » de mon cycle. J’avais du mal à retenir mes larmes, je m’en voulais, j’en voulais à mon corps de ne pas réussir à me permettre de tomber enceinte. Avec le recul, je me rends compte que je me suis mise une sacrée pression. Tu sais, celle qui ne te quitte pas, celle qui te fait te lever le matin avec la boule au ventre.

« Oh, mais faut pas y penser ! » « Plus tu y penses, moins ça marchera… » Aux gens qui me disaient ça, j’avais envie de demander s’ils savaient ce que c’était. D’attendre, de ne pas savoir, de ne pas réussir.

Cette envie d’enfant était tellement forte qu’elle en devenait viscérale. Je me trouvais parfois ridicule, à m’inquiéter si vite alors que je savais bien que des couples vivaient un véritable parcours du combattant pour avoir un enfant, parfois pendant des années. Que représentaient quelques mois d’attente par rapport à des années ?

Autour de moi, les grossesses se sont multipliées. Je vivais ces annonces plus ou moins bien. J’étais heureuse pour ces couples, mais j’étais aussi un peu jalouse. Pourquoi pas nous ?

Mon chéri a été à ce moment-là un soutien précieux et réconfortant. Je pouvais lui confier mes doutes, mes craintes, mon sentiment d’injustice. Lui aussi s’inquiétait, lui aussi se posait des questions. Mais Monsieur Mufasa se dote parfois d’une vraie carapace. Il essayait de ne pas me montrer tout ça, il me laissait son épaule pour pleurer, et parfois même réussissait à détourner la situation de façon humoristique.

Décembre est arrivé, un second retard aussi. Grosse fatigue, pertes suspectes. Plus de deux jours de retard. Un premier test négatif. J’ai décidé d’attendre pour en refaire un. Les jours passaient, toujours rien. Quatre jours de retard. Et finalement, elles sont arrivées. Bim, comme ça. Je me suis effondrée comme jamais.

Durant ces longs mois, outre les essais bébé, il y a eu d’autres choses difficiles : des conflits familiaux et amicaux, des CDD aléatoires, un passage à vide et le moral en berne, une agression sur mon lieu de travail qui m’a traumatisée… Bref, le terrain n’était pas très favorable à ce qu’un petit truc s’installe au creux de moi.

Les mois passaient, et juin approchait. L’échéance de l’année d’essais arrivait, et je me voyais déjà reprendre rendez-vous chez la gynécologue spécialisée pour faire des examens un peu plus poussés.

Mars est arrivé, et il a fallu que je prenne rendez-vous chez mon gynécologue. Mais ça, je t’en parlerai dans une autre chronique !

Et toi, as-tu beaucoup attendu ta grossesse ? Arrivais-tu à « ne pas y penser » ? Comment as-tu vécu cette période d’essais ? Viens nous raconter…

A propos de l’auteur

Presque trentenaire, mariée, heureuse, amoureuse et maman d'un petit Maxence né le 15 novembre 2016! Entre lire, mater des films et des séries, voir les Amis et la famille, accessoirement bosser et s'occuper d'un petit bout, le quotidien est bien rempli!!